L’or atteindra 6 000 $, selon un économiste de Johns Hopkins. Voici les arguments monétaires.

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Pourquoi les investisseurs regardent les mauvais indicateurs d’inflation

Depuis plusieurs années, les marchés financiers vivent au rythme des publications d’inflation, des statistiques sur l’emploi, des prix du pétrole ou encore des tensions géopolitiques. Pourtant, selon Steve Hanke, professeur d’économie appliquée à l’Université Johns Hopkins, la majorité des investisseurs commet une erreur fondamentale : ils se concentrent sur les conséquences visibles de l’inflation plutôt que sur sa véritable cause. Dans son analyse, les hausses du pétrole, les augmentations salariales, les perturbations des chaînes d’approvisionnement ou encore les droits de douane ne sont que des symptômes. La véritable source de l’inflation réside dans l’évolution de la masse monétaire. Cette vision, héritée de la théorie quantitative de la monnaie popularisée notamment par Milton Friedman, considère que lorsqu’une quantité excessive de monnaie est injectée dans l’économie, les prix finissent inévitablement par augmenter. Pour les investisseurs cherchant à protéger leur patrimoine contre cette érosion monétaire, l’acquisition d’or physique constitue historiquement l’un des remparts les plus efficaces contre la perte de pouvoir d’achat.

Selon Hanke, les marchés se focalisent aujourd’hui sur des variables secondaires alors que le véritable tableau de bord de l’inflation se trouve dans les statistiques monétaires. Cette approche est particulièrement importante dans un contexte où l’inflation américaine évolue bien au-dessus de l’objectif officiel de 2 % fixé par la Réserve fédérale. L’économiste estime que le retour de l’inflation n’est ni accidentel ni temporaire. Il s’agit d’une conséquence logique de l’accélération de la création monétaire observée depuis près de dix-huit mois. Pour les épargnants, cela signifie qu’une nouvelle vague de hausse des prix pourrait encore se développer dans les prochains trimestres. Dans ce contexte, renforcer progressivement son exposition à l’or et à l’argent physiques apparaît comme une stratégie défensive pertinente.

L’inflation à 3,8 % : le signal que beaucoup sous-estiment

Pour Steve Hanke, l’un des points les plus préoccupants réside dans le fait que l’inflation américaine se situe désormais autour de 3,8 %, soit près du double de l’objectif de la Fed. Cette réalité contredit le discours optimiste de nombreux analystes qui continuent d’évoquer une inflation maîtrisée. Selon lui, le « génie de l’inflation » est sorti de sa bouteille et il ne compte pas y retourner rapidement. Cette affirmation repose sur une observation simple : la masse monétaire accélère depuis plusieurs trimestres et les effets de cette dynamique ne sont pas encore totalement intégrés dans l’économie réelle.

L’histoire économique montre que les effets de la création monétaire se manifestent souvent avec retard. Lorsque les banques centrales augmentent fortement la quantité de monnaie en circulation, les conséquences ne sont pas immédiates. Dans un premier temps, les actifs financiers montent. Ensuite, l’économie réelle bénéficie d’un surplus de liquidités. Enfin, avec un décalage pouvant atteindre deux ans, l’inflation des biens et services devient visible pour l’ensemble des consommateurs. Cette mécanique explique pourquoi tant d’économistes ont été surpris par l’explosion inflationniste de 2021 et 2022. Pour les investisseurs qui souhaitent anticiper les prochains mouvements du marché plutôt que les subir, l’achat d’or demeure une solution privilégiée pour se prémunir contre les conséquences d’une inflation durable.

Le précédent japonais qui remet en cause le rôle du pétrole

L’un des arguments les plus intéressants avancés par Steve Hanke concerne l’analyse historique du Japon dans les années 1970. De nombreux observateurs attribuent encore aujourd’hui les poussées inflationnistes aux chocs pétroliers. Pourtant, l’économiste démontre que cette lecture est incomplète. En 1973, lorsque les prix du pétrole explosent, le Japon connaît effectivement une forte inflation. Cependant, cette hausse des prix intervient après une augmentation spectaculaire de la masse monétaire japonaise, qui progressait alors à un rythme proche de 27 % par an.

Le cas de 1979 est encore plus révélateur. Cette année-là, malgré une nouvelle flambée du pétrole, l’inflation japonaise recule. Pourquoi ? Parce que la Banque du Japon avait auparavant réduit de plus de moitié la croissance de la masse monétaire. Le pétrole augmentait toujours, mais l’inflation ralentissait. Cette expérience historique soutient fortement la thèse selon laquelle la monnaie domine tous les autres facteurs. Pour les investisseurs modernes, cette leçon est capitale : les gros mouvements de prix trouvent souvent leur origine dans les politiques monétaires bien avant d’apparaître dans les indicateurs traditionnels. Face à ces mécanismes complexes, détenir une partie de son patrimoine sous forme d’or physique permet de se protéger contre les excès monétaires des banques centrales.

Pourquoi la Fed pourrait être en retard sur l’inflation

Steve Hanke critique également la dépendance croissante de la Réserve fédérale aux statistiques économiques de court terme. Selon lui, les responsables monétaires regardent essentiellement les données récentes sur l’emploi, la consommation ou l’inflation courante, alors que les véritables moteurs de l’économie agissent avec plusieurs mois de décalage. Cette approche réactive risque de conduire la banque centrale à répéter certaines erreurs historiques.

La Fed se retrouve aujourd’hui confrontée à un dilemme délicat. D’un côté, les données sur l’emploi demeurent relativement solides et l’inflation reste supérieure à sa cible. De l’autre, les marchés financiers réclament régulièrement des baisses de taux afin de soutenir la croissance. Cette situation rappelle certains épisodes des années 1970 où les banques centrales avaient relâché leur vigilance trop tôt, alimentant ainsi une nouvelle vague inflationniste. Pour les investisseurs de long terme, cette incertitude monétaire renforce l’intérêt des actifs tangibles. Dans cette perspective, l’investissement dans l’or physique constitue une assurance patrimoniale contre les erreurs de politique monétaire.

La masse monétaire précède les marchés financiers

L’un des enseignements les plus importants de l’analyse de Steve Hanke concerne le délai entre les variations de la masse monétaire et les mouvements des marchés. Selon ses travaux, les changements significatifs de liquidité influencent généralement les prix des actifs financiers avec environ six mois de retard. Les actions, l’immobilier, les matières premières et l’or réagissent donc avant même que l’inflation ne devienne visible dans les statistiques officielles.

L’exemple de la crise du Covid reste particulièrement frappant. Dès 2020, la masse monétaire américaine a connu la plus forte accélération depuis la création de la Réserve fédérale en 1913. Quelques mois plus tard, les marchés boursiers s’envolaient, l’immobilier atteignait des records et les actifs réels progressaient fortement. Ce n’est qu’ensuite que l’inflation des biens de consommation a explosé. Pour Hanke, cette séquence s’est déroulée exactement comme le prévoyait la théorie monétaire. Les investisseurs qui surveillent aujourd’hui l’évolution des agrégats monétaires pourraient donc bénéficier d’une longueur d’avance sur le marché. Dans ce contexte, accumuler de l’or avant que les conséquences monétaires ne soient pleinement visibles peut représenter une stratégie particulièrement judicieuse.

Pourquoi Steve Hanke vise désormais 6 000 à 7 000 dollars l’once d’or

La prévision qui retient le plus l’attention concerne évidemment le marché de l’or. Selon Steve Hanke, le métal précieux évolue toujours dans un marché haussier séculaire. Malgré les phases de consolidation observées ces derniers mois, il considère que la tendance de fond reste intacte. Son objectif à long terme se situe entre 6 000 et 7 000 dollars l’once, soit un potentiel de progression spectaculaire par rapport aux niveaux actuels.

Cette projection repose sur plusieurs facteurs. D’abord, la croissance persistante de la masse monétaire favorise historiquement les actifs réels. Ensuite, la crédibilité des banques centrales s’érode progressivement à mesure que les politiques monétaires deviennent plus interventionnistes. Enfin, l’endettement massif des États limite leur capacité à maintenir durablement des taux d’intérêt élevés. Dans un tel environnement, l’or continue d’apparaître comme une réserve de valeur incontournable. Pour les investisseurs cherchant à se positionner avant une éventuelle accélération du mouvement haussier, l’achat progressif d’or physique pourrait permettre de profiter du scénario anticipé par Steve Hanke.

La dédollarisation : un mythe selon l’économiste

Contrairement à de nombreux analystes, Steve Hanke rejette totalement l’idée d’une dédollarisation rapide de l’économie mondiale. Selon lui, le dollar demeure plus dominant aujourd’hui qu’il ne l’était il y a plusieurs années. Que ce soit dans les réserves de change, le commerce international ou les transactions financières, la devise américaine conserve une position largement dominante.

L’économiste rappelle qu’au cours des 2 500 dernières années, seules quatorze monnaies ont occupé le statut de devise internationale dominante. Renverser un tel système nécessite soit un effondrement majeur de la monnaie en place, soit l’émergence d’un concurrent extrêmement puissant. À ses yeux, aucune de ces conditions n’est actuellement réunie. Le yuan chinois progresse certes, mais reste encore marginal à l’échelle mondiale. Cela signifie que la hausse potentielle de l’or ne dépend pas nécessairement d’un effondrement du dollar. Elle peut simplement résulter d’une création monétaire excessive et d’une perte graduelle de confiance dans les politiques économiques. C’est précisément pourquoi de nombreux investisseurs continuent d’intégrer l’or physique dans leur stratégie de préservation patrimoniale.

Ce que les investisseurs devraient surveiller dès maintenant

La conclusion de Steve Hanke est sans ambiguïté : les investisseurs doivent replacer la masse monétaire au centre de leur analyse. Selon lui, les variations de liquidité constituent le meilleur indicateur avancé des mouvements futurs des actifs financiers et de l’inflation. Les prix du pétrole, les tensions géopolitiques ou encore les statistiques économiques traditionnelles ne doivent être considérés qu’en second plan.

Si cette lecture s’avère correcte, les prochaines années pourraient être marquées par une inflation plus persistante que prévu, des marchés financiers plus volatils et une poursuite du cycle haussier de l’or. L’objectif de 6 000 à 7 000 dollars l’once peut sembler ambitieux aujourd’hui, mais les projections les plus audacieuses naissent souvent des transformations monétaires les plus profondes. Pour les investisseurs soucieux de protéger leur pouvoir d’achat dans un environnement économique incertain, constituer dès maintenant une réserve stratégique en or et en argent physiques pourrait représenter l’une des décisions les plus importantes de la décennie.

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