Jordan Roy-Byrne : « Si vous avez peur de la chute des cours de l’argent et de l’or, alors regardez ceci… »

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L’or et l’argent font actuellement face à une correction brutale qui inquiète de nombreux investisseurs, mais l’analyste Jordan Roy-Byrne, titulaire des certifications Chartered Market Technician et Master of Financial Technical Analysis, affirme que ce mouvement ne doit pas être confondu avec la fin des marchés haussiers séculaires de l’or et de l’argent. Selon lui, l’or a déjà corrigé environ 30% et l’argent environ 56%, des ampleurs qui correspondent déjà à la majorité des baisses observées lors des précédentes corrections au sein de marchés haussiers séculaires. Pour ceux qui redoutent un effondrement durable, la stratégie consiste précisément à anticiper la fin de cette phase de panique plutôt qu’à vendre au pire moment, notamment en s’intéressant aux pièces d’or comme le 20 francs Napoléon tête nue, qui permettent de détenir physiquement le métal précieux.

La peur d’un krach de l’or et de l’argent repose d’abord sur la violence récente de la baisse. Sur le marché international, l’or spot est descendu vers 4 016 dollars l’once le 23 octobre 2026, son plus bas niveau depuis le 20 juillet, tandis que l’argent a subi une pression encore plus forte, avec des replis supérieurs à 5% sur certaines séances. Cette divergence est essentielle : l’argent, à la fois métal monétaire et métal industriel, réagit plus violemment aux craintes de ralentissement économique, à la faiblesse de la demande industrielle et aux anticipations de resserrement monétaire. Dans un contexte pareil, les investisseurs cherchent souvent à sécuriser une exposition physique, par exemple avec des pièces d’or d’investissement, plutôt qu’à céder leurs positions sous l’effet de la panique.

Jordan Roy-Byrne rappelle toutefois que l’or et l’argent restent, selon son analyse, au cœur de marchés haussiers séculaires engagés depuis quelques années. Une correction de 30% pour l’or est déjà supérieure à celle de 2008 et approche les baisses les plus sévères jamais enregistrées dans un marché haussier séculaire, hors la chute de 1975-1976. Il estime donc qu’une correction de 45% ou 50% serait improbable, même si l’or peut encore descendre vers 34%, 36% ou 37% avant de trouver son point bas. Pour l’investisseur particulier, cette phase de faiblesse peut représenter une occasion de renforcer progressivement une exposition au métal, par exemple via des lingots d’or, tout en respectant une gestion du risque sans levier ni produits dérivés.

Le cas de l’argent est encore plus spectaculaire. Après une baisse d’environ 56%, le métal blanc se rapproche, selon l’analyste, de la fin de son marché baissier cyclique, comparable à celui de 2008. Il considère qu’un passage sous 50 dollars reste possible, voire probable si l’or repasse durablement sous 4 000 dollars, et que le point bas pourrait se situer dans la zone des 40 dollars. Cette perspective est anxiogène pour les détenteurs d’argent, mais elle s’inscrit, toujours selon son analyse, dans une correction cyclique et non dans la fin du cycle haussier séculaire. Les investisseurs qui privilégient l’or physique peuvent néanmoins diversifier leur approche avec des pièces d’or, plus liquides et plus faciles à revendre que certains actifs miniers.

L’argument central de Roy-Byrne repose sur l’analyse intermarchés, une approche popularisée par John Murphy. Lorsque les capitaux quittent massivement les actions pour se réfugier dans l’or, cela coïncide historiquement avec les sommets séculiers de l’or, comme en 1980 et en 2011. Or, selon lui, la Bourse américaine n’a pas encore entamé de véritable marché baissier séculaire ni atteint un point bas comparable à ceux observés avant les grands rallyes de l’or. Il en déduit que la comparaison avec 1980 ou 2011 est erronée : le marché n’a pas encore connu la rotation massive des capitaux des actions vers les métaux précieux qui caractériserait un sommet séculaire de l’or. Cette lecture conduit à considérer la baisse actuelle comme une correction au sein d’une tendance haussière plus large, et non comme le début d’un effondrement définitif.

Les chiffres récents confirment la nervosité du marché sans invalider, pour l’instant, cette thèse de correction. L’or est passé d’environ 4 194 dollars le 9 octobre à près de 4 053 dollars quelques séances plus tard, soit une baisse d’environ 3,4%, tandis que l’argent a chuté de 9,3% sur la même période, faisant passer le ratio or/argent d’environ 69 à 73. Cette sous-performance de l’argent traduit sa double exposition, monétaire et industrielle, et explique pourquoi les baisses peuvent y être beaucoup plus violentes. Pour l’investisseur qui souhaite profiter d’une éventuelle stabilisation, l’accès au métal physique reste l’option la plus directe, notamment avec des pièces d’or historiques comme le Napoléon.

Les niveaux techniques à surveiller pour l’or

Jordan Roy-Byrne identifie plusieurs zones de support décisives pour l’or. Il estime que la baisse cyclique pourrait passer sous 3 900 dollars, avec un scénario de rebond technique avant une ultime jambe baissière vers 3 600 dollars, voire vers 3 450 dollars dans son scénario le plus pessimiste, potentiellement au mois d’avril. Il cite également des supports techniques forts autour de 3 720, 3 650 et 3 620 dollars, ainsi que la zone des 3 500 dollars évoquée par plusieurs analystes depuis le début de la correction. Selon lui, la baisse pourrait donc encore durer quelques semaines ou quelques mois, mais l’essentiel de la correction serait déjà accompli.

Cette lecture technique rejoint en partie les niveaux observés sur les marchés actuels. L’or a récemment évolué autour de 4 000 à 4 100 dollars l’once, après avoir cédé sous la pression d’un dollar plus fort, de rendements du Trésor en hausse et d’inquiétudes inflationnistes liées notamment au pétrole. Les analystes cités par Kitco soulignent que la rupture du seuil de 4 100 dollars a fragilisé la structure technique de l’or, tandis que l’argent a perdu le support des 60 dollars avant de tenter de se stabiliser au-dessus de 55 dollars. Ces niveaux ne constituent pas des garanties, mais ils servent de repères pour distinguer une simple consolidation d’une accélération baissière.

Pourquoi l’or ne devrait pas chuter de 40 à 50%

L’argument le plus fort avancé par Roy-Byrne est l’absence de rotation massive des capitaux des actions vers l’or. Entre 1972 et 1975, la Bourse américaine avait été quasiment divisée par deux tandis que l’or explosait, traduisant un transfert historique de capital hors des actions. Aujourd’hui, selon son analyse, ce phénomène n’a pas eu lieu : le marché actions n’est pas entré dans un marché baissier séculaire et l’or n’a donc pas bénéficié de cette vague d’allocations défensives. Il en conclut qu’une baisse de 40% ou 45% de l’or, comparable à celle des années 1970, serait improbable, d’autant que le métal a déjà corrigé environ 30%.

Les données d’allocation renforcent cette thèse. Roy-Byrne cite une allocation implicite à l’or via les ETF d’environ 1,8%, contre 8,2% au sommet de 2011 et environ 4 à 5% en 2008. Du côté des family offices, il évoque une allocation moyenne à l’or de seulement 0,9%, avec 72% d’entre eux n’en détenant aucun. Chez Bank of America, l’allocation des clients privés serait de 0,4%, contre 2,4% pour les clients institutionnels. Autrement dit, selon cette analyse, les grands capitaux sont encore très peu exposés à l’or, ce qui laisse un potentiel de rotation important lorsque la confiance reviendra.

Le signal décisif : le pic du rendement à 2 ans

Pour Roy-Byrne, la clé du point bas de l’or réside dans le comportement du rendement à 2 ans du Trésor américain. Historiquement, les pics de ce rendement ont coïncidé avec des creux significatifs de l’or, car ils signalent souvent que le marché anticipe la fin du cycle de resserrement de la Réserve fédérale. Tant que la Fed est perçue comme susceptible de continuer à relever ses taux, l’or reste sous pression. Dès que le marché commence à sentir que la Fed a terminé, un premier rebond peut apparaître. Lorsque le rendement à 2 ans se retourne durablement à la baisse, le rebond de l’or gagne alors en traction, porté par les flux vers les obligations court terme et par les craintes sur l’économie.

Les fondamentaux récents expliquent en partie la faiblesse actuelle. Malgré une baisse des rendements réels à court terme, ce qui devrait théoriquement soutenir l’or, le métal a continué de chuter. Pour Roy-Byrne, cette dissociation entre fondamentaux et prix traduit une phase de vente panique et de capitulation, où les investisseurs liquident leurs positions indépendamment des données macroéconomiques. Ce type de comportement précède souvent, selon lui, les points bas de marché, car il traduit un épuisement des vendeurs plutôt qu’une détérioration fondamentale.

Le scénario de rebond après le creux

L’histoire des précédentes corrections offre un cadre de projection saisissant. Après le creux de 2008, l’or a rebondi de 80% en 13 mois. Après celui de 1976, il a gagné 61% en 14 mois. En moyenne, cela représente environ 70% de hausse en 13 à 14 mois, et un doublement en deux ans dans les deux cas. En appliquant ces proportions à un scénario de creux vers 3 450 dollars, Roy-Byrne projette un objectif proche de 6 000 dollars en mai 2028 et proche de 8 000 dollars en mai 2029. Dans un scénario plus modéré, avec un creux vers 3 700 dollars dans les un ou deux prochains mois, il projette environ 6 300 dollars en janvier 2028 et 8 200 dollars en janvier 2029.

Ces projections ne sont pas des certitudes, mais elles illustrent la logique de l’analyste : plus le creux est bas, plus le rebond potentiel est important en valeur absolue. Il insiste sur le fait que, quels que soient les niveaux exacts du point bas — 3 900, 3 700, 3 600 ou 3 450 dollars — l’essentiel est de ne pas être exposé au levier, aux options ou aux contrats à terme. Pour l’investisseur particulier, la détention physique d’or reste le moyen le plus simple de participer à un éventuel rebond sans s’exposer aux risques de produits dérivés, notamment via des lingots d’or d’investissement.

Les mines d’or : un levier à double tranchant

Roy-Byrne porte également son attention sur les actions minières, notamment via l’indice GDXJ. Il suit un indicateur de largeur de marché mesurant le pourcentage de titres du GDXJ clôturant au-dessus de leur moyenne mobile sur 200 jours. Cet indicateur était à 29% récemment, et il considère qu’un passage sous 15%, voire 10%, signalerait une zone de survente extrême propice à un fort rebond, au minimum à court terme. Il identifie également des supports techniques autour de 93-94, puis 91-92, contre une clôture récente à 99, soit environ 8 à 9% de baisse potentielle restante vers le support fort.

Sa recommandation est claire : ne pas détenir simplement GDX ou GDXJ, mais construire son propre panier de mines en sélectionnant les meilleures entreprises. Il recherche des sociétés de qualité, avec de bons actifs, de bonnes équipes et un potentiel de hausse d’au moins 300% sur deux à trois ans, même à des prix de l’or de 4 000 dollars et de l’argent de 55 dollars. Selon lui, les petites sociétés détenant de grands projets économiques — construction de mines, croissance de production ou développement de futurs gisements majeurs — offrent le meilleur levier dans un marché haussier.

Ce que cela signifie pour les investisseurs particuliers

Pour l’investisseur particulier, le message de Roy-Byrne est sans ambiguïté : la correction actuelle, bien que douloureuse, pourrait constituer l’une des meilleures opportunités d’achat de l’or et de l’argent depuis plusieurs années. Il insiste sur le fait que les meilleurs rendements ne viennent pas de l’achat lorsque les marchés sont en euphorie, comme fin 2025 ou début 2026, mais lorsqu’ils sont en vente, lorsque le sentiment est bearish et que les investisseurs sont dégoûtés. C’est précisément ce basculement de sentiment qu’il observe dans les commentaires de ses abonnés depuis quelques semaines.

Les données de marché récentes confirment cette phase de capitulation progressive. L’or a perdu environ 3,3% et l’argent environ 10% depuis le début du mois d’octobre 2026, sous l’effet combiné d’une inflation plus forte que prévu, de la hausse du pétrole Brent au-dessus de 111 dollars et du renforcement des anticipations de resserrement de la Fed. Pourtant, les avoirs des ETF or ont atteint leurs plus hauts niveaux de l’année, signe que certains investisseurs commencent déjà à se repositionner malgré la baisse des cours. Cette divergence entre prix et flux d’investissement est un signal que les analystes surveillent de près.

Conclusion : entre peur et opportunité

En définitive, le discours de Jordan Roy-Byrne est clair : l’or et l’argent traversent une correction cyclique sévère, mais celle-ci s’inscrit dans un contexte de marché haussier séculaire intact. La baisse de 30% de l’or et de 56% de l’argent correspond déjà, selon lui, à la majorité du travail de correction, et les niveaux de 3 700 à 3 450 dollars pour l’or, ou de 40 dollars pour l’argent, représentent les zones de creux potentielles à surveiller. Le déclencheur du rebond sera le retournement du rendement à 2 ans et la confirmation que la Fed a terminé de relever ses taux.

Pour l’investisseur qui souhaite se positionner avant un éventuel rebond, la détention physique reste l’option la plus directe et la plus simple. Les pièces d’or d’investissement offrent une exposition liquide et tangible au métal, tandis que les lingots conviennent mieux aux montants plus importants. Dans les deux cas, la règle reste la même : investir sans levier, progressivement, et avec une vision à moyen ou long terme, en se préparant à ce que l’histoire des cycles précédents suggère comme un fort potentiel de rebond une fois le creux atteint

1 COMMENTAIRE

  1. Ce n’est pas une une correction mais un KRACH , en 2012 il a fallu 8 ans pour retrouver les sommets et les mêmes enculés utilisaient le mot correction. Depuis l’effondrement de février ça pue qui par ailleurs n’avait été annoncé par aucun experts de mes deux.

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