David Hunter, stratège macroéconomique en chef chez Contrarian Macro Advisors, maintient sans détour ses prévisions les plus extrêmes : l’or atteindrait 7 000 dollars l’once, l’argent 200 dollars l’once et le S&P 500 10 000 points dans un horizon de trois à six mois. Selon lui, les marchés ne sont pas au début d’une correction durable, mais à la veille d’une dernière phase haussière explosive, suivie d’un effondrement mondial d’une violence exceptionnelle.
Cette thèse, aussi dérangeante soit-elle, repose sur une lecture précise des marchés obligataires, de l’inflation, du dollar américain et de la psychologie des investisseurs. Hunter estime que la récente baisse des métaux précieux n’est pas une rupture de tendance, mais une consolidation destinée à éliminer les investisseurs les moins convaincus avant une nouvelle accélération. Pour ceux qui souhaitent s’exposer dès maintenant à l’or physique, les pièces d’investissement comme le 20 francs Napoléon tête nue constituent un point d’entrée concret dans cette logique de protection patrimoniale.
Une dernière envolée avant le crash
David Hunter ne présente pas son scénario comme une simple hausse des cours. Il parle d’un « melt-up », autrement dit d’une dernière phase de rallye parabolique au cours de laquelle les actifs financiers pourraient monter beaucoup plus vite et beaucoup plus haut que ce que la majorité des investisseurs imagine. Il maintient ainsi un objectif de 10 000 points sur le S&P 500, 70 000 points sur le Dow Jones, 36 000 points sur le Nasdaq et 4 000 points sur le Russell 2000.
Selon lui, cette envolée finale pourrait se dérouler dans les trois à six prochains mois, même s’il reconnaît qu’elle pourrait aussi survenir plus tôt. Ce n’est qu’après cette phase d’euphorie qu’il anticipe un retournement brutal, qu’il décrit comme une récession mondiale, une crise de crédit et un bear market d’une ampleur comparable aux pires épisodes de l’histoire financière moderne.
Pour l’or, ce scénario implique une accélération puissante depuis les niveaux actuels. Hunter estime que le métal jaune peut passer de son zone actuelle, autour de 4 000 dollars l’once, à 7 000 dollars, soit une progression d’environ 69%. Face à cette perspective, l’acquisition d’or physique via des pièces d’or d’investissement apparaît, dans sa logique, comme une manière directe de participer à ce mouvement de réévaluation.
Pourquoi l’or pourrait atteindre 7 000 dollars
L’argument central de David Hunter ne repose pas uniquement sur la peur géopolitique ou sur l’inflation. Il insiste sur le rôle décisif du dollar américain. Selon lui, une grande partie de la hausse de l’or provient historiquement de la faiblesse de la devise dans laquelle le métal est coté. Or, il anticipe une chute importante du dollar, qu’il voit revenir vers 82 ou 83 sur son indice, contre des niveaux nettement plus élevés récemment.
Cette baisse du dollar devrait, selon son analyse, accompagner une détente des taux d’intérêt américains. Hunter considère que le marché obligataire a déjà atteint un sommet majeur en termes de rendements, notamment lorsque le rendement du Treasury à 10 ans a approché 5,35%, avant de revenir autour de 5%. Pour lui, ce retournement n’est pas passager : il ouvrirait la voie à plusieurs années de marché haussier pour les obligations, ce qui soutiendrait également les actions et les métaux précieux.
Dans ce contexte, l’or ne serait pas seulement un actif refuge, mais aussi un actif monétaire qui bénéficierait simultanément de la baisse du dollar, de la baisse des taux et d’un regain d’aversion au risque. Les investisseurs qui cherchent une exposition simple et tangible peuvent notamment se tourner vers l’achat de lingots d’or, une forme d’investissement directement liée au cours du métal précieux.
L’argent à 200 dollars : une explosion encore plus violente
Si la prévision de 7 000 dollars sur l’or peut sembler audacieuse, celle de 200 dollars sur l’argent l’est davantage encore. David Hunter estime que l’argent, plus volatil et plus cyclique que l’or, pourrait connaître une hausse bien plus brutale. Il rappelle que le métal blanc est récemment passé d’environ 40-50 dollars à 122 dollars lors d’une précédente phase de rallye, avant de subir une correction sévère.
Pour Hunter, cette correction a précisément créé les conditions d’un nouveau départ. Il observe que le sentiment de marché s’est effondré, que de nombreux investisseurs parlent désormais d’un retour de l’argent vers 50 dollars, voire 40 dollars, et que la majorité des commentaires sont devenus négatifs. C’est exactement ce type de pessimisme généralisé qui, selon lui, accompagne souvent les creux de marché.
Il admet qu’un test supplémentaire vers 50 ou 48 dollars reste possible, mais il juge plus probable que les plus bas aient déjà été vus. Dans son scénario, l’argent pourrait donc rejoindre 200 dollars dans les trois à six mois, soit une multiplication par plus de trois par rapport aux niveaux récents autour de 55 dollars. Pour les investisseurs qui privilégient l’or plutôt que l’argent, les pièces d’or disponibles à l’achat restent l’exposition la plus directe au métal monétaire par excellence.
La Fed n’est pas le vrai moteur des marchés
David Hunter minimise l’importance des décisions isolées de la Réserve fédérale. Selon lui, une réunion de la Fed peut provoquer quelques jours de baisse ou de hausse, mais elle ne détermine pas la tendance de fond. Ce qui compte réellement, affirme-t-il, c’est le marché obligataire, car ce sont les obligations qui fixent en dernière instance le niveau des taux d’intérêt.
Il s’attend donc à une position prudente de la Fed à l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, avec probablement aucune décision surprise immédiate, mais un débat sur une éventuelle hausse des taux en décembre. Pour autant, il ne considère pas ce débat comme décisif. Si les rendements obligataires continuent de reculer, estime-t-il, l’attention des marchés se détournera rapidement de la Fed.
Cette lecture explique pourquoi il reste haussier malgré l’incertitude politique et macroéconomique. Pour lui, le marché boursier ne réagit pas d’abord aux annonces, mais au mouvement des taux et à la psychologie collective. Lorsque les taux baissent, le discours devient plus optimiste ; lorsque les taux montent, la peur s’installe. C’est ce mécanisme émotionnel qui, selon Hunter, crée les grandes ruptures de tendance.
L’inflation pourrait bientôt retomber
Contrairement à ceux qui voient l’inflation repartir durablement à la hausse à cause du pétrole, David Hunter estime que la pression inflationniste pourrait commencer à s’essouffler. Il observe que le pétrole affiche des sommets de plus en plus bas après sa forte hausse, ce qui pourrait indiquer un retournement. Il anticipe ainsi un retour du brut vers les 60 dollars, et non vers 130, 140 ou 150 dollars comme certains le redoutent.
Il reconnaît toutefois que les stocks de pétrole, le diesel et certains produits raffinés peuvent encore créer des tensions ponctuelles. Mais il considère que plusieurs éléments de l’inflation sont temporaires : hausse ponctuelle de certains frais, effets liés au pétrole, ou chocs isolés qui ne s’auto-alimentent pas. Selon lui, le consensus commence justement à basculer vers l’idée que l’inflation pourrait atteindre un sommet.
Cette baisse attendue de l’inflation renforcerait, dans son scénario, la baisse des taux et la faiblesse du dollar. C’est précisément cette combinaison qui nourrirait la hausse de l’or. Les investisseurs qui souhaitent se positionner sur le métal jaune peuvent consulter la sélection de pièces d’or d’investissement, notamment si leur objectif est de détenir un actif tangible en dehors du système financier.
Élections américaines : le risque que personne ne prend au sérieux
David Hunter accorde une importance considérable aux élections de mi-mandat américaines. Il estime que les marchés de paris politiques, qui donnaient une forte probabilité à une victoire démocrate, peuvent être manipulés ou faussés par des dépenses publicitaires massives. Il rappelle que ces marchés restent relativement petits et qu’ils ne doivent pas être pris pour des indicateurs infaillibles.
Selon lui, les sondages traditionnels sous-estiment probablement le vote républicain, car une partie des électeurs républicains ne répondrait plus aux appels ni aux messages des sondeurs. Il anticipe donc un écart habituel de deux à quatre points en faveur des républicains au moment du vote, ce qui pourrait leur permettre de conserver le Sénat, voire d’obtenir une majorité confortable.
Hunter estime que si le Parti républicain conserve au moins l’une des deux chambres, les scénarios les plus dangereux pour les marchés seraient évités. En revanche, il considère qu’une victoire démocrate à la fois à la Chambre et au Sénat créerait un risque politique majeur, avec des conséquences potentiellement très négatives pour la confiance des investisseurs.
Le Moyen-Orient, le pétrole et le déclencheur géopolitique
Le stratège relie également la situation au Moyen-Orient à son scénario de marché. Il estime que la période post-électorale américaine pourrait modifier la donne au Proche-Orient, avec un possible retour d’Israël dans le conflit et une pression accrue sur le régime iranien. Selon lui, les sanctions et les mesures de traçage financier commenceraient à affaiblir sérieusement ce régime.
Il ne s’attend toutefois pas à une longue guerre terrestre comparable à l’Irak ou à l’Afghanistan. Il envisage plutôt une phase courte, intense et potentiellement très instable, pouvant durer quelques semaines ou quelques mois. Cette incertitude géopolitique constitue, dans son analyse, un facteur supplémentaire de volatilité pour le pétrole, les devises, les actions et les métaux précieux.
Pour un investisseur, cette instabilité renforce l’intérêt d’une allocation en or physique. Les pièces historiques comme le 20 francs Napoléon tête nue offrent une exposition au métal jaune tout en conservant une dimension patrimoniale et de collection.
Le signal le plus inquiétant : le marché refuse de baisser
L’un des arguments les plus frappants de David Hunter concerne la résilience des actions américaines. Malgré les inquiétudes liées à la Fed, aux élections, à l’inflation et au Moyen-Orient, le S&P 500 n’a reculé que d’environ 2,5 à 3%, tandis que le Nasdaq a corrigé d’environ 6%. Pour Hunter, un marché qui refuse de chuter malgré autant de raisons de vendre envoie un signal très haussier.
Il observe également un élargissement du rallye : les banques, les valeurs financières et les matériaux, longtemps à la traîne, commenceraient à se redresser. Pendant ce temps, le secteur de l’intelligence artificielle, après une consolidation, repartirait à la hausse. Cette combinaison entre dynamique de l’IA et retour des valeurs cycliques renforcerait, selon lui, la probabilité d’une dernière phase de hausse généralisée.
Hunter insiste sur le fait que les résultats des entreprises restent solides et que l’intelligence artificielle continue de soutenir les bénéfices. Pour lui, le scepticisme ambiant constitue même un carburant haussier : plus les investisseurs doutent, plus le mur d’inquiétude s’épaissit, et plus la montée finale peut être puissante lorsqu’elle se déclenche.
Après le sommet, un effondrement redouté
Le point le plus anxiogène du scénario de David Hunter n’est pas la hausse de l’or à 7 000 dollars ou celle de l’argent à 200 dollars. C’est ce qui viendrait ensuite. Il anticipe un effondrement mondial après le sommet des marchés, avec une baisse potentielle du S&P 500 de 70 à 80%, qui le ramènerait vers environ 2 000 points.
Dans cette phase de crise, il prévoit également une correction sévère des métaux précieux : l’or pourrait reculer de 40 à 50%, tandis que l’argent pourrait chuter de 60 à 75%. Cela signifie qu’un investisseur qui achète au sommet pourrait subir une perte temporaire très importante, même si Hunter considère ensuite qu’une nouvelle phase haussière beaucoup plus puissante débuterait au début des années 2030.
C’est pourquoi le timing devient central dans sa thèse. Il ne s’agit pas seulement de détenir de l’or, mais de comprendre à quel moment du cycle l’on se trouve. Les investisseurs qui souhaitent une exposition progressive plutôt qu’un achat massif peuvent suivre le cours des pièces d’or et adapter leur stratégie à l’évolution du marché.
Un scénario extrême, mais cohérent avec son analyse
David Hunter ne présente pas ses objectifs comme des certitudes absolues. Il rappelle lui-même que toute prévision peut être fausse et que ses échéances ont déjà été repoussées par le passé. Néanmoins, il affirme conserver une conviction très élevée dans ses cibles, précisément parce que ses indicateurs lui suggèrent que le marché dispose encore de marge de progression avant le retournement final.
Son raisonnement repose sur une séquence claire : baisse des taux, affaiblissement du dollar, reprise des actions et des métaux précieux, sommet parabolique, puis crise de crédit et effondrement. Dans cette séquence, l’or et l’argent ne sont pas de simples valeurs refuges : ils deviennent des actifs de transition entre la fin d’un cycle financier et le début d’un nouveau cycle monétaire.
Pour les investisseurs qui veulent comprendre ce basculement sans se laisser emporter par la peur, l’essentiel est de distinguer une prévision d’un fait établi. Les objectifs de 7 000 dollars pour l’or et 200 dollars pour l’argent restent des scénarios ambitieux, mais ils sont bel et bien défendus avec force par David Hunter, qui estime qu’ils pourraient même se révéler conservateurs.