Robert Quartermain : son immense fortune est investie dans l’or, et il explique pourquoi il refuse de céder à la panique et reste haussier

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La chute du cours de l’or sous les 4 000 dollars l’once a provoqué une nouvelle vague d’interrogations sur les marchés financiers. Pourtant, certains des professionnels les plus expérimentés de l’industrie minière ne semblent nullement disposés à remettre en cause leur stratégie. C’est notamment le cas de Robert Quartermain, figure incontournable du secteur aurifère nord-américain, bâtisseur de plusieurs mines et co-président de Dakota Gold. Après cinquante années passées dans l’industrie, celui qui affirme avoir placé l’essentiel de son patrimoine dans les matières premières aurifères conserve une conviction profonde : les fondamentaux de l’or demeurent solides, malgré les corrections parfois brutales de son cours. Son raisonnement repose sur plusieurs éléments essentiels : la discipline financière des producteurs, les achats physiques des banques centrales, les flux d’or vers la Chine et le caractère encore relativement restreint du marché aurifère. Pour comprendre cette position, il faut également regarder au-delà des fluctuations quotidiennes et s’intéresser à la transformation des chaînes d’approvisionnement mondiales. Découvrir les pièces d’or physiques disponibles à l’achat constitue notamment une manière de se familiariser avec le marché auquel font référence ces professionnels.

Robert Quartermain face à la correction de l’or : cinquante ans d’expérience et aucune panique

Lorsque Robert Quartermain prend la parole lors de la New Orleans Investment Conference, le contexte est particulièrement révélateur. Le 30 octobre évoqué pendant l’entretien, le cours de l’or vient de perdre plus de 100 dollars l’once et repasse sous le seuil symbolique des 4 000 dollars. L’argent et le platine connaissent également une séance difficile. Pour de nombreux investisseurs, cette accélération baissière soulève une question fondamentale : le mouvement haussier de l’or est-il en train de s’essouffler ? Pour le dirigeant minier canadien, la réponse ne se trouve pas dans les variations d’une seule séance. Il rappelle avoir commencé sa carrière en 1976, à une époque où l’or s’échangeait autour de 140 dollars l’once. Depuis, il a traversé plusieurs cycles économiques, des périodes de prix extrêmement faibles et des phases d’euphorie. Son expérience lui permet de replacer les mouvements actuels dans une perspective beaucoup plus longue. Il explique notamment que l’industrie minière a considérablement amélioré sa discipline financière et que les producteurs ne sont plus nécessairement obligés de sacrifier leur rentabilité lorsque le marché corrige. Cette évolution constitue, selon lui, un élément central pour comprendre la résistance économique du secteur. Consulter les lingots d’or physiques disponibles permet de découvrir une autre forme d’exposition au métal précieux, distincte des actions des sociétés minières.

Des coûts de production compris entre 1 600 et 2 000 dollars : pourquoi les producteurs continuent de gagner de l’argent

L’un des arguments les plus importants avancés par Robert Quartermain concerne les coûts de production de l’industrie aurifère. Selon les chiffres qu’il évoque pendant l’entretien, de nombreux producteurs se situent dans une fourchette de coûts comprise entre 1 600 et 2 000 dollars l’once. Cette structure économique explique pourquoi une baisse du cours de l’or ne signifie pas automatiquement que les sociétés minières deviennent déficitaires. Même lorsque le métal repasse sous les 4 000 dollars, l’écart entre le prix de vente et les coûts évoqués par le dirigeant reste important. Les producteurs capables de maintenir leurs dépenses sous contrôle disposent ainsi d’une marge opérationnelle substantielle. Quartermain insiste également sur le retour de valeur aux actionnaires, rendu possible par les liquidités générées lorsque les prix de vente restent élevés. Il ne s’agit donc pas uniquement de regarder le cours de l’or, mais d’évaluer la capacité réelle des entreprises à produire, à maîtriser leurs dépenses, à financer leurs projets et à dégager des flux de trésorerie. Cette discipline constitue un changement majeur par rapport aux périodes durant lesquelles les producteurs étaient confrontés à des prix beaucoup plus faibles et à des marges extrêmement comprimées. Pour un investisseur qui souhaite comprendre la différence entre exposition minière et détention directe de métal, la pièce d’or de 20 francs Napoléon représente un exemple concret de produit physique dont la valeur dépend notamment du cours de l’or et de ses caractéristiques propres.

Pourquoi Robert Quartermain reste convaincu malgré le passage sous les 4 000 dollars

Pour Robert Quartermain, la correction du marché ne suffit pas à remettre en cause les raisons structurelles qui soutiennent sa vision de long terme. Il identifie notamment trois éléments : les achats physiques, les acquisitions d’or par les banques centrales et les mouvements du métal précieux vers la Chine. Ces facteurs témoignent, selon lui, d’une demande qui ne se limite pas aux opérations spéculatives effectuées sur les marchés financiers. Le dirigeant souligne que l’or reste un marché relativement petit. Cette caractéristique est essentielle pour comprendre les mouvements parfois violents du métal jaune. Lorsque les positions vendeuses se multiplient, lorsque les investisseurs réduisent rapidement leur exposition ou lorsque la liquidité se contracte, les variations peuvent devenir particulièrement importantes. Un marché relativement restreint peut ainsi connaître des mouvements disproportionnés par rapport à l’évolution de ses fondamentaux physiques. Quartermain considère donc qu’il faut distinguer les pressions financières de court terme de la demande structurelle. Sa conviction ne repose pas sur l’idée que l’or devrait progresser chaque jour, mais sur le maintien des facteurs qui, selon lui, justifient son intérêt à long terme. L’achat de pièces d’or physiques permet de découvrir les différentes possibilités de détention directe du métal, sans confondre cette démarche avec un investissement dans les sociétés minières.

« La majeure partie de mon patrimoine est dans l’or » : une déclaration particulièrement révélatrice

La déclaration la plus marquante de cet entretien concerne probablement le patrimoine personnel de Robert Quartermain. Le dirigeant indique que la majeure partie de sa fortune est liée aux matières premières aurifères. Il ne s’agit donc pas d’un observateur extérieur qui commenterait les mouvements du marché sans être personnellement exposé à son évolution. Son parcours professionnel, ses participations dans les entreprises minières et sa détention d’or physique illustrent une implication profonde dans cet univers. Il précise également qu’il existe un niveau de correction auquel il recommencerait à acheter de l’or physique. Cette remarque est particulièrement intéressante : malgré son exposition déjà considérable au secteur, il envisage de renforcer sa détention lorsque les conditions de marché lui paraîtront suffisamment attractives. Il faut néanmoins distinguer cette conviction personnelle d’une recommandation universelle. Quartermain parle de sa propre stratégie et de son expérience, pas d’une allocation qui conviendrait automatiquement à tous les investisseurs. Son message principal reste que les mouvements de court terme ne doivent pas faire oublier la solidité économique des entreprises et la demande physique. Dans cette logique, les lingots d’or d’investissement constituent une autre catégorie de métal physique à examiner pour comprendre les différentes modalités de détention de l’or.

La Chine détient un avantage stratégique majeur : le véritable problème occidental se situe dans le raffinage

Au-delà de l’or, Robert Quartermain consacre une partie importante de son intervention à une question géopolitique fondamentale : la dépendance de l’Amérique du Nord envers les chaînes d’approvisionnement contrôlées par la Chine. Selon lui, le problème occidental ne se limite pas à la capacité d’extraire les ressources minières. Il concerne surtout la transformation et le raffinage des matières premières. Les terres rares illustrent parfaitement cette difficulté. Elles regroupent dix-sept éléments dont la séparation nécessite des procédés industriels complexes, notamment en raison de leurs propriétés chimiques très proches. Il ne suffit donc pas de découvrir un gisement et d’extraire le minerai pour disposer immédiatement d’une matière première utilisable par les industries de haute technologie et de défense. Il faut également posséder les installations, les compétences techniques, les capacités de séparation et les infrastructures nécessaires à leur transformation. Quartermain explique que la Chine a compris très tôt l’importance stratégique de cette étape industrielle et qu’elle a construit progressivement un avantage considérable. Cette stratégie a permis au pays de devenir un acteur central des chaînes d’approvisionnement mondiales, tandis que les pays occidentaux ont laissé s’installer une dépendance difficile à corriger rapidement. Le dirigeant estime que l’Amérique du Nord doit désormais reconstruire ces capacités pour garantir son autonomie industrielle et militaire. Le marché des pièces d’or physiques rappelle également que le métal précieux possède une dimension stratégique qui dépasse largement son utilisation comme simple instrument financier.

Terres rares, défense et nouvelles technologies : l’Occident découvre l’ampleur de sa dépendance

Les propos de Quartermain prennent une dimension particulière lorsqu’il évoque les équipements militaires et les technologies modernes. Les terres rares entrent dans la fabrication de composants indispensables à de nombreux systèmes électroniques, notamment les aimants permanents utilisés dans des équipements miniaturisés et performants. Il cite notamment les aimants au samarium-cobalt et au néodyme, développés pour répondre aux besoins de nombreuses applications industrielles et militaires. Ces matériaux se retrouvent dans des équipements de haute technologie, des systèmes électroniques et des dispositifs nécessitant des performances spécifiques. L’exemple du F-35 illustre les difficultés rencontrées lorsque certains composants dépendent de fournisseurs situés dans des pays dont les intérêts stratégiques peuvent diverger de ceux des États-Unis et de leurs alliés. Quartermain évoque ainsi les efforts entrepris pour développer des capacités de production de matériaux et d’aimants aux États-Unis, notamment avec le soutien du département de la Défense. L’objectif est de pouvoir suivre l’ensemble de la chaîne de production, depuis l’extraction du minerai jusqu’au composant intégré dans l’équipement final. Cette approche vise à réduire les dépendances extérieures et à garantir la disponibilité des ressources nécessaires aux capacités militaires occidentales.

Pourquoi l’or est indispensable aux téléphones et aux serveurs, mais absent de certaines listes de minerais critiques

Robert Quartermain rappelle également une réalité industrielle souvent oubliée : l’or est omniprésent dans les technologies modernes. Sa résistance à la corrosion et ses propriétés électriques en font un matériau particulièrement utile dans les composants électroniques. Il est notamment employé dans les connexions et certains éléments des téléphones portables, des serveurs informatiques et des équipements électroniques. Sa stabilité chimique permet d’assurer des connexions fiables dans des dispositifs où la précision et la durabilité sont essentielles. Le dirigeant explique ainsi que l’or est bel et bien un métal indispensable à de nombreuses technologies contemporaines. Pourtant, il ne figure pas systématiquement dans les listes de matériaux considérés comme critiques pour la défense. Quartermain explique cette situation par un critère essentiel : l’abondance relative et la disponibilité géographique du métal. Contrairement à certaines terres rares ou à d’autres matières premières dont la production est concentrée dans un nombre limité de régions, l’or est extrait dans de nombreux pays, notamment au Canada, en Australie et aux États-Unis. Cette disponibilité contribue à expliquer son traitement différent dans les classifications stratégiques. Il ne faut donc pas confondre importance industrielle et risque d’approvisionnement : un matériau peut être indispensable sans présenter exactement le même niveau de vulnérabilité qu’une ressource dont la production ou le raffinage est concentré.

Les États-Unis veulent reconstruire leur industrie minière : un changement historique selon Quartermain

L’un des passages les plus significatifs de l’entretien concerne l’évolution du discours politique américain. Robert Quartermain affirme que, pour la première fois en cinquante années de carrière, il entend des responsables politiques parler aussi ouvertement de la nécessité de développer les ressources minières nationales. Cette évolution traduit une prise de conscience des enjeux économiques, industriels et militaires liés à l’approvisionnement en matières premières. Pendant de nombreuses années, les pays occidentaux ont privilégié des chaînes de production mondialisées, en s’appuyant sur des fournisseurs étrangers pour une partie importante de leurs besoins industriels. Cette organisation a permis de réduire certains coûts, mais elle a également créé des dépendances. Les restrictions commerciales, les tensions diplomatiques et les contrôles à l’exportation ont désormais mis en évidence les risques de ce modèle. Quartermain estime que les États-Unis et leurs alliés doivent renforcer leurs capacités d’extraction, de transformation et de raffinage. Le rapport 2026 de l’Agence internationale de l’énergie confirme l’importance de cette problématique : en 2025, la part moyenne du premier pays fournisseur dans le raffinage des principaux minerais énergétiques atteignait environ 72 %, hors terres rares. L’agence souligne également que la concentration des chaînes d’approvisionnement a continué de progresser. Cette situation donne une portée concrète aux préoccupations exprimées par le dirigeant minier.

Dakota Gold et Richmond Hill : le pari de construire une nouvelle mine d’or dans le Dakota du Sud

C’est dans ce contexte que Robert Quartermain développe son projet le plus important au sein de Dakota Gold : Richmond Hill, situé dans le district historique de Homestake, dans le Dakota du Sud. Cette région possède une longue histoire minière. La célèbre mine Homestake a produit plus de 40 millions d’onces d’or au cours de son exploitation, tandis que la mine Wharf, située à proximité, a également généré plusieurs millions d’onces. Pour Quartermain, ce territoire présente un potentiel considérable, notamment parce qu’il conserve des ressources minérales qui n’ont pas encore fait l’objet d’une exploitation complète. Dakota Gold possède un portefeuille foncier important dans ce district et entend développer progressivement plusieurs projets. Richmond Hill constitue la première étape de cette stratégie. Dans son évaluation économique initiale, l’entreprise avait envisagé une production annuelle d’environ 150 000 onces d’or, sur la base d’un traitement de 30 000 tonnes de minerai par jour. Ces chiffres correspondent à des hypothèses de développement et non à une production déjà réalisée. L’entreprise travaille également sur la possibilité d’augmenter les capacités de traitement, notamment grâce à des équipements de concassage de plus grande dimension. Une telle évolution pourrait permettre d’accroître les volumes traités, mais elle nécessiterait également des investissements supplémentaires. L’objectif de Quartermain est de construire une véritable plateforme minière capable de générer des revenus et de financer les développements ultérieurs dans le district.

Une production visée à partir de 2029 : le calendrier de Richmond Hill évolue

Pendant l’entretien, Quartermain évoque un objectif de mise en production en 2029, en s’appuyant notamment sur son expérience du développement de mines précédentes. Il rappelle que le projet Brucejack avait été conduit de la découverte à la production en environ sept années. Il considère que Richmond Hill bénéficie d’un environnement favorable, notamment parce que les terrains concernés sont privés et que les autorités locales et étatiques connaissent déjà les activités minières dans cette région. La proximité de la mine Wharf constitue également un élément important dans les échanges avec les autorités chargées des autorisations. Il faut toutefois distinguer le calendrier annoncé pendant l’entretien de l’avancement réel du projet. Dakota Gold a communiqué le 28 septembre 2026 sur la progression de ses études préalables de faisabilité, notamment sur les choix techniques concernant le concassage et l’installation de lixiviation en tas. L’entreprise indique alors viser la publication de son étude de préfaisabilité au quatrième trimestre 2026, puis une étude de faisabilité vers le milieu de l’année 2027. Elle poursuit donc les travaux techniques et réglementaires nécessaires avant toute décision définitive de construction. L’objectif de production en 2029 demeure une perspective annoncée par la société, et non une garantie de réalisation.

Le financement d’une mine de plusieurs centaines de millions de dollars : éviter une dilution excessive des actionnaires

Construire une mine représente un investissement considérable. Dans le cas de Richmond Hill, la discussion évoque un coût de développement pouvant atteindre environ 400 millions de dollars, même si le montant définitif doit dépendre des études techniques et des décisions de conception. Quartermain explique que Dakota Gold dispose de plusieurs solutions pour financer le projet sans dépendre exclusivement d’une augmentation de capital. Il cite notamment la dette convertible, les accords de streaming, les redevances sur certains métaux secondaires et les contrats de vente anticipée d’or. Le principe du streaming consiste à obtenir un financement immédiat en échange du droit de recevoir une partie de la production future à des conditions contractuelles définies. Les ventes anticipées permettent également de sécuriser une partie des revenus futurs. Le dirigeant insiste sur la nécessité de maîtriser le nombre d’actions en circulation afin de limiter la dilution des actionnaires existants. Cette stratégie repose sur un équilibre entre les besoins de financement, les coûts du capital et la valeur économique du projet. Elle suppose toutefois que les études de faisabilité confirment la viabilité de la mine et que les partenaires financiers acceptent les conditions proposées.

Maitland : un deuxième projet aurifère qui pourrait prolonger le développement de Dakota Gold

Richmond Hill n’est pas le seul actif sur lequel repose la stratégie de Dakota Gold. Robert Quartermain évoque également Maitland, un projet situé à proximité et présentant un intérêt géologique particulier. Il explique que les travaux d’exploration ont permis d’identifier plusieurs intersections aurifères à haute teneur. Il cite notamment 47 intersections de forage affichant une moyenne d’environ 10,7 grammes d’or par tonne sur quatre mètres. Ces résultats sont particulièrement intéressants pour l’équipe technique, car ils présentent des caractéristiques géologiques comparables à certaines zones historiques de la mine Homestake. Quartermain considère que le potentiel de Maitland pourrait devenir un élément important de la croissance future de l’entreprise. Sa stratégie consiste cependant à faire avancer Richmond Hill en priorité, afin de disposer à terme de flux de trésorerie susceptibles de financer les travaux supplémentaires sur les autres propriétés. Cette approche permettrait de limiter le recours à de nouveaux financements externes. Elle repose sur une logique de développement progressif : construire une première mine, générer des liquidités, puis réinvestir une partie de ces ressources dans les projets suivants.

Ce qui distingue une véritable mine d’un simple projet d’exploration

Interrogé sur les raisons pour lesquelles certaines sociétés minières parviennent à construire des mines tandis que d’autres échouent, Quartermain identifie plusieurs critères fondamentaux. Le premier est la géologie. Un gisement doit présenter des caractéristiques suffisamment intéressantes pour justifier les investissements nécessaires à son exploitation. Le deuxième critère concerne la récupération métallurgique : il faut être capable d’extraire effectivement le métal contenu dans le minerai avec des procédés techniquement et économiquement viables. Le troisième élément est l’emplacement du projet. Les infrastructures, les coûts de transport, l’accès à l’énergie, la disponibilité de l’eau et les contraintes réglementaires peuvent modifier considérablement l’économie d’une opération. L’expérience opérationnelle est également essentielle. Quartermain explique que son passage dans plusieurs mines lui permet de distinguer plus facilement une simple occurrence minérale d’un projet susceptible de devenir une exploitation rentable. Il estime par ailleurs que les prix élevés des métaux peuvent redonner de l’intérêt à des gisements qui n’étaient pas économiquement exploitables lorsque les cours étaient beaucoup plus faibles. Cette situation pourrait favoriser le développement de projets restés longtemps en sommeil, dans un contexte où les besoins industriels en cuivre, en or et en minerais stratégiques augmentent.

Hemlo : l’exemple d’une mine capable de retrouver une nouvelle dynamique

Robert Quartermain évoque également son implication dans la reprise de la mine Hemlo, au Canada. Il explique connaître ce site depuis plusieurs décennies et considère qu’il possède encore un potentiel important. L’un des éléments qui l’intéressent est la possibilité d’améliorer progressivement les performances de l’exploitation existante. Il rappelle que l’installation de traitement avait historiquement une capacité de 10 000 tonnes par jour, alors que les volumes traités étaient descendus à environ 3 800 tonnes par jour. L’enjeu consiste donc à optimiser les opérations, à développer de nouveaux fronts miniers et à mieux comprendre la géologie du site grâce aux travaux d’exploration. Quartermain souligne également que l’amélioration du cours de l’or a contribué à transformer la situation financière de l’actif. Il explique que la société a pu bénéficier de prix de vente élevés pour générer des liquidités et réduire son endettement. Cet exemple illustre sa vision du secteur : la valeur d’une mine ne dépend pas uniquement du prix de l’or, mais aussi de la capacité de ses dirigeants à améliorer les opérations, à contrôler les coûts et à exploiter efficacement les ressources disponibles.

Le véritable message de Quartermain : regarder les entreprises plutôt que les fluctuations quotidiennes de l’or

Au terme de cet entretien, Robert Quartermain revient sur le message qu’il souhaite transmettre aux investisseurs confrontés à la volatilité du marché aurifère. Selon lui, il est indispensable de regarder les performances économiques des entreprises minières plutôt que de se focaliser exclusivement sur le cours de l’or au jour le jour. Les producteurs qui maîtrisent leurs coûts peuvent continuer à générer des liquidités importantes, même lorsque le marché traverse une correction. Les sociétés de développement peuvent, quant à elles, profiter d’une période de faiblesse pour faire progresser leurs projets, à condition de disposer des financements nécessaires et de maintenir une discipline rigoureuse. Il estime également que le secteur des matières premières souffre encore d’un déficit d’investissement accumulé au cours des dernières décennies. Les besoins liés à l’intelligence artificielle, aux infrastructures numériques, à l’électrification et à la défense renforcent la nécessité de développer de nouvelles capacités minières et industrielles. Son expérience de cinquante années dans le secteur nourrit donc une conviction de long terme : les ressources naturelles resteront indispensables à l’économie mondiale et les entreprises capables de les exploiter efficacement auront un rôle majeur à jouer.

Conclusion : la correction de l’or ne suffit pas à effacer les fondamentaux du secteur aurifère

La position de Robert Quartermain repose sur une expérience professionnelle exceptionnelle et sur une exposition personnelle importante au secteur aurifère. Alors que le cours de l’or repasse sous les 4 000 dollars dans le contexte de l’entretien, il refuse de réduire l’analyse du marché à une correction ponctuelle. Les coûts de production évoqués, la discipline financière des producteurs, les achats physiques, les réserves des banques centrales et les flux vers la Chine constituent les principaux éléments de son raisonnement. À cela s’ajoute une transformation géopolitique majeure : les États-Unis et leurs alliés cherchent à réduire leur dépendance envers les chaînes d’approvisionnement dominées par la Chine, particulièrement dans le raffinage des minerais stratégiques. Les projets de Dakota Gold illustrent cette volonté de reconstruire des capacités minières en Amérique du Nord. Richmond Hill, Maitland et Hemlo témoignent également de l’importance de l’expérience opérationnelle, de la maîtrise des coûts et du financement dans la création de valeur minière. Le message final du dirigeant est limpide : les investisseurs doivent s’intéresser à la rentabilité réelle des entreprises, à leur capacité de production et à leurs perspectives de développement, plutôt que de réagir mécaniquement à chaque variation du cours de l’or. Sa conviction personnelle demeure forte, mais son raisonnement repose avant tout sur une analyse industrielle et économique du secteur des matières premières.

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