Marc Faber lance un avertissement brutal : « Gardez des liquidités avant que tout ne s’effondre »

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Marc Faber estime que la priorité des investisseurs n’est plus seulement de chercher le rendement, mais de se préparer à survivre à une période de forte instabilité.

Pour l’analyste suisse, les marchés présentent plusieurs symptômes caractéristiques d’une phase spéculative avancée : valorisations élevées, enthousiasme excessif pour certaines technologies, concentration des capitaux sur quelques grandes entreprises et confiance presque absolue dans la poursuite de la hausse. Dans ce type d’environnement, les investisseurs peuvent avoir l’impression que les actifs les plus populaires sont invulnérables, jusqu’au jour où un ralentissement des bénéfices, une remontée des taux ou une crise de liquidité vient modifier brutalement les règles du jeu. C’est pourquoi Marc Faber recommande de conserver des réserves disponibles et de ne pas négliger les actifs tangibles, notamment l’achat d’or et d’argent physiques, qui peut compléter une épargne composée de liquidités, d’actions et d’obligations.

Une bulle ne disparaît jamais en une journée

Marc Faber rappelle tout d’abord qu’une bulle financière ne se reconnaît pas uniquement à la hausse spectaculaire d’un indice. Elle se manifeste également par la multiplication des récits promettant une croissance illimitée, par l’abandon des critères de valorisation et par la conviction que certaines entreprises méritent n’importe quel prix parce qu’elles appartiennent à une technologie révolutionnaire. Selon lui, l’excès spéculatif peut se concentrer sur un pays, un secteur ou une poignée de titres sans toucher immédiatement l’ensemble du marché. Cette observation est essentielle, car un indice général peut continuer de progresser alors que plusieurs segments plus fragiles ont déjà commencé à se retourner. Dans une telle phase, l’achat d’or physique comme diversification peut réduire la dépendance d’un patrimoine aux valeurs les plus spéculatives.

L’histoire des marchés montre également que les sommets se construisent souvent par étapes. Marc Faber compare la période actuelle aux grands sommets boursiers des années 1960 et du début des années 1970, lorsque différents secteurs avaient atteint leur point culminant à des moments distincts. Les valeurs défensives, les sociétés industrielles, les conglomérats puis les grandes valeurs de croissance n’avaient pas cessé de progresser simultanément ; elles s’étaient relayées avant que l’indice général ne finisse par atteindre son propre sommet. Cette succession peut donner aux investisseurs l’illusion que la tendance reste saine, alors que la dynamique interne du marché se fragilise progressivement. Dans ce contexte, l’achat d’or et d’argent comme réserve de prudence peut constituer un moyen de ne pas être entièrement exposé à la dernière phase d’une hausse spéculative.

La révolution de l’intelligence artificielle

Marc Faber considère que l’intelligence artificielle possède un potentiel technologique réel, mais que cette réalité ne justifie pas automatiquement les valorisations atteintes par les entreprises associées à cette thématique. Une innovation peut transformer durablement l’économie tout en donnant lieu à une bulle financière. L’histoire regorge d’exemples de technologies prometteuses dont les entreprises pionnières ont pourtant été incapables de convertir leur avance en bénéfices suffisants. Lorsque les marchés évaluent une société comme si sa croissance devait rester parfaite pendant de nombreuses années, la moindre déception peut entraîner une correction disproportionnée. L’achat d’or physique en complément des valeurs technologiques peut alors apporter une diversification fondée sur des facteurs économiques différents.

Le problème ne vient donc pas nécessairement de l’intelligence artificielle elle-même, mais de la manière dont les investisseurs la valorisent. Une entreprise peut publier de bons résultats et néanmoins voir son action baisser si ses marges ralentissent, si ses dépenses d’investissement augmentent trop vite ou si ses prévisions ne dépassent pas les attentes déjà intégrées dans le cours. Dans les secteurs où les anticipations sont très élevées, il ne suffit pas d’être performant : il faut constamment dépasser les prévisions les plus optimistes. Cette mécanique crée une grande fragilité, car la déception peut provoquer des ventes simultanées de la part des fonds, des particuliers et des opérateurs utilisant l’effet de levier. Dans un portefeuille exposé à ce risque, l’achat de lingots et de pièces d’or peut jouer un rôle de diversification à long terme.

Pourquoi les analystes se trompent souvent

L’un des passages les plus incisifs de l’entretien concerne le rôle des analystes financiers. Marc Faber estime qu’ils sont particulièrement peu utiles pendant les marchés haussiers, lorsque la plupart des actifs progressent et que les erreurs sont masquées par la tendance générale. Dans un marché baissier, leur difficulté à remettre en cause les récits dominants devient encore plus visible, car leurs prévisions sont souvent influencées par les intérêts commerciaux de leur employeur, la pression des clients et la nécessité de rester présent dans les médias. Cette critique ne signifie pas que toute analyse est inutile, mais qu’un investisseur doit toujours vérifier les hypothèses, les valorisations, les risques et la solidité des flux de trésorerie. La même exigence de prudence s’applique avant tout achat d’or ou d’argent physique, notamment en comparant les cours, les primes, les frais et les conditions de revente.

L’exemple de Kodak et de Polaroid illustre parfaitement la différence entre prévoir une évolution technologique et identifier les entreprises qui en tireront réellement profit. Les analystes avaient compris que la population mondiale prendrait un nombre croissant de photographies, mais ils n’avaient pas nécessairement anticipé que cette activité se déplacerait vers les téléphones mobiles et les plateformes numériques. Le besoin reste le même, mais la chaîne de valeur change complètement. Cette leçon vaut pour l’intelligence artificielle, l’informatique quantique, les véhicules électriques ou toute autre innovation : le succès d’une technologie ne garantit pas celui de toutes les actions qui lui sont associées. Dans cette logique, l’achat d’or physique comme actif indépendant des bénéfices technologiques peut contribuer à réduire la concentration d’un portefeuille.

La création monétaire brouille les repères

Marc Faber insiste ensuite sur un phénomène qui complique considérablement l’analyse des marchés : la création monétaire peut empêcher les prix nominaux de refléter correctement la perte de pouvoir d’achat de la monnaie. Un indice boursier peut continuer à progresser en monnaie courante tout en perdant de la valeur réelle si l’inflation accélère plus rapidement. De la même manière, un logement peut coûter davantage en euros ou en dollars sans que son propriétaire soit réellement plus riche une fois le prix rapporté au revenu, au coût de la vie ou à l’or. Cette distinction entre valeur nominale et valeur réelle est indispensable pour éviter de confondre hausse des prix et création de richesse. Dans ce contexte, l’achat d’or contre l’érosion monétaire peut être étudié comme une composante d’une stratégie patrimoniale de long terme.

Selon l’analyste, les déficits publics et la charge de la dette peuvent pousser les autorités à maintenir des conditions financières relativement souples, même lorsque l’inflation reste supérieure à l’objectif officiel. Cette situation peut soutenir les actifs financiers en termes nominaux, mais elle pénalise les ménages dont les revenus progressent moins vite que les prix de l’alimentation, du logement, de l’énergie et des soins. Le résultat peut être une économie dans laquelle les patrimoines déjà constitués augmentent tandis que les personnes qui tentent d’épargner ou d’acheter leur premier logement perdent progressivement du terrain. L’achat d’or physique comme réserve de valeur peut alors apparaître comme une réponse partielle aux risques liés à la dépréciation des monnaies.

Pourquoi conserver des liquidités

Le conseil le plus concret de Marc Faber concerne la conservation de liquidités. Il ne recommande pas nécessairement de vendre tous les actifs ou de rester intégralement en espèces, mais de disposer d’une réserve suffisamment importante pour pouvoir agir lorsque les prix deviennent réellement attractifs. Cette réserve offre une flexibilité que ne possèdent pas les investisseurs entièrement investis au moment où une correction survient. Elle permet de financer ses dépenses courantes, d’éviter une vente forcée et de saisir certaines occasions lorsque les autres acteurs doivent liquider leurs positions. Pour compléter cette réserve de trésorerie, l’achat d’or et d’argent physiques peut apporter une forme de diversification tangible, à condition de ne pas remplacer les liquidités immédiatement disponibles.

La liquidité ne doit cependant pas être confondue avec une absence totale de risque. Les espèces peuvent perdre du pouvoir d’achat lorsque l’inflation augmente, et les dépôts bancaires restent liés au fonctionnement du système financier ainsi qu’aux règles de garantie applicables. Leur intérêt principal réside dans leur disponibilité et leur stabilité nominale à court terme, non dans leur capacité à s’apprécier automatiquement. Une allocation équilibrée peut donc combiner une réserve de trésorerie, des actifs productifs et des actifs tangibles. Dans cette répartition, l’achat de pièces et de lingots d’or peut compléter les liquidités sans être considéré comme un substitut parfait à l’argent nécessaire pour les dépenses courantes.

Des obligations parfois moins risquées que les actions

Marc Faber adopte également une position nuancée sur les obligations. Il ne les considère pas nécessairement comme une opportunité exceptionnelle, surtout lorsque l’inflation érode les rendements réels, mais il estime qu’elles peuvent parfois faire perdre moins d’argent que les actions lors d’une phase de correction sévère. Cette comparaison dépend fortement de la maturité des titres, de la qualité de l’émetteur, du niveau des taux et de la durée de détention. Une obligation détenue jusqu’à son échéance ne réagit pas de la même manière qu’un fonds obligataire à longue maturité vendu avant son terme. L’achat d’or physique en complément des obligations peut permettre de diversifier les risques liés aux rendements, à l’inflation et à la solvabilité des émetteurs.

Le principal danger des obligations à longue maturité apparaît lorsque les investisseurs exigent une rémunération supérieure pour compenser l’inflation ou le risque budgétaire. Les prix des titres déjà émis baissent alors, car leurs coupons deviennent moins intéressants par rapport aux nouvelles obligations. Cette relation inverse entre les rendements et les prix obligataires est fondamentale pour comprendre pourquoi un portefeuille présenté comme prudent peut subir une perte importante lorsque les taux montent rapidement. La diversification entre différentes maturités, émetteurs et catégories d’actifs devient donc essentielle. Dans cette approche, l’achat d’or et d’argent comme actifs non obligataires peut réduire la dépendance d’un patrimoine à l’évolution du marché de la dette.

L’or physique comme réserve en période de crise

Marc Faber explique que l’or physique peut remplir une fonction particulière lorsque les marchés deviennent désordonnés. Il ne prétend pas que le métal jaune progressera nécessairement pendant chaque crise. Au contraire, lors d’un choc de liquidité, certains investisseurs peuvent vendre de l’or pour couvrir des pertes, rembourser des dettes ou financer leurs dépenses. Le cours peut donc reculer temporairement en même temps que les actions, les matières premières et l’immobilier. La différence tient à la capacité potentielle de l’or à limiter la baisse sur une période plus longue ou à retrouver de l’intérêt lorsque les investisseurs recherchent une protection contre les politiques monétaires et les risques systémiques. L’achat d’or physique pour se préparer aux périodes difficiles doit donc être conçu comme une assurance patrimoniale imparfaite, et non comme une garantie contre toutes les pertes.

L’exemple donné par l’analyste est celui d’un ménage qui acquiert progressivement des biens essentiels, une voiture, une habitation, des assurances et quelques pièces d’or. Ce ménage ne cherche pas à spéculer quotidiennement sur le cours du métal, mais à conserver une petite réserve facilement identifiable et potentiellement négociable en cas de besoin. Dans une crise, les actifs immobilisés ou fortement endettés peuvent être difficiles à vendre rapidement, alors qu’une réserve physique peut offrir davantage de souplesse, selon les conditions du marché et les possibilités locales de revente. Cette logique explique l’intérêt de l’achat de pièces d’or faciles à revendre, en privilégiant des produits reconnus, une conservation sécurisée et une prime raisonnable.

Les matières premières agricoles sous-estimées

Marc Faber considère également que certaines matières premières agricoles, comme le blé, le maïs et le soja, pourraient être sous-évaluées par rapport à d’autres actifs. La productivité agricole, l’amélioration des rendements et l’augmentation de la production ont contribué à maintenir les prix sous pression pendant certaines périodes. Pourtant, les coûts de l’eau, du foncier, de l’énergie, des engrais, des machines et du transport progressent, tandis que les changements climatiques peuvent rendre les récoltes plus irrégulières. Une hausse des prix alimentaires aurait des conséquences beaucoup plus importantes pour les ménages modestes que pour les investisseurs disposant d’un patrimoine financier élevé. Dans cet environnement, l’achat d’or comme diversification face aux risques alimentaires et inflationnistes peut être étudié en complément d’autres actifs réels.

La question alimentaire montre aussi pourquoi les marchés financiers ne reflètent pas toujours immédiatement la réalité vécue par la population. Les investisseurs suivent les bénéfices des grandes entreprises, les indices boursiers et les décisions des banques centrales, tandis que les ménages observent directement le prix des loyers, de la nourriture, de l’énergie et des soins. Une économie peut donc sembler solide dans les statistiques financières tout en devenant de plus en plus difficile pour les personnes dont les revenus sont entièrement consacrés aux dépenses essentielles. Cette divergence entre la perception de Wall Street et celle de la population peut nourrir des tensions sociales et politiques. Dans ce contexte, l’achat d’or et d’argent pour préserver une partie de son épargne peut répondre à une volonté de protection contre la perte progressive du pouvoir d’achat.

Les secteurs défensifs pourraient revenir

Lorsque les investisseurs se concentrent sur les grandes valeurs technologiques et les thèmes à la mode, les secteurs défensifs sont parfois délaissés. Les services aux collectivités, certaines entreprises liées à l’alimentation, les sociétés disposant de revenus récurrents et les activités indispensables peuvent alors être moins valorisés que les secteurs offrant les récits de croissance les plus spectaculaires. Marc Faber estime que ces domaines négligés pourraient retrouver de l’intérêt si les marchés passent d’une logique de rendement maximal à une logique de préservation du capital. Cette rotation ne se produit jamais avec certitude et les entreprises dites défensives peuvent également subir une baisse. L’achat d’or physique à côté d’actions défensives peut toutefois contribuer à construire une allocation moins dépendante des valeurs de croissance.

La même logique s’applique aux actions minières. Après une forte progression, les sociétés aurifères peuvent connaître une phase de consolidation malgré la solidité du cours du métal. Elles restent exposées aux coûts de production, à l’énergie, aux risques politiques, à la gestion des réserves et aux dépenses d’investissement. Une action minière n’est donc pas équivalente à une pièce ou à un lingot d’or. Elle peut offrir un potentiel de hausse supérieur lorsque les marges progressent, mais elle peut aussi baisser davantage lorsque les marchés deviennent nerveux. Pour une exposition plus directe au métal, l’achat d’or physique plutôt que d’actions minières répond à une logique différente, centrée sur la détention d’un actif tangible.

Le véritable conseil de Marc Faber

Le conseil de Marc Faber aux jeunes investisseurs peut se résumer en une phrase : il faut avoir des réserves lorsque les autres n’en ont plus. Cette réserve peut prendre la forme de liquidités, de revenus réguliers, d’actifs peu endettés ou d’or physique. L’objectif n’est pas de prévoir avec précision la date de la prochaine crise, ce qui est impossible, mais d’éviter d’être contraint de vendre au pire moment. Un investisseur qui dispose de liquidités peut attendre, négocier et acheter lorsque les prix deviennent attractifs. À l’inverse, celui qui est entièrement investi et fortement endetté peut être obligé de liquider ses positions au moment où les marchés sont les plus faibles. Dans cette stratégie de prudence, l’achat d’or et d’argent physiques peut constituer une composante de réserve, à condition de rester proportionné au patrimoine global.

La conclusion de Marc Faber ne consiste donc pas à prédire mécaniquement un effondrement imminent des marchés. Elle invite plutôt à remettre en question l’idée selon laquelle les actions les plus populaires, les technologies les plus prometteuses et les actifs les plus chers continueront nécessairement de progresser. Une bulle peut durer beaucoup plus longtemps que prévu, surtout lorsque les gouvernements créent de la monnaie et que les taux réels restent faibles. Mais cette capacité à repousser la correction ne supprime pas le risque : elle peut simplement modifier sa forme, en transformant une baisse nominale des actifs en une dépréciation de la monnaie et du pouvoir d’achat. Dans ce contexte, l’achat d’or physique comme protection patrimoniale de long terme mérite d’être étudié avec la même rigueur que tout autre investissement.

Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre éducatif et ne constituent pas un conseil en investissement. Le cours de l’or, de l’argent, des actions minières, des obligations, des devises et des matières premières peut fluctuer fortement. Avant toute acquisition, chaque investisseur doit tenir compte de sa situation financière, de son horizon de placement, des frais, de la fiscalité, des conditions de stockage et de sa tolérance au risque. L’achat d’or physique ne garantit aucune performance et ne remplace pas une analyse personnalisée.

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