La guerre des monnaies est-elle en train d’entrer dans une nouvelle phase ?
C’est la question qui mérite aujourd’hui toute notre attention. Depuis plusieurs années, le yen japonais apparaît comme l’un des maillons les plus fragiles du système monétaire international. Mais ce qui rend la situation particulièrement intéressante en 2026, ce n’est plus seulement la faiblesse de la devise japonaise : c’est le risque qu’un mouvement brutal sur le yen provoque le débouclage d’une partie du fameux carry trade, avec des conséquences potentielles sur les actions, les obligations, le dollar, l’euro et, surtout, sur l’or. L’idée défendue depuis longtemps par Jim Rickards dans ses travaux consacrés aux « Currency Wars » prend ainsi une résonance particulière : lorsque les grandes puissances cherchent simultanément à protéger leur compétitivité, leur monnaie et leur stabilité financière, les marchés peuvent devenir le terrain d’une véritable guerre indirecte. Et dans ce contexte, l’achat d’or physique peut apparaître comme une manière de diversifier son patrimoine face aux incertitudes monétaires. Au 10 août 2026, le yen évolue encore sous pression autour de 159 yens pour un dollar, tandis que l’or se négocie autour de 4 357 dollars l’once, proche de ses niveaux les plus élevés des dernières semaines.
Le yen japonais est-il réellement « indéfendable » ?
Employer le mot « indéfendable » pour qualifier le yen est évidemment une formule spectaculaire, mais elle permet de poser le véritable problème. Une monnaie ne disparaît pas parce qu’elle est faible, et une banque centrale dispose de plusieurs moyens pour tenter d’enrayer une dépréciation : hausse des taux directeurs, interventions sur le marché des changes, communication destinée aux investisseurs ou encore coordination avec d’autres autorités monétaires. Le Japon utilise précisément plusieurs de ces leviers. La situation devient toutefois plus complexe lorsque les forces économiques qui poussent une monnaie à la baisse sont profondes et persistantes. Le différentiel de taux d’intérêt avec les États-Unis demeure un élément central : lorsque les investisseurs peuvent emprunter en yen à un coût relativement faible pour placer ensuite leur argent dans des actifs offrant un rendement supérieur à l’étranger, la demande de devises étrangères augmente et le yen peut rester structurellement sous pression. C’est précisément cette mécanique qui rend la situation japonaise aussi importante pour les marchés mondiaux. Pour les épargnants qui souhaitent ajouter une exposition à un actif tangible et non libellé exclusivement en yen, en dollar ou en euro, l’achat d’or physique constitue une piste de diversification à étudier. Le ministère japonais des Finances rappelle d’ailleurs que les autorités peuvent intervenir sur le marché des changes lorsque les mouvements deviennent excessifs ou instables.
Le véritable danger : le débouclage du carry trade
Pour comprendre pourquoi le yen peut potentiellement avoir des répercussions bien au-delà du Japon, il faut comprendre le carry trade. Le principe est relativement simple : un investisseur emprunte dans une devise où le financement est peu coûteux, traditionnellement le yen, puis convertit ces fonds dans une autre monnaie afin d’acheter des actifs offrant un rendement supérieur. Tant que le yen reste faible ou stable et que le différentiel de taux joue en faveur de l’opération, la stratégie peut fonctionner. Le problème apparaît lorsque le yen se met soudainement à remonter. L’investisseur doit alors acheter davantage de yens pour rembourser son emprunt, tandis que la valeur de ses actifs étrangers peut simultanément diminuer. Le mécanisme peut alors devenir auto-amplificateur : hausse du yen, pertes sur les positions, réduction du levier, ventes d’actifs, nouveaux achats de yens, puis nouvelle appréciation de la devise japonaise. Ce phénomène n’est pas purement théorique. La Banque du Japon a elle-même étudié l’épisode d’août 2024 et décrit comment un indicateur américain du marché du travail moins bon qu’attendu avait contribué à un débouclage rapide de positions de carry trade financées en yen, accompagné d’une forte appréciation du JPY. Dans un portefeuille confronté à ce type de risque de liquidité, une allocation réfléchie à l’or physique peut servir de diversification complémentaire, sans pour autant remplacer les autres classes d’actifs.
Pourquoi une remontée du yen pourrait-elle faire pression sur les actions ?
C’est ici que le scénario devient particulièrement intéressant. Supposons qu’un fonds ait emprunté des yens afin d’acheter des actions américaines, européennes ou des obligations internationales. Si le yen se renforce brutalement, la position de change devient défavorable. Le gestionnaire peut alors être contraint de réduire son exposition, non pas parce qu’il estime nécessairement que l’entreprise détenue est mauvaise, mais simplement parce qu’il doit restaurer ses ratios de risque et rembourser son financement en yen. Des ventes forcées peuvent donc apparaître sur des actifs qui, à première vue, n’ont aucun rapport avec la monnaie japonaise. C’est l’une des raisons pour lesquelles le marché surveille aussi attentivement le yen : une variation importante de l’USD/JPY peut devenir un signal de tension sur le levier mondial. L’expérience d’août 2024 a montré à quelle vitesse ce mécanisme pouvait contaminer les marchés lorsque les investisseurs se retrouvent simultanément du même côté du bateau. Il serait toutefois excessif d’affirmer qu’un nouveau débouclage provoquerait automatiquement un krach mondial : l’ampleur dépendrait du niveau de levier, de la vitesse du mouvement du yen, des conditions de liquidité et de la réaction des banques centrales. L’or physique peut alors être envisagé comme une poche patrimoniale distincte des actifs risqués, plutôt que comme un pari mécanique sur l’effondrement des marchés.
La guerre des monnaies de Jim Rickards revient-elle sur le devant de la scène ?
Le terme « guerre des monnaies » popularisé par Jim Rickards renvoie à une idée beaucoup plus large qu’une simple bataille entre le yen, le dollar et l’euro. Dans un système monétaire international où chaque grande économie cherche à préserver sa croissance, maîtriser son inflation, financer sa dette et conserver une monnaie suffisamment compétitive, les intérêts peuvent rapidement diverger. Une monnaie trop forte pénalise les exportateurs ; une monnaie trop faible renchérit les importations et peut alimenter l’inflation ; des taux trop élevés peuvent fragiliser les finances publiques et l’économie ; des taux trop faibles peuvent encourager l’endettement et les prises de risque. C’est ce jeu d’équilibre qui nourrit la logique des « Currency Wars ». En 2026, cette problématique n’a rien d’abstrait : les autorités japonaises sont confrontées à la faiblesse du yen tandis que les écarts de taux avec les États-Unis restent significatifs. Des informations récentes font même état d’une intervention coordonnée américano-japonaise destinée à soutenir la devise nippone, événement exceptionnel qui montre à quel point le sujet est devenu sensible. Dans cette logique de diversification monétaire, l’or reste intéressant parce qu’il n’est la dette d’aucun État et qu’il peut être détenu directement sous forme physique.
Une intervention sur le yen peut-elle réellement régler le problème ?
Une intervention sur le marché des changes peut être extrêmement puissante à court terme, mais elle ne supprime pas nécessairement les causes fondamentales d’une faiblesse monétaire. Une banque centrale ou un Trésor peut vendre des actifs en devises étrangères pour acheter sa propre monnaie, modifier les anticipations des opérateurs et provoquer un mouvement rapide du taux de change. Mais si les investisseurs considèrent que les fondamentaux justifient toujours un yen faible, la pression peut réapparaître après quelques jours, quelques semaines ou quelques mois. C’est pourquoi les marchés scrutent autant les interventions japonaises. Les données officielles du ministère japonais des Finances montrent d’ailleurs que les autorités disposent d’un historique important d’opérations de change et que les montants peuvent être considérables. Une intervention ne doit donc pas être interprétée automatiquement comme le signe d’un effondrement imminent du yen : elle traduit avant tout la volonté des autorités de limiter des mouvements jugés excessifs. Pour un investisseur qui cherche à réduire sa dépendance à une seule monnaie, l’achat d’or physique peut compléter une stratégie patrimoniale diversifiée, notamment lorsque les politiques monétaires deviennent difficiles à anticiper.
Et si le carry trade se retournait brutalement ?
Le scénario redouté par les marchés serait celui d’un mouvement suffisamment violent pour transformer une opération de change en problème de liquidité. Imaginez des investisseurs qui ont emprunté du yen, acheté des actions américaines et européennes, puis utilisé parfois des produits dérivés afin d’augmenter leur exposition. Si le yen grimpe rapidement, les pertes de change apparaissent. Si, au même moment, les actions reculent, les pertes deviennent doubles. Si les appels de marge arrivent, il faut vendre encore davantage. C’est ce mécanisme qui peut transformer une correction ordinaire en mouvement beaucoup plus brutal. Mais il faut garder une nuance essentielle : il ne suffit pas que le yen monte pour déclencher un effondrement généralisé. Il faut généralement une combinaison de facteurs : variation rapide de la monnaie, levier important, volatilité élevée, manque de liquidité et comportement simultané d’un grand nombre d’investisseurs. L’épisode de 2024 constitue donc davantage un avertissement qu’une prophétie. Dans un tel environnement, détenir une part raisonnable d’or physique peut permettre de disposer d’un actif dont la dynamique ne dépend pas directement de la solvabilité d’un emprunteur ou d’une entreprise.
Pourquoi l’or attire-t-il autant l’attention ?
L’or occupe une place particulière dans ce débat parce qu’il est simultanément une matière première, un actif financier et une réserve de valeur historique. Contrairement à une monnaie nationale, il n’est pas émis par une banque centrale et ne représente pas la créance sur un gouvernement. Cela ne signifie évidemment pas que son prix est garanti ou qu’il ne peut jamais baisser. Il peut connaître des corrections très importantes, parfois au moment même où les investisseurs particuliers pensent qu’il ne peut plus reculer. Mais son comportement de long terme attire particulièrement l’attention lorsque la confiance dans les monnaies, les politiques monétaires ou la stabilité géopolitique devient plus incertaine. Au 10 août 2026, l’or au comptant se situe autour de 4 356,79 dollars l’once et avait atteint 4 371,63 dollars lors de la séance précédente, tandis que les achats chinois et les inquiétudes liées aux perspectives économiques américaines soutiennent actuellement la demande. Pour ceux qui souhaitent transformer cette thématique macroéconomique en démarche patrimoniale concrète, l’achat d’or physique peut être envisagé progressivement plutôt que dans une logique de spéculation à très court terme.
Les 10 000 dollars l’once : scénario crédible ou simple prévision spectaculaire ?
Jim Rickards est depuis longtemps associé à une projection extrêmement ambitieuse concernant l’or à 10 000 dollars l’once. Il est important de replacer cette estimation dans son raisonnement : il ne s’agit pas simplement de dire que l’or va mécaniquement multiplier son prix parce que le yen est faible. L’argument repose plutôt sur une profonde transformation du système monétaire, une réévaluation de l’or dans les réserves, l’expansion des masses monétaires, l’endettement public et une éventuelle perte de confiance dans les principales devises. En 2016, Rickards avait déjà avancé l’hypothèse d’un or à 10 000 dollars alors que le métal se négociait autour de 1 200 dollars. En 2026, avec un cours largement supérieur à 4 000 dollars, cette ancienne projection n’a évidemment plus le même caractère invraisemblable qu’à l’époque. Cela ne signifie absolument pas que 10 000 dollars soit assuré, ni que cette cible doive être utilisée pour prendre une décision d’investissement. Elle doit plutôt être considérée comme un scénario extrême permettant de réfléchir aux conséquences d’une profonde réévaluation monétaire. Si l’objectif est de se positionner sur l’or, la question essentielle n’est donc pas seulement de savoir si l’once atteindra 10 000 dollars, mais quelle place l’or physique peut raisonnablement occuper dans un patrimoine.
Et le scénario à 50 000 dollars l’once ?
Un prix de 50 000 dollars l’once relève encore davantage du scénario de rupture. Pour qu’une telle valeur devienne envisageable, il faudrait probablement une transformation extrêmement importante du système monétaire, une inflation monétaire considérable, une réévaluation officielle ou implicite de l’or, ou une perte majeure de pouvoir d’achat des principales monnaies. Il serait donc trompeur de présenter 50 000 dollars comme une cible de marché normale ou comme une échéance certaine. En revanche, cette hypothèse permet de comprendre une idée fondamentale : le prix nominal de l’or et sa valeur réelle ne sont pas exactement la même chose. Si le dollar, l’euro ou le yen perdent fortement de leur pouvoir d’achat, le prix exprimé dans ces monnaies peut augmenter de façon spectaculaire sans que l’or ait nécessairement multiplié son pouvoir d’achat dans les mêmes proportions. C’est toute la subtilité d’une « guerre des monnaies » : parfois, ce n’est pas l’actif qui devient extraordinairement cher, mais la monnaie dans laquelle on mesure son prix qui perd de sa valeur. L’achat d’or doit donc être pensé comme une diversification patrimoniale et non comme la certitude d’une multiplication future par dix ou par vingt.
L’euro est-il réellement menacé par cette guerre des monnaies ?
Il faut également éviter un raccourci fréquent : une guerre des monnaies ne signifie pas nécessairement la disparition prochaine de l’euro ou du dollar. Les grandes devises peuvent rester extrêmement puissantes tout en perdant progressivement du pouvoir d’achat. L’euro dispose d’un vaste marché, d’une banque centrale et d’une importante base économique derrière lui. Le dollar conserve pour sa part une place centrale dans le commerce international et le système financier mondial. La question pertinente pour l’épargnant n’est donc pas de savoir quelle monnaie « survivra » à toutes les autres, mais comment son patrimoine réagira si plusieurs devises connaissent simultanément des phases de dépréciation, d’inflation ou de volatilité. C’est là que la comparaison avec l’or devient intéressante : une pièce ou un lingot n’est pas une promesse de rendement et ne verse pas de coupon, mais il représente une quantité physique de métal pouvant être évaluée dans différentes monnaies. Une exposition mesurée à l’or physique peut ainsi constituer une forme de diversification face au risque de change, à condition d’être adaptée à la situation et à l’horizon de chaque épargnant.
Attention au mythe d’une inflation uniquement liée au passage à l’euro
Il faut ici apporter une précision importante par rapport au discours souvent entendu sur l’euro. L’idée selon laquelle le passage du franc à l’euro aurait, à lui seul, provoqué une « méga-inflation » est trop simplificatrice. Le changement de monnaie a effectivement été associé à des hausses de prix ressenties sur certains biens et services, et l’effet psychologique du changement d’unité monétaire a marqué durablement les ménages. Mais l’évolution générale de l’inflation dépend de nombreux facteurs : énergie, salaires, fiscalité, productivité, taux de change, politique monétaire, prix des matières premières, demande et conditions internationales. La grande poussée inflationniste observée beaucoup plus récemment en Europe a notamment été liée aux perturbations post-pandémie, à l’énergie et aux tensions géopolitiques. Cette distinction est essentielle si l’on veut analyser sérieusement le risque monétaire. L’or physique peut protéger partiellement contre certaines formes de perte de pouvoir d’achat sur longue période, mais il ne doit pas être présenté comme une assurance automatique contre chaque épisode d’inflation.
Pourquoi une stratégie DCA sur l’or peut avoir du sens
Face à ces incertitudes, une approche progressive peut être plus rationnelle qu’une tentative de trouver le point d’entrée parfait. Le principe du DCA, ou investissement programmé, consiste à répartir les achats dans le temps afin de réduire le risque de concentrer toute son exposition sur un seul cours. Cette méthode est particulièrement intéressante pour un actif aussi volatil que l’or, car personne ne sait précisément si le prochain mouvement sera de 5 %, de 10 % ou davantage dans un sens ou dans l’autre. Acheter progressivement permet de ne pas transformer une analyse macroéconomique en pari binaire. Cela ne supprime évidemment pas le risque de baisse et ne garantit aucun rendement, mais cela peut contribuer à discipliner une stratégie patrimoniale de long terme. Pour ceux qui souhaitent construire progressivement une position en or physique, l’achat fractionné de pièces ou de petites unités peut être étudié afin d’éviter de concentrer toute la décision sur un seul moment de marché.
Le véritable signal à surveiller n’est peut-être pas le yen, mais la vitesse du mouvement
Pour comprendre ce qui pourrait réellement provoquer des turbulences, il faut regarder moins le niveau absolu du yen que la rapidité de sa variation. Une monnaie peut rester faible pendant des années sans provoquer de crise majeure. En revanche, une appréciation ou une dépréciation extrêmement rapide peut prendre les investisseurs à contre-pied, déclencher des appels de marge et forcer des liquidations. C’est exactement pourquoi le débouclage du carry trade mérite d’être surveillé. Les autorités japonaises elles-mêmes s’intéressent à ces mouvements désordonnés, et les travaux récents de la Banque du Japon soulignent la vulnérabilité particulière du yen aux variations rapides des conditions financières internationales. Pour un patrimoine exposé aux marchés financiers, détenir une part d’actifs physiques comme l’or peut contribuer à réduire la dépendance à une seule source de risque, sans pour autant prétendre éliminer la volatilité.
Guerre des monnaies : le scénario à retenir pour les prochaines années
Au fond, le débat sur le yen nous ramène à une question beaucoup plus vaste : que se passe-t-il lorsque plusieurs États cherchent simultanément à préserver leur économie, leur monnaie et leur système financier dans un monde lourdement endetté ? Le Japon veut éviter une dépréciation excessive du yen et les conséquences inflationnistes qu’elle entraîne. Les États-Unis doivent arbitrer entre inflation, emploi, taux d’intérêt et soutenabilité de leur dette. L’Europe doit composer avec sa propre dynamique économique et monétaire. Dans ce contexte, il est parfaitement possible que les grandes monnaies restent toutes debout tout en perdant progressivement du pouvoir d’achat. C’est précisément ce qui rend la thèse de la guerre des monnaies intéressante : il ne s’agit pas nécessairement de savoir quelle devise va disparaître, mais de comprendre comment les politiques monétaires peuvent modifier la valeur relative de l’épargne. L’or physique prend alors une place particulière dans la réflexion patrimoniale puisqu’il permet de détenir directement un actif tangible, indépendant de la promesse de remboursement d’un émetteur.
Alors, faut-il vraiment avoir peur d’un effondrement du carry trade ?
Non, il ne faut pas confondre vigilance et panique. Le scénario d’un débouclage brutal du carry trade est crédible comme risque de marché, mais son déclenchement, son ampleur et ses conséquences restent impossibles à prédire avec certitude. Les marchés peuvent absorber des mouvements importants, les banques centrales peuvent intervenir et les investisseurs peuvent réduire progressivement leur levier. L’erreur serait donc de transformer une hypothèse macroéconomique en prophétie. La meilleure question à se poser est plutôt celle-ci : mon patrimoine est-il construit pour résister à plusieurs scénarios différents ? Un portefeuille exclusivement composé d’actions n’aura pas la même réaction qu’un patrimoine réparti entre liquidités, obligations, actions, immobilier et actifs tangibles. La diversification n’est pas une garantie contre les pertes, mais elle permet de ne pas dépendre entièrement d’un seul scénario. L’or physique peut trouver sa place dans cette logique de diversification, à condition que son poids reste cohérent avec les objectifs, les contraintes et le niveau de risque accepté par chaque investisseur.
Conclusion : le yen pourrait être le symptôme d’une transformation plus profonde
Le véritable enseignement de la situation actuelle n’est finalement pas de savoir si Jim Rickards aura raison à 10 000 dollars l’once, ni de tenter de prédire mécaniquement un hypothétique cours de 50 000 dollars. Le sujet essentiel est ailleurs : le système monétaire mondial évolue, les écarts de taux créent des flux de capitaux considérables et le yen reste au cœur d’une mécanique de financement qui peut influencer des actifs situés à des milliers de kilomètres du Japon. Les interventions sur le marché des changes montrent que les autorités ne sont pas disposées à rester passives face à des mouvements jugés excessifs, tandis que l’or continue de bénéficier d’un intérêt soutenu dans un environnement marqué par les incertitudes économiques et géopolitiques. Au 10 août 2026, l’or évolue déjà autour de 4 400 dollars l’once, ce qui donne une autre dimension aux anciennes projections de Jim Rickards. La question la plus pertinente n’est donc peut-être pas de savoir si l’or atteindra exactement 10 000 ou 50 000 dollars, mais quelle quantité d’or physique peut raisonnablement contribuer à diversifier votre patrimoine face à une nouvelle phase de la guerre des monnaies.
À retenir : le yen reste un indicateur majeur de la stabilité financière mondiale ; le carry trade peut amplifier les mouvements de marché lorsqu’il se déboucle rapidement ; les interventions monétaires peuvent ralentir une dépréciation sans nécessairement régler les déséquilibres fondamentaux ; et l’or demeure un actif tangible particulièrement surveillé dans les périodes de défiance monétaire. Rien de tout cela ne constitue une garantie de hausse du métal jaune. Une stratégie patrimoniale solide repose avant tout sur la diversification, l’horizon de placement et une gestion raisonnable du risque. Pour découvrir les différentes possibilités d’achat d’or physique et étudier une exposition adaptée à votre propre stratégie patrimoniale, il convient de comparer les produits, les primes, les conditions de conservation et les modalités de revente avant toute décision.



