Thomas Kaplan n’est pas simplement un investisseur qui affirme que le prix de l’or pourrait monter. Son parcours repose sur une idée beaucoup plus exigeante : certaines tendances économiques, géopolitiques et monétaires peuvent durer suffisamment longtemps pour récompenser ceux qui acceptent d’attendre lorsque la majorité du marché s’impatiente. Dans une récente conversation consacrée à l’or, à l’argent et aux métaux stratégiques, il réaffirme ainsi une conviction spectaculaire : selon lui, le mouvement haussier actuel pourrait être beaucoup plus long que ne l’imaginent les investisseurs, au point de rendre envisageable un or à 30 000, 40 000 voire 50 000 dollars l’once. Il va même plus loin en estimant qu’un nouveau décuplement du métal jaune pourrait, dans sa lecture du cycle, devenir non seulement probable mais « inévitable ». Il faut évidemment distinguer cette opinion prospective d’une prévision certaine : le marché de l’or reste volatil, les scénarios macroéconomiques peuvent changer et aucun prix cible ne constitue une garantie. Mais l’intérêt du raisonnement de Kaplan se situe justement ailleurs : comprendre pourquoi un homme capable d’attendre 33 ans pour voir aboutir une conviction minière considère aujourd’hui que les fondamentaux de l’or et de l’argent restent extraordinairement favorables. Pour les investisseurs qui souhaitent comprendre cette logique, découvrir les possibilités d’achat d’or et d’argent physique permet également de replacer cette réflexion dans une approche patrimoniale concrète.
Thomas Kaplan : 33 ans d’attente pour une mine d’argent
L’histoire de Sunshine résume presque à elle seule la philosophie de Thomas Kaplan. En 1993, alors qu’il ne possède encore aucune expérience professionnelle significative dans l’industrie minière, Kaplan rassemble environ 10 000 dollars pour prendre une option sur une propriété argentifère dans l’Idaho. Lorsqu’il visite le secteur avec sa fiancée de l’époque, son regard se porte sur une autre mine située de l’autre côté de la vallée : la célèbre Sunshine Mine. Il affirme alors qu’un jour, cette mine sera à lui. Six ans plus tard, au moment de son mariage, il offre à chacun de ses invités une médaille d’une once d’argent, en affirmant que le métal provient de Sunshine alors même qu’il n’en est toujours pas propriétaire. Il faudra attendre 2010 pour que son groupe acquière effectivement la mine, puis jusqu’au 4 juin 2026 pour que Sunshine Silver Mining & Refining commence à être cotée à la Bourse de New York sous le symbole SSMR. L’introduction en Bourse a finalement permis de lever environ 310,5 millions de dollars après exercice intégral de l’option de surallocation. Cette chronologie est essentielle pour comprendre Kaplan : son approche n’est pas celle d’un trader cherchant à prévoir le prochain mouvement de quelques pourcents, mais celle d’un investisseur qui cherche des actifs suffisamment exceptionnels pour pouvoir les conserver pendant une décennie, deux décennies, voire davantage. Dans cette logique, acheter de l’or ou de l’argent physique peut être considéré comme une démarche différente du trading : l’objectif consiste davantage à détenir un actif tangible qu’à essayer de deviner chaque fluctuation de marché.
Ce qui rend cette histoire particulièrement intéressante aujourd’hui est que Sunshine n’est plus seulement une vieille histoire racontée par son propriétaire. La mine est désormais une société cotée et ses données opérationnelles continuent d’alimenter la thèse de Kaplan. Sunshine indique actuellement disposer d’une ressource indiquée d’environ 103,9 millions d’onces d’argent à 1 022 grammes par tonne, ainsi que d’une ressource présumée de près de 159,8 millions d’onces à 776 grammes par tonne. L’entreprise travaille sur une étude de faisabilité dont l’objectif est de préparer un retour de la mine à la production en 2028. En juillet 2026, elle a en outre annoncé plusieurs résultats de forage dépassant 1 000 grammes d’argent par tonne, dans le cadre d’un programme d’exploration de 50 000 mètres. Autrement dit, la conviction de Kaplan ne repose pas uniquement sur une anticipation du cours de l’argent : elle repose sur la combinaison d’un actif géologique exceptionnel, d’une infrastructure historique, d’un potentiel d’exploration et d’une juridiction américaine. C’est précisément cette combinaison que l’investisseur considère comme déterminante. Dans une perspective patrimoniale plus large, l’or physique disponible à l’achat répond à une logique comparable sur un point essentiel : détenir directement un actif tangible ne revient pas à parier sur la réussite opérationnelle d’une société minière.
Ce que l’histoire apporte qu’un tableur ne peut pas montrer
La formation intellectuelle de Kaplan explique une grande partie de sa méthode. Son doctorat à Oxford portait sur l’histoire de la contre-insurrection en Malaisie et, notamment, sur l’importance du caoutchouc et de l’étain dans le déroulement du conflit. Ce qui l’intéressait n’était donc pas initialement la finance ou la géologie, mais la manière dont les ressources naturelles influencent les comportements des États et les grands cycles historiques. De cette expérience, il a conservé une conviction centrale : la psychologie humaine change beaucoup moins vite que les technologies, les institutions ou les marchés. Les peurs, les passions, l’avidité, la recherche de sécurité et l’exubérance se répètent sous différentes formes. Pour lui, l’histoire offre donc une grille de lecture permettant de reconnaître les phases d’un cycle, tandis qu’un simple tableur peut donner une photographie très précise d’une entreprise sans nécessairement expliquer pourquoi les investisseurs deviennent soudainement euphoriques ou paniqués. Dans ce cadre, l’achat d’or comme actif tangible peut s’inscrire dans une réflexion historique sur la préservation du pouvoir d’achat, plutôt que dans la recherche d’un rendement immédiat.
Cette distinction entre données et psychologie est fondamentale pour comprendre sa réaction aux corrections. Kaplan explique qu’il préfère être « craintif » lorsque l’euphorie devient irrationnelle et, inversement, conserver son sang-froid lorsque les autres investisseurs vendent dans la panique. Il rapproche ainsi la phase actuelle des métaux précieux de certains épisodes historiques au cours desquels une correction brutale n’a pas détruit la tendance de fond. Il évoque notamment le krach de 1987 : sur le moment, l’effondrement avait semblé apocalyptique, alors que sur un graphique couvrant plusieurs décennies, cet épisode finit par apparaître comme une anomalie relativement petite au regard de la hausse qui a suivi. Cette observation ne signifie évidemment pas qu’une correction actuelle doit nécessairement être suivie d’une hausse, mais elle rappelle une réalité essentielle : l’échelle de temps transforme radicalement la perception d’une crise de marché. Pour un épargnant qui cherche à réduire sa dépendance aux mouvements de court terme, l’achat d’or physique peut justement représenter une façon de raisonner sur plusieurs années plutôt que sur plusieurs séances boursières.
Pourquoi Thomas Kaplan pense que l’or peut atteindre 30 000 à 50 000 dollars
Le chiffre de 30 000, 40 000 ou 50 000 dollars l’once constitue évidemment la partie la plus spectaculaire du raisonnement. Il serait cependant trompeur de le présenter comme une prévision consensuelle ou comme une valeur intrinsèque objectivement calculée. Kaplan exprime un scénario de très long terme fondé sur ce qu’il considère comme une transformation profonde du système monétaire et financier. Dans son raisonnement, les politiques mises en œuvre depuis la crise financière de 2008, l’augmentation massive des dettes publiques, les interventions monétaires, les tensions géopolitiques et la recherche croissante de diversification par les banques centrales ont progressivement renforcé le rôle stratégique de l’or. Les données disponibles confirment au moins une partie de ce contexte : selon le World Gold Council, la demande mondiale d’or a atteint un record de 5 002 tonnes en 2025, tandis que les banques centrales ont ajouté environ 863 tonnes à leurs réserves au cours de l’année. À court terme, le marché reste pourtant extrêmement volatil : Reuters rapportait encore à la mi-août 2026 un rebond de l’or vers 4 400 dollars après une correction particulièrement brutale, le métal ayant auparavant atteint un record proche de 5 595 dollars en janvier. Pour l’investisseur particulier, cette volatilité souligne pourquoi acheter de l’or physique doit être envisagé avec une perspective de diversification et de conservation, et non comme une promesse de gains rapides.
Le raisonnement de Kaplan devient encore plus intéressant lorsqu’il affirme que le prochain mouvement pourrait être supérieur à celui déjà observé. Il estime que les forces qui avaient contribué à faire progresser l’or au cours des dernières années n’ont pas disparu ; elles se seraient au contraire renforcées. C’est ce qui l’amène à parler d’une « très longue vague » haussière sur l’or et l’argent. Dans cette vision, le prix ne serait pas seulement porté par une pénurie ponctuelle ou par une crise particulière, mais par un changement durable dans la manière dont les investisseurs, les États et les banques centrales considèrent les actifs monétaires. Le scénario d’un or à 50 000 dollars implique toutefois une transformation considérable de l’échelle nominale des prix et ne doit donc pas être confondu avec une simple progression linéaire depuis les niveaux actuels. Une hausse nominale spectaculaire peut notamment être liée à une dépréciation monétaire importante. C’est pourquoi l’or d’investissement physique intéresse certains épargnants moins pour la recherche d’un prix cible précis que pour sa capacité potentielle à conserver une valeur dans des environnements monétaires très différents.
Le véritable pari de Kaplan : la patience
Le point le plus important de son discours n’est finalement pas le chiffre de 50 000 dollars. C’est le mot conviction. Kaplan explique qu’il ne cherche pas à posséder beaucoup d’actifs médiocres mais quelques actifs qu’il juge exceptionnels. Son filtre consiste notamment à rechercher une combinaison de taille, de teneur, de potentiel de production, de potentiel d’exploration et de qualité de la juridiction. Lorsqu’un actif répond à tous ces critères, il estime pouvoir le conserver aussi longtemps que nécessaire, à condition qu’aucun élément fondamental ne vienne invalider sa thèse. Cette approche explique pourquoi il peut rester investi pendant 10, 15 ou 20 ans alors qu’un investisseur traditionnel peut être tenté de vendre après quelques mois de stagnation. Elle explique également pourquoi il insiste sur la différence entre patience et entêtement : la conviction n’est rationnelle que tant que les raisons qui l’ont créée restent valables. Pour celui qui souhaite traduire cette philosophie dans son propre patrimoine, l’achat d’or et d’argent physiques peut constituer une approche complémentaire aux actifs financiers, sans dépendre du succès d’une entreprise particulière.
L’exemple de son ancienne société énergétique Leor Energy montre d’ailleurs qu’il sait vendre lorsqu’une conviction disparaît. Kaplan avait construit cette entreprise autour d’une thèse haussière sur les hydrocarbures, puis les actifs ont finalement été cédés à EnCana pour environ 2,55 milliards de dollars, après une opération qui avait généré un rendement exceptionnel. Mais au moment où le contexte du secteur changeait et où les incertitudes liées au pétrole et au gaz devenaient trop importantes à ses yeux, il a préféré sortir plutôt que de conserver indéfiniment un actif devenu incompatible avec son niveau de conviction. C’est une nuance capitale : tenir longtemps ne signifie pas ne jamais vendre. Cela signifie conserver tant que la thèse fondamentale demeure intacte. À l’inverse, lorsqu’une raison essentielle disparaît, la discipline impose de réévaluer la position. Pour l’épargnant qui envisage d’acheter de l’or physique, cette distinction rappelle également qu’un actif patrimonial doit être intégré dans une allocation globale et régulièrement réévalué selon les objectifs personnels.
Pourquoi la juridiction est devenue aussi importante que la qualité de la mine
L’une des idées les plus fortes développées par Kaplan concerne la juridiction. Au début de sa carrière, il acceptait davantage de prendre des risques politiques pour accéder à des gisements exceptionnels. Avec le temps, son expérience l’a conduit à considérer le risque politique comme une variable presque aussi importante que la géologie. Son raisonnement est simple : une mine peut être gigantesque, extrêmement riche et parfaitement rentable sur le papier ; si le gouvernement du pays hôte peut modifier brutalement les règles, augmenter les taxes, imposer de nouvelles contraintes ou reprendre le contrôle de l’actif, la qualité du gisement ne suffit plus. Kaplan résume cette philosophie avec une formule particulièrement parlante : lorsqu’il va se coucher, il veut être certain de posséder encore le lendemain ce qu’il pensait posséder la veille. Cette « sleeping well rule » devient donc un principe d’investissement à part entière. Pour un investisseur particulier, cette réflexion trouve un écho différent avec la détention d’or physique, car l’actif lui-même n’est pas une mine située dans une juridiction étrangère et ne dépend pas des résultats opérationnels d’un exploitant minier.
Cette préoccupation n’est pas théorique. Kaplan raconte avoir progressivement réduit son exposition à certaines régions du monde malgré l’excellente qualité géologique de plusieurs projets. Son raisonnement est particulièrement sévère : si une mine devient une source exceptionnelle de revenus pendant une période de forte hausse du métal jaune, elle peut devenir politiquement beaucoup plus intéressante pour l’État qui l’abrite. Une entreprise peut donc avoir raison sur la géologie et raison sur le prix de l’or, tout en perdant une partie du bénéfice attendu à cause du risque politique. C’est l’une des raisons pour lesquelles Kaplan privilégie aujourd’hui des territoires comme l’Alaska ou l’Idaho. Cette notion de sécurité juridique est également une raison pour laquelle certains investisseurs cherchent à diversifier leurs formes de détention avec de l’or physique détenu comme réserve patrimoniale, plutôt que de concentrer toute leur exposition aux métaux précieux dans des sociétés minières.
Pourquoi la teneur du minerai peut changer toute l’économie d’une mine
Kaplan insiste ensuite sur un autre élément rarement compris par le grand public : la teneur. Deux mines peuvent contenir plusieurs centaines de millions d’onces d’argent et être pourtant très différentes économiquement. Une forte teneur signifie qu’une quantité donnée de roche contient davantage de métal récupérable, ce qui peut améliorer considérablement l’économie du projet, même si les coûts d’exploitation restent complexes. Sunshine illustre parfaitement cette logique. Les données publiées par l’entreprise font état d’une ressource indiquée supérieure à 100 millions d’onces à une teneur moyenne dépassant 1 000 grammes par tonne. Les résultats de forage annoncés en juillet 2026 ont également confirmé plusieurs intersections à très haute teneur, dont certaines dépassent 1 000 grammes par tonne d’argent. C’est cette combinaison entre taille et teneur que Kaplan considère comme particulièrement puissante. Pour l’investisseur qui préfère une exposition directe au métal plutôt qu’à la géologie d’un gisement, l’achat d’argent et d’or physiques offre évidemment une exposition différente, sans le risque spécifique lié à l’exploration ou au développement d’une mine.
Mais Kaplan ne se contente pas de rechercher une forte teneur. Son véritable objectif est de réunir plusieurs facteurs simultanément : taille suffisante, teneur exceptionnelle, potentiel d’expansion, infrastructures existantes, possibilité d’augmenter la production et juridiction solide. Il appelle implicitement cette combinaison un actif « best in breed », c’est-à-dire un actif qui pourrait devenir une référence dans sa catégorie. C’est cette logique qui l’amène à parler de rendements potentiellement dix fois supérieurs, voire davantage dans les scénarios où la macroéconomie favorable se combine avec une découverte majeure. Il faut ici être extrêmement prudent : un tel raisonnement concerne des actifs miniers spécifiques et ne signifie absolument pas que le cours de l’or physique doit automatiquement être multiplié par dix. La différence entre une société minière, une action et un lingot est fondamentale. Acheter de l’or physique revient à acquérir directement le métal, tandis qu’investir dans une société minière revient à accepter des risques supplémentaires liés au financement, aux coûts, aux permis, à l’exploration et à la gestion.
L’argent : le métal monétaire qui possède aussi une fonction industrielle
Le deuxième pilier de la thèse de Kaplan est l’argent. Il considère ce métal comme particulièrement intéressant parce qu’il se situe à la frontière entre actif monétaire et matière première industrielle. L’argent est utilisé dans de nombreuses applications technologiques, notamment dans les secteurs de l’électronique, de l’énergie solaire et de l’électrification. Cette dualité crée un profil différent de celui de l’or : lorsque l’environnement monétaire devient favorable aux métaux précieux, l’argent peut bénéficier de sa dimension monétaire ; lorsque certaines industries progressent, il peut également profiter de sa demande industrielle. Kaplan pousse cette idée jusqu’à qualifier l’argent de sorte de « Bitcoin de la personne réfléchie », non pas parce que les deux actifs seraient techniquement équivalents, mais parce qu’ils partagent, selon lui, une caractéristique monétaire importante : leur quantité ne peut pas être augmentée aussi facilement que celle d’une monnaie fiduciaire. Aux États-Unis, l’argent a par ailleurs été ajouté à la liste finale 2025 des minéraux critiques, ce qui renforce encore sa dimension stratégique. Pour ceux qui souhaitent explorer cette dimension tangible du marché, acheter de l’argent et de l’or physiques permet de compléter cette réflexion par une détention directe de métaux précieux.
L’argent présente toutefois une difficulté que l’or n’a pas dans les mêmes proportions : son marché est beaucoup plus petit et sa volatilité peut être considérablement supérieure. Une hausse spectaculaire peut être suivie d’une correction tout aussi spectaculaire, ce qui rend particulièrement dangereuse toute stratégie fondée sur l’idée qu’un prix élevé serait automatiquement justifié parce qu’il a déjà été atteint auparavant. La thèse de Kaplan repose plutôt sur l’idée que la combinaison entre demande industrielle, offre minière contrainte et regain d’intérêt monétaire pourrait soutenir un cycle prolongé. Sunshine constitue ici un exemple concret de cette convergence entre métal précieux et minéraux stratégiques : l’entreprise travaille non seulement sur l’argent, mais également sur des capacités liées à l’antimoine et à une activité de raffinage. Elle prévoit notamment d’avancer en 2027 les études de faisabilité relatives au redémarrage de la raffinerie argent-cuivre et à la construction d’une installation dédiée à l’antimoine. Dans ce contexte, l’achat d’argent physique peut intéresser les investisseurs qui souhaitent une exposition directe au métal sans prendre le risque opérationnel d’une société minière.
Donlin Gold : le projet qui concentre une grande partie de la stratégie
L’autre pièce maîtresse de la stratégie de Kaplan est Donlin Gold, en Alaska. Le projet occupe une place centrale dans l’écosystème de NOVAGOLD et de John Paulson, et les événements de 2026 ont profondément modifié sa structure. En juillet 2026, NOVAGOLD a annoncé des accords définitifs visant à acquérir la participation de 40 % détenue par Paulson dans Donlin Gold, ce qui doit porter sa participation dans le projet à 100 % sous réserve des approbations nécessaires. La transaction prévoit la création d’une nouvelle société, NovaGold Corporation, et Thomas Kaplan ainsi que John Paulson doivent en devenir les coprésidents. L’opération est annoncée comme devant être finalisée au quatrième trimestre 2026, sous réserve notamment de l’approbation des actionnaires et des autorités compétentes. Cette évolution est importante parce qu’elle vise à simplifier la structure de propriété et à faciliter le financement d’un projet minier gigantesque. Pour l’épargnant qui observe cette histoire depuis une perspective patrimoniale, l’or physique à acheter reste cependant un actif beaucoup plus simple : il ne nécessite ni étude de faisabilité, ni construction d’infrastructure, ni financement de plusieurs milliards de dollars.
Donlin se trouve actuellement dans une phase déterminante. Une étude de faisabilité bancaire est en cours, avec Fluor comme ingénierie principale, accompagnée notamment de WSP, Worley et Hatch sur différents volets techniques. NOVAGOLD indique que l’étude doit être achevée en 2027. En août 2026, NOVAGOLD et Paulson ont par ailleurs annoncé la nomination d’Endeavour Financial et de Macquarie Capital comme conseillers financiers afin de travailler sur les possibilités de financement du projet et de ses infrastructures. Le fait que le financement soit préparé en parallèle de l’étude de faisabilité traduit la volonté des promoteurs de gagner du temps si les conclusions techniques sont favorables. Mais il faut garder en tête qu’un projet de cette ampleur reste soumis à de nombreux risques : coûts de construction, financement, inflation des dépenses, infrastructures, environnement, permis, calendrier et évolution du cours de l’or. C’est précisément ce type de différence qui explique pourquoi détenir directement de l’or physique n’est pas équivalent à investir dans une société de développement minier, même si les deux peuvent bénéficier d’un marché haussier des métaux précieux.
La vraie leçon de Thomas Kaplan : ne pas confondre conviction et obstination
C’est probablement ici que le discours de Kaplan devient le plus utile pour un investisseur particulier. Il affirme avoir raison sur plusieurs grandes thématiques au cours de sa carrière, mais son parcours montre surtout qu’il ne cherche pas à avoir raison tous les jours. Il sélectionne quelques grandes tendances, les étudie pendant des années, puis concentre son capital et son énergie lorsque les conditions lui semblent réunies. Cette méthode est presque l’opposé du comportement dominant sur les marchés financiers modernes, où l’information circule en permanence et où chaque variation de prix semble exiger une réaction immédiate. Kaplan considère au contraire que le bruit quotidien peut devenir extrêmement dangereux lorsqu’il détourne l’investisseur de sa thèse initiale. Cela ne signifie pas qu’il faut ignorer les mauvaises nouvelles : cela signifie qu’il faut déterminer si elles détruisent réellement la raison pour laquelle l’investissement a été réalisé. Pour un patrimoine diversifié, acheter de l’or physique peut s’inscrire dans cette logique de long terme, à condition de l’intégrer à une allocation cohérente avec son horizon et son niveau de risque.
Le parcours de Kaplan montre aussi qu’une conviction sérieuse doit accepter la possibilité d’avoir tort. Il a vendu des actifs lorsque les « vents porteurs » qui justifiaient leur détention n’étaient plus suffisamment convaincants à ses yeux. La différence avec l’obstination est donc fondamentale : l’obstiné protège sa position ; l’investisseur convaincu protège sa thèse en la testant continuellement. Si les données changent, il doit pouvoir changer d’avis. Si elles confirment progressivement le scénario initial, il peut accepter de patienter malgré les corrections. Cette philosophie explique pourquoi l’histoire de Sunshine est si emblématique : 33 ans entre la première conviction et la cotation publique constituent un délai presque inimaginable pour la plupart des acteurs de marché. Pour l’investisseur qui souhaite une approche moins dépendante des décisions d’une entreprise, l’achat d’or et d’argent physiques peut représenter une autre manière de matérialiser une conviction de long terme sur les métaux précieux.
Le scénario d’un nouvel envol de l’or est-il vraiment « inévitable » ?
Le mot « inévitable » utilisé par Kaplan doit être manié avec prudence. Aucun marché financier n’est inévitable et aucune trajectoire de prix ne peut être considérée comme certaine. Son raisonnement est celui d’un investisseur qui estime que les déséquilibres accumulés depuis plusieurs décennies rendent extrêmement difficile un retour durable à l’environnement monétaire du passé. L’argument est renforcé par le comportement des banques centrales : après avoir acheté environ 1 000 tonnes par an au cours de plusieurs années récentes, elles ont encore enregistré une demande nette de 863 tonnes en 2025, tandis que la demande mondiale totale a atteint un record de 5 002 tonnes. Dans le même temps, les tensions géopolitiques et la fragmentation des échanges internationaux renforcent la question de la souveraineté monétaire et de la diversification des réserves. Cela ne garantit pas une hausse continue du prix, mais cela constitue un environnement structurellement intéressant pour le métal jaune. Dans ce cadre, acheter de l’or physique peut être envisagé comme une composante de diversification patrimoniale plutôt que comme un pari sur une seule cible de prix.
La réalité du marché en 2026 illustre d’ailleurs parfaitement pourquoi Kaplan insiste autant sur les cycles. Après avoir atteint un sommet proche de 5 595 dollars en janvier, l’or est tombé sous 4 000 dollars en juin avant de rebondir vers 4 400 dollars en août selon Reuters. Pour un investisseur arrivé sur le marché au sommet, cette correction a pu sembler remettre en cause toute la thèse haussière. Pour un investisseur disposant d’un horizon de plusieurs décennies, elle peut au contraire être interprétée comme une phase normale d’un cycle beaucoup plus long. Il serait néanmoins dangereux de transformer cette observation en certitude : les marchés peuvent rester baissiers longtemps, les taux réels peuvent changer, les banques centrales peuvent modifier leur comportement et la demande industrielle peut évoluer. La principale leçon à retenir de Kaplan n’est donc pas « l’or atteindra forcément 50 000 dollars », mais plutôt : si l’on possède une thèse, il faut savoir précisément quelles observations la confirmeraient ou l’invalideraient. Dans une telle stratégie, l’achat d’or d’investissement doit lui aussi répondre à une logique claire : diversification, horizon, conservation et capacité à supporter la volatilité.
Pourquoi les prochaines années pourraient être décisives pour l’or et l’argent
Le dossier des métaux précieux réunit aujourd’hui plusieurs tendances que Kaplan considère comme particulièrement puissantes : demande des banques centrales, incertitude géopolitique, endettement élevé, recherche de diversification monétaire, demande industrielle pour l’argent et difficulté à développer rapidement de nouvelles mines. À cela s’ajoute un facteur souvent oublié : une mine ne se construit pas en quelques mois. Même lorsqu’un gisement exceptionnel est découvert, plusieurs années peuvent être nécessaires pour obtenir les autorisations, construire les infrastructures, réunir les financements et atteindre une production commerciale. Le développement de Donlin et le redémarrage envisagé de Sunshine illustrent parfaitement cette inertie de l’offre. Donlin travaille actuellement sur son étude de faisabilité bancaire avec une échéance en 2027, tandis que Sunshine vise un retour à la production en 2028 sous réserve notamment d’une étude de faisabilité positive et d’une décision finale d’investissement. Cette lenteur de l’offre peut devenir importante si la demande augmente durablement. Pour un investisseur souhaitant une exposition directe à cette thématique sans financer une entreprise minière en développement, acheter de l’or ou de l’argent physiques constitue une option patrimoniale distincte des actions minières.
Il faut cependant résister à la tentation de transformer cette histoire en scénario sans risque. Même un actif exceptionnel peut connaître des problèmes techniques, des retards, des dépassements de coûts ou des changements réglementaires. Une hausse de l’or peut aussi être accompagnée de corrections très violentes, comme celle observée en 2026. Quant à l’argent, son caractère industriel le rend particulièrement sensible à l’évolution de l’économie mondiale. La force du raisonnement de Kaplan réside donc moins dans la précision de ses objectifs de prix que dans la construction d’une grille de lecture : rechercher les actifs rares, comprendre les cycles historiques, privilégier les juridictions solides, distinguer les fluctuations du bruit fondamental et accepter d’attendre lorsque les paramètres essentiels restent favorables. Pour un particulier, l’achat d’or physique peut être considéré dans cette perspective comme un instrument de diversification à long terme, et non comme une garantie contre toutes les pertes.
La conclusion de Thomas Kaplan : posséder ce qui mérite d’être conservé
Après 33 ans d’attente pour Sunshine, après le passage de l’énergie aux métaux précieux et après plusieurs cycles de marché, le message de Kaplan peut finalement se résumer en une idée très simple : il faut posséder les bons actifs avant que le marché ne reconnaisse pleinement leur valeur. C’est précisément ce qui explique son intérêt pour les mines à forte teneur, les grands gisements, les découvertes susceptibles de changer d’échelle et les juridictions dans lesquelles il pense pouvoir dormir sereinement. Son scénario d’un or à 30 000, 40 000 ou 50 000 dollars l’once reste une opinion extrêmement haussière, pas une certitude mathématique. Son affirmation selon laquelle un nouveau x10 serait « inévitable » doit donc être comprise comme l’expression d’une conviction macroéconomique de très long terme. En revanche, les données actuelles montrent bien que le marché de l’or a franchi un nouveau palier historique : demande mondiale record en 2025, achats importants des banques centrales et volatilité exceptionnelle en 2026. Pour l’investisseur qui partage une partie de cette vision mais souhaite éviter de dépendre exclusivement du succès d’une société minière, l’achat d’or et d’argent physiques constitue une façon directe d’accéder aux métaux eux-mêmes.
La leçon la plus intéressante n’est donc peut-être pas de savoir si l’or atteindra exactement 50 000 dollars. La véritable question est de savoir combien de temps peut durer le cycle que Kaplan identifie aujourd’hui et quelle place les métaux précieux peuvent occuper dans un patrimoine qui cherche à résister aux changements monétaires, géopolitiques et financiers. Celui qui attend une progression régulière et sans correction risque d’être déçu : Kaplan lui-même compare les secousses actuelles à des phases de marché qui peuvent sembler dramatiques sur le moment avant de devenir presque invisibles sur plusieurs décennies. Celui qui comprend au contraire la logique des cycles peut regarder différemment la volatilité, sans pour autant l’ignorer. C’est toute la nuance entre spéculer sur le prochain mouvement et construire une stratégie patrimoniale. Et si la thèse de Kaplan devait effectivement se prolonger pendant encore de nombreuses années, la question ne serait alors plus seulement de savoir si l’or peut monter, mais de déterminer quelle forme de détention, quel horizon et quel niveau d’exposition correspondent réellement à chaque investisseur. Découvrir les solutions d’achat d’or et d’argent permet enfin de passer de l’analyse théorique du cycle des métaux précieux à une réflexion concrète sur la détention de métal physique.



