18 mois avant l’effondrement des monnaies fiduciaires ? L’avertissement radical d’Alasdair Macleod
Le système monétaire mondial pourrait-il entrer dans sa phase la plus dangereuse depuis plusieurs décennies ? C’est la thèse particulièrement alarmante défendue par Alasdair Macleod, analyste financier et auteur de MacleodFinance, qui estime que le problème des monnaies fiduciaires n’est plus une menace lointaine mais une crise susceptible de se matérialiser beaucoup plus rapidement que ne l’imagine la majorité des investisseurs. Dans l’entretien auquel nous consacrons cette analyse, Macleod revient notamment sur la dette américaine, l’envolée des rendements obligataires, les tensions géopolitiques, la fragilité du crédit, l’accumulation d’or par les banques centrales et la possibilité d’un changement de régime monétaire. Son point de départ est particulièrement spectaculaire : alors que beaucoup d’observateurs envisagent encore une longue période de plusieurs années avant une éventuelle remise en cause du système actuel, il affirme avoir évoqué une fenêtre d’environ 18 mois pour illustrer l’urgence de la situation. Il ne prétend toutefois pas pouvoir déterminer avec précision la date d’un éventuel effondrement : son argument est que la dynamique pourrait devenir extrêmement rapide une fois certains mécanismes financiers enclenchés. Acheter de l’or physique pour protéger son patrimoine devient ainsi, dans la logique développée par Macleod, une question de préservation du pouvoir d’achat plutôt qu’une simple recherche de performance.
La dette américaine vient de franchir un seuil historique
Le contexte dans lequel cette analyse intervient est difficile à ignorer. La dette fédérale américaine a atteint le seuil des 40 000 milliards de dollars en août 2026, plusieurs mois plus tôt que certaines projections antérieures ne le laissaient prévoir. Le franchissement de ce niveau constitue avant tout un indicateur de l’ampleur prise par l’endettement public américain. Le Trésor américain rappelle que la dette fédérale existe depuis la naissance du pays et qu’elle avait même été ramenée à zéro en janvier 1835, avant de recommencer à progresser. Pour Macleod, le véritable problème n’est cependant pas simplement le montant absolu de la dette. Il réside dans l’interaction entre dette, taux d’intérêt, croissance économique, recettes fiscales et confiance dans la monnaie. Plus la charge financière augmente, plus une hausse des rendements obligataires peut rendre le financement public difficile. Dans son raisonnement, ce mécanisme peut devenir autoalimenté : davantage de dette entraîne davantage de charges, lesquelles nécessitent davantage de financement, ce qui peut à son tour pousser les rendements à la hausse. Découvrir l’achat d’or physique s’inscrit, dans cette perspective, dans une stratégie visant à détenir un actif qui ne constitue pas la créance d’un État ou d’un établissement financier.
Pourquoi Macleod parle-t-il d’une fenêtre de 18 mois ?
Le chiffre de 18 mois doit être compris comme une estimation personnelle et non comme une échéance certaine. Macleod explique que de nombreux investisseurs reconnaissent l’existence de déséquilibres monétaires mais supposent que les autorités disposent encore de plusieurs années pour les contenir. C’est précisément cette hypothèse qu’il conteste. Selon lui, les gouvernements et les banques centrales peuvent repousser certaines difficultés pendant un temps, mais cette capacité devient beaucoup plus limitée lorsque les marchés obligataires commencent à exiger une rémunération plus élevée pour financer la dette. Dans plusieurs de ses publications de 2026, Macleod développe cette même idée : les monnaies fiduciaires dépendraient avant tout de la confiance, et une perte de confiance pourrait provoquer une dégradation beaucoup plus rapide de leur pouvoir d’achat. Le scénario qu’il décrit n’est donc pas celui d’une disparition progressive et parfaitement ordonnée de la monnaie, mais celui d’un basculement au cours duquel les différents mécanismes financiers cesseraient de fonctionner comme auparavant. Acheter de l’or apparaît alors dans son raisonnement comme une manière de détenir une forme de richesse indépendante de la solvabilité d’un émetteur monétaire.
Le véritable point de rupture serait le marché obligataire
Pour comprendre la logique de Macleod, il faut revenir à un élément central de son analyse : les obligations d’État. Lorsqu’un État s’endette, il doit convaincre les investisseurs d’acheter ses titres. Si les investisseurs exigent des rendements plus élevés, le coût du refinancement augmente progressivement. Dans le cas d’un pays fortement endetté, cette dynamique peut devenir particulièrement problématique parce qu’une grande quantité de dette doit régulièrement être refinancée. Macleod considère donc que le marché obligataire constitue l’un des principaux indicateurs à surveiller. Dans ses analyses de 2026, il soutient que la hausse des rendements pourrait simultanément fragiliser les finances publiques, faire baisser la valeur des obligations existantes et exercer une pression considérable sur les marchés actions. Acheter de l’or physique est présenté dans cette logique comme une façon de réduire la dépendance à l’égard des actifs dont la valorisation repose fortement sur des conditions de crédit favorables.
La dette peut-elle réellement atteindre 80 000 milliards de dollars ?
Dans l’entretien, les intervenants évoquent une ancienne projection attribuée à Egon von Greyerz selon laquelle la dette américaine pourrait atteindre environ 80 000 milliards de dollars en 2036 si elle continuait à doubler sur un rythme comparable à celui observé depuis 1971. Macleod considère toutefois que cette extrapolation pourrait être trop lente. Selon son raisonnement, lorsque le système entre dans une phase de crise, les mécanismes qui alimentent l’endettement peuvent eux-mêmes accélérer. Une économie affaiblie génère moins de recettes fiscales, tandis que les gouvernements sont poussés à soutenir l’activité, les marchés financiers et le système bancaire. La dette augmente alors plus rapidement précisément au moment où la capacité à la financer devient plus fragile. Il ne faut cependant pas confondre cette projection avec une prévision officielle : il s’agit d’un scénario défendu par les intervenants de l’entretien. Acheter de l’or physique constitue, dans cette lecture, une réponse à un risque monétaire plutôt qu’une simple anticipation du cours futur du métal.
Andrew Jackson : le précédent historique d’une Amérique sans dette
L’entretien revient ensuite sur un épisode exceptionnel de l’histoire américaine : la disparition de la dette fédérale sous Andrew Jackson. Le Trésor américain confirme qu’en janvier 1835, pour la première et unique fois dans l’histoire des États-Unis, l’ensemble de la dette portant intérêt avait été remboursé. L’administration Jackson avait bénéficié notamment d’importants excédents et de recettes liées à la vente de terres publiques, tandis que la politique budgétaire avait contribué à réduire fortement l’endettement. Cet épisode montre surtout qu’une dette publique n’est pas une fatalité mathématique : elle dépend des dépenses, des recettes, de la croissance, de la politique monétaire et du cadre institutionnel. Mais il serait trompeur de transposer mécaniquement la situation de 1835 aux États-Unis de 2026. L’économie, la démographie, la taille de l’État, le système financier et le rôle international du dollar sont radicalement différents. Acheter de l’or correspond néanmoins au principe historique mis en avant dans l’entretien : conserver une réserve de valeur qui ne dépend pas directement de la capacité d’un gouvernement à maintenir ses finances.
Le problème n’est pas seulement économique : il est politique
C’est probablement l’un des points les plus importants de l’argumentation de Macleod. Selon lui, le système ne peut pas être analysé uniquement avec des modèles économiques parce que les décisions budgétaires sont fondamentalement politiques. Réduire brutalement les dépenses publiques, augmenter fortement les impôts ou accepter une récession profonde pour rétablir rapidement l’équilibre budgétaire sont des décisions extrêmement difficiles à prendre politiquement. Lorsqu’un gouvernement fait face à une économie qui ralentit, à une population dépendante de prestations publiques et à des marchés financiers fragiles, la tentation est au contraire de soutenir l’activité. C’est ici que Macleod voit le risque d’un cercle vicieux : davantage de soutien implique davantage de dépenses, davantage de dette et potentiellement davantage de pression sur la monnaie. Ses publications récentes développent précisément cette idée selon laquelle la politique finirait par prendre le dessus sur les contraintes économiques. Acheter de l’or physique devient alors, dans son raisonnement, une manière de se prémunir contre les conséquences potentielles de décisions monétaires qui échappent à l’épargnant.
Pourquoi une crise monétaire pourrait-elle devenir extrêmement rapide ?
Une monnaie fiduciaire ne repose pas aujourd’hui sur une convertibilité directe en or pour le détenteur ordinaire. Sa valeur dépend notamment de la confiance dans l’économie, les institutions, la banque centrale, la stabilité politique et la capacité de l’État à préserver le pouvoir d’achat de la monnaie. Le raisonnement de Macleod est que cette confiance peut sembler solide pendant longtemps puis se détériorer rapidement lorsque les investisseurs commencent à anticiper simultanément davantage d’inflation, davantage de dette et davantage de création monétaire. Il ne décrit donc pas nécessairement une ligne droite conduisant lentement vers zéro, mais plutôt une situation dans laquelle plusieurs marchés pourraient se dégrader en même temps. Dans ses écrits de 2026, il affirme explicitement que la perte de pouvoir d’achat des principales monnaies pourrait devenir beaucoup plus importante que ne l’anticipent les prévisions conventionnelles. Acheter de l’or physique est présenté par cette école de pensée comme une protection contre un scénario dans lequel la monnaie perdrait rapidement de sa capacité à stocker de la valeur.
Inflation : Macleod parle surtout d’une perte de pouvoir d’achat monétaire
Macleod fait également une distinction importante entre l’augmentation des prix observée dans les statistiques et le phénomène monétaire qu’il considère comme sous-jacent. Dans son vocabulaire, l’inflation ne correspond pas seulement à une hausse temporaire de quelques prix mais à une diminution du pouvoir d’achat de la monnaie. Il estime que les tensions sur l’énergie, les matières premières, le transport et les chaînes d’approvisionnement peuvent se combiner avec les problèmes de dette pour provoquer une nouvelle vague de hausse des prix. Dans un article publié en mai 2026, il écrivait que les perturbations de l’approvisionnement pouvaient affaiblir les finances publiques et pousser les rendements obligataires à la hausse, tout en accentuant la perte de pouvoir d’achat des monnaies. Acheter de l’or prend une importance particulière dans ce raisonnement puisque le métal est considéré comme une réserve de valeur physique dont la quantité ne peut pas être augmentée par une décision de banque centrale.
Le risque pour les marchés actions : une correction provoquée par les taux
L’autre conséquence redoutée par Macleod concerne les marchés actions. Lorsque les taux obligataires restent faibles, les investisseurs peuvent accepter des valorisations élevées parce que le rendement attendu des obligations est lui-même limité. Mais lorsque les rendements obligataires augmentent fortement, l’équilibre entre obligations et actions change. Les entreprises et les ménages subissent également un coût du crédit supérieur, ce qui peut peser sur l’investissement, la consommation et les bénéfices. Macleod considère que les marchés actions pourraient donc être beaucoup plus vulnérables qu’ils ne le paraissent actuellement. Il décrit un environnement dans lequel la combinaison entre dette élevée, rendements obligataires croissants et valorisations importantes pourrait provoquer une correction sévère. Acheter de l’or physique répond, selon cette thèse, à la nécessité de détenir une partie de son patrimoine dans un actif qui ne dépend pas directement de la hausse des bénéfices des entreprises ou de la baisse des taux.
Pourquoi les banques centrales achètent-elles autant d’or ?
Le comportement des banques centrales constitue l’un des arguments les plus solides évoqués dans l’entretien, même s’il ne prouve pas à lui seul la perspective d’un effondrement monétaire. Le World Gold Council indique qu’elles ont acheté en moyenne environ 1 000 tonnes d’or par an au cours des quatre dernières années, contre environ 500 tonnes par an au cours de la décennie précédente. Son enquête 2026 montre également que 84 % des banques centrales interrogées pensent que la part de l’or dans les réserves mondiales augmentera au cours des cinq prochaines années. Cette accumulation s’explique notamment par la recherche de diversification, la gestion du risque géopolitique et la volonté de détenir une réserve qui n’est pas directement la dette d’un autre État. Cela ne signifie pas que les banques centrales anticipent nécessairement un effondrement du dollar dans les 18 mois. En revanche, cela confirme que l’or occupe une place croissante dans la stratégie de réserves internationales. Acheter de l’or physique s’inscrit donc dans une tendance mondiale où le métal retrouve un rôle stratégique auprès des institutions monétaires.
La Chine et les pays émergents renforcent-ils réellement leur position en or ?
L’entretien insiste fortement sur le déplacement progressif des réserves vers l’or physique, particulièrement en Asie. Cette tendance doit être replacée dans un contexte plus large : les banques centrales considèrent de plus en plus l’or comme un actif stratégique, notamment pour diversifier leurs réserves et réduire certains risques liés aux monnaies étrangères. Le World Gold Council constate également une volonté croissante de diversifier les lieux de stockage de l’or officiel. Il serait cependant excessif d’affirmer que ce mouvement constitue déjà la preuve d’un remplacement imminent du dollar par l’or ou par une autre monnaie. Le phénomène est réel, mais ses conséquences futures restent ouvertes. Dans la lecture de Macleod, néanmoins, cette accumulation constitue un signal majeur : alors que les économies occidentales continuent de fonctionner principalement autour de monnaies fiduciaires et de marchés de crédit, une partie du monde renforce parallèlement ses réserves d’actifs tangibles. Acheter de l’or physique revient ainsi à participer à une logique de diversification monétaire déjà visible au niveau institutionnel.
L’Australie possède seulement 80 tonnes d’or officiel
Le cas australien est particulièrement intéressant parce que le pays dispose d’une importante industrie aurifère tout en détenant une réserve officielle relativement faible. La Reserve Bank of Australia confirme que ses avoirs physiques s’élevaient à 80 tonnes au 30 juin 2026, un niveau inchangé depuis 1997. Elle précise que 99,9 % de cet or est conservé au Royaume-Uni, auprès de la Banque d’Angleterre, tandis qu’une quantité très limitée se trouve en Australie. Ce chiffre est donc bien confirmé par la source officielle australienne. Il faut néanmoins distinguer la production minière privée des réserves détenues par la banque centrale : le fait qu’un pays produise beaucoup d’or ne signifie pas automatiquement que son gouvernement possède cet or. C’est précisément l’un des arguments développés par Macleod dans l’entretien. Acheter de l’or physique demeure dans ce contexte une décision relevant de la propriété privée et non des réserves officielles de l’État.
L’Australie pourrait-elle revenir à un étalon-or ?
Selon Macleod, un retour à un étalon-or australien ne commencerait pas nécessairement par une gigantesque accumulation immédiate de métal. Il faudrait d’abord restaurer une discipline budgétaire et monétaire crédible. Dans son scénario, le gouvernement devrait réduire durablement son déficit, notamment par une maîtrise des dépenses, puis faire de la monnaie australienne un substitut crédible de l’or. Les taux d’intérêt pourraient ensuite être utilisés pour attirer des capitaux et donc de l’or vers le pays. Cette proposition constitue une opinion économique de Macleod et non un projet officiel du gouvernement australien. Les données publiques actuelles montrent d’ailleurs que l’Australie conserve un déficit budgétaire et que ses niveaux de dette doivent continuer à progresser sur les prochaines années, même si les projections officielles anticipent une amélioration graduelle de certaines composantes des finances publiques. Acheter de l’or peut donc être considéré séparément de toute hypothèse de retour à l’étalon-or : il s’agit d’abord de détenir directement le métal.
Le véritable mécanisme serait celui d’une monnaie adossée à l’or
Dans le système imaginé par Macleod, l’or ne servirait pas simplement à constituer un stock dormant dans les coffres d’une banque centrale. Il devrait contribuer à rendre la monnaie crédible comme substitut de l’or. Le principe est simple : si une monnaie est considérée comme solidement garantie et si la politique économique inspire confiance, les investisseurs peuvent être davantage disposés à la détenir. L’or devient alors un point d’ancrage de la crédibilité monétaire. Macleod explique que les taux d’intérêt pourraient attirer de l’or provenant d’autres juridictions grâce à des mécanismes d’arbitrage. Il évoque également la possibilité pour les banques d’acquérir de l’or avant de le transmettre au système monétaire. Il s’agit d’un modèle monétaire spécifique, très différent du fonctionnement actuel des grandes monnaies fiduciaires. Acheter de l’or physique correspond dans cette vision à la détention directe de l’actif qui servirait précisément de référence monétaire.
Pourquoi Macleod considère-t-il que le système actuel arrive en fin de cycle ?
L’analyse de Macleod repose également sur une lecture historique des grands cycles monétaires et géopolitiques. Il estime que les puissances dominantes connaissent des périodes de montée, d’expansion, de crédit et finalement de remise en cause de leur position. Il cite notamment le passage du Portugal à l’Espagne, puis aux Provinces-Unies, à la France, au Royaume-Uni et enfin aux États-Unis. Cette interprétation est une grille de lecture historique, et non une loi économique démontrée. L’idée centrale est néanmoins que les monnaies des puissances dominantes peuvent perdre leur stabilité lorsque les guerres, les déficits et l’endettement finissent par affaiblir leur position financière. Macleod applique ce schéma aux États-Unis et considère que le cycle américain aurait atteint une phase particulièrement avancée. Acheter de l’or constitue, dans cette perspective historique, une façon de posséder un actif qui traverse les changements de régimes monétaires plutôt que de dépendre d’une seule monnaie nationale.
Le parallèle entre le Royaume-Uni et les États-Unis
L’entretien établit également un parallèle entre le Royaume-Uni du XIXe siècle et les États-Unis du XXe et du début du XXIe siècle. Macleod considère que le Royaume-Uni a bénéficié d’une longue période de stabilité monétaire associée à l’or avant que les guerres mondiales et les transformations financières ne déplacent progressivement le centre de gravité vers New York. Les États-Unis auraient ensuite bénéficié de l’expansion de leur marché obligataire, de leur système bancaire et de leur monnaie jusqu’à devenir le centre du système financier mondial. Cette domination ne serait cependant pas éternelle selon lui. Le point de rupture serait intervenu lorsque le dollar a cessé d’être directement rattaché à l’or, processus achevé pour les convertibilités internationales avec la fin du système de Bretton Woods en 1971. Macleod estime que cette évolution a supprimé une contrainte essentielle à l’expansion de la dette américaine. Acheter de l’or physique revient alors à détenir l’actif qui a historiquement servi de référence ultime à de nombreux systèmes monétaires.
Le système fiduciaire est-il réellement condamné ?
C’est ici qu’il faut distinguer l’analyse de Macleod de ce que l’on peut affirmer comme fait. Macleod estime que toutes les monnaies fiduciaires finissent par échouer et que le dollar ne fera pas exception. Il considère que la dette, la création monétaire et la perte de discipline budgétaire conduisent nécessairement à la destruction progressive de la valeur monétaire. Cette position est extrêmement tranchée. Elle ne constitue pas un consensus économique et il n’existe pas aujourd’hui de calendrier établi permettant d’affirmer qu’une monnaie fiduciaire donnée disparaîtra dans 18 mois. En revanche, il existe des éléments objectifs qui justifient de surveiller les risques qu’il met en avant : dette publique élevée, déficits persistants, évolution des rendements obligataires, inflation, risques géopolitiques et achats d’or par les banques centrales. Acheter de l’or peut donc être envisagé comme une composante de diversification patrimoniale, sans qu’il soit nécessaire d’adhérer à la totalité du scénario d’effondrement présenté par Macleod.
Ce que signifie réellement la menace des « 18 mois »
Le chiffre de 18 mois doit finalement être compris comme un signal d’urgence lancé par Alasdair Macleod, et non comme une horloge annonçant une date précise. Son message est que les investisseurs ne devraient pas attendre qu’une crise soit devenue évidente pour réfléchir à la protection de leur patrimoine. Il considère que lorsque les marchés comprennent véritablement qu’une crise monétaire est en cours, les actifs permettant de se protéger peuvent déjà être devenus difficiles à acquérir ou beaucoup plus chers. Cette idée explique pourquoi il oppose régulièrement la recherche de rendement à la préservation du patrimoine. Dans ses écrits récents, il affirme que la priorité devrait passer de l’accumulation de gains à la protection du capital lorsque le système financier entre dans une phase de crise. Acheter de l’or physique est donc présenté comme une démarche préventive dans ce scénario, et non comme une opération destinée à réaliser rapidement une plus-value.
Pourquoi l’or redevient central dans cette nouvelle bataille monétaire
L’or occupe une position particulière parce qu’il n’est pas la dette d’un gouvernement, d’une banque ou d’une entreprise. Une once d’or détenue physiquement ne représente pas une promesse de remboursement faite par une contrepartie. Cette caractéristique explique pourquoi les banques centrales continuent de considérer le métal comme un actif stratégique. Le World Gold Council souligne que les réserves d’or officielles mondiales représentent environ 39 000 tonnes et que l’or conserve une place importante dans la gestion des réserves internationales. Cela ne signifie pas que l’or soit sans risque : son prix peut fortement fluctuer, il ne produit pas de revenu et sa conservation physique implique des contraintes. Mais dans un scénario de perte de pouvoir d’achat des monnaies, sa fonction de réserve de valeur devient particulièrement importante. Acheter de l’or physique permet précisément de détenir directement cette réserve de valeur plutôt que de simplement spéculer sur son prix à travers un instrument financier.
La question centrale n’est peut-être plus « quand ? », mais « comment se protéger ? »
L’interview d’Alasdair Macleod débouche finalement sur une question beaucoup plus large que la seule prévision d’un effondrement monétaire. Si son scénario se réalise, la question sera celle de la préservation du pouvoir d’achat dans un environnement caractérisé par une dette croissante, des taux élevés, une forte volatilité des marchés et une dépréciation des monnaies. Si son scénario ne se réalise pas dans les délais annoncés, les mêmes actifs et les mêmes risques continueront néanmoins de faire partie du débat économique mondial. La dette américaine vient d’atteindre un niveau historique, les banques centrales continuent d’accumuler de l’or et les autorités publiques restent confrontées à des déficits importants. La conclusion de Macleod est donc sans ambiguïté : dans une période où la stabilité monétaire est remise en question, la priorité doit être la préservation du patrimoine. Acheter de l’or physique représente, dans cette logique, l’une des solutions envisagées pour réduire l’exposition directe à une éventuelle dépréciation des monnaies fiduciaires.
Conclusion : l’alerte de Macleod est-elle à prendre au sérieux ?
Alasdair Macleod ne prédit pas simplement une nouvelle crise financière ordinaire. Il défend une thèse beaucoup plus radicale : selon lui, le système mondial de monnaies fiduciaires serait arrivé à un stade terminal et les prochaines années pourraient être marquées par une accélération brutale de la crise. Son estimation d’une fenêtre d’environ 18 mois doit être considérée comme une projection personnelle, pas comme une certitude ni comme une échéance officielle. Mais plusieurs données objectives donnent du poids aux questions qu’il soulève : la dette américaine vient de franchir les 40 000 milliards de dollars, les déficits restent considérables et les banques centrales continuent d’accroître leur intérêt stratégique pour l’or. Le véritable enjeu n’est donc pas de savoir si l’effondrement annoncé aura exactement lieu dans 18 mois, mais de comprendre pourquoi la dette, les taux, les monnaies, l’or et la confiance financière sont désormais étroitement liés. Pour les épargnants, cette situation remet au premier plan une question fondamentale : quelle part du patrimoine doit rester exposée au système de crédit et aux monnaies fiduciaires, et quelle part peut être consacrée à des actifs tangibles ? Dans la stratégie défendue par Macleod, acheter de l’or physique constitue précisément l’une des réponses possibles à cette interrogation.