Le scénario d’un litre d’essence à 4 euros, longtemps considéré comme improbable, revient brutalement au centre des inquiétudes. Dans un entretien consacré à la crise énergétique et aux tensions au Moyen-Orient, Michel Fayad estime qu’un blocage prolongé du détroit d’Ormuz pourrait provoquer un choc pétrolier majeur, faire grimper le prix du baril et peser directement sur les automobilistes français. Dans un contexte où le détroit constitue l’un des principaux passages énergétiques de la planète, la menace ne concernerait pas seulement le prix à la pompe : elle toucherait également le gaz, le transport, l’industrie, l’agriculture, les produits alimentaires et l’ensemble du coût de la vie. Pour les épargnants qui cherchent à protéger leur patrimoine face à cette instabilité, l’achat de pièces d’or peut constituer une solution à étudier.
Le détroit d’Ormuz presque paralysé
Selon Michel Fayad, le détroit d’Ormuz serait soumis à un quasi-blocage. Avant l’escalade militaire évoquée dans l’entretien, environ 130 navires pétroliers le franchissaient chaque jour. Le spécialiste affirme que ce nombre serait désormais tombé à une poignée de bâtiments, entre zéro et six selon les périodes. Cette contraction des flux modifierait immédiatement l’équilibre du marché mondial, car le détroit ne constitue pas une route commerciale secondaire : il concentre une part considérable des exportations d’hydrocarbures produites dans le golfe Persique. Les données de l’Agence internationale de l’énergie indiquent qu’en 2025, près de 20 millions de barils de pétrole brut et de produits pétroliers transitaient chaque jour par ce passage, soit environ 25% du commerce maritime mondial de pétrole. Acheter de l’or physique permet à certains investisseurs de diversifier leur épargne lorsque les tensions géopolitiques menacent les marchés.
Le problème ne résiderait pas uniquement dans l’absence de pétrole iranien sur le marché. Le mécanisme décrit par Michel Fayad repose sur une double contrainte : d’un côté, les ports iraniens seraient bloqués par les États-Unis ; de l’autre, l’Iran empêcherait les navires des autres pays producteurs de quitter le golfe Persique par le détroit d’Ormuz. Des navires transportant du pétrole auraient également été visés ou menacés dans la région, ce qui rendrait les armateurs et les assureurs beaucoup plus prudents. Même lorsqu’un navire peut techniquement circuler, le risque militaire, le coût de l’assurance et l’incertitude concernant son trajet peuvent suffire à bloquer les exportations. Dans ce type de crise, les pièces d’or restent recherchées par les investisseurs qui veulent détenir un actif tangible en dehors des circuits financiers.
Une route essentielle pour le pétrole et le gaz
Le détroit d’Ormuz joue un rôle central dans les échanges pétroliers mondiaux. L’Energy Information Administration estime que les flux qui y transitaient en 2024 représentaient environ 20 millions de barils par jour, soit près d’un cinquième de la consommation mondiale de liquides pétroliers et plus d’un quart du commerce maritime mondial de pétrole. En 2025, l’Agence internationale de l’énergie a recensé près de 15 millions de barils de pétrole brut et de condensats ainsi qu’environ 5 millions de barils de produits pétroliers passant chaque jour par le détroit. Environ 80% de ces volumes étaient destinés à l’Asie, notamment à la Chine, à l’Inde, au Japon et à la Corée du Sud. La diversification avec des pièces d’or peut également répondre à la volonté de conserver une réserve directement détenue et facilement identifiable.
Le gaz naturel liquéfié est lui aussi concerné. Le Qatar et les Émirats arabes unis exportent une part essentielle de leur gaz par cette voie maritime. L’Agence internationale de l’énergie indique que plus de 110 milliards de mètres cubes de gaz naturel liquéfié ont transité par le détroit d’Ormuz en 2025. Près de 93% des exportations de GNL du Qatar et 96% de celles des Émirats arabes unis empruntaient ce passage, ce qui représente presque un cinquième du commerce mondial de GNL. Un blocage durable provoquerait donc une tension sur les marchés du gaz, même dans les pays qui importent peu directement de pétrole du Golfe. Les pièces d’or françaises constituent une option concrète pour les personnes qui souhaitent transformer une partie de leur épargne en métal précieux.
Pourquoi le prix du gaz pourrait exploser
Michel Fayad estime qu’une crise du gaz pourrait se manifester plus fortement durant l’hiver. Le retard dans le remplissage des stocks, la diminution possible des volumes de GNL qatari et la réduction des exportations russes constitueraient, selon lui, trois facteurs de tension. Si le marché européen devait remplacer une partie du gaz qatari par des cargaisons américaines, africaines, algériennes, nigérianes ou angolaises, le coût d’approvisionnement pourrait augmenter. Le GNL nécessite en effet une liquéfaction, un transport maritime et une regazéification, alors que le gaz acheminé par gazoduc suit une chaîne logistique différente. L’or physique est souvent intégré aux stratégies patrimoniales conçues pour résister aux périodes de forte inflation et d’incertitude énergétique.
Le spécialiste ne prévoit pas nécessairement une pénurie physique de gaz pour les ménages français, mais il redoute une hausse importante des prix. Cette distinction est essentielle : un pays peut continuer à recevoir du gaz tout en le payant beaucoup plus cher. Les fournisseurs doivent alors répercuter l’augmentation du coût des cargaisons, du transport, de l’assurance et du stockage. Les entreprises grandes consommatrices d’énergie peuvent réduire leur production ou augmenter leurs prix, tandis que les ménages subissent une hausse de leurs factures. Cette pression ne s’arrête pas au chauffage : elle concerne aussi la fabrication des engrais, la chimie, la métallurgie, le transport routier et la production de nombreux biens de consommation. L’achat de pièces d’or peut s’inscrire dans une approche de diversification face au risque de perte de pouvoir d’achat.
Une crise qui dépasserait largement la pompe
Dans l’analyse de Michel Fayad, le pétrole et le gaz ne représentent pas seulement une dépense pour les automobilistes. Ils sont utilisés pour produire, transporter, transformer, chauffer et distribuer une grande partie des biens disponibles dans l’économie. Une hausse du pétrole augmente le prix du transport des marchandises, renchérit les coûts logistiques et alourdit les dépenses des entreprises. Le prix des emballages, des matériaux, des produits chimiques et de nombreux composants industriels peut également progresser. Le consommateur finit alors par subir la crise énergétique dans les rayons des supermarchés, dans les services et dans les factures courantes. Les pièces d’or peuvent offrir une forme d’épargne matérielle à ceux qui veulent réduire leur dépendance à un seul type d’actif.
Les engrais constituent un autre point sensible. Michel Fayad affirme qu’une part importante des engrais mondiaux transite par la région du détroit d’Ormuz. Or les engrais sont indispensables à la production agricole moderne. Une hausse de leur prix augmente directement les coûts des exploitations agricoles et peut réduire les marges des producteurs. Les agriculteurs peuvent être contraints de répercuter ces dépenses sur les prix de vente, ce qui alimente une inflation alimentaire. Le choc pétrolier peut donc se transformer en choc agricole, puis en choc alimentaire. La détention d’or physique est parfois choisie comme complément aux liquidités, à l’immobilier et aux placements financiers.
La France dispose-t-elle de solutions ?
Pour Michel Fayad, la France possède plusieurs atouts, mais elle ne les exploite pas suffisamment. Il critique la priorité accordée à l’éolien et au solaire, qu’il considère comme des sources intermittentes ne pouvant pas remplacer seules le nucléaire, le pétrole et le gaz. Il met en avant la géothermie, une énergie capable de produire de la chaleur de manière continue et particulièrement adaptée au chauffage. Des projets en Alsace pourraient, selon lui, être davantage développés afin de réduire la dépendance aux hydrocarbures. Les pièces d’or peuvent également être conservées sur le long terme sans dépendre directement du fonctionnement d’une entreprise ou d’une infrastructure énergétique.
Le débat porte aussi sur le fonctionnement du marché européen de l’électricité. Michel Fayad estime qu’un mix énergétique davantage fondé sur le nucléaire et la géothermie devrait conduire la France à remettre en question son exposition au prix européen de l’électricité. Selon lui, ce mécanisme peut transmettre indirectement les tensions observées sur les marchés du gaz et du pétrole. Cette question reste profondément politique, car elle concerne les règles européennes, le financement des réseaux, la protection des consommateurs et la stratégie industrielle de chaque État. L’achat d’or peut être envisagé comme une décision patrimoniale indépendante des choix énergétiques et budgétaires des gouvernements.
Le pétrole à 4 euros : un scénario crédible ?
La question la plus inquiétante concerne le prix de l’essence. Michel Fayad considère qu’un litre à 4 euros est crédible si le blocage du détroit d’Ormuz se prolonge et si plusieurs grands producteurs restent incapables d’exporter normalement. Son raisonnement repose sur la concentration de la production mondiale autour de quelques acteurs majeurs : les États-Unis, la Russie et l’Arabie Saoudite. Si la Russie reste soumise à des sanctions, si l’Arabie Saoudite ne peut plus expédier son pétrole et si les autres producteurs ne parviennent pas à compenser rapidement le manque, le marché peut connaître une envolée des cours. Dans un environnement marqué par la flambée des matières premières, certains épargnants choisissent d’acheter de l’or avant que les tensions ne s’aggravent.
Le prix affiché à la pompe dépend toutefois de plusieurs composantes : le cours du pétrole brut, le raffinage, le transport, la distribution, l’assurance et la fiscalité. En France, l’accise et la TVA représentent une part importante du prix payé par l’automobiliste. Depuis le 1er mars 2026, l’accise s’élève à 0,6902 euro par litre d’essence et à 0,6075 euro par litre de gazole. La TVA de 20% s’applique ensuite au prix hors taxes et à l’accise. D’après les données disponibles en septembre 2026, le prix du gazole dépassait 2,30 euros le litre et celui du SP95-E10 dépassait 2,10 euros le litre. L’achat de pièces d’or permet de convertir une partie de son épargne en un actif dont la valeur ne dépend pas directement du prix du carburant.
Un baril plus cher ne signifie donc pas automatiquement que le prix à la pompe sera multiplié dans les mêmes proportions. La fiscalité fixe limite partiellement la transmission d’une hausse du brut, mais la TVA augmente lorsque le prix hors taxes progresse. Les marges de raffinage, les coûts de transport et les primes d’assurance peuvent également amplifier le mouvement. Si plusieurs de ces facteurs évoluent simultanément, le prix du carburant peut atteindre des niveaux jamais observés en France. C’est dans cette combinaison de risques que Michel Fayad juge le scénario d’une essence à 4 euros envisageable. Les pièces d’or françaises peuvent ainsi intéresser les investisseurs qui veulent diversifier une épargne exposée à l’inflation.
Le rôle déterminant des raffineries
La France ne dépend pas uniquement du pétrole brut importé. Elle dépend aussi de ses capacités de raffinage et de ses importations de produits déjà raffinés, notamment le diesel. Michel Fayad rappelle que plusieurs raffineries françaises ont été fermées ou placées sous cocon au fil des années. Cette réduction des capacités nationales peut accroître la dépendance à l’égard des raffineries étrangères. En cas de crise internationale, la France doit alors acheter ses carburants sur un marché mondial déjà tendu, avec des coûts supplémentaires liés au transport et à la concurrence entre importateurs. L’or physique peut représenter une réserve patrimoniale complémentaire dans une économie vulnérable aux ruptures d’approvisionnement.
Le spécialiste estime qu’une pression fiscale trop forte pourrait également fragiliser les acteurs du secteur. Une raffinerie ne garantit pas des bénéfices constants : les marges peuvent devenir négatives pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Si les coûts réglementaires et fiscaux augmentent alors que l’activité reste cyclique, les groupes pétroliers peuvent réduire leurs investissements ou déplacer certaines activités vers d’autres pays. Cette évolution réduirait encore les capacités industrielles nationales et rendrait la France plus dépendante des importations. Détenir des pièces d’or permet à certains épargnants de conserver une partie de leur patrimoine sous une forme directement accessible.
Des contournements insuffisants
Les producteurs du Golfe disposent de plusieurs solutions pour contourner partiellement le détroit d’Ormuz. Les Émirats arabes unis peuvent utiliser des oléoducs reliant leurs champs pétroliers à la côte du golfe d’Oman. L’Arabie Saoudite dispose également de l’oléoduc Est-Ouest, conçu pour acheminer une partie du pétrole vers la mer Rouge. Ces infrastructures peuvent réduire la dépendance au détroit, mais elles ne peuvent pas remplacer la totalité des volumes transportés par voie maritime. Les chiffres de l’Energy Information Administration montrent que les capacités de contournement restent très inférieures aux flux habituels passant par Ormuz. Les investisseurs qui souhaitent se prémunir contre les risques géopolitiques peuvent examiner les différentes possibilités d’achat d’or physique.
La fermeture ou la dégradation d’un itinéraire alternatif aggraverait encore la situation. Les routes passant par la mer Rouge, le détroit de Bab el-Mandeb et le canal de Suez peuvent elles aussi être perturbées par des attaques, des tensions militaires ou une hausse des primes d’assurance. Le marché pétrolier ne dépend donc pas d’un seul point de passage, mais la concentration des infrastructures rend les solutions de remplacement limitées. Lorsqu’une route est interrompue, les navires doivent parcourir de plus longues distances, consommer davantage de carburant et supporter des coûts d’assurance supérieurs. Les pièces d’or restent une option tangible pour les personnes qui veulent conserver une partie de leur épargne hors des actifs directement exposés aux chaînes logistiques mondiales.
La sortie des Émirats de l’OPEP
Michel Fayad évoque également le départ des Émirats arabes unis de l’OPEP. Cette évolution pourrait modifier l’équilibre au sein du cartel pétrolier. Tant qu’ils appartenaient à l’organisation, les Émirats étaient soumis à des objectifs de production négociés avec les autres membres, notamment l’Arabie Saoudite. Une plus grande liberté de production pourrait leur permettre d’augmenter leurs exportations à moyen terme, ce qui contribuerait à détendre le marché lorsque les infrastructures seraient de nouveau opérationnelles. Cet effet ne pourrait cependant pas compenser immédiatement un blocage du détroit d’Ormuz. L’achat d’or peut être considéré comme un moyen de diversifier son patrimoine lorsque les équilibres entre pays producteurs deviennent instables.
Une hausse future de la production émiratie pourrait donc constituer une bonne nouvelle pour les consommateurs, mais seulement à moyen terme. Le marché doit d’abord disposer d’infrastructures fonctionnelles pour transporter le pétrole. Une production supplémentaire ne suffit pas si les navires ne peuvent pas sortir du Golfe ou si les oléoducs alternatifs sont saturés. La crise énergétique dépend ainsi autant de la géopolitique que de la logistique. Les pièces d’or peuvent compléter une stratégie de diversification fondée sur des actifs physiques et une détention de long terme.
Un choc pétrolier aux conséquences mondiales
Le risque décrit par Michel Fayad dépasse largement la France. Les États-Unis, malgré leur production importante de pétrole et de gaz, ne seraient pas totalement protégés contre une flambée mondiale des prix. Le marché pétrolier est international : une baisse de l’offre disponible en Asie ou en Europe fait monter les cours pour l’ensemble des acheteurs. Les producteurs américains peuvent bénéficier de prix plus élevés, mais les automobilistes et les entreprises américaines subissent également l’augmentation du coût du carburant. L’or physique peut intéresser les épargnants qui souhaitent détenir un actif mondialement reconnu en période de tensions internationales.
En Europe, la situation serait particulièrement difficile en raison de la dépendance aux importations d’énergie, du poids de la fiscalité et de la fragilité de certaines industries. Une hausse prolongée du pétrole réduit le pouvoir d’achat des ménages, augmente les coûts de production des entreprises et pèse sur les finances publiques. Les gouvernements doivent alors choisir entre maintenir les taxes, soutenir les consommateurs, subventionner certains secteurs ou transférer la charge vers l’ensemble des contribuables. Les pièces d’or peuvent être intégrées à une réflexion patrimoniale destinée à réduire l’exposition à la seule monnaie fiduciaire.
Vers une décision politique inévitable ?
Michel Fayad estime qu’un blocage durable du détroit d’Ormuz finirait par rendre la situation économiquement intenable. Selon lui, les pays européens pourraient être contraints de modifier leur stratégie vis-à-vis de la Russie, de faciliter certaines exportations russes ou de rechercher un compromis permettant de remettre davantage de pétrole sur le marché. Cette analyse ne constitue pas une annonce politique, mais une prévision fondée sur la pression économique qu’un choc énergétique prolongé exercerait sur les ménages, les entreprises et les gouvernements. Pour les investisseurs, l’achat d’or peut représenter une manière de se préparer à une période où les décisions politiques influencent fortement les marchés.
La question centrale n’est donc pas seulement de savoir si l’essence atteindra effectivement 4 euros. Il faut surtout mesurer la vitesse à laquelle un choc local peut se propager à l’ensemble de l’économie mondiale. Une interruption des flux pétroliers entraîne une hausse du baril, puis une augmentation des coûts du transport, du raffinage, de l’assurance et de la distribution. Le gaz, les engrais et les produits agricoles sont ensuite touchés. Si la situation persiste, l’inflation énergétique peut devenir une inflation générale. L’achat de pièces d’or permet à ceux qui le souhaitent d’examiner une solution concrète de diversification face à cette accumulation de risques.
Conclusion : le risque d’un nouveau choc pétrolier
Le détroit d’Ormuz concentre une part essentielle des flux mondiaux de pétrole et de gaz. Une fermeture prolongée ne provoquerait pas uniquement une hausse du carburant : elle affecterait le transport, l’industrie, l’agriculture, le chauffage et les prix alimentaires. Michel Fayad considère que l’essence à 4 euros devient crédible si la paralysie du détroit se prolonge, si les exportations saoudiennes restent bloquées et si les volumes russes demeurent limités par les sanctions et les attaques visant certaines infrastructures. Dans ce scénario, les autorités européennes devraient procéder rapidement à des arbitrages politiques et économiques majeurs. Les pièces d’or peuvent constituer l’une des options à étudier pour diversifier un patrimoine exposé à l’inflation, aux tensions géopolitiques et aux chocs énergétiques.