La France traverse un moment particulièrement inquiétant. Alors que les violences, les pillages et les émeutes fragilisent déjà l’économie réelle, les marchés financiers ont commencé à retirer leur confiance à la dette française. L’économiste Marc Touati estime que le coût négatif de ces événements pourrait atteindre entre 3 et 5 milliards d’euros d’ici la fin de l’année, en intégrant à la fois les destructions, les pillages et la baisse d’activité. Selon lui, ce chiffre n’est pas pessimiste : il serait même « optimiste », car la situation pourrait encore se dégrader. Dans ce climat de défiance, les investisseurs cherchent naturellement à protéger leur capital, notamment à travers l’achat de pièces d’or comme le 20 francs Napoléon tête nue, une valeur refuge historique lorsque la confiance dans les États s’effrite.
Le signal d’alarme est venu du marché obligataire. Hier, les taux d’intérêt de la dette publique française à dix ans sont remontés quasiment à 5 %, soit un niveau proche des sommets historiques et un plus haut depuis 2002. Ce mouvement n’est pas anodin : lorsque les taux montent, cela signifie que les investisseurs exigent une rémunération plus élevée pour prêter à la France, car ils perçoivent un risque accru. Marc Touati y voit un véritable « petit mouvement de panique ». Pour les épargnants, cette pression sur la dette rappelle qu’un actif tangible comme les pièces d’or peut constituer un refuge lorsque les marchés obligataires deviennent instables.
Le problème est encore plus profond que la simple hausse des taux. Au même moment, la Banque de France a publié la répartition de la dette publique française : près de 60 % de celle-ci est aujourd’hui détenue par des non-résidents, soit 59,7 %. Cela représente onze points de plus qu’en 2022. Autrement dit, la France devient de plus en plus dépendante de capitaux étrangers pour financer son État, ses déficits et ses engagements. Marc Touati parle sans détour d’une perte de souveraineté financière. Face à cette dépendance, beaucoup d’investisseurs préfèrent diversifier leur patrimoine avec des lingots d’or, un actif qui ne dépend pas de la solvabilité d’un gouvernement étranger.
La France n’est pas simplement touchée comme les autres pays européens : elle se situe parmi les plus exposés. Selon les chiffres évoqués par Marc Touati, seuls les Belges affichent une part plus élevée de dette détenue par des non-résidents, avec 63 %. En comparaison, les États-Unis ne dépendent que de capitaux étrangers pour environ 22 % de leur dette, tandis que l’Italie se situe autour de 27 %. La France, elle, frôle donc les 60 %. Cet écart est considérable et illustre une vulnérabilité structurelle : si les investisseurs étrangers décident de réduire leurs positions ou d’exiger des taux plus élevés, Paris dispose de moins de marge de manœuvre. C’est précisément ce type de risque qui pousse certains épargnants vers l’achat d’or physique afin de se prémunir contre une dégradation de la confiance souveraine.
Autre source d’inquiétude : l’identité réelle de ces détenteurs étrangers reste largement opaque. Marc Touati explique qu’il demande depuis longtemps à la Banque de France et à la commission des finances de préciser la nationalité de ces non-résidents, sans obtenir de réponse satisfaisante. Par déduction, il évoque les Japonais qui vendraient la dette française, les Américains qui souhaiteraient en détenir de moins en moins, la Chine qui suivrait la même logique, et les pays européens qui réduiraient également leurs achats. Selon lui, il resterait alors notamment les pays du Golfe. Cette dépendance à des investisseurs extérieurs renforce l’idée que la France doit protéger son patrimoine, y compris à titre individuel, par exemple avec le Napoléon 20 francs or, une pièce reconnue, liquide et recherchée en période de crise.
La Bourse française a également donné un signal négatif. Le CAC 40 a perdu 1,1 % en séance, sauvé en fin de journée uniquement par le redémarrage de la Bourse américaine. Depuis le mois d’août, l’indice parisien affiche une baisse proche de 10 %. Plus frappant encore : selon Marc Touati, le CAC 40 serait la seule Bourse des pays développés à être en baisse depuis le début de l’année. La France, déjà perçue comme un pays à risque avant les émeutes, devient selon lui « le cancre de la planète » sur le plan économique, financier et sociétal. Dans un tel contexte, la prudence patrimoniale devient une priorité, et les pièces d’or d’investissement retrouvent leur rôle de protection contre l’instabilité financière.
Des émeutes qui fragilisent directement l’économie française
Les émeutes ne se limitent pas à des images de violences urbaines ou à des dégâts matériels. Elles touchent le cœur même du fonctionnement économique d’un pays. Lorsque des commerces sont pillés, lorsque des véhicules sont brûlés, lorsque des entreprises hésitent à investir et lorsque les consommateurs réduisent leurs déplacements, l’activité ralentit. Marc Touati chiffre l’impact négatif de ces événements entre 3 et 5 milliards d’euros jusqu’à la fin de l’année. Ce montant comprend les conséquences directes des pillages, mais aussi la baisse d’activité provoquée par le climat d’insécurité. Pour un pays déjà confronté à une dette élevée, à des déficits persistants et à des taux d’intérêt en hausse, chaque milliard perdu compte doublement.
Le mécanisme est simple, mais redoutable. Des violences répétées dégradent l’image du pays auprès des investisseurs internationaux. Ceux-ci deviennent plus prudents avant d’apporter des capitaux pour créer des entreprises, financer des projets ou soutenir l’emploi. Or, la France a précisément besoin de ces investissements pour relancer sa croissance, moderniser son économie et absorber le coût de sa dette. Marc Touati rappelle qu’il avait annoncé une croissance de seulement 0,4 % pour l’année, un chiffre alors jugé trop pessimiste. Aujourd’hui, il estime qu’il serait presque optimiste, ce qui montre à quel point la dégradation du climat économique et social peut rapidement modifier les prévisions.
Pourquoi la hausse des taux inquiète autant les marchés
Quand un État emprunte, il émet des obligations d’État, appelées en France des OAT, pour obligations assimilables du Trésor. Les investisseurs qui achètent ces titres prêtent de l’argent à l’État en échange d’intérêts. Le rendement de l’OAT à dix ans est donc un thermomètre de la confiance accordée à la France. Lorsque ce rendement monte, cela veut dire que les investisseurs demandent davantage de compensation pour détenir la dette française. Ce n’est pas seulement une question technique : c’est le signe que le marché juge le risque plus élevé.
La remontée quasi à 5 % du taux français à dix ans, proche de son plus haut depuis 2002, illustre cette défiance. Plus les taux montent, plus le coût du financement de l’État augmente. La France doit alors consacrer davantage d’argent au remboursement des intérêts, ce qui réduit les ressources disponibles pour l’éducation, la santé, la sécurité, les infrastructures ou l’investissement. Ce cercle est dangereux : une dette plus coûteuse aggrave les déficits, ce qui peut encore renforcer la méfiance des marchés et faire monter les taux. C’est exactement ce mécanisme que Marc Touati décrit lorsqu’il évoque un mouvement de panique des investisseurs.
59,7 % de la dette aux mains de non-résidents : un chiffre alarmant
Le chiffre de 59,7 % est au centre de l’alerte de Marc Touati. Il signifie qu’une part majoritaire de la dette publique française est détenue par des investisseurs qui ne résident pas en France. Cette donnée, publiée par la Banque de France, traduit une dépendance croissante aux capitaux étrangers. Fin mars 2026, la part des non-résidents dans la détention des titres de dette de long terme atteignait même 61,2 %, après 60,4 % fin décembre 2025, selon la Banque de France. [11] Pour la dette négociable de l’État, la part non résidente atteignait 56 % au quatrième trimestre 2025. [17]
Cette évolution n’est pas récente. La part des non-résidents dans la dette de long terme française était de 55,6 % fin 2022, puis de 57,7 % fin 2023 et de 58,7 % fin 2024. [15][16] La tendance est donc claire : la France s’appuie de plus en plus sur des investisseurs étrangers pour financer son État. Marc Touati y voit une perte progressive de souveraineté financière, car les décisions d’achat ou de vente de ces acteurs étrangers peuvent influencer directement les taux d’intérêt français, donc le coût de la dette et la stabilité économique du pays.
Une dépendance plus forte qu’aux États-Unis ou en Italie
La comparaison internationale rend le constat encore plus préoccupant. Selon les éléments présentés par Marc Touati, la France est l’un des pays où la part de dette détenue par des non-résidents est la plus élevée. Seule la Belgique ferait mieux, avec 63 %. À l’inverse, les États-Unis affichent environ 22 % de dette détenue par des investisseurs étrangers, tandis que l’Italie se situe autour de 27 %. La France, avec près de 60 %, se trouve donc dans une position beaucoup plus exposée que ces deux grandes économies.
Cette dépendance signifie concrètement que la stabilité financière française repose en partie sur la confiance d’acteurs extérieurs. Si ces investisseurs décident de réduire leurs achats d’OAT françaises, de vendre leurs titres ou d’exiger des rendements plus élevés, la France devra payer plus cher pour se financer. Ce risque devient encore plus sensible lorsque le climat politique et social se dégrade. Les marchés n’aiment pas l’incertitude, et les émeutes viennent ajouter une couche supplémentaire d’inquiétude à un dossier déjà lourd : dette publique, déficits, faiblesse de la croissance et incertitudes budgétaires.
Le CAC 40, miroir de la défiance envers la France
La Bourse de Paris a également réagi. Le CAC 40 a cédé 1,1 % en clôture, à 7 868 points, pénalisé par les violences du week-end et par le retour des inquiétudes politiques et budgétaires. [5] En séance, la baisse avait même atteint environ 1,5 %, avec des reculs marqués dans les banques, le luxe et certaines valeurs industrielles. [6] Ce mouvement montre que la défiance ne concerne pas seulement la dette souveraine : elle touche aussi les entreprises françaises, leur capacité à investir, à recruter et à dégager de la croissance.
Depuis août, le CAC 40 affiche une baisse proche de 10 %. Marc Touati souligne également que la Bourse française serait la seule des pays développés à être en recul depuis le début de l’année. Cette sous-performance traduit une perte de confiance plus large envers la France. Les investisseurs comparent en permanence les pays entre eux : lorsqu’un marché devient moins attractif, les capitaux peuvent se déplacer vers des zones perçues comme plus stables, plus rentables ou plus prévisibles. La France risque alors de perdre non seulement des financements publics, mais aussi des investissements privés essentiels à l’emploi et à la compétitivité.
Le spread franco-allemand, baromètre de la méfiance
Un autre indicateur à surveiller est l’écart de rendement entre la dette française à dix ans et la dette allemande à dix ans, appelé spread. Cet écart mesure le supplément de rémunération que les investisseurs exigent pour prêter à la France plutôt qu’à l’Allemagne. Après les violences du week-end, il s’est creusé à 144 points de base, contre 136 points la veille, selon Les Échos. [6] En clôture, il atteignait même 148 points de base, un niveau proche de la zone des 150 points associée à la précédente crise de la dette en zone euro. [5]
Cette hausse du spread est un signal de méfiance. Elle signifie que les investisseurs considèrent la France comme plus risquée que l’Allemagne, alors même que les deux pays partagent la même monnaie et appartiennent à la zone euro. Le rendement de l’OAT française à dix ans a grimpé à 4,93 % en clôture, après avoir atteint 4,99 % début octobre, son plus haut niveau depuis 2002. [5][20] Autrement dit, la France paie désormais un prix beaucoup plus élevé pour financer son État, et cette pression pourrait s’intensifier si la situation budgétaire et sociale ne se stabilise pas.
Une souveraineté financière en recul
Le concept de souveraineté financière peut sembler abstrait, mais il a des conséquences très concrètes. Un pays souverain financièrement est capable de financer ses dépenses, sa dette et ses politiques publiques sans dépendre excessivement de décisions prises à l’étranger. Lorsque près de 60 % de la dette est détenue par des non-résidents, la France devient vulnérable aux arbitrages internationaux. Une vente massive d’OAT, un refus d’acheter aux émissions futures ou une exigence de taux plus élevés peuvent rapidement transformer une difficulté budgétaire en crise de financement.
Marc Touati insiste sur le fait que la France ne connaît même pas précisément l’identité de ces détenteurs étrangers. Cette opacité renforce le sentiment qu’il y a « un anguis sous roche ». Si les investisseurs traditionnels se retirent progressivement et que de nouveaux acteurs, notamment issus des pays du Golfe, prennent le relais, la France devient dépendante de flux de capitaux qu’elle ne contrôle pas. C’est cette perte de contrôle qui constitue, selon l’économiste, une menace directe pour la souveraineté nationale.
Ce que cela signifie pour les épargnants français
Pour les épargnants, la leçon est claire : la confiance dans les États n’est pas illimitée. Lorsque les taux montent, que la Bourse recule et que la dette devient de plus en plus détenue par l’étranger, les actifs financiers classiques peuvent devenir plus volatils. Les obligations françaises perdent de la valeur lorsque leurs rendements augmentent, tandis que les actions peuvent souffrir d’une défiance généralisée envers l’économie nationale. Dans ce contexte, l’or physique retrouve une fonction de diversification et de protection patrimoniale.
Les métaux précieux ne dépendent pas d’une promesse de remboursement d’un État ni de la santé d’une banque. Une pièce d’or ou un lingot conserve une valeur intrinsèque reconnue internationalement. C’est pourquoi, dans les périodes de défiance souveraine, de tensions géopolitiques ou d’instabilité monétaire, de nombreux investisseurs se tournent vers l’or. La demande ne disparaît pas lorsque la confiance diminue : elle a tendance à augmenter, précisément parce que l’or est perçu comme un actif de dernier recours.
Une France sous pression économique, sociale et financière
La situation décrite par Marc Touati combine trois pressions simultanées. La première est sociale, avec des émeutes, des pillages et un climat d’insécurité qui freinent l’activité. La deuxième est budgétaire, avec une dette élevée, des déficits persistants et des taux d’intérêt qui renchérissent le financement de l’État. La troisième est financière, avec un CAC 40 en repli, des OAT sous pression et une part croissante de la dette détenue par des non-résidents. Cette triple pression crée un cercle vicieux : plus la confiance baisse, plus le coût du financement augmente, et plus la marge de manœuvre du pays se réduit.
La France se retrouve donc dans une position délicate. Elle doit répondre aux attentes sociales de la population, tout en rassurant des marchés qui exigent des économies, de la rigueur et une trajectoire crédible de réduction du déficit. Or, ces deux exigences sont difficiles à concilier. Les violences rendent encore plus complexe l’adoption de réformes ou de coupes budgétaires, tandis que l’inaction budgétaire risque de renforcer la méfiance des investisseurs. C’est ce dilemme qui explique la nervosité actuelle des marchés.
L’or, refuge face à la perte de confiance
Dans un environnement où la dette publique devient plus coûteuse, où la Bourse recule et où la dépendance aux capitaux étrangers s’accroît, l’or apparaît comme une réponse patrimoniale naturelle. Il ne s’agit pas d’une garantie de gain, mais d’un actif historiquement utilisé pour se protéger contre l’inflation, les crises monétaires, les tensions géopolitiques et la défiance envers les États. Lorsque les investisseurs doutent de la capacité d’un pays à maîtriser ses finances, ils cherchent des valeurs refuges. L’or fait partie des premières.
Les pièces d’or, et notamment le 20 francs Napoléon, occupent une place particulière dans ce paysage. Elles sont reconnues, faciles à stocker, divisibles et liquides. Elles permettent également aux épargnants de détenir physiquement une partie de leur patrimoine, sans dépendre directement d’un compte bancaire, d’un fonds financier ou de la solvabilité d’un État. C’est cette indépendance qui explique leur attractivité lorsque la souveraineté financière d’un pays devient une préoccupation centrale.
Ce qu’il faut retenir
Le message de Marc Touati est sans ambiguïté : les émeutes amplifient la défiance des marchés envers la France. Les taux de la dette à dix ans frôlent 5 %, un niveau proche des plus hauts depuis 2002. Près de 60 % de la dette publique est détenue par des non-résidents, une proportion bien supérieure à celle observée aux États-Unis ou en Italie. Le CAC 40 a perdu 1,1 % en séance et près de 10 % depuis août. Pour l’économiste, la France perd progressivement sa souveraineté financière et devient de plus en plus dépendante du reste du monde.
Cette situation ne concerne pas seulement les financiers ou les responsables politiques. Elle touche directement les entreprises, l’emploi, le pouvoir d’achat et le patrimoine des Français. Lorsque la confiance s’effrite, les actifs papier deviennent plus vulnérables et la recherche de valeurs tangibles s’intensifie. C’est dans ce contexte que l’or physique, sous forme de pièces ou de lingots, retrouve toute sa pertinence comme instrument de diversification et de protection patrimoniale.