Peter Grandich, fondateur de The Grandich Letter, a fait ce que peu d’investisseurs osent avouer publiquement : il a vendu une grande partie de son or au sommet de la rallye de 2026, alors que les médias parlaient du métal jaune chaque jour. Mais il ne reste pas à l’écart du marché. Dans un entretien récent avec Megan King Diaz pour GoldSilver, il explique avoir déjà racheté environ les deux tiers de la quantité d’or qu’il souhaite détenir, tout en gardant le dernier tiers pour une éventuelle faiblesse supplémentaire. Son message est sans ambiguïté : une nouvelle baisse vers, voire légèrement sous, 4 000 dollars l’once ne serait pas une catastrophe, mais une opportunité rare avant une hausse qu’il estime minimale à 1 000 à 2 000 dollars. Pour les investisseurs qui cherchent à sécuriser une exposition physique, les pièces d’or Napoléon 20 francs tête nue représentent précisément ce type d’actif tangible que Grandich considère comme un rempart contre la dévaluation des monnaies fiat.
Le contexte actuel donne un poids considérable à son analyse. L’or s’échange autour de 4 100 à 4 150 dollars l’once, après avoir reculé de plus de 4 % sur un mois et après avoir touché un sommet historique proche de 5 600 dollars en janvier 2026 [19][22]. Ce repli a déjà éliminé une partie des acheteurs impulsifs entrés sur le marché lors de la phase parabolique. Grandich estime que ce nettoyage est nécessaire : les investisseurs particuliers qui ont acheté uniquement parce que le prix montait peuvent encore céder leurs positions si le métal vient à passer sous le seuil psychologique de 4 000 dollars. Selon lui, ce serait la dernière purge avant une reprise durable. Dans cette perspective, acheter progressivement plutôt que tout d’un coup permet de ne pas dépendre d’un point d’entrée parfait, et les pièces d’or offrent une solution concrète pour construire cette position par étapes.
Le signal le plus important vient de Chine. Alors que le prix de l’or reculait, la Banque populaire de Chine a acheté 23 tonnes d’or en septembre 2026, soit sa plus forte acquisition mensuelle depuis octobre 2023. Ce rachat porte ses réserves officielles à environ 2 410 tonnes, avec 23 mois consécutifs d’achats et 63 tonnes accumulées au troisième trimestre [1][6][11]. Pékin importe également de l’or à un rythme record : plus de 1 000 tonnes au cours des huit premiers mois de 2026, pour près de 158,8 milliards de dollars [3]. Grandich considère cette agressivité chinoise comme un message clair : lorsque la Chine achète massivement autour de 4 000 dollars, il ne veut pas parier contre elle. Pour un investisseur particulier, cela renforce l’idée que les lingots d’or ne sont pas un simple actif spéculatif, mais une réserve de valeur que les États eux-mêmes cherchent à accumuler.
Le retournement institutionnel qui change tout
Grandich rappelle une décision qu’il avait prise fin 2021 et qui était alors jugée provocatrice : conseiller à ses clients de vendre leurs obligations du Trésor américain pour acheter de l’or. À l’époque, l’idée que l’or puisse surpasser les obligations souveraines était considérée comme hérétique par une grande partie du monde financier. Pourtant, depuis, l’or a fortement progressé tandis que les obligations ont généré des pertes. Ce résultat n’est pas seulement une validation rétrospective de sa thèse : il illustre un basculement plus profond dans la manière dont les investisseurs institutionnels perçoivent le métal jaune. Aujourd’hui, selon Grandich, certaines institutions sont prêtes à intégrer l’or dans leurs portefeuilles avec un poids comparable à celui des obligations du Trésor, ce qui était impensable il y a cinq ou dix ans.
Ce changement n’a pas encore atteint le grand public ni une majorité de conseillers financiers traditionnels. C’est précisément là que Grandich voit l’opportunité. Si les institutions commencent à traiter l’or comme un actif de réserve central, alors que les particuliers restent sous-pondérés, la demande structurelle peut continuer de croître même après une correction. L’or n’est plus seulement une couverture contre l’inflation ou une assurance contre les crises : il devient un pilier d’allocation patrimoniale. Dans cette logique, les pièces d’investissement en or permettent de s’exposer à ce mouvement de fond sans dépendre uniquement d’actifs financiers, de promesses de rendement ou de la solvabilité d’un émetteur.
Pourquoi une baisse sous 4 000 dollars serait un signal d’achat
Grandich ne nie pas le risque de baisse. Il estime qu’une correction supplémentaire de 200 à 300 dollars reste possible depuis les niveaux actuels. Mais il oppose ce risque limité à un potentiel de hausse qu’il chiffre au minimum entre 1 000 et 2 000 dollars. Pour lui, le rapport risque-rendement est donc exceptionnellement favorable. Il ajoute qu’une brève incursion sous 4 000 dollars pourrait briser psychologiquement les derniers acheteurs de momentum, ceux qui sont entrés tardivement dans la rallye et qui pourraient céder leurs positions dans la panique. Ce type de capitulation crée souvent les bases des mouvements haussiers les plus puissants.
Son raisonnement est volontairement contre-intuitif : une baisse supplémentaire ne serait pas un échec de la thèse haussière, mais une condition de sa validation. Les fondamentaux, selon lui, restent « extraordinairement haussiers ». La demande physique chinoise, la diversification des réserves des banques centrales, la méfiance envers les monnaies fiat et le retour progressif de l’or dans les allocations institutionnelles forment un socle de demande que la correction actuelle ne détruit pas. Au contraire, elle permet aux acheteurs patients d’acquérir du métal à des prix plus raisonnables. Les Napoléon 20 francs tête nue s’inscrivent dans cette stratégie de accumulation progressive, notamment pour ceux qui préfèrent des formats accessibles et liquides.
Les taux ne sont pas la vraie menace pour l’or
La hausse des taux d’intérêt a accéléré la correction de l’or, mais Grandich refuse d’y voir la cause profonde du marché baissier. Il rappelle que les deux plus grandes phases haussières de l’or depuis sa libéralisation sont survenues dans les années 1970 et durant la première moitié de la décennie actuelle, alors même que les taux montaient fortement. Autrement dit, la relation entre taux et or n’est pas aussi mécanique que le répètent certains analystes. Les taux peuvent servir de prétexte à une correction, mais ils n’annulent pas les forces structurelles qui poussent les investisseurs vers le métal jaune.
Il relativise également la force du dollar. Selon lui, le dollar n’est pas acheté parce qu’il constitue une réelle réserve de valeur, mais parce qu’il demeure la monnaie fiat la moins détestable dans un système monétaire fragilisé. Cette distinction est essentielle : un dollar fort peut peser temporairement sur l’or, mais il ne supprime pas la raison profonde pour laquelle les banques centrales, les institutions et les particuliers achètent du métal physique. La monnaie papier repose sur la confiance dans les États et les banques centrales ; l’or, lui, ne dépend d’aucune promesse de remboursement. C’est cette asymétrie qui explique pourquoi les lingots d’or conservent leur rôle de protection patrimoniale lorsque la confiance dans les dettes souveraines s’érode.
La saisonnalité pourrait tourner en faveur de l’or
Grandich souligne également un élément de calendrier. À la mi-octobre, la période de faiblesse saisonnière de l’or touche à sa fin, tandis que s’ouvre une phase historiquement plus favorable pour le métal. Il accepte donc l’idée d’une baisse supplémentaire de 10 à 15 %, car il anticipe ensuite une progression qu’il décrit comme triple digit, c’est-à-dire supérieure à 100 % ou, a minima, très largement positive. Cette approche n’est pas celle d’un spéculateur qui cherche à deviner le prochain mouvement de quelques jours. C’est celle d’un investisseur qui accepte la volatilité à court terme pour capter un cycle haussier de plusieurs années.
Cette distinction entre spéculation et investissement est au cœur de son message. Selon lui, l’horizon d’investissement s’est considérablement raccourci : il y a trente ou quarante ans, les rapports de recherche raisonnaient en termes de trois à cinq ans. Aujourd’hui, beaucoup d’investisseurs n’acceptent plus d’attendre quelques mois. Or, Grandich affirme n’avoir aucune inquiétude sur la détention d’or et d’argent à un ou deux ans, même si les prix peuvent d’abord baisser. Pour lui, les deux métaux sont clairement orientés à la hausse sur le long terme. Les pièces d’or permettent justement de traduire cette conviction en détention physique, sans dépendre d’un timing parfait.
Argent : le meilleur argument fondamental de son histoire
Peter Grandich a longtemps été réservé sur l’argent. Il employait même une formule provocatrice pour expliquer que l’argent ne lui offrait pas la même conviction que l’or. Mais sa position a radicalement changé. Il estime désormais que l’argument fondamental en faveur de l’argent est probablement le meilleur de son histoire, au point de le placer au même niveau que l’or. Cette évolution est notable venant d’un ancien gestionnaire de fonds qui a passé une grande partie de sa carrière à privilégier le métal jaune.
Son avertissement est toutefois clair : l’argent ne décollera pas durablement si l’or ne monte pas. Les deux métaux restent liés et devraient évoluer largement de pair. Il met également en garde ceux qui ont acheté l’argent ou l’or au sommet de la rallye de début d’année et qui sont aujourd’hui en perte. Ces investisseurs pourraient être les derniers à liquider leurs positions, et une cassure psychologique de l’or sous 4 000 dollars pourrait provoquer cette ultime capitulation. Mais cela ne remet pas en cause sa vision de long terme : l’argent, comme l’or, devrait progresser sur plusieurs années. Les pièces d’or restent toutefois le cœur de la stratégie de Grandich pour ceux qui recherchent la liquidité, la reconnaissance universelle et une exposition directe au métal précieux le plus central du système monétaire.
Cuivre : la tortue qui pourrait dépasser tous les prévisions
Grandich ne se limite pas à l’or et à l’argent. Le cuivre est le métal qu’il n’a jamais quitté, celui dont il n’a jamais pris ses bénéfices ni soldé sa position. Il le compare à une course entre le lièvre et la tortue : l’or et l’argent peuvent faire la une des médias, mais le cuivre avance lentement, avec ce qu’il considère comme le meilleur argument offre-demande des trois métaux. Ce déséquilibre ne fait que se renforcer, non seulement à cause de la demande liée à l’électrification et aux infrastructures, mais aussi parce que les producteurs actuels rencontrent des difficultés croissantes à maintenir leur production.
Ces obstacles sont politiques, sociaux et géologiques. Les grands projets miniers sont plus difficiles à développer, plus coûteux et plus longs à mettre en œuvre. Parallèlement, les États cherchent de plus en plus à sécuriser leurs propres approvisionnements critiques plutôt qu’à dépendre d’autres pays. Le cuivre cotait autour de 6,53 dollars la livre le 20 octobre 2026, après avoir atteint un record proche de 6,85 dollars en septembre, soit une progression de plus de 33 % sur un an [19][24]. Grandich estime que la barre des 7 dollars est une question de « quand », et non de « si », et qu’elle pourrait même être franchie avant 2027. Pour les investisseurs qui veulent compléter une exposition aux métaux, les lingots d’or demeurent néanmoins l’actif refuge le plus direct, tandis que le cuivre relève davantage d’une thèse industrielle et cyclique.
Le risque de confiscation : réel, mais selon lui exagéré
Grandich aborde enfin la crainte récurrente d’une confiscation de l’or par les gouvernements. Sa réponse est nuancée mais ferme : ce scénario ne peut jamais être totalement exclu, mais il juge sa probabilité extrêmement faible à court et moyen terme. Selon lui, si l’État en venait à confisquer l’or détenu par les particuliers, la situation générale serait déjà si catastrophique que la préservation de ce métal deviendrait un problème secondaire. Il ajoute que le monde financier est aujourd’hui beaucoup plus diversifié et que les capitaux peuvent circuler au-delà des frontières, ce qui rend une confiscation généralisée moins efficace qu’autrefois.
Il évoque aussi les spéculations autour de Fort Knox et des réserves d’or américaines. Il ne met pas en doute la présence physique du métal, mais s’interroge sur la question de la propriété réelle : les États-Unis en sont-ils encore les propriétaires à 100 % ? Cette interrogation rejoint un phénomène plus large : plusieurs pays rapatrient leur or. Pour Grandich, ce mouvement est un signal majeur. Les États veulent récupérer physiquement ce qu’ils considèrent comme la dernière réserve de valeur capable de survivre à une crise mondiale des monnaies fiat. C’est précisément cette logique qui justifie, à ses yeux, une exposition personnelle à l’or physique, notamment via des pièces d’or Napoléon 20 francs tête nue.
Le verdict de Grandich : l’or plutôt que les obligations
Grandich insiste sur le fait qu’il ne se présente pas comme un « gold bug », qu’il ne vend pas d’or et qu’il n’en tire pas de bénéfice direct. Cette position renforce la portée de son message. Lorsqu’on lui demande quel actif tiendrait le mieux sur les trois à cinq prochaines années pour son petit-enfant — l’or, les obligations ou même la bourse —, sa réponse est sans hésitation : l’or. Il ne promet pas une ligne droite ascendante et admet qu’une baisse supplémentaire est possible. Mais il considère que le risque de détenir des obligations ou des actifs papier sur cette période est plus grand que celui de détenir du métal jaune.
Le marché semble lui donner partiellement raison. L’or reste proche de 4 100 dollars l’once malgré sa correction, tandis que la Chine continue d’acheter massivement et que les banques centrales maintiennent une demande structurelle élevée [3][6][19]. Pour Grandich, la question n’est donc pas de savoir si l’or va encore baisser, mais de savoir si l’investisseur est prêt à accepter une volatilité temporaire pour capter un mouvement beaucoup plus important. Son plan est simple : il a déjà racheté les deux tiers de sa position cible et garde le reste pour une faiblesse supplémentaire. Les investisseurs qui partagent cette lecture peuvent envisager une accumulation progressive, en privilégiant des actifs physiques reconnus comme les pièces d’or ou les lingots d’or, plutôt que de tenter de prédire le exact plus bas du marché.