Ole Hansen alerte : l’Europe entre dans l’hiver avec ses réserves de gaz au plus bas depuis 15 ans — et un froid intense pourrait faire exploser les prix

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L’Europe entre dans l’hiver avec un bouclier énergétique dangereusement affaibli

L’Europe s’apprête à affronter un hiver énergétique particulièrement périlleux, avec des stocks de gaz naturel à leur plus bas niveau saisonnier depuis une quinzaine d’années. Selon les données citées par Ole Hansen, responsable de la stratégie matières premières chez Saxo Bank, les réserves européennes se situaient autour de 845 TWh fin octobre, soit environ 100 TWh de moins qu’à la même période l’an dernier. Cet écart représente l’énergie transportée par plus de 80 grands méthaniers, ce qui donne la mesure exacte du retard accumulé avant l’arrivée des grands froids. Dans ce contexte, chaque degré de moins, chaque interruption de livraison ou chaque tension géopolitique supplémentaire peut faire basculer le marché. Les ménages, les industriels et les gouvernements européens pourraient donc devoir payer bien plus cher leur sécurité énergétique. Face à cette incertitude, de nombreux investisseurs cherchent à protéger leur pouvoir d’achat avec des actifs tangibles, notamment en décidant d’acheter de l’or plutôt que de laisser leur épargne exposée à une nouvelle vague d’inflation.

Des réserves de gaz au plus bas depuis 2011

Le problème n’est pas théorique : au 21 octobre, les installations de stockage de l’Union européenne n’étaient remplies qu’à environ 74%, contre une moyenne quinquennale proche de 86% à la même période. Il s’agit du niveau le plus faible observé pour cette date depuis le début des relevés, selon les données de Gas Infrastructure Europe reprises par plusieurs analyses de marché. Autrement dit, l’Europe n’entre pas dans l’hiver avec des réserves vides, mais elle a perdu une partie essentielle de son coussin de sécurité. Or, ce coussin est précisément ce qui permet d’absorber les pics de consommation, les pannes techniques, les retards de livraison ou les interruptions soudaines d’approvisionnement. Plus les stocks sont bas, plus le marché devient nerveux, et plus le risque de flambée des prix devient élevé. Cette dégradation de la situation énergétique renforce aussi l’attrait des valeurs refuges : les épargnants qui veulent diversifier leurs actifs peuvent notamment se tourner vers l’achat de lingots d’or, un actif physique traditionnellement recherché en période de crise.

Pourquoi l’Europe n’a pas réussi à remplir suffisamment ses stocks

La raison principale tient à une anomalie de marché : tout au long de l’été, l’arbitrage habituel entre gaz d’été et gaz d’hiver n’a pas fonctionné. Normalement, les opérateurs achètent du gaz lorsqu’il est moins cher en été, le stockent, puis le revendent plus cher en hiver. Cette année, les courbes à terme sont restées anormalement orientées : acheter du gaz cher en été pour le revendre à un prix hivernal parfois inférieur n’avait tout simplement aucun sens économique. Résultat, les propriétaires de capacités de stockage ont réduit leurs injections, laissant l’Europe avec un niveau de remplissage insuffisant. Ole Hansen souligne que cette logique commerciale a directement contribué au déficit actuel. Ce n’est donc pas seulement la météo ou la géopolitique qui a fragilisé l’Europe : c’est aussi une défaillance des incitations du marché. Dans un tel environnement, où l’énergie peut alimenter l’inflation et éroder les revenus réels, l’or conserve son rôle de protection patrimoniale, et l’pièce de 20 francs Napoléon tête nue demeure l’un des formats historiques les plus recherchés par les investisseurs européens.

Le gaz stocké ne couvre qu’une fraction de la consommation hivernale

Beaucoup croient qu’un stockage plein garantit un hiver sans problème. C’est une erreur dangereuse. Ole Hansen rappelle que le gaz présent dans les stockages ne représente qu’environ 25% de la consommation totale de gaz au cours d’un hiver européen. Cela signifie que l’Europe reste massivement dépendante de livraisons continues, qu’il s’agisse du gaz norvégien, des importations américaines de gaz naturel liquéfié ou d’autres flux internationaux. Si ces approvisionnements venaient à faiblir au moment même où la demande explose, la situation pourrait se dégrader très rapidement. Le vrai risque n’est donc pas seulement un hiver froid, mais un hiver froid combiné à une baisse des importations, à des tensions sur les terminaux LNG ou à une compétition accrue avec l’Asie. Les investisseurs qui anticipent ce scénario cherchent souvent à sécuriser une partie de leur patrimoine dans des actifs réels, et beaucoup choisissent d’acheter des pièces d’or pour se prémunir contre les conséquences financières d’un choc énergétique durable.

L’Europe et l’Asie se disputent les mêmes cargaisons de LNG

Le point le plus inquiétant est que l’Europe n’est plus seule sur le marché du gaz liquéfié. Depuis la réduction des approvisionnements par pipeline en provenance de Russie, l’Union européenne s’est tournée vers la Norvège et surtout vers les États-Unis. Mais une partie des cargaisons de LNG qui arrivaient normalement en Europe est désormais retenue ou redirigée vers l’Asie, notamment parce que le Qatar expédie moins de volumes vers les marchés habituels. Ole Hansen est formel : l’Europe se retrouve en compétition directe avec l’Asie pour obtenir les mêmes approvisionnements. Si le continent européen connaît une vague de froid prolongée pendant que l’Asie maintient une forte demande, les acheteurs des deux régions se retrouveront à surenchérir pour sécuriser les mêmes cargaisons. Cette bataille peut faire grimper les prix bien au-delà des niveaux actuels. Dans ce climat d’incertitude, l’or reste l’un des rares actifs qui ne dépend ni du gaz, ni du pétrole, ni d’une décision politique : c’est pourquoi l’achat d’or physique continue d’attirer les investisseurs qui veulent réduire leur exposition aux chocs macroéconomiques.

Un prix du gaz près de dix fois supérieur à celui des États-Unis

L’écart de prix entre l’Europe et les États-Unis illustre l’ampleur du problème. Ole Hansen indique que le gaz européen se négocie autour de 90 dollars le MMBtu, soit approximativement 30 dollars par therm, alors que le prix américain reste proche de 3 dollars par therm. L’Europe paie donc environ dix fois plus cher son gaz que les États-Unis. Cette différence transforme chaque cargaison de LNG américaine en une opportunité commerciale considérable : il devient extrêmement rentable d’acheter du gaz aux États-Unis, de le liquéfier, de le transporter puis de le vendre en Europe ou en Asie. Mais pour les consommateurs européens, cette même dynamique signifie des factures plus élevées, une pression accrue sur l’inflation et une compétitivité industrielle affaiblie. Les entreprises énergivores, les producteurs d’engrais, les industriels du verre, des métaux et de la chimie sont les premiers exposés. Pour les particuliers, la hausse des coûts énergétiques peut se traduire par une perte de pouvoir d’achat, ce qui explique pourquoi beaucoup cherchent à préserver leur capital avec l’achat de pièces d’or, un actif tangible et internationalement reconnu.

La météo devient l’arme décisive du marché

Tout dépendra désormais de la température. Ole Hansen le dit sans détour : la météo sera le facteur déterminant des prochaines semaines et des prochains mois. Tant que l’automne reste relativement doux, l’Europe peut limiter ses prélèvements et préserver ce qui reste de ses réserves. Mais un froid durable changerait immédiatement la donne. La demande de chauffage augmenterait, la consommation de gaz pour produire de l’électricité pourrait aussi monter en cas de faible production éolienne ou hydraulique, et les stocks restants fondraient plus vite. Le risque n’est pas forcément une pénurie physique généralisée, mais une situation de tension extrême où l’Europe devrait acheter à n’importe quel prix pour éviter les coupures. C’est précisément ce type de scénario qui fait craindre une nouvelle envolée des prix de l’énergie. Les marchés financiers y sont déjà sensibles, et les investisseurs cherchent des protections concrètes, notamment l’or physique, dont la demande stratégique reste soutenue malgré les fluctuations à court terme.

Le diesel ajoute une seconde pression sur l’économie européenne

La crise ne se limite pas au gaz. Le marché du diesel reste également tendu, alors même que la demande augmente pendant l’hiver. Ole Hansen explique que la Russie, bien qu’elle ne soit pas le premier raffineur mondial de diesel, figure parmi les cinq premiers producteurs. Le pays dispose historiquement d’une production excédentaire de diesel qu’il exporte vers plusieurs marchés. Or, l’Union européenne et le Royaume-Uni maintiennent toujours leur interdiction d’importer du diesel russe, ce qui prive l’Europe d’une source importante d’approvisionnement. Même si une partie des exportations russes est désormais redirigée vers la Turquie, le Brésil ou d’autres destinations, Hansen reste sceptique sur la capacité réelle de la Russie à augmenter fortement ses volumes exportés. Il estime également que l’accord évoqué avec les États-Unis n’a pas produit d’effet significatif sur les prix à la pompe. Le diesel reste donc un point de vulnérabilité majeur pour les transports, l’agriculture, la logistique et l’industrie européenne.

Des stocks de diesel proches des plus bas niveaux saisonniers

La situation est encore plus préoccupante parce que les inventaires de produits distillés, dont le diesel, se trouvent à des niveaux très bas, y compris aux États-Unis. Ole Hansen note que le rapport hebdomadaire de l’EIA a bien montré une légère reconstitution des stocks la semaine précédente, mais que les réserves restent proches des plus bas niveaux saisonniers enregistrés. Or, l’hiver inverse la dynamique habituelle du marché : la demande d’essence baisse, tandis que celle de diesel augmente, notamment parce que le diesel sert aussi de combustible de chauffage dans de nombreuses régions. Cette double pression, transport et chauffage, rend les prochains mois particulièrement critiques. Toute nouvelle perturbation des flux commerciaux, qu’elle soit d’origine géopolitique, météorologique ou logistique, pourrait pousser les prix encore plus haut. Pour les ménages comme pour les entreprises, cela signifie un risque direct sur les coûts de transport, les prix des produits alimentaires, les marges industrielles et l’inflation générale.

Pourquoi ce choc énergétique peut relancer l’inflation

Une flambée du gaz et du diesel ne resterait pas confinée aux marchés de l’énergie. Elle se propagerait rapidement à l’électricité, au chauffage, aux transports, à la production industrielle et aux prix à la consommation. Ole Hansen souligne que la hausse des prix de l’énergie alimente déjà les anticipations d’inflation et maintient les attentes de hausses de taux élevées. Selon ses propos, environ trois hausses de taux sont déjà intégrées par les marchés pour l’été suivant, voire près de quatre. Cela crée un environnement difficile pour les actifs financiers, car des taux plus élevés pèsent sur les obligations, les valorisations boursières et la croissance économique. L’Europe risque donc de subir un double choc : des prix de l’énergie plus élevés et une politique monétaire plus restrictive. C’est exactement le type de configuration qui pousse historiquement les investisseurs vers les valeurs refuges, et l’or reste l’une des protections les plus utilisées contre l’érosion monétaire.

L’or sous pression à court terme, mais soutenu sur le long terme

Sur le marché de l’or, Ole Hansen décrit une bataille entre deux catégories d’investisseurs. D’un côté, les spéculateurs présents sur le marché à terme ont vendu massivement depuis la fin août : environ 4 millions d’onces nettes ont été vendues via les contrats à terme COMEX par des hedge funds et des CTA. De l’autre, les détentions totales rapportées par Bloomberg ont augmenté d’environ 2,3 millions d’onces, signe que d’autres investisseurs continuent d’acheter. Cette divergence montre que le marché est tiré dans deux directions opposées. À court terme, la pression spéculative, un dollar relativement solide et des anticipations de taux élevés empêchent l’or de profiter pleinement de la baisse des rendements. Hansen reconnaît qu’un nouveau repli est possible, alors que le métal approche la barre des 4 000 dollars l’once. Mais il maintient une vision haussière à long terme, avec un potentiel de 10 à 20% de hausse supplémentaire dans les années à venir.

La demande chinoise et indienne pourrait changer la donne

Le scénario haussier de long terme repose notamment sur la demande asiatique. Ole Hansen rappelle que la Chine reste un acheteur majeur d’or, aussi bien du côté des particuliers que des banques centrales. Or, la Bourse chinoise est entrée en marché baissier, tandis que l’immobilier chinois traverse une baisse qui dure depuis cinq ans. Les investisseurs chinois doivent donc trouver où placer leurs capitaux, et l’or apparaît comme une destination naturelle pour une partie de ces flux. À cela s’ajoutent les excédents commerciaux chinois, qui génèrent des revenus importants devant être placés quelque part. En Inde, la saison de Diwali approche également, une période pendant laquelle la demande physique d’or est traditionnellement ferme. Si les vendeurs spéculatifs commencent à se retourner, leur entrée sur le côté acheteur pourrait s’ajouter à celle des investisseurs ETF et à la demande asiatique, créant un mouvement de rattrapage brutal.

Ce que cela signifie pour les épargnants européens

Pour un épargnant européen, la leçon est simple : l’énergie redevient une source majeure de risque économique. Des stocks de gaz insuffisants, une concurrence asiatique sur le LNG, des réserves de diesel faibles et des tensions géopolitiques forment une combinaison qui peut faire remonter l’inflation et fragiliser la croissance. Ole Hansen ne prédit pas une pénurie totale de gaz, mais il alerte clairement sur la vulnérabilité du continent si l’hiver devient froid et si les livraisons restent perturbées. Dans ce décor, l’or n’est pas une garantie contre tous les risques, mais il constitue un actif de diversification physique, sans risque de contrepartie, qui a historiquement attiré les capitaux en période d’incertitude. Ceux qui souhaitent renforcer cette exposition peuvent examiner les solutions disponibles sur l’achat d’or physique, tout en gardant à l’esprit que la volatilité à court terme reste élevée.

Le scénario le plus dangereux pour l’hiver 2026-2027

Le scénario le plus redouté combine plusieurs chocs simultanés : une vague de froid prolongée, une baisse des exportations de LNG, des problèmes techniques sur les terminaux ou les réseaux, une production éolienne insuffisante et une demande asiatique soutenue. Dans ce cas, l’Europe devrait non seulement puiser plus vite dans des réserves déjà faibles, mais aussi acheter des cargaisons supplémentaires face à l’Asie. Les prix du gaz, déjà proches de 90 à 93,50 euros par MWh selon les dernières cotations citées par Saxo Bank, pourraient alors connaître une nouvelle accélération. Ole Hansen estime qu’un hiver froid entraînera très probablement des prix plus élevés. La question n’est donc plus de savoir si l’Europe est vulnérable, mais à quel point elle le sera si le froid arrive avant que ses stocks aient été reconstitués. Pour les investisseurs, cette vulnérabilité énergétique constitue un argument supplémentaire en faveur d’une diversification vers les métaux précieux, et notamment vers l’or physique.

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