Le marché mondial de l’or est-il suffisamment approvisionné pour répondre à une demande importante de métal physique ? C’est la question que soulève David Jensen, analyste des marchés des métaux précieux, dans un entretien avec Mario Innecco, animateur de la chaîne Maneco64. Au cœur de ses inquiétudes : un mouvement particulièrement important observé dans les coffres de JPMorgan à New York, où environ 3,7 millions d’onces d’or ont été retirées au cours d’une période particulièrement courte. Un événement qui représente près de 62 % des stocks appartenant à une catégorie précise d’or détenue dans les coffres de la banque. Pour comprendre les conséquences possibles de ce mouvement, il faut s’intéresser à la différence entre l’or réellement disponible et les engagements financiers portant sur ce métal. Dans un contexte où les investisseurs cherchent à détenir davantage d’or physique, la question de la disponibilité des stocks devient centrale. Pour ceux qui souhaitent également s’intéresser à la détention de métal physique, il est possible de consulter les possibilités d’achat de pièces d’or physiques.
Ce retrait intervient alors que les marchés de l’or et de l’argent connaissent des mouvements de prix importants. David Jensen estime qu’il faut distinguer les cours affichés sur les marchés financiers de la disponibilité réelle du métal. En effet, acheter de l’or sur un marché financier ne signifie pas nécessairement recevoir immédiatement des lingots ou des pièces. Une grande partie des transactions repose sur des contrats et des écritures comptables qui permettent de négocier des quantités de métal sans déplacer physiquement les barres correspondantes. Ce fonctionnement est habituel sur les marchés internationaux, mais il soulève une question essentielle lorsque les clients souhaitent récupérer leur or : les établissements financiers disposent-ils réellement des quantités nécessaires pour répondre à toutes les demandes ? Cette interrogation explique pourquoi les mouvements de stocks physiques sont particulièrement surveillés. Dans cette perspective, les investisseurs qui souhaitent détenir directement du métal peuvent notamment examiner les différentes possibilités d’achat de lingots d’or physiques.
Pour David Jensen, le problème potentiel réside dans le décalage entre les volumes de transactions financières et les quantités de métal effectivement disponibles. Le marché peut enregistrer des opérations portant sur des volumes considérables sans que chaque transaction entraîne un déplacement d’or physique. Tant que les acteurs acceptent de conserver leurs positions sous forme de contrats ou de créances, ce fonctionnement permet au marché de fonctionner rapidement. Mais la situation devient plus délicate lorsque plusieurs clients souhaitent simultanément récupérer leur métal. Les banques doivent alors pouvoir organiser les livraisons demandées, mobiliser leurs stocks ou trouver de nouvelles sources d’approvisionnement. C’est précisément cette capacité à répondre aux demandes de livraison qui constitue le véritable enjeu soulevé par David Jensen. Dans un environnement où la disponibilité physique devient une préoccupation grandissante, la détention directe de métal prend une importance particulière, notamment à travers l’achat de pièces d’or Napoléon 20 francs.
L’entretien met également en lumière le fonctionnement du marché londonien de l’or et de l’argent, considéré comme l’un des principaux centres mondiaux de négociation des métaux précieux. À Londres, une grande partie des transactions repose sur des comptes dits « non alloués ». Concrètement, lorsqu’un client détient de l’or sur un compte non alloué, il dispose d’une créance correspondant à une quantité déterminée de métal, mais des lingots précis ne sont pas nécessairement individualisés et réservés à son nom. Il ne possède donc pas automatiquement des barres identifiées dans un coffre. La différence est importante : un compte alloué correspond à des lingots précis, identifiés par leur poids et leur numéro, tandis qu’un compte non alloué représente une créance sur l’établissement financier qui tient le compte. La LBMA confirme officiellement cette distinction dans sa documentation sur le fonctionnement du marché londonien. https://www.lbma.org.uk/publications/the-otc-guide/precious-metal-accounts Cette organisation facilite considérablement les transactions, mais elle signifie également que le détenteur d’un compte non alloué dépend de la capacité de son établissement à honorer ses engagements. Pour ceux qui privilégient la propriété de métal physique, l’achat d’or sous forme de pièces physiques constitue une autre manière d’aborder la détention du métal précieux.
C’est dans ce contexte que David Jensen attire l’attention sur le rôle des grandes banques internationales, notamment JPMorgan et HSBC, dans le fonctionnement du marché des métaux précieux. Ces établissements interviennent dans les transactions, la compensation et la gestion des comptes de leurs clients. Ils participent ainsi à un système dans lequel les mouvements financiers peuvent être considérablement plus importants que les mouvements physiques de lingots. Le problème potentiel apparaît lorsque les demandes de livraison augmentent brutalement. Si plusieurs détenteurs de créances souhaitent obtenir du métal en même temps, les établissements concernés doivent pouvoir satisfaire ces demandes dans les conditions prévues par leurs contrats. La question n’est donc pas simplement de savoir combien d’or existe dans les coffres d’une banque, mais combien de métal est effectivement disponible et mobilisable pour répondre aux demandes de ses clients. C’est toute la différence entre posséder une exposition financière à l’or et détenir réellement le métal. Dans cette optique, les investisseurs peuvent également se renseigner sur les possibilités d’acquisition de lingots d’or.
Enfin, David Jensen rapproche ces mouvements de stocks des inquiétudes exprimées par Jamie Dimon, le dirigeant de JPMorgan, au sujet des clients qui choisissent de retirer leur or des coffres situés aux États-Unis pour le rapatrier dans leur propre pays. Cette évolution est importante, car elle traduit une volonté de certains détenteurs de conserver directement le contrôle de leurs réserves physiques. Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les sanctions financières et les interrogations sur la sécurité des avoirs détenus à l’étranger, la localisation de l’or devient un sujet stratégique. La question dépasse donc largement le fonctionnement technique des marchés : elle concerne également la confiance accordée aux institutions financières et aux systèmes de conservation. Pour les particuliers qui souhaitent privilégier une détention directe, les possibilités d’achat de pièces d’or physiques Napoléon 20 francs méritent également d’être examinées.
JPMorgan : 3,7 millions d’onces d’or retirées des coffres en un mouvement spectaculaire
Le chiffre avancé par David Jensen est particulièrement frappant. Selon les données qu’il présente dans son analyse publiée le 28 octobre 2026, environ 3,7 millions d’onces d’or ont été retirées des coffres de JPMorgan à New York au cours de la période étudiée, à la mi-septembre 2026. Cela représente environ 115 tonnes d’or physique. Pour mesurer l’importance de ce mouvement, il faut comprendre qu’il correspond à près de 62 % de la catégorie de stocks appelée « Eligible » détenue par JPMorgan dans les entrepôts agréés par le COMEX. Les stocks concernés seraient ainsi passés d’environ 6 millions à 2,3 millions d’onces. Dans le même temps, HSBC aurait également enregistré un retrait d’environ 400 000 onces d’or. Au total, les retraits observés dans les coffres des deux établissements atteindraient environ 4,1 millions d’onces. Il s’agit d’un mouvement considérable qui mérite une attention particulière. https://jensendavid.substack.com/p/after-62-of-jpmorgan-eligible-gold
Une précision est toutefois indispensable pour comprendre correctement ces chiffres : les 2,3 millions d’onces restantes correspondent à la catégorie Eligible de JPMorgan, et non à l’ensemble de son or détenu dans les coffres du COMEX. David Jensen indique également la présence d’environ 2,2 millions d’onces dans la catégorie Registered, qui correspond à de l’or enregistré et disponible pour une livraison dans le cadre du marché à terme du COMEX. Cette distinction est fondamentale pour ne pas interpréter les données de manière erronée. Les stocks Eligible correspondent à du métal répondant aux caractéristiques exigées par le marché, mais qui n’est pas enregistré pour une livraison immédiate sur le COMEX. Les stocks Registered, eux, sont inscrits pour être livrables dans le cadre des contrats concernés.
Le mouvement observé chez JPMorgan ne signifie donc pas que la banque ne possède plus d’or. Il montre en revanche qu’une partie très importante de ses stocks Eligible a quitté les entrepôts concernés. David Jensen considère cette évolution comme un signal à surveiller, notamment parce que les banques doivent pouvoir disposer de quantités suffisantes de métal pour assurer le fonctionnement des marchés et répondre aux demandes de leurs clients.
Pourquoi les banques peuvent-elles vendre de l’or sans déplacer de lingots ?
Pour comprendre les inquiétudes de David Jensen, il faut revenir sur une caractéristique essentielle du marché international de l’or : une transaction financière ne correspond pas nécessairement à un mouvement physique de métal. Lorsqu’une banque vend une quantité d’or à un client, l’opération peut être enregistrée sur un compte sans qu’un lingot précis soit immédiatement réservé à cet acheteur. Le client dispose alors d’une créance correspondant à la quantité d’or inscrite sur son compte. Cette organisation est particulièrement répandue sur le marché londonien, où les comptes non alloués jouent un rôle majeur.
La LBMA explique que les comptes non alloués représentent une méthode de détention très courante sur le marché professionnel. Ils permettent de réaliser rapidement des transactions, sans avoir à identifier et déplacer des lingots pour chaque opération. À l’inverse, un compte alloué correspond à des barres précises, identifiées individuellement et conservées pour le compte du client. Cette différence est essentielle : dans le premier cas, le client possède une créance sur l’établissement financier ; dans le second, il détient des lingots identifiés dont la banque assure la conservation.
Ce système présente des avantages pratiques considérables pour les établissements financiers et les professionnels. Il facilite les échanges, limite les déplacements de métal et permet de compenser de nombreuses opérations entre banques. Cependant, il pose une question lorsque les clients souhaitent convertir leurs créances en or physique : les établissements peuvent-ils fournir rapidement les quantités demandées ?
C’est précisément le point sur lequel David Jensen souhaite attirer l’attention. Selon lui, les volumes de créances et d’engagements financiers peuvent être très importants par rapport aux quantités de métal immédiatement disponibles. Il estime que cette différence pourrait fragiliser le marché si les demandes de livraison augmentaient fortement.
Le marché londonien de l’or : un système fondé sur les créances et la compensation entre banques
Londres occupe une place centrale dans les échanges internationaux de métaux précieux. Contrairement au COMEX, qui fonctionne notamment avec des contrats à terme standardisés, le marché londonien repose principalement sur des transactions de gré à gré entre établissements financiers et clients. Les opérations sont ensuite compensées par l’intermédiaire de London Precious Metals Clearing Limited, connue sous le sigle LPMCL.
La LBMA explique que ce système utilise les comptes non alloués pour régler les transactions entre les banques participantes et leurs clients. Les opérations sont compensées électroniquement, ce qui évite de déplacer physiquement des lingots à chaque transaction. La LBMA indique également que les volumes moyens compensés quotidiennement dépassent 20 millions d’onces d’or et 200 millions d’onces d’argent. Ces chiffres permettent de mesurer l’importance des échanges qui transitent par ce marché.
David Jensen considère toutefois que cette organisation manque de transparence sur un point essentiel : le montant total des engagements financiers portant sur le métal physique. Les volumes de transactions sont publiés, mais ils ne permettent pas à eux seuls de connaître précisément l’ensemble des créances qui pourraient donner lieu à une demande de livraison.
C’est cette différence qui constitue le cœur de son inquiétude. Un marché peut enregistrer des transactions considérables sans que toutes les personnes détenant des créances souhaitent récupérer simultanément leur métal. Mais si ce comportement change, les établissements financiers doivent être capables de répondre à des demandes physiques beaucoup plus importantes.
Le marché de l’argent a déjà montré des signes de tension selon David Jensen
David Jensen ne limite pas son analyse à l’or. Il estime que le marché de l’argent présente des caractéristiques qui pourraient le rendre particulièrement vulnérable à une augmentation des demandes de livraison physique. Contrairement à l’or, l’argent ne bénéficie pas des mêmes réserves détenues par les banques centrales et susceptibles de contribuer à la liquidité du marché.
Dans l’entretien, il revient notamment sur les difficultés rencontrées par le marché londonien de l’argent en octobre 2025. Selon les éléments qu’il présente, le marché aurait connu une interruption importante de ses échanges, alors que les stocks d’argent conservés à Londres en dehors des fonds indiciels représentaient encore environ 150 millions d’onces. Pour David Jensen, cet épisode démontre qu’il faut distinguer les quantités de métal présentes dans les coffres des quantités réellement proposées à la vente.
Cette distinction est fondamentale. Un stock peut exister physiquement sans être disponible pour répondre immédiatement à une demande. Le métal peut appartenir à des investisseurs qui ne souhaitent pas le vendre, être immobilisé dans des fonds ou faire l’objet d’engagements particuliers. La disponibilité réelle dépend donc de la volonté des détenteurs de mettre leur métal sur le marché.
L’analyste souligne également l’importance des taux de location de l’argent, qui permettent notamment d’évaluer le coût de l’emprunt du métal physique. Lorsque ces taux augmentent fortement, cela peut traduire une demande importante pour emprunter de l’argent disponible. David Jensen considère ces indicateurs comme des signaux de tension physique, même lorsque les cours financiers évoluent à la baisse.
Pourquoi le prix de l’or peut-il baisser alors que le marché physique se tend ?
C’est l’une des contradictions apparentes sur lesquelles David Jensen insiste tout au long de l’entretien. Comment expliquer que le prix de l’or ou de l’argent puisse reculer alors que les conditions d’approvisionnement en métal physique deviennent plus tendues ?
Pour comprendre cette situation, il faut distinguer le marché financier du marché physique. Sur les marchés financiers, les investisseurs peuvent acheter et vendre des contrats représentant une quantité déterminée d’or ou d’argent. Ces contrats peuvent être négociés rapidement et leur prix évolue en fonction de nombreux facteurs : les taux d’intérêt, le dollar, les anticipations économiques, les positions des investisseurs et les besoins de liquidité.
Le marché physique obéit à une autre réalité. Il dépend de la disponibilité des lingots, des stocks mobilisables, des capacités de livraison et de la volonté des détenteurs de vendre leur métal. Il est donc possible que le cours financier baisse alors que les conditions d’approvisionnement physique se tendent.
David Jensen estime que cette différence est particulièrement importante pour comprendre les mouvements récents de l’or et de l’argent. Selon son analyse, une baisse des cours financiers ne signifie pas nécessairement que le métal physique est devenu plus abondant. Elle peut simplement traduire des ventes sur les marchés financiers, sans refléter directement la situation des stocks disponibles.
Il met également en garde les investisseurs particuliers contre les réactions provoquées par les variations rapides des cours. Certains détenteurs d’or et d’argent physiques peuvent être tentés de vendre leur métal lorsqu’ils voient les prix reculer, alors même que les indicateurs du marché physique mériteraient d’être examinés séparément.
Jamie Dimon réagit aux retraits d’or : pourquoi les clients veulent-ils récupérer leurs réserves ?
Un autre passage important de l’entretien concerne les déclarations de Jamie Dimon, le dirigeant de JPMorgan. Celui-ci a évoqué des discussions avec des clients qui avaient décidé de retirer leur or des coffres situés aux États-Unis pour le rapatrier dans leur propre pays.
Jamie Dimon a défendu la sécurité offerte par les infrastructures américaines, en mettant notamment en avant la puissance économique, militaire et institutionnelle des États-Unis. Il a également exprimé son incompréhension face à la volonté de certains détenteurs de récupérer leur or.
Pour David Jensen, ces déclarations sont particulièrement intéressantes dans le contexte des importants retraits observés dans les coffres de JPMorgan. Il considère que la volonté de certains clients de récupérer leur métal physique pourrait exercer une pression sur les établissements qui assurent sa conservation.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte géopolitique où la question de la localisation des réserves stratégiques est devenue particulièrement sensible. Le gel des avoirs russes à la suite de la guerre en Ukraine a notamment rappelé aux États et aux investisseurs que des réserves conservées dans un pays étranger peuvent être exposées à des décisions politiques et à des sanctions.
Le rapatriement de l’or répond ainsi à une préoccupation fondamentale : conserver le contrôle direct de ses réserves et réduire sa dépendance à l’égard d’infrastructures financières situées à l’étranger.
La Chine continue de renforcer sa place sur le marché mondial de l’or
L’entretien aborde également la stratégie chinoise concernant les métaux précieux. David Jensen estime que la Chine développe depuis plusieurs décennies ses capacités dans le domaine de l’or, aussi bien dans l’exploitation minière que dans le stockage, le transport et les infrastructures de marché.
Il considère que cette stratégie s’inscrit dans une vision de long terme visant à renforcer les réserves physiques du pays et à réduire sa dépendance au système monétaire international dominé par le dollar.
Cette question prend une importance particulière lorsque l’on observe les mouvements internationaux d’or. Les banques centrales cherchent à diversifier leurs réserves et à renforcer la part des actifs physiques dans leur patrimoine. L’or présente en effet une caractéristique essentielle : contrairement à une obligation ou à une créance bancaire, il ne constitue pas la dette d’un autre établissement.
David Jensen estime que cette évolution pourrait progressivement modifier les équilibres du marché mondial des métaux précieux. Si certains pays privilégient davantage la détention physique tandis que les marchés financiers continuent de reposer largement sur les contrats, les différences entre les deux formes de détention pourraient devenir plus visibles.
La dette mondiale et la confiance dans les monnaies au cœur des inquiétudes
Pour David Jensen, les tensions observées sur les marchés de l’or et de l’argent ne peuvent pas être comprises sans tenir compte de l’endettement mondial. Il rappelle que les dettes publiques et privées représentent des montants considérables et que leur financement dépend de la confiance accordée aux monnaies et aux marchés obligataires.
Lorsque les investisseurs s’inquiètent de la capacité des États à financer leur dette, ils peuvent chercher à diversifier leurs placements et à détenir davantage d’actifs physiques. L’or bénéficie alors de son statut particulier : il ne dépend pas de la solvabilité d’un émetteur et ne peut pas être créé par une décision bancaire.
L’analyste considère que cette situation pourrait renforcer l’intérêt pour les métaux précieux dans les années à venir. Il établit notamment un parallèle avec les années 1970, période durant laquelle l’or et l’argent avaient connu une forte progression dans un contexte de tensions monétaires et d’inflation.
Son raisonnement repose sur une idée centrale : si la confiance dans les monnaies fiduciaires se dégrade, les investisseurs pourraient accorder une importance croissante aux actifs physiques qui ne représentent pas une dette financière.
Le véritable risque : une hausse simultanée des demandes de livraison physique
Au terme de son analyse, David Jensen revient à la question fondamentale : que se passerait-il si davantage de clients demandaient simultanément la livraison de leur or physique ?
Le fonctionnement actuel du marché repose largement sur la compensation des transactions et l’utilisation de comptes non alloués. Cette organisation permet de traiter des volumes considérables sans nécessiter le déplacement permanent des lingots. Mais elle suppose également que les établissements financiers soient capables de satisfaire les demandes de conversion en métal physique.
Si les demandes augmentent fortement, les banques pourraient devoir mobiliser leurs stocks, trouver du métal auprès d’autres établissements ou organiser des opérations d’approvisionnement supplémentaires. Dans un marché où les quantités immédiatement disponibles sont limitées, cette situation pourrait provoquer des tensions sur les délais de livraison et sur les conditions d’approvisionnement.
C’est pourquoi le retrait de 3,7 millions d’onces observé chez JPMorgan retient autant l’attention de David Jensen. Il ne prouve pas que la banque est incapable de répondre aux demandes de ses clients, mais il constitue un mouvement suffisamment important pour soulever des interrogations sur la disponibilité des stocks physiques et sur la capacité du marché à absorber de nouvelles demandes.
L’analyste estime qu’un mouvement supplémentaire de retrait pourrait accentuer ces tensions, particulièrement si plusieurs grands détenteurs de métal décidaient de récupérer leurs réserves au même moment.
Le marché mondial de l’or est-il suffisamment préparé à une demande massive de métal physique ?
La question soulevée par David Jensen dépasse finalement le cas de JPMorgan. Elle concerne l’ensemble du fonctionnement du marché international de l’or et de l’argent. Les transactions financières peuvent représenter des volumes très importants, mais la confiance dans ce système repose également sur la capacité des établissements à honorer leurs engagements lorsque les clients souhaitent récupérer leur métal.
Le retrait de plusieurs millions d’onces d’or des coffres de JPMorgan et de HSBC constitue donc un événement à surveiller. Il met en évidence l’importance des stocks physiques et rappelle que les quantités inscrites sur les comptes financiers ne correspondent pas systématiquement à des lingots individualisés et immédiatement disponibles.
Il serait toutefois prématuré d’en conclure que les grandes banques ne disposent plus de suffisamment d’or ou qu’un effondrement du marché est imminent. Les chiffres publiés ne permettent pas de connaître l’ensemble des engagements des établissements ni l’identité des clients à l’origine des retraits.
Mais une interrogation demeure : si les grands détenteurs d’or décidaient de récupérer simultanément leurs réserves, les banques seraient-elles en mesure de répondre à toutes les demandes dans les délais habituels ?
C’est cette question qui donne toute son importance à l’analyse de David Jensen. Car au-delà des fluctuations quotidiennes des cours, le véritable enjeu du marché de l’or reste la disponibilité du métal physique. Et dans un système où les transactions financières peuvent largement dépasser les mouvements de lingots, cette disponibilité pourrait devenir un facteur déterminant pour l’évolution future du marché.