Une ruée vers l’or que l’Occident refuse de comprendre
Certains observateurs occidentaux continuent de sourire devant l’idée que des ménages chinois ordinaires achètent de l’or physique. Ils ignorent une réalité beaucoup plus lourde de conséquences : selon l’auteur, le total d’or détenu par la population chinoise dépasse déjà les réserves du Fort Knox américain et celles des banques centrales européennes réunies. Ce n’est pas une anecdote de consommation locale, mais un déplacement historique de richesse vers le métal jaune. Pendant que les médias occidentaux traitent ces achats comme une mode passagère, la Chine transforme l’or en réflexe patrimonial national. Pour comprendre l’ampleur du phénomène, il suffit de regarder les files d’attente dans les marchés chinois de l’or, où les acheteurs se précipitent dès que le prix recule. Ceux qui veulent suivre ce réflexe de protection peuvent commencer par acheter une pièce d’or Napoléon 20 francs, un format historique, liquide et accessible.
Les « Chinese Dama » sont devenues une force de marché
L’auteur est formel : sans les « Chinese Dama », ces millions de femmes chinoises qui achètent, stockent et transmettent l’or, il n’y aurait pas aujourd’hui d’or à 3 800 dollars l’once. Cette affirmation doit être comprise comme le cœur de son analyse : la demande physique chinoise n’est pas un élément secondaire du marché, elle en est devenue un pilier. Lorsque des ménages achètent massivement à chaque baisse, ils absorbent l’offre disponible et soutiennent les cours, même lorsque les marchés financiers cherchent à corriger. Cette dynamique crée un cercle puissant : la baisse devient une occasion d’achat, l’achat soutient le prix, et la hausse renforce la conviction des acheteurs. Les investisseurs qui veulent s’exposer à cette logique peuvent également acheter des pièces d’or d’investissement, reconnues internationalement et faciles à revendre.
一些西方人士对中国普通群众购买黄金不以为然。他们不知道中国普通百姓拥有的黄金总量远远超过美国诺克斯堡金库与欧洲国家央行持有的黄金总量。没有“Chinese Dama”,就没有今天的3800美元!
— Bai, Xiaojun (@oriental_ghost) November 1, 2026
CCTV ne décrit pas la ruée : elle l’organise
L’auteur souligne un point décisif : lorsqu’une frénésie d’achat apparaît sur les réseaux sociaux chinois, ce n’est qu’une information. Mais lorsque le journal du Parti communiste chinois et la télévision d’État CCTV en parlent, cela devient, selon lui, un récit soutenu par l’État. Dans le reportage cité, CCTV aurait détaillé la baisse récente des prix, puis interviewé un commerçant du marché de Shuibei, à Shenzhen, pour expliquer que l’activité repartait grâce à la baisse des prix. Pour l’auteur, le message ne peut pas être plus clair : il s’agit de mobiliser la population pour acheter de l’or. Ceux qui écoutent le Parti et le Gouvernement considèrent donc la baisse comme une opportunité d’acheter bas. Cette lecture rejoint les données récentes : CCTV a rapporté que les ventes de bijoux en or avaient nettement augmenté à Shuibei, avec des ventes multipliées par deux pour certains commerçants et une progression de 30 à 40% par rapport à septembre.
Shenzhen : la preuve visible d’une demande qui explose
Le marché de Shuibei, à Shenzhen, est devenu le symbole le plus visible de cette pression acheteuse. Lorsque l’once d’or est passée sous la barre des 4 000 dollars, les images diffusées sur les réseaux sociaux chinois ont montré des allées tellement bondées que les visiteurs avaient du mal à avancer. Des internautes ont décrit une foule plus dense que dans un marché alimentaire, tandis que les commerçants signalaient une affluence exceptionnelle. Les chiffres sont éloquents : pendant la semaine nationale chinoise, le marché aurait accueilli près de 60 000 visiteurs par jour, avec des ventes en hausse de 28% sur un an. Ce n’est pas une simple curiosité touristique : c’est une manifestation massive de confiance dans l’or physique. Face à cette pression, beaucoup d’épargnants cherchent eux aussi à sécuriser leur capital en décidant d’acheter des lingots d’or certifiés, du lingotin de 1 gramme jusqu’au lingot d’un kilogramme.
This weekend, major cities in CN experienced a wave of gold rush. A similar scene also occurred over a month after April 12, 2013. With the support of Chinese Dama, 1100 tons of gold were imported in a month, and the COMEX gold price rose by about $300. https://t.co/oo5jvPyeq5
— Bai, Xiaojun (@oriental_ghost) November 1, 2026
Une stratégie chinoise préparée depuis plus de dix ans
L’auteur affirme que la Chine oriente sa population vers l’or depuis plus d’une décennie. Ceux qui ont suivi ce signal auraient vu leur or prendre trois à quatre fois sa valeur. Cette phrase résume toute la thèse : l’or n’est pas présenté comme une spéculation à court terme, mais comme une réserve de valeur construite patiemment, génération après génération. Les plans d’accumulation proposés par les banques permettent aux particuliers d’acheter de petites quantités régulièrement, ce qui transforme l’or en habitude d’épargne nationale. Cette mécanique est particulièrement puissante parce qu’elle ne dépend pas d’un seul acheteur institutionnel : elle repose sur des millions de décisions individuelles, coordonnées par une culture financière et une communication publique favorable au métal jaune. Les données récentes confirment cette intensité : le contrat Au99.99 de la Bourse de l’or de Shanghai a échangé 43 millions de lots en une semaine, soit environ 430 tonnes, son plus haut volume depuis avril.
It is news when you see the gold buying frenzy on social media
It is Government supported narrative when you see CPC party newspaper and state run CCTV talk about gold buying frenzyThe clip below is from CCTV. The report carefully laid out how much price has declined over the past few days. Then it interviewed a shop owner at Shuibei, talking about how business has picked up with lower price. It cannot get more obvious than this to mobilize people to buy gold
Those who listen to the Party and Government are seeing this as an opportunity to buy low. China has been steering people to buy gold for over a decade. Those who listened saw their stack appreciates 3-4 times by now
— David Lee (@DavidLe76335983) November 1, 2026
La baisse du prix n’est pas un signal de vente : c’est un signal d’achat
Le point le plus anxiogène pour les marchés occidentaux est que la baisse du cours de l’or ne refroidit pas la demande chinoise : elle l’accélère. Lorsque l’or est descendu sous 4 000 dollars l’once, les acheteurs chinois n’ont pas fui ; ils sont entrés en masse sur le marché. Les prix des bijoux en or pur ont baissé dans plusieurs enseignes chinoises, et cette baisse a immédiatement déclenché une vague d’achats, notamment pour les mariages et les cadeaux familiaux. Cela signifie que le marché physique chinois fonctionne à contre-courant des marchés papier : plus le prix baisse, plus la demande se renforce. Pour un investisseur, c’est un signal à prendre au sérieux, car une demande capable d’absorber les baisses limite fortement le risque d’un effondrement durable des cours. Ceux qui veulent agir avant une nouvelle envolée peuvent acheter de l’or physique sous forme de pièces, tout en gardant la flexibilité de revendre par petites quantités.
La Chine achète aussi au niveau de l’État
Cette ruée des ménages ne se produit pas dans un vide institutionnel. La banque centrale chinoise a ajouté 23 tonnes d’or en septembre, soit son plus gros achat mensuel depuis octobre 2023, portant ses réserves officielles à 2 410 tonnes. Cette accumulation s’inscrit dans une série de 23 mois consécutifs d’achats, avec 63 tonnes ajoutées au troisième trimestre, la plus forte progression trimestrielle depuis le troisième trimestre 2023. Autrement dit, l’État chinois et les ménages chinois avancent dans la même direction : ils convertissent une partie de leur richesse en or physique. Ce double mouvement, populaire et souverain, donne à l’or chinois une profondeur exceptionnelle. Il ne s’agit plus seulement de protéger un patrimoine familial : il s’agit de construire une réserve nationale hors de portée des sanctions, des blocages financiers et des crises monétaires.
Les importations chinoises révèlent l’ampleur du mouvement
Les chiffres d’importation rendent le phénomène encore plus difficile à ignorer. Selon des données citées par Heraeus, la Chine aurait importé environ 1 141 tonnes d’or durant les huit premiers mois de 2026, contre 663 tonnes sur la même période en 2025, soit une hausse de 72%. L’auteur met cette masse en perspective : ces importations représentent environ un quart des 4 583 tonnes officiellement détenues à Fort Knox. Ce n’est pas un détail statistique : c’est une aspiration massive de métal physique vers la Chine, dans un contexte où la demande mondiale reste concentrée sur un métal fini par nature. Lorsque les ménages, les banques et l’État cherchent simultanément à accumuler, la concurrence pour l’or disponible peut devenir brutale. C’est précisément ce type de déséquilibre qui fait dire à l’auteur que la demande chinoise est l’un des moteurs essentiels du prix actuel.
Pourquoi l’or physique devient une assurance contre l’inconnu
L’or ne produit pas de dividende, ne promet pas de rendement et ne dépend pas d’une promesse politique. C’est exactement pour cela qu’il devient précieux lorsque la confiance dans les monnaies, les dettes publiques et les marchés financiers commence à s’effriter. En Chine, l’or est perçu comme une protection contre l’inflation, la dévaluation, l’instabilité géopolitique et les risques liés aux avoirs financiers. Les ménages ne l’achètent pas seulement pour le porter : ils l’achètent pour le conserver, le transmettre et se protéger. Cette fonction d’assurance explique pourquoi les baisses de prix sont vécues comme des fenêtres d’entrée plutôt que comme des avertissements. Le World Gold Council a d’ailleurs observé que les baisses de prix avant les vacances chinoises ont encouragé les achats d’or physique, de bijoux, de lingots et de pièces.
Ce que cela signifie pour les investisseurs occidentaux
Le message de l’auteur est brutal : l’Occident regarde la demande chinoise avec condescendance, alors qu’elle structure déjà le marché. Tant que les ménages chinois continueront à acheter à chaque repli, les baisses pourraient rester courtes et les hausses plus violentes. Les investisseurs occidentaux qui attendent un retour à des prix bas risquent donc de voir l’or leur échapper, porté par une demande physique qu’ils ont sous-estimée. La leçon n’est pas de courir après un cours, mais de comprendre qu’un actif tangible, universellement reconnu et historiquement utilisé comme réserve de valeur peut devenir stratégique lorsque la confiance dans le système financier diminue. Pour ceux qui souhaitent diversifier sans dépendre d’un seul format, les pièces d’or d’investissement offrent une porte d’entrée concrète vers ce marché.
Le signal que personne ne devrait ignorer
L’or à 3 800 dollars n’est pas, selon l’auteur, le fruit du hasard : c’est le résultat d’une demande chinoise massive, ancienne, encouragée et désormais visible dans les rues de Shenzhen comme dans les statistiques officielles. Les « Chinese Dama » ne sont pas des acheteuses irrationnelles : elles sont présentées comme les actrices d’une stratégie patrimoniale de long terme, soutenue par un environnement médiatique et politique favorable. Tant que cette dynamique perdurera, chaque baisse du prix de l’or risque d’être interprétée en Chine comme une occasion historique d’acheter. Et tant que cette logique restera ignorée en Occident, beaucoup d’épargnants pourraient découvrir trop tard que le métal jaune n’était pas une relique du passé, mais l’actif le plus convoité du présent.