L’or est passé sous les 4 000 dollars parce qu’il est désormais traité « comme une action liée à l’IA », alerte Peter Boockvar

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La chute de l’or sous les 4 000 dollars l’once a brutalement rappelé aux investisseurs une réalité que beaucoup semblaient avoir oubliée : même les actifs considérés comme des valeurs refuges peuvent être emportés par une vague de ventes massives lorsque les marchés financiers entrent dans une phase de déséquilibre. Mais derrière cette correction spectaculaire se cache une interrogation autrement plus préoccupante. Pourquoi le métal précieux se comporte-t-il désormais comme une action technologique ? C’est précisément le phénomène auquel Peter Boockvar, directeur des investissements chez OnePoint BFG Wealth Partners et rédacteur du Boock Report, a consacré une partie de son analyse lors de son entretien avec Kitco News. Pour les investisseurs qui souhaitent s’intéresser à la détention physique du métal précieux, cette situation remet également au premier plan la question de la diversification patrimoniale et de l’exposition à l’or, notamment à travers l’achat de pièces d’or Napoléon 20 francs.

Le constat formulé par Peter Boockvar est particulièrement préoccupant : le marché américain serait devenu excessivement dépendant d’une seule thématique, celle de l’intelligence artificielle. Selon lui, le S&P 500 repose désormais, dans une proportion considérable, sur les perspectives de développement et de rentabilité de cette technologie. Cette concentration constitue un risque majeur, car elle signifie qu’un ralentissement de l’investissement dans l’IA pourrait provoquer des répercussions simultanées sur les grandes entreprises technologiques, leurs fournisseurs, les marchés actions, les dépenses des ménages et, finalement, sur l’ensemble de l’économie américaine. L’investisseur qui pense être correctement diversifié simplement parce qu’il détient un fonds indiciel américain pourrait ainsi découvrir que son patrimoine dépend beaucoup plus d’une seule dynamique économique qu’il ne l’imagine. Dans cette perspective, les pièces d’or physiques constituent une piste de diversification patrimoniale à examiner, sans les confondre avec un placement garanti ou sans risque.

L’avertissement de Boockvar intervient alors que les marchés viennent de connaître une nouvelle séquence de turbulences. Le vendredi 30 octobre 2026, le recul des valeurs technologiques et des entreprises liées à l’intelligence artificielle a contribué à déclencher des ventes sur plusieurs classes d’actifs. L’or, qui avait pourtant longtemps bénéficié de son statut de valeur refuge, n’a pas échappé à cette pression. Le lundi 2 novembre, le métal jaune a toutefois rebondi de plus de 2 %, après avoir touché vendredi son plus bas niveau depuis octobre 2025. Son cours au comptant s’établissait autour de 3 957 dollars l’once en milieu de séance, selon Reuters. Cette volatilité remet en lumière l’intérêt d’une réflexion patrimoniale dépassant les seuls mouvements quotidiens des marchés, notamment lorsqu’il est question de l’acquisition de lingots d’or.

L’or se comporte comme une action technologique : un signal particulièrement inquiétant
C’est probablement l’un des passages les plus importants de l’intervention de Peter Boockvar. L’analyste explique avoir observé une corrélation inhabituellement étroite entre les mouvements de l’or et ceux du S&P 500. Autrement dit, le métal précieux ne semblait plus évoluer principalement en fonction de ses propres fondamentaux, mais réagissait de manière similaire aux mouvements des marchés actions. Cette situation est inhabituelle, car l’or est traditionnellement recherché pour sa capacité à diversifier les portefeuilles et à jouer un rôle défensif lorsque les investisseurs perdent confiance dans les actifs financiers traditionnels. Or, lorsque les opérateurs vendent simultanément leurs actions technologiques et leurs positions sur l’or, le métal jaune perd temporairement une partie de son comportement habituel de valeur refuge.

Pour Peter Boockvar, cette anomalie pourrait s’expliquer par des ventes forcées. Lorsqu’un investisseur subit de lourdes pertes sur une position, lorsque ses appels de marge augmentent ou lorsqu’il doit rapidement dégager des liquidités, il peut être contraint de vendre des actifs qui n’ont pourtant aucun lien direct avec la cause initiale de ses difficultés. C’est précisément le mécanisme qu’il soupçonne derrière la chute de l’or sous les 4 000 dollars. Dans ce scénario, le métal précieux ne serait pas nécessairement vendu parce que ses fondamentaux se seraient brutalement détériorés, mais parce que certains opérateurs auraient besoin de liquidités pour couvrir leurs engagements sur d’autres marchés. Reuters a également rapporté le 2 novembre que les appels de marge liés à la liquidation des valeurs technologiques avaient contribué aux ventes d’actifs refuges, dont l’or. Cette explication est essentielle : une baisse provoquée par des contraintes de liquidité ne raconte pas la même histoire qu’une baisse provoquée par une détérioration durable de la demande ou des fondamentaux.

La distinction est fondamentale pour comprendre la position de Boockvar. L’analyste ne considère pas la rupture du seuil des 4 000 dollars comme une preuve automatique de l’effondrement de la tendance de fond du métal précieux. Il estime au contraire qu’une liquidation technique particulièrement violente peut provoquer un dépassement temporaire des niveaux de support et éliminer les positions les plus fragiles. Dans son raisonnement, les investisseurs disposant d’un horizon de placement supérieur à quelques jours doivent donc éviter de confondre une correction brutale avec un changement définitif de tendance. Cela ne signifie pas que le rebond est acquis, mais que les raisons d’une baisse doivent être examinées avant de tirer des conclusions sur l’avenir de l’or.

L’intelligence artificielle : le gigantesque pari financier qui menace Wall Street
Pour comprendre pourquoi Peter Boockvar se montre aussi attentif à l’évolution des valeurs technologiques, il faut revenir à l’ampleur des investissements engagés dans l’intelligence artificielle. Les grandes entreprises américaines consacrent des montants considérables à la construction de centres de données, à l’acquisition de processeurs spécialisés, aux infrastructures électriques et aux capacités informatiques nécessaires au développement de leurs nouveaux services. Ces investissements représentent un moteur économique important, mais ils créent également une dépendance financière grandissante à l’égard des perspectives de rentabilité de l’IA.

Le problème est simple : investir massivement ne garantit pas de dégager rapidement des bénéfices proportionnels aux sommes engagées. Une entreprise peut annoncer une croissance importante de ses revenus tout en voyant sa trésorerie disponible se réduire sous l’effet des dépenses d’investissement. C’est précisément cette contradiction que les marchés commencent à examiner avec davantage d’attention. Dans une analyse publiée le 22 juillet 2026, Reuters indiquait que les cinq grands groupes technologiques étudiés — Microsoft, Alphabet, Amazon, Meta et Oracle — pourraient, selon les estimations de marché, dépenser collectivement davantage en investissements que leur trésorerie disponible ne leur permettrait de générer à l’horizon 2027. Les dépenses d’investissement cumulées anticipées progressaient beaucoup plus rapidement que les flux de trésorerie opérationnels supplémentaires attendus. Ce décalage constitue un enjeu majeur pour les valorisations boursières.

Peter Boockvar insiste notamment sur les conséquences d’un éventuel ralentissement du rythme de croissance des investissements. Il ne suffit pas que les entreprises continuent à dépenser des sommes considérables pour justifier les valorisations actuelles. Les marchés financiers évaluent en permanence les perspectives futures. Une entreprise qui augmente ses investissements de 40 % une année, puis de 30 %, puis de 20 %, continue d’investir davantage, mais son rythme de progression ralentit. Cette différence est capitale pour les investisseurs, car les cours boursiers anticipent les changements de dynamique avant même qu’ils ne deviennent visibles dans les résultats comptables. Si les hyperscalers décident de reporter certains projets, de réduire leurs commandes ou de revoir leurs prévisions de construction, les fournisseurs de semi-conducteurs, les fabricants de serveurs, les entreprises industrielles et les acteurs de l’énergie pourraient à leur tour subir les conséquences de ce ralentissement.

L’analyste attire également l’attention sur le financement circulaire qui caractérise une partie de l’écosystème de l’intelligence artificielle. Les engagements financiers, les investissements croisés, les contrats d’infrastructure et les perspectives commerciales de différentes entreprises sont étroitement liés. Lorsque l’un des maillons de cette chaîne rencontre des difficultés, les répercussions peuvent se propager aux autres acteurs. La question n’est donc pas simplement de savoir si l’intelligence artificielle constitue une révolution technologique. Elle consiste également à déterminer si les revenus futurs permettront de financer durablement les investissements gigantesques consentis aujourd’hui. Une technologie peut transformer profondément l’économie mondiale tout en donnant naissance à des valorisations financières excessives.

La Fed prise au piège : pourquoi l’intelligence artificielle influence désormais les taux américains

L’autre avertissement majeur de Peter Boockvar concerne la Réserve fédérale américaine. Selon lui, l’évolution du secteur technologique est devenue suffisamment importante pour influencer directement les décisions de politique monétaire. Traditionnellement, la Fed examine l’inflation, l’emploi, la consommation, la croissance et les conditions financières pour déterminer l’orientation des taux d’intérêt. Mais lorsque les investissements dans l’IA représentent une composante importante de l’activité économique et des marchés financiers, un retournement brutal de cette dynamique devient également un élément incontournable de son analyse.

Boockvar explique que la hausse du coût du capital peut modifier les projets d’investissement des grandes entreprises. Lorsque le financement devient plus coûteux, certains projets de construction de centres de données deviennent moins attractifs, certaines dépenses peuvent être reportées et les commandes adressées aux fournisseurs risquent de diminuer. Le ralentissement ne concerne alors plus uniquement les entreprises technologiques : il peut toucher l’ensemble de leur chaîne d’approvisionnement, les investissements industriels et les dépenses des ménages qui dépendent indirectement de la santé des marchés financiers.

La décision de la Fed du 28 octobre 2026 apporte un éclairage particulièrement important à cette analyse. La banque centrale américaine a maintenu son taux directeur dans une fourchette comprise entre 3,75 % et 4 %. Deux membres du comité ont toutefois voté en faveur d’une hausse supplémentaire de 0,25 point. La Fed a parallèlement indiqué que l’activité économique progressait à un rythme soutenu, que les investissements en capital demeuraient robustes et que l’inflation restait élevée. Cette décision montre que le débat monétaire demeure ouvert et que les inquiétudes concernant l’inflation continuent de peser sur les arbitrages des responsables monétaires.

Boockvar met en garde contre une erreur stratégique : prendre ses décisions d’achat ou de vente en supposant que la Fed interviendra systématiquement pour sauver les marchés financiers. Les précédentes crises ont démontré que des baisses de taux ne suffisent pas nécessairement à empêcher une correction boursière lorsque les investisseurs remettent en question les perspectives bénéficiaires des entreprises. La banque centrale peut réduire le coût du financement, mais elle ne peut pas obliger les consommateurs à acheter des services d’IA, garantir la rentabilité des centres de données ou empêcher les entreprises de revoir leurs projets d’investissement. Une intervention monétaire ne constitue donc pas une assurance contre une correction des marchés.

Pourquoi la baisse des taux réels et l’affaiblissement du dollar pourraient soutenir l’or

Malgré la violence de la correction, Peter Boockvar estime que plusieurs éléments fondamentaux pourraient redevenir favorables au métal précieux. Il identifie notamment deux facteurs qui ont pesé sur l’or : la hausse des taux d’intérêt réels et la vigueur du dollar américain. Ces deux variables jouent un rôle déterminant dans la formation du cours de l’or, car elles influencent directement l’attractivité relative d’un actif qui ne verse ni coupon ni dividende.

Les taux réels correspondent aux taux d’intérêt corrigés de l’inflation. Lorsqu’ils augmentent, les placements rémunérés en obligations ou en instruments monétaires deviennent généralement plus attractifs par rapport à l’or. À l’inverse, lorsque les taux réels diminuent, le coût d’opportunité de la détention du métal précieux se réduit. C’est pourquoi les anticipations concernant les prochaines décisions de la Fed occupent une place aussi importante dans les perspectives du marché aurifère.

Le dollar représente l’autre variable essentielle. L’or étant principalement coté en dollars sur les marchés internationaux, une baisse de la devise américaine peut favoriser son cours en rendant le métal moins coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies. Peter Boockvar considère que le dollar pourrait être fragilisé si les investisseurs internationaux réduisent leur exposition aux grandes valeurs technologiques américaines. Une telle évolution pourrait simultanément provoquer des sorties de capitaux des actions américaines et réduire la demande de dollars associée à ces investissements.

L’analyste évoque également l’importance des achats des banques centrales. Ces dernières années, leurs acquisitions d’or ont constitué un élément important de la demande mondiale. Pour Boockvar, la confirmation de nouveaux achats importants serait susceptible de renforcer la confiance des investisseurs dans les perspectives du métal précieux. Cette demande institutionnelle mérite une attention particulière, car elle répond à des logiques de diversification des réserves et de gestion des risques monétaires qui dépassent largement les mouvements spéculatifs de court terme.

La dette américaine : une bombe financière supplémentaire pour les marchés

Au-delà de l’intelligence artificielle et de la politique monétaire, Peter Boockvar attire l’attention sur un autre problème structurel : l’endettement des États. Les besoins de financement du gouvernement américain sont considérables et les émissions de dette du Trésor doivent trouver suffisamment d’acheteurs sur les marchés financiers. Or, ces acheteurs ne sont pas disposés à financer indéfiniment les déficits à n’importe quel prix.

L’analyste rappelle que la demande de bons du Trésor dépend notamment des banques, des fonds de pension, des compagnies d’assurance, des investisseurs particuliers et des acteurs internationaux. La question centrale n’est donc pas uniquement de savoir qui achète la dette américaine, mais à quel niveau de rendement les investisseurs acceptent de continuer à la financer. Lorsque les risques budgétaires augmentent, les créanciers peuvent exiger une rémunération plus importante. Cette hausse des rendements renchérit progressivement le coût de financement de l’État et peut également exercer une pression sur les entreprises et les ménages.

Le scénario envisagé par Boockvar devient particulièrement préoccupant si les investissements dans l’IA ralentissent brutalement et si l’économie américaine perd simultanément de sa vigueur. Une baisse de l’activité pourrait réduire les recettes fiscales et accroître les dépenses publiques, tandis que les besoins de financement continueraient de progresser. L’analyste évoque alors la possibilité d’un déficit budgétaire américain pouvant passer de 6 % à 8 %, voire 10 % du PIB dans un scénario particulièrement défavorable. Il s’agit d’une projection de risque, et non d’une prévision officielle. Mais elle permet de comprendre pourquoi l’évolution du secteur technologique peut avoir des conséquences qui dépassent largement le marché des actions.

Le Japon et la France : deux marchés obligataires à surveiller

Peter Boockvar souligne également l’importance de la situation japonaise pour comprendre l’évolution des taux d’intérêt américains. Pendant plusieurs décennies, la politique monétaire japonaise a contribué à maintenir les rendements obligataires à des niveaux particulièrement faibles. La normalisation progressive de cette politique modifie les équilibres internationaux et pourrait inciter certains investisseurs japonais à rapatrier une partie de leurs capitaux vers leur marché domestique si les rendements locaux deviennent suffisamment attractifs.

Le Japon étant un acteur majeur du marché international des obligations, notamment parmi les détenteurs étrangers de titres du Trésor américain, une modification importante de ses flux d’investissement pourrait avoir des conséquences sur les rendements obligataires aux États-Unis et en Europe. La France constitue également un point de vigilance dans le raisonnement de Boockvar. L’analyste rappelle que les difficultés budgétaires françaises et la hausse du coût de financement de la dette souveraine illustrent une réalité que les marchés ne peuvent pas ignorer : les déficits publics et la concurrence entre emprunteurs pour attirer les capitaux ont un prix.

Cette situation pourrait renforcer les tensions sur les marchés obligataires internationaux si plusieurs grandes économies devaient simultanément accroître leurs besoins de financement. Une hausse durable des rendements obligataires pèserait alors sur les valorisations des actifs financiers et modifierait les arbitrages des investisseurs entre actions, obligations et actifs tangibles.

Le portefeuille 60/40 est-il encore adapté aux retraités ?

L’intervention de Peter Boockvar aborde également une question essentielle pour les épargnants : la diversification des portefeuilles destinés à financer la retraite. Pendant des décennies, la stratégie dite 60/40 a constitué une référence pour de nombreux investisseurs. Elle consiste à répartir un portefeuille entre 60 % d’actions et 40 % d’obligations, dans l’objectif de combiner le potentiel de croissance des marchés actions avec les revenus et les propriétés défensives des obligations.

Mais cette stratégie a été mise à rude épreuve lorsque les actions et les obligations ont simultanément reculé, notamment pendant la période de remontée des taux. Boockvar rappelle que les obligations individuelles et les fonds obligataires ne présentent pas exactement les mêmes caractéristiques. Un investisseur qui achète une obligation avec une échéance déterminée et la conserve jusqu’à son remboursement connaît, sous réserve de la solvabilité de l’émetteur, les conditions de remboursement prévues. En revanche, un fonds obligataire dont la valeur fluctue quotidiennement ne garantit pas la récupération du capital investi à une date donnée.

Il souligne néanmoins que les obligations offrent désormais des revenus que les épargnants avaient pratiquement perdus pendant les longues années de taux extrêmement faibles. La diversification ne consiste donc pas à remplacer mécaniquement une classe d’actifs par une autre, mais à comprendre les risques réels auxquels chaque composante du patrimoine est exposée.

Pourquoi l’or physique retrouve une place dans le débat patrimonial

La réflexion de Peter Boockvar dépasse largement la simple prévision du prochain mouvement du cours de l’or. Son analyse soulève une question fondamentale : comment protéger un patrimoine lorsque les marchés financiers deviennent excessivement dépendants d’une seule thématique, lorsque les déficits publics s’accumulent et lorsque les politiques monétaires sont confrontées à des arbitrages de plus en plus complexes ?

Dans ce contexte, l’or physique conserve une caractéristique particulière : il ne représente pas une créance sur une entreprise ou sur un gouvernement. Une pièce ou un lingot détenu directement ne dépend pas de la capacité d’un émetteur à verser des intérêts ou à rembourser une dette. Cette différence explique pourquoi le métal précieux conserve une place dans les stratégies de diversification patrimoniale, notamment pour les investisseurs qui souhaitent détenir une partie de leur épargne sous une forme tangible.

Cela ne signifie pas que l’or est insensible aux crises financières. La correction actuelle démontre précisément le contraire : son cours peut connaître des variations considérables, y compris lorsque les marchés actions sont sous pression. L’or ne garantit ni la préservation du capital à court terme ni un rendement déterminé. Mais sa détention peut répondre à une logique différente de celle des actions, des obligations ou des placements bancaires.

Peter Boockvar pose la question que les investisseurs ne peuvent plus ignorer

Le message essentiel de Peter Boockvar est finalement beaucoup plus large que la simple chute de l’or sous les 4 000 dollars. L’analyste invite les investisseurs à réexaminer leur exposition aux marchés américains, car une part importante de leur performance dépend désormais des perspectives d’une seule thématique : l’intelligence artificielle. Cette concentration peut continuer à produire des résultats spectaculaires tant que les investissements progressent, que les revenus suivent et que les marchés conservent confiance dans les perspectives de rentabilité des entreprises.

Mais si cette dynamique se retourne, les conséquences pourraient dépasser le seul secteur technologique. Les fournisseurs, les marchés actions, les dépenses des ménages, les recettes fiscales, les besoins de financement de l’État et les décisions de la Réserve fédérale pourraient être affectés simultanément. C’est précisément ce risque de propagation qui rend l’analyse de Boockvar particulièrement importante.

La chute de l’or sous les 4 000 dollars ne constitue donc pas, à elle seule, la preuve d’une crise financière imminente. Elle révèle néanmoins une anomalie de marché qui mérite une attention particulière : un actif traditionnellement recherché pour sa diversification peut être vendu lorsque les investisseurs doivent liquider leurs positions ailleurs. Dans un environnement où les valorisations technologiques, les besoins de financement et les équilibres monétaires sont étroitement imbriqués, la véritable question n’est plus seulement de savoir jusqu’où l’or peut baisser ou remonter. Elle consiste à déterminer ce qui se produirait si le pari colossal de Wall Street sur l’intelligence artificielle venait à perdre son principal moteur.

C’est précisément le risque que Peter Boockvar demande aux investisseurs de ne plus sous-estimer.

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