La France est-elle à la veille d’une crise financière majeure ? Pour Bernard Monot, ancien député européen et vice-président du Cercle national des économistes, le danger est désormais considérable. Dans une intervention sur GPTV, l’économiste politique décrit un pays étranglé par son endettement, fragilisé par la hausse des taux d’intérêt et exposé à un éventuel incident sur les marchés financiers. Son avertissement est particulièrement alarmant : un choc obligataire survenant en pleine campagne présidentielle de 2027 pourrait précipiter la France dans une crise de solvabilité. Derrière cette perspective, c’est toute la capacité de l’État à financer ses engagements qui serait mise à l’épreuve. « Nous filons vers la quasi-faillite dès qu’il y aura un incident de marché », avertit-il. Une déclaration qui remet brutalement au centre du débat la question de la protection du patrimoine et de la valeur de l’épargne. Dans ce contexte, certains épargnants s’intéressent notamment à l’achat de pièces d’or physiques, notamment les Napoléons 20 francs, comme instrument de diversification patrimoniale.
Pour comprendre la gravité du scénario présenté par Bernard Monot, il faut revenir à un mécanisme essentiel : la dépendance de l’État français aux marchés obligataires. Chaque année, la France doit financer ses déficits, rembourser les emprunts arrivant à échéance et contracter de nouvelles dettes. Cette mécanique fonctionne tant que les investisseurs acceptent de prêter à l’État à des conditions financièrement supportables. Mais lorsque les créanciers réclament des taux plus élevés pour compenser les risques qu’ils perçoivent, le coût de financement augmente et finit par peser sur l’ensemble du budget public. C’est précisément cette vulnérabilité que Bernard Monot met en avant. Selon lui, une remontée brutale des rendements obligataires pourrait provoquer un engrenage particulièrement difficile à enrayer : davantage d’intérêts à payer, une marge budgétaire réduite, des arbitrages politiques douloureux et une dépendance accrue aux financements extérieurs. Face à cette perspective, la détention d’actifs tangibles revient au premier plan des préoccupations patrimoniales, notamment à travers les pièces d’or d’investissement, dont la valeur ne repose pas sur une promesse de remboursement de l’État.
L’alerte prend une dimension supplémentaire lorsqu’on examine les chiffres de l’endettement français. Selon les dernières données publiées par l’INSEE, la dette publique française atteignait 3 595,5 milliards d’euros à la fin du deuxième trimestre 2026, soit 119 % du produit intérieur brut. Le déficit public, quant à lui, s’était établi à 5,1 % du PIB en 2025. Ces montants donnent une mesure concrète de la difficulté budgétaire à laquelle le pays est confronté. Pour Bernard Monot, le problème ne se limite pas au montant de la dette : c’est aussi sa dynamique, son coût de financement et l’absence de véritable rupture avec les politiques d’endettement successives qui rendent la situation préoccupante. L’ancien député européen estime que le pays se rapproche progressivement d’un seuil critique, au-delà duquel la confiance des investisseurs pourrait se détériorer rapidement. Dans une telle configuration, la question de la préservation du patrimoine privé devient centrale. Certains investisseurs choisissent ainsi d’étudier les lingots d’or physiques, afin de diversifier leurs avoirs en dehors des seuls placements financiers traditionnels.
Une dette française qui atteint des niveaux historiques : le signal d’alarme de Bernard Monot
L’ancien député européen développe une analyse en trois étapes de l’effondrement financier qu’il redoute. La première correspond à ce qu’il appelle l’état de ruine patrimoniale. Pour illustrer son propos, il oppose les actifs détenus par la puissance publique à l’ensemble de ses engagements. Il affirme notamment que le passif de la France dépasserait largement son patrimoine et considère que cette situation constitue déjà une forme de ruine financière. Il avance, dans son intervention, des estimations de 4 500 milliards d’euros d’actifs contre 7 500 à 8 000 milliards d’euros de passifs, selon le périmètre retenu dans son raisonnement. Ces montants ne correspondent toutefois pas au bilan comptable officiel de l’État, qui constitue un autre périmètre de mesure. Le constat d’un endettement considérable demeure néanmoins incontestable : le bilan de l’État français pour 2025 fait apparaître 1 326 milliards d’euros d’actifs et 3 442 milliards d’euros de passifs. Cette situation patrimoniale négative illustre l’ampleur du déséquilibre accumulé. Pour Bernard Monot, elle traduit l’épuisement progressif du modèle financier français.
🔥 « Nous filons vers la quasi-faillite dès qu’il y aura un incident de marché. »
Bernard Monot lance une alerte sur la situation financière de la France. Selon lui, un choc sur les marchés en pleine campagne présidentielle pourrait précipiter le pays vers une crise majeure, avec la solvabilité de l’État directement menacée.
📣 En ce moment dans La Matinale, @NicolasStoquer reçoit @Bernard_Monot, Stéphane Bonard, @FinnAndreen et @pmcouteaux.
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— GÉOPOLITIQUE PROFONDE (@GPTVoff) November 4, 2026
La deuxième étape serait celle de la rupture de financement. Dans cette configuration, les marchés financiers commenceraient à réclamer des rémunérations nettement supérieures pour continuer à financer les emprunts français. L’ancien député européen évoque un seuil de 5,17 % pour les obligations assimilables du Trésor à dix ans, niveau qu’il considère comme une zone de rupture pour les finances françaises. Il redoute une progression rapide des rendements vers 6 %, 7 %, voire davantage, si les investisseurs perdaient confiance dans la trajectoire budgétaire du pays. Le phénomène serait particulièrement dangereux en raison du volume considérable de titres que l’État doit renouveler et émettre. Plus les taux augmentent, plus les nouvelles émissions deviennent coûteuses et plus la charge d’intérêts progresse au fil du renouvellement de la dette. L’effet ne se produit pas instantanément sur l’intégralité des emprunts existants, puisque leur maturité est étalée dans le temps. Mais cette inertie ne supprime absolument pas le risque : elle peut au contraire masquer pendant plusieurs années une dégradation qui finit par se répercuter sur les comptes publics.
La troisième étape, celle que Bernard Monot redoute le plus, correspondrait à une véritable crise de solvabilité. L’État ne disposerait alors plus des ressources nécessaires pour honorer normalement l’ensemble de ses engagements financiers. Il ne s’agirait plus simplement d’un déficit excessif ou d’une hausse des intérêts, mais d’une crise profonde de la capacité de financement de la puissance publique. L’économiste rappelle à ce titre la faillite des deux tiers de 1797-1798, sous le Directoire, lorsque la France avait procédé à une réduction massive de ses engagements financiers. Il établit un parallèle historique avec les transformations politiques qui ont suivi cette période. Son raisonnement repose sur une idée centrale : une crise souveraine majeure ne constitue jamais uniquement un événement comptable. Elle peut bouleverser les institutions, les rapports de force économiques, les politiques sociales et les équilibres politiques du pays.
Les taux obligataires : le véritable détonateur de la crise française ?
Dans son intervention, Bernard Monot insiste particulièrement sur le rôle des marchés obligataires américains. Il considère que les décisions de politique monétaire de la Réserve fédérale peuvent exercer une pression considérable sur les conditions de financement européennes. Si les rendements américains progressent, les investisseurs peuvent exiger des rémunérations plus élevées sur les obligations européennes afin de maintenir des écarts de rendement jugés suffisamment attractifs. La France, déjà confrontée à un niveau d’endettement important et à une situation budgétaire dégradée, serait particulièrement exposée à cette évolution.
Le mécanisme mérite d’être compris dans le détail. Lorsqu’un État émet une obligation, il emprunte auprès d’investisseurs qui acceptent de lui prêter de l’argent contre le versement d’intérêts et le remboursement du capital à l’échéance. Sur le marché secondaire, les obligations déjà émises s’échangent entre investisseurs. Lorsque leur prix baisse, leur rendement augmente mécaniquement. Une remontée des taux traduit donc une augmentation du coût auquel l’État devra se financer sur ses nouvelles émissions. Si les investisseurs commencent à douter de la capacité de la France à stabiliser sa dette, ils peuvent exiger une prime de risque supplémentaire. Cette prime renchérit encore les emprunts et peut alimenter un cercle défavorable.
Les chiffres disponibles en novembre 2026 donnent une illustration concrète de cette tension. Le TEC 10 français s’établissait à 4,93 % le 3 novembre, selon les données de marché reprises par la Banque de France. Ce niveau témoigne d’un coût de financement élevé par rapport aux années précédentes. Il ne constitue pas, à lui seul, la preuve d’une faillite imminente, mais il montre que la question de la soutenabilité de la dette française est devenue particulièrement sensible. Pour Bernard Monot, le véritable danger serait une accélération brutale de cette tendance, provoquée par un événement politique, économique ou financier au moment où la France aura le moins de marge de manœuvre.
Une charge de la dette qui menace d’étouffer les finances publiques
L’autre élément majeur de son raisonnement concerne la charge annuelle des intérêts. Bernard Monot évoque une progression potentielle au-delà de 100 milliards d’euros par an dans les deux à trois prochaines années, contre environ 60 milliards dans son estimation actuelle au moment de l’entretien. Une telle évolution aurait des conséquences considérables sur les arbitrages budgétaires. Chaque euro supplémentaire consacré aux intérêts serait un euro qui ne pourrait pas être affecté à une autre dépense sans augmentation du déficit ou redéploiement des crédits.
Les conséquences seraient directement ressenties par les ménages. Lorsque le coût de la dette augmente, le gouvernement doit trouver des ressources supplémentaires. Il peut augmenter les recettes fiscales, réduire certaines dépenses, reporter des investissements ou modifier les prestations sociales. C’est précisément ce scénario que Bernard Monot redoute. Il considère que les ajustements budgétaires pourraient finalement se concentrer sur les dépenses sociales, notamment les retraites, l’assurance chômage, la santé et la politique familiale. Il évoque également une nouvelle pression en faveur de l’allongement de la durée du travail et du recul de l’âge de départ à la retraite.
Cette perspective soulève une question fondamentale : jusqu’où les Français pourront-ils supporter les conséquences d’un endettement public toujours plus important ? Pour l’ancien député européen, la crise financière pourrait devenir une crise sociale majeure. La baisse du pouvoir d’achat, l’augmentation des prélèvements et la réduction de certaines protections collectives constitueraient les conséquences les plus visibles d’une situation budgétaire qui se détériorerait davantage.
La vente de l’or français : une opération qui relance le débat sur les réserves stratégiques
Parmi les passages les plus sensibles de l’entretien figure celui consacré aux réserves d’or de la France. Bernard Monot dénonce ce qu’il considère comme une mauvaise gestion des actifs stratégiques du pays. Il évoque notamment la vente d’une partie du stock d’or détenu à New York en 2025, qu’il interprète comme une opération de cession de métal précieux contre des avoirs libellés en dollars.
Sur ce point, les informations officielles de la Banque de France apportent une précision essentielle. En 2025, l’institution a effectivement vendu 129 tonnes d’or qui ne correspondaient pas au meilleur standard international de pureté, puis a racheté une quantité équivalente d’or répondant aux normes requises sur le marché européen. La Banque de France indique que son stock total est resté inchangé à 2 437 tonnes. L’opération a dégagé une plus-value exceptionnelle de 11 milliards d’euros. Il ne s’agissait donc pas d’une réduction des réserves nationales d’or, contrairement à ce que pourrait laisser entendre une lecture partielle de l’opération.
Cette distinction ne retire rien à l’importance stratégique de l’or dans les équilibres monétaires internationaux. Depuis des siècles, ce métal constitue un actif de réserve reconnu, détenu par les banques centrales et utilisé comme instrument de diversification. Contrairement aux devises, il ne représente pas la dette d’un émetteur. C’est précisément cette caractéristique qui explique son attrait auprès des investisseurs préoccupés par la stabilité monétaire et financière. Dans un environnement marqué par l’endettement croissant des États et les incertitudes géopolitiques, l’or conserve une place particulière dans les stratégies de diversification patrimoniale.
La guerre monétaire mondiale : le dollar au cœur des tensions internationales
Bernard Monot élargit ensuite son analyse à la situation géopolitique mondiale. Selon lui, les tensions internationales ne peuvent être comprises sans prendre en compte les enjeux monétaires qui opposent les grandes puissances. Il décrit ce qu’il qualifie de troisième guerre mondiale monétaire, une confrontation progressive autour de la domination du dollar, des ressources énergétiques et des circuits internationaux de paiement.
L’ancien député européen considère que les États-Unis cherchent à préserver la place centrale de leur monnaie dans les échanges internationaux. Il estime que les initiatives des pays des BRICS, notamment la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud, contribuent à fragiliser progressivement cette domination. Le développement des échanges bilatéraux en monnaies nationales, la diversification des réserves de change et la recherche de circuits de paiement alternatifs constituent, selon cette lecture, autant de signes d’une recomposition monétaire internationale.
Cette analyse relève de son interprétation géopolitique. La domination internationale du dollar demeure une réalité, mais les initiatives de diversification monétaire ne signifient pas que son remplacement est acquis. Pour Bernard Monot, néanmoins, l’Occident se trouve confronté à une remise en question profonde de son modèle économique et financier. Il considère que l’endettement des économies occidentales, combiné aux tensions géopolitiques, pourrait accélérer cette transformation.
L’Union européenne et la France face au risque d’un choc systémique
L’ancien député européen met également en cause le fonctionnement de l’Union européenne. Il considère que l’accumulation des normes, les orientations économiques de la Commission européenne et les choix stratégiques des dirigeants européens ont contribué à affaiblir la souveraineté des États membres. Il dénonce notamment la dépendance énergétique, les tensions avec la Russie et l’alignement stratégique sur les États-Unis.
Sa critique repose sur une conviction : la France ne pourra pas retrouver une véritable indépendance économique sans revoir profondément ses relations avec les institutions européennes et les grandes puissances internationales. Il défend ainsi une alternative qu’il qualifie de « Bruxit », consistant à remettre en cause le pouvoir de la Commission européenne sans nécessairement sortir de l’Union européenne. Il souhaite que les nations européennes retrouvent davantage de liberté de décision et puissent construire une coopération continentale incluant la Russie.
Cette orientation s’inscrit dans une vision souverainiste qui ne fait pas consensus. Elle permet néanmoins de comprendre le lien que Bernard Monot établit entre souveraineté politique, indépendance énergétique et stabilité financière. Pour lui, une France durablement dépendante de décisions prises à l’extérieur de ses frontières ne dispose pas de tous les leviers nécessaires pour affronter une crise majeure.
Présidentielle 2027 : pourquoi Bernard Monot redoute un choc financier en pleine campagne
C’est sans doute l’un des aspects les plus inquiétants de son intervention. Bernard Monot considère que la prochaine élection présidentielle pourrait se dérouler dans un environnement financier particulièrement instable. Il évoque la possibilité d’une crise obligataire au cours des premiers mois de 2027, susceptible de bouleverser le débat politique et de modifier profondément les rapports de force électoraux.
Son scénario repose sur une succession d’événements : les investisseurs deviennent plus exigeants envers la France, les taux d’emprunt progressent, le coût de financement augmente et les responsables politiques se retrouvent confrontés à des choix budgétaires difficiles. Dans une période électorale, une telle évolution pourrait provoquer une inquiétude considérable dans la population et peser sur les décisions des électeurs.
Bernard Monot avance également une hypothèse politique particulièrement controversée : celle d’une possible candidature de Christine Lagarde à l’élection présidentielle de 2027, face à Marine Le Pen. Il interprète les évolutions de calendrier évoquées dans son entretien comme un possible signe d’une préparation politique. Il faut toutefois distinguer cette projection personnelle de toute candidature officiellement établie. Son hypothèse s’inscrit dans sa lecture des rapports de force entre les institutions financières et le pouvoir politique.
L’essentiel de son avertissement est ailleurs : une crise financière pourrait devenir un événement déterminant de la campagne présidentielle. Selon lui, les marchés obligataires disposent d’un pouvoir considérable sur les conditions de financement de l’État et, par conséquent, sur les marges de décision des futurs dirigeants français.
Assurance-vie, dépôts bancaires et loi Sapin 2 : les craintes de Bernard Monot
Dans la dernière partie de son intervention, Bernard Monot s’adresse directement aux épargnants. Il considère que les Français sous-estiment les risques associés à leur patrimoine financier et à leur exposition au système bancaire. Il recommande notamment de réfléchir à la diversification de leur épargne, à la détention d’actifs physiques et à la protection contre les risques monétaires.
L’un des dispositifs qu’il cite est la loi Sapin 2. Il fait référence aux pouvoirs du Haut Conseil de stabilité financière en matière de limitation temporaire de certains rachats et arbitrages sur les contrats d’assurance-vie. Le Code monétaire et financier prévoit effectivement la possibilité de restreindre temporairement certaines opérations lorsque la stabilité du système financier est menacée. Ces mesures sont encadrées juridiquement : elles ne constituent pas un droit général de confiscation de l’épargne des particuliers.
Bernard Monot évoque également les mécanismes européens de résolution bancaire, qui prévoient, dans certaines circonstances, la participation de créanciers d’un établissement en difficulté à l’absorption de ses pertes. Là encore, il est important de distinguer les mécanismes de résolution d’une saisie généralisée des dépôts bancaires. Les dépôts couverts bénéficient notamment du système de garantie prévu par la réglementation, dans la limite des plafonds applicables.
Pour l’économiste, le risque réside dans l’accumulation de dispositifs susceptibles de limiter temporairement la disponibilité de certains avoirs en cas de crise systémique. Il estime que les Français doivent comprendre les règles applicables à leurs placements et ne pas considérer que l’intégralité de leur patrimoine est nécessairement disponible dans toutes les circonstances.
L’or physique : pourquoi ce placement revient au centre des préoccupations patrimoniales
La question de l’or occupe une place centrale dans les recommandations formulées par Bernard Monot. Il considère que la dépréciation monétaire constitue une menace durable pour les épargnants et que la détention d’or physique permet de diversifier une partie du patrimoine en dehors des actifs financiers traditionnels.
Son raisonnement s’appuie sur une caractéristique fondamentale du métal précieux : l’or ne dépend pas directement de la solvabilité d’un État ou d’une entreprise. Une pièce ou un lingot physique détenu directement par un particulier ne représente pas une créance sur une banque. Il peut donc constituer un actif complémentaire dans une stratégie patrimoniale diversifiée.
Les pièces d’or présentent notamment l’avantage de permettre des acquisitions de montants différents, tandis que les lingots répondent à d’autres objectifs de détention. Le choix dépend de nombreux paramètres : budget, fiscalité applicable, frais d’achat et de revente, conditions de conservation et horizon de placement. L’or n’est cependant pas un placement sans risque : son cours peut fluctuer fortement, il ne procure aucun revenu régulier et sa revente peut entraîner des frais.
Bernard Monot préconise une approche résolument orientée vers la protection du patrimoine. Il encourage les Français à ne pas dépendre exclusivement des placements bancaires et des produits d’assurance-vie. Cette recommandation constitue le prolongement direct de son analyse de la dette publique, de l’instabilité monétaire et des risques de répression financière.
Faut-il craindre une faillite de la France avant l’élection présidentielle de 2027 ?
La question est désormais posée : la France peut-elle réellement basculer dans une crise de solvabilité avant l’élection présidentielle de 2027 ? Bernard Monot estime que le risque est suffisamment important pour justifier une vigilance immédiate. Il ne prévoit pas nécessairement une cessation de paiement brutale avant le scrutin, mais redoute un incident de marché capable de provoquer une dégradation rapide des conditions de financement du pays.
La distinction est fondamentale. Un État fortement endetté n’est pas automatiquement en situation de faillite. La France conserve une capacité de prélèvement fiscal importante, une économie diversifiée, des actifs publics, un accès aux marchés financiers et l’appartenance à la zone euro. Toutefois, ces éléments ne suppriment pas les risques associés à une trajectoire budgétaire dégradée et à une hausse durable des taux d’intérêt.
Le véritable danger réside dans l’accumulation des déséquilibres. Lorsque les intérêts absorbent une part croissante des recettes publiques, lorsque les déficits persistent et lorsque les investisseurs réclament une rémunération supplémentaire pour financer l’État, les marges de manœuvre diminuent. Un choc supplémentaire peut alors avoir des conséquences beaucoup plus importantes que dans une économie disposant de finances publiques plus solides.
« N’ayez pas peur » : le dernier message de Bernard Monot aux Français
Malgré la gravité de son diagnostic, Bernard Monot conclut son intervention par un message qu’il veut résolument mobilisateur. Il invite les Français à ne pas céder à la peur et à reprendre en main leur destin économique et patrimonial. Selon lui, les citoyens ne doivent pas attendre qu’un responsable politique ou qu’une institution vienne résoudre miraculeusement les difficultés du pays.
Il insiste sur la nécessité de retrouver une véritable culture économique et financière, de comprendre les mécanismes de l’endettement et de mesurer les conséquences des décisions monétaires et budgétaires. Il appelle également à davantage de solidarité envers les personnes les plus fragiles, particulièrement dans l’hypothèse d’une crise économique et sociale importante.
Son message final résume toute son intervention : la France doit retrouver son indépendance financière, maîtriser son endettement et rétablir une stratégie économique cohérente. Pour lui, la souveraineté monétaire, la stabilité financière et la protection du patrimoine constituent désormais des enjeux indissociables.
L’avertissement de Bernard Monot est sans équivoque : un incident de marché pourrait révéler brutalement les fragilités accumulées par les finances françaises. Avec une dette publique qui dépasse désormais 3 595 milliards d’euros et des taux obligataires proches de 5 %, la question de la soutenabilité financière du pays ne peut plus être écartée du débat public. Reste à savoir si les responsables politiques prendront la mesure du problème avant qu’un choc financier ne leur impose ses propres conditions.