
« Je prends le maximum », explique en s’impatientant devant la National Bank un trentenaire en costume. Le maximum, ici, c’est parfois rien du tout. Si les Grecs sont autorisés à retirer jusqu’à 60 € par jour, « en réalité, explique Nikos, on ne peut plus retirer que 50 € maximum, car il n’y a plus de billets de 20 € dans les appareils ». Des automates qui, habituellement en Grèce, ne délivrent que des billets de 20, 50 ou 100 €. « C’est fou, panique Louka, musicienne professionnelle, en retirant sa carte d’un distributeur de la Pireus Bank. Je n’ai plus que 49,80 € sur mon compte. Et comme il n’y a plus de billets de 20 €, je ne peux rien retirer du tout ! »
En plus des retraits limités, les Grecs ne peuvent plus régler leurs achats en ligne sur des sites marchands comme Amazon ou iTunes, ni par la plate-forme de transfert PayPal.
Stelios, diplomate retraité qui s’avoue « sous tranquillisant depuis une semaine », s’inquiète pour ses enfants : « Ils sont étudiants à Bruxelles et je ne peux plus leur envoyer d’argent, ça va devenir un vrai problème pour eux si les restrictions sont maintenues. » Les Kalampokos, eux, ont dû renoncer à partir pour l’Italie où vit une partie de leur famille : « On ne peut plus acheter de billets d’avion aux compagnies internationales », tempête, contrariée, Graneta, commerçante qui a voté oui dimanche au référendum. Reste Giannis, chauffeur de taxi qui se dit « prudent ». « Moi, j’ai retiré tout mon argent de la banque dès l’élection de Tsipras, en janvier. Je savais que ça …


