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Bill Gross: La faiblesse des taux d’intérêt ne soignera pas la fièvre et pourrait avoir des conséquences effroyables

William-H-GrossDans la dernière lettre du fonds Janus Capital, William H. Gross dit « Bill Gross » explique que la faiblesse des taux d’intérêt ne soignera pas la fièvre et qu’elle pourrait même faire monter la température du patient à des niveaux qui mettraient sa vie en danger.

Il passe en revue les différents problèmes économiques actuels tels que ceux rencontrés par la Zone Euro puis en Asie avec le Japon, la Chine et enfin, il tire la sonnette d’alarme sur la politique monétaire à taux zéro.

Bill Gross: « ….. Le Japon semble effectivement « alimenter » ses deux maladies monétaire et budgétaire avec son Quantitative easing (Planche à billets) persistant et ses déficits budgétaires conséquents, mais sans réel résultat en termes d’inflation ou de croissance tangible.

La Chine, tel un malade désespéré, change de médecin et de traitement tous les deux mois. Tout d’abord, les autorités chinoises alimentent la fièvre du marché de Shenzhen, l’autorisant à faire une double bulle durant les 6 premiers mois de 2015 ; puis elles l’ont mis au régime sec en « inactivant » les deux tiers des actions cotées sur les marchés, avant de créer des entreprises d’Etat (SOE) financières pour racheter des milliards d’actions afin de sauver les primoinvestisseurs naïfs, et par conséquent, son économie.

Mais comme les Etats-Unis sont la locomotive du système financier mondial, c’est là que le débat semble être le plus critique, et où il paraît évoluer tout en subtilité. Mais ce n’est pas dans le domaine budgétaire que le changement s’opère. L’orthodoxie républicaine des réductions d’impôts devrait dominer encore pendant quelques années. Le champ de bataille de l’évolution des idées se trouve sur le terrain de la politique monétaire, la Fed commençant à reconnaître que les taux d’intérêt à zéro pourcent n’ont pas que des effets positifs, mais également des effets de plus en plus négatifs.

Le récent rapport annuel publié par le BIS – Bureau for International Settlements – est peut- être encore plus parlant. Après tout, le BIS est la banque centrale des banques centrales, et si il devait y avoir un changement dans la politique de taux zéro de la Fed et des autres banques centrales, logiquement, c’est ici qu’il pourrait voir le jour. Le BIS affirme clairement que la persistance de « taux d’intérêt ultra-bas » a un coût certain à moyen-terme. Toujours selon le BIS, ces taux « plombent les marges des banques… sont source de valorisations aberrantes sur les marchés financiers… menacent la solvabilité des sociétés d’assurance et des fonds de pension… et par conséquent, testent les limites techniques, économiques, juridiques et même politiques ». Ni la Grèce, ni les secousses sur les marchés actions chinois, ou encore le manque croissant de liquidité sur le marché mondial du crédit high yield ne sont mentionnés spécifiquement. Et nous pourrions encore citer d’autres exemples… La faiblesse des taux d’intérêt ne soignera pas la fièvre – elle pourrait même faire monter la température du patient à des niveaux qui mettraient sa vie en danger. Yellen, Fisher, Dudley et compagnie ne sont peut-être pas entièrement d’accord, mais ils écoutent, comme l’attestera la réunion de la Fed de cette semaine.

Le Fed n’est pas contrainte de relever les taux directeurs pour des raisons statistiques ; mais à moins d’une grande catastrophe, les taux devraient bel et bien remonter en septembre. Cette hausse ne sera pas liée au risque de remontée de l’inflation ou aux efforts visant à baisser le taux de chômage vers un niveau de 5%. Les raisons seront les suivantes : les banquiers centraux responsables de piloter les marchés financiers mondiaux – la Fed et la Banque d’Angleterre actuellement – prennent progressivement conscience des enjeux ; ensuite, le temps est venu de jeter aux poubelles de l’histoire la règle de Taylor et les autres indicateurs standards de la politique monétaire. Les taux d’intérêts très bas ne sont pas un remède – ils font partie du problème. Je vous propose de faire une petite prière pour que le BIS, moi-même et un groupe de plus en plus nombreux de personnes à contre-courant, comme Jim Bianco et Rick Santelli de CNBC, parviennent à convaincre « l’Establishment » que leur monde a changé.… »

Ci-dessous, l’intégralité de la lettre de Bill Gross

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