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Gérard Dréan: Mille (et trois cents) cryptomonnaies, pour quoi faire ?
 

Le seuil des 1 300 cybermonnaies a été franchi le 18 novembre. Comment comprendre et interpréter ce foisonnement ? Est-il durable ou est-il destiné à se tarir ?

Il apparaît en moyenne trois nouvelles cryptomonnaies par jour. Bientôt, il en existera 10 fois plus que de monnaies nationales.

Avant d’être un outil de spéculation, une cybermonnaie est une composante d’un système informatique particulier dont l’une des fonctions est le paiement direct entre utilisateurs. Mais ce n’est pas toujours la seule, et pas nécessairement la principale. La première question à se poser à propos de chaque cybermonnaie est donc : « quelles sont les fonctions du système informatique qui l’utilise ? ».

Les chemins de l’évolution

Tout commence en 2009 avec Bitcoin, un système de paiements directs et sécurisés qui enregistre dans un fichier public des transactions entre comptes numérotés (1), après en avoir vérifié la validité. Ce registre est rendu indestructible et infalsifiable, d’une part en ayant la forme d’une « chaîne de blocs », et d’autre part en étant tenu en parallèle par de nombreux ordinateurs (plus de 10 000) formant un réseau pair à pair ouvert. Le bitcoin est l’unité dans laquelle les transactions y sont exprimées.

Sur ce système original se sont greffés des centaines de projets relevant de trois démarches : rendre les mêmes services d’une façon différente, enrichir la gamme des services financiers offerts, ou utiliser les mêmes technologies pour rendre des services différents.

Dans la première démarche, celle des systèmes de paiement purs, les challengers veulent se distinguer par le choix d’autres règles monétaires et/ou par l’utilisation d’autres techniques visant à améliorer par exemple la facilité d’utilisation, les performances (Litecoin) ou la sécurité (Dash, Monero).

Les systèmes relevant de la deuxième démarche restent dans le domaine financier et reposent toujours sur un système de paiement, mais l’enrichissent en offrant une gamme de fonctions supplémentaires. Pour faciliter le développement de ces extensions, une autre catégorie de systèmes est apparue : des plateformes générales reposant sur un système de paiement tel que Bitcoin ou un de ses challengers.

La troisième démarche met en oeuvre deux idées fortes, qui peuvent d’ailleurs se combiner :

Premièrement, la technologie de la chaîne de blocs peut être utilisée pour d’autres classes d’information qui doivent être à la fois publiques et protégées contre toute modification, comme des brevets, des titres de propriété, des diplômes, etc. Il en découle une variété de systèmes de tenue de registres plus ou moins publics.

Deuxièmement, Internet supporte un nombre croissant d’applications coopératives où, comme dans Bitcoin, les ordinateurs interconnectés peuvent non seulement utiliser les services, mais aussi contribuer à les produire. C’est le cas par exemple de Wikipedia ou des réseaux sociaux comme Facebook. Ces applications gagneraient à être soutenues par un système économique où les actions qui concourent à la production du service seraient rémunérées en facturant ce service à ses utilisateurs. Pour cela, elles doivent intégrer un système de paiement et une unité de compte, donc un ensemble de fonctions identiques à celles de Bitcoin.

Patrick Artus: « Le Bitcoin va finir en crise spéculative épouvantable et certains seront ruinés ! » Philippe Béchade: « Le Bitcoin, c’est une ÉNORME escroquerie intellectuelle ! »

On assiste donc au développement rapide d’une catégorie de systèmes dont la finalité n’est pas d’effectuer des paiements, mais de rendre un certain service de façon collective. Dans ces systèmes, l’unité de compte n’a pas pour vocation de servir de contrepartie à un transfert de biens ou de services extérieurs au système, mais à des échanges de services fournis par le système informatique lui-même. Chacune de ces cybermonnaies ne peut être utilisée que pour accéder aux services de l’application, mais elle est nécessaire pour cela.

Un exemple parmi les plus anciens est Namecoin, dont la fonction est d’attribuer et de gérer des identificateurs uniques pour le compte de ses utilisateurs. Ce modèle peut s’appliquer à une très grande variété d’applications dont le partage de ressources informatiques, les jeux, les réseaux sociaux, la diffusion d’oeuvres musicales, graphiques ou autres, etc.

Cette variété potentielle crée une opportunité pour des plateformes générales facilitant le développement d’applications coopératives en réseau rémunérées, dont le prototype est Ethereum.

Cinq catégories de cybermonnaies

En résumé, nous avons cinq classes de systèmes, et donc cinq catégories de cybermonnaies :

  1. Systèmes de paiement généralistes,
  2. Applications financières,
  3. Autres applications coopératives,
  4. Plateformes financières,
  5. Plateformes générales.

Les systèmes des trois premières catégories visent les utilisateurs finaux ; les plateformes, financières ou générales, sont destinées à n’être utilisées que par les développeurs d’applications. Il en va de même des cybermonnaies associées.

Chaque système utilise sa propre unité de compte et définit ainsi une monnaie indépendante qui ne peut être utilisée qu’en utilisant les fonctions de ce système. Par ailleurs chaque système peut inclure un processus de détermination du prix de certains biens dans son unité de compte.

Enfin, des applications utilisent des technologies popularisées par Bitcoin mais ne définissent pas leur propre unité de compte et ne définissent donc pas des cybermonnaies. C’est notamment le cas de celles de la communauté financière pour ses besoins propres, qui peuvent être tout à fait similaires à Bitcoin ou à ses dérivés, mais qui fonctionnent dans un contexte fermé (permissioned). Ces systèmes, dont le plus connu est Hyperledger Fabric, utilisent généralement les monnaies traditionnelles.

Pour plus d’informations et de conseils, c’est ici

1- dont l’anonymat est protégé par des moyens cryptographiques

Source: la-chronique-agora


Gérard Dréan est un spécialiste français de l’école autrichienne. Il est diplômé de l’école Polytechnique, promotion 1954. Il a travaillé à partir de 1957 et pendant une trentaine d’années chez IBM, puis dans des sociétés de services en informatique. Il se consacre maintenant à la réflexion économique, en particulier à la pensée de Ludwig von Mises. Il a traduit et abrégé son ouvrage majeur L’Action humaine, dans une édition parue en 2004 aux Belles Lettres. Il est membre de la Société d’économie poli­tique et chargé de missions à la Fondation de l’École polytechnique

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