
Premier mythe : les baisses d’impôts généreront une reprise économique
Comme le Comité pour un budget fédéral responsable l’a mentionné la semaine dernière :
« Les baisses d’impôts ne sont pas compensées par le regain d’activité économique. Elles peuvent certes créer de la croissance, mais de l’ordre de quelques dixièmes de pour cents maximum. Elles peuvent encore moins compenser des pertes de trillions de recettes. Se baser sur des projections de croissance qu’aucun prévisionniste indépendant n’est en mesure de valider n’est pas la méthode à suivre pour réformer la fiscalité. »
Etats-Unis: le déficit budgétaire va repartir à la hausse et tripler d’ici 10 ans USA: le déficit budgétaire s’est creusé de manière spectaculaire (+38%) sur le 1er mois de l’exercice 2017-2018
C’est absolument correct, et comme nous l’avons rapporté ce vendredi :
« Comme le graphique ci-dessous le montre, rien ne permet d’établir que les baisses d’impôts engendrent une croissance économique supérieure et durable. Ce graphique met en exergue la période durant laquelle les impôts étaient les plus élevés par rapport à la croissance moyenne du PIB sur 5 ans. Depuis la réforme fiscale de Reagan, la croissance moyenne n’a cessé de baisser. »
Second mythe : les baisses d’impôts déboucheront sur des hausses de salaire
Il en va de même pour le mythe qui affirme que des baisses d’impôts pousseront les salaires à la hausse. Comme c’est le cas pour la croissance, rien ne prouve qu’une baisse de la fiscalité sera positive pour les salaires des Américains :



Mais n’importe quoi. Le graphique montre la croissance du PIB non corrigé de l’inflation ! sous Reagan l’inflation s’est effondrée donc forcément le taux est en baisse, mais la croissance réelle était en hausse…
Je ne suis pas d’accord sur un point:
« les baisses d’impôts déboucheront sur des hausses de salaire »
Ça pourrait être vrai. Mais dans notre monde financiarisé depuis les années 80 et la libéralisation de la création des produits dérivés, ce n’est plus la finance qui soutiens l’économie réelle, mais l’inverse (le rôle de l’économie réelle est de soutenir la finance).
Donc le plus souvent lorsqu’une une grande entreprise fait un surplus de bénéfices, ses derniers ne servent pas à investir pour augmenter la productivité, et encore moins à améliorer les conditions de travail. Mais à racheter ses propres actions (le plus souvent à un prix plus fort que celui d’origine).