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Nicolas Perrin: “Zone euro: outre les Etats, qui est endetté ?”
 

Le taux d’endettement moyen relativement faible des Etats de la zone euro cache de fortes disparités. La situation des autres catégories d’agents économiques de la Zone euro est-elle plus homogène et enviable ?Comme  , à l’échelle mondiale, les ménages de la Zone euro se portent relativement bien sur le plan de l’endettement mais… on ne peut pas en dire autant des entreprises.Ce tableau de l’Institute of International Finance nous a permis de constater que sur un an glissant, à l’issue du premier trimestre 2019, la dette des ménages est restée stable quand celle des entreprises, financières et non-financières, a reculé.

Par ailleurs, la Zone euro se caractérise par une relative sobriété de l’endettement de ses ménages en comparaison de la moyenne mondiale, et a fortiori par rapport aux Etats-Unis et au Japon.

En revanche, ses entreprises non-financières sont les plus endettées au monde, et ses entreprises financières, encore plus endettées, dépassent très largement la moyenne mondiale.

Le rapport semestriel de la Banque de France sur les risques du système financier français publié le 24 juin permet d’analyser la situation avec un peu plus de recul, quoique les deux catégories d’entreprises (non-financières et financières) ne recoupent pas les mêmes réalités que dans le rapport de l’IIF.

Tout d’abord, ce document montre que le niveau d’endettement du secteur privé (hors entreprises financières) est très disparate au sein de la Zone euro. Ensuite, on constate que les tendances ne sont pas les mêmes : les agents économiques privés de certains pays diminuent leur niveau d’endettement quand d’autres gardent le pied rivé sur l’accélérateur.

C’est ainsi que l’on retrouve des Allemands très sages et des Français qui arrivent en tête du classement des 19.

Graphique endettement du secteur privé par pays

Même constat si l’on décompose ces chiffres avec tout d’abord les seules entreprises non-financières…

Graphique endettement des sociétés non financières par pays

Et ensuite avec les seuls ménages…

Endettement des ménages par pays

Les ménages et les entreprises non-financières français sont les plus endettés des grandes économies de la Zone euro… et ils comptent bien le rester !

Si l’on prend également en compte les économies moyennes de la Zone euro, on s’aperçoit qu’entre le premier trimestre 2018 et le premier trimestre 2019, toutes les catégories d’agents économiques des Pays-Bas, d’Irlande, du Portugal et d’Espagne ont réduit la voilure, alors que les ménages et les entreprises non-financières françaises ont continué de creuser leur endettement.

Graphique évolution du ratio dette/PIB dans les économies développées

Aux dernières nouvelles, pour ce qui est du niveau d’endettement des agents privés non-financiers, on se situait au mois d’août en France à 133,2% du PIB (60% pour les ménages, 73,2% pour les entreprises non-financières), contre 127,8% en Espagne (après un plus haut autour de 190% en 2012), 105,5% en Italie (après un plus haut autour de 102% en 2013) et 92,2% en Allemagne.

Bref, la grande disparité européenne au niveau de la dette des Etats se retrouve dans le comportement des ménages et des entreprises non-financières et, une fois de plus, la France est championne des poids lourds de la Zone euro.

Qui a peur d’une crise des ménages et des entreprises non-financières de la Zone euro ?

Au mois de juin, le journal Les Echos rapportait déjà ceci :

« Pour la Banque de France, l’endettement du secteur privé est devenu le principal risque à surveiller pour la planète finance. A la faveur des taux faibles, ménages et entreprises empruntent depuis deux ans à un rythme très soutenu. Autre effet de cet environnement de taux, les acteurs de marché, en recherche de rendement, prennent toujours plus de risques. »

Au mois de décembre dernier, Sylvie Goulard, à l’époque où elle n’était encore que sous-gouverneur de la Banque de France, rappelait que lorsque l’on parle de la dette du secteur privé en France, cela veut surtout dire la dette des entreprises.

Celle qui est désormais commissaire européenne en remettait une couche à l’occasion de la publication du rapport semestriel de la Banque de France, publié le 24 juin, sur les risques du système financier français.

« Les taux bas profitent aux entreprises et aux ménages mais leur endettement reste un risque pour le pays », résumait BFM Business.

« La France se détache de la Zone euro par un taux d’endettement des sociétés non-financières (ménages et entreprises) qui est assez élevé », déclarait Mme Goulard sur BFM Business.

Delamarche: “Entre 2008 et aujourd’hui, l’Espagne a mis 12 euros de dette pour avoir 1 euro de Pib !” Charles Sannat: “Dramatique ! Dette de la France. 2 358,9 milliards d’euros et 99,6% du PIB !!”

Bien qu’elle ait produit la protubérance de dette la plus saillante parmi les grandes économies européennes, la France n’est pas un cas isolé. C’est ce qui faisait dire le 28 mars à la future patronne de la BCE que la Zone euro n’est « pas assez résiliente » pour affronter une prochaine crise.

Pour Christine Lagarde, toutes les catégories d’agents économiques sont exposées à une crise. Les Etats tout d’abord : « L’union monétaire est effectivement plus résiliente qu’il y a dix ans, mais elle ne l’est pas assez », déclarait la patronne du FMI.

Ce n’est pas tout : « De nombreux ménages et entreprises portent encore les douloureuses cicatrices de ces événements, sources de disparités économiques entre les pays membres et en leur sein », soulignait-elle, avant de préciser au sujet de la zone que « son système bancaire est plus sûr, mais il ne l’est pas assez ».

Notons au passage que les déclarations alarmistes de ces grands esprits ne manquent pas de sel lorsque l’on sait combien ils ont soutenu les politiques monétaires qui nous ont amenées là où nous en sommes. Encore une fois, bienvenue au bal des tartuffes…

Quid de la France ?

Le 4 juillet, Natixis s’interrogeait spécifiquement sur le cas français dans un Flash Economie. Voici ce que titrait la banque :

Patrick Artus passait en revue les conséquences d’une hausse des taux sur toutes les catégories d’agents économiques hexagonaux :

« Une hausse des taux d’intérêt serait très difficile à supporter pour l’économie française :

– c’est la baisse des intérêts payés par les entreprises qui explique la totalité de la hausse de leur profitabilité ; 

– il y a déjà retournement à la baisse de la construction de logements alors même que les taux d’intérêt sont au plus bas ;

– la solvabilité budgétaire de l’Etat français serait très loin d’être assurée s’il y avait hausse des taux d’intérêt. »

Aïe…

Nous reviendrons prochainement à nos chers Etats européens, et nous verrons si le fait que leurs dettes soient si disparates est un problème ou non…

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit


Nicolas-PerrinL’article est de la plume de Nicolas Perrin, l’auteur de l’ouvrage de référence « Investir sur le marché de l’or: Comprendre pour agir » (Editions Franel 2013) et spécialiste de la gestion de patrimoine. Nicolas PERRIN est conseiller en gestion de patrimoine indépendant. Diplômé de l’IEP de Strasbourg, du Collège d’Europe et de l’Université d’Aix-Marseille, il intervient pour les Publications Agora en tant qu’éditorialiste.

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GRIMAUD GENEVIEVE
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