Le graphique de la semaine représente l’explosion à la hausse de l’indice mondial des prix alimentaires, qui s’envole de +33% sur un an et de +13% en un seul mois, dépassant largement son record historique de 2009.

L’essence augmente de +48,0%, les voitures d’occasion de +35,3%, les services publics de gaz de +21,6%, les viandes/poissons/œufs de +13,7%, les voitures neuves de +12,5%, l’électricité de +11,1%… C’est uniquement grâce aux chiffres du logement que ce chiffre reste sous 10%, mais la façon discutable dont est calculé l’indice laisse bon nombre d’observateurs très sceptiques, surtout lorsqu’on mesure la hausse réelle des loyers et des prix immobiliers sur un an. L’inflation réelle est à deux chiffres aux États-Unis et ceux qui avaient prévu un pic de cette inflation pour la fin d’année dernière se font soudainement très discrets.
Augmentation des prix par rapport à l’an dernier :
Essence +48%
Voitures occasion +35.3%
Gaz +21.6%
Viande/Poisson/Oeufs +13.7%
Voitures neuves +12.5%
Électricité +11.1%
Alimentation à domicile +10%
Transport +7.7%
Alimentation hors domicile +6.9%
Vêtements +6.8%
Logement +5%— Or.fr (@Or_fr_) April 12, 2022
En 2012, Jim Rogers avait fait le pari qu’à long terme, l’inflation redistribuerait les cartes, et que l’on passerait d’une société qui rémunère trop ses cadres à une société moins globalisée qui enrichit les fermiers et pousse les cols blancs hors des villes. Cette prévision ne se réalise pas encore, car le choc inflationniste que nous traversons est trop violent et conduit avant tout à des phénomènes de ruptures. Les agriculteurs n’ont pas le temps de profiter de cette hausse des prix, ils doivent déjà se débattre avec la hausse du prix des engrais. La redistribution des cartes dont parlait Jim Rogers s’opère, mais dans des secteurs qui profitent justement de cette situation de crise et de pénurie. L’urgence est à la logistique. Le risque immédiat n’est pas la hausse des prix, mais le risque d’une rupture d’approvisionnement. Ce risque de rupture est particulièrement visible sur les stocks de métaux, au plus bas depuis le début du siècle :
Cette baisse accélérée des stocks touche également l’argent métal : le LBMA et le COMEX ont vu fondre l’ensemble de leur stock de près de 850 tonnes. C’est au total près de 1 930 tonnes d’argent métal qui ont été siphonnées sur ces marchés au premier trimestre, avec une accélération notable depuis le début du mois de mars.
Parallèlement au risque de pénuries, l’autre conséquence de l’inflation est la « grande démission » américaine dont je rapportais déjà les premiers effets en novembre dernier.
En période d’inflation incontrôlable, les offres d’emploi restent vacantes si elles ne proposent pas de bonus salariaux évolutifs qui donnent l’assurance aux nouveaux employés de compenser la hausse du coût de la vie. Les salariés n’hésitent pas à démissionner pour compenser le pouvoir d’achat que leur poste actuel leur fait perdre. Le niveau de recrutement n’est plus un indicateur économique fiable dans l’épisode de forte inflation que nous traversons. Le niveau de rémunération est devenu le critère le plus important pour mesurer les effets de cette « grande démission ». C’est d’autant plus vrai dans une période où l’activité américaine ne faiblit pas : la consommation est toujours poussée par des demandes de crédit qui s’envolent à des plus hauts historiques… La liquidité entretient la reprise impressionnante de l’activité. Les derniers résultats de Costco témoignent de la consommation frénétique aux États-Unis : les ventes ont bondi de +17.2% sur an, alors que le marché attendait +11.2%…
Cette démission des salariés américains est la conséquence de l’effondrement des revenus réels, dont la baisse s’accélère ce mois-ci :
Ce risque sur l’économie réelle a totalement changé le discours de la Fed et a provoqué une envolée des taux américains au cours des dernières semaines. Le risque n’est plus sur le taux de chômage, car l’inflation a changé le regard des économistes de la Fed sur les nouveaux risques liés à cette inflation.
Depuis quelques semaines, nous assistons à un véritable krach obligataire aux États-Unis, les marchés anticipant un changement radical de politique monétaire.
L’index du 10 ans américain est en chute de -14% depuis ses plus hauts de mars 2020. Depuis 1987, c’est la plus forte chute du rendement obligataire par rapport à un pic antérieur.



D’autre part, cette inflation change la perception de la valeur des monnaies fiduciaires. Pour se préparer au choc inflationniste et aux phénomènes de ruptures des matières premières, les banques centrales des pays en voie de développement achètent de l’or au détriment des réserves en monnaies étrangères.
L’Egypte, confrontée à une pénurie sévère des matières premières agricoles, a augmenté de +54% ses réserves d’or totales au cours du seul mois de février pour les porter à 125 tonnes.
🇪🇬 Les dernières données du FMI montrent que la Banque centrale d’#Egypte a augmenté ses réserves d’#or de 44 tonnes (+54%) en février. Ses réserves d'or s'élèvent désormais à 125 tonnes.
— Or.fr (@Or_fr_) April 11, 2022
L’Egypte ne fait que poursuivre une reprise des achats d’or des banques centrales constatée ces 10 dernières années. Un mouvement que l’on comprend beaucoup mieux à la lecture des évènements géopolitiques et monétaires que l’on connaît aujourd’hui.
Global #goldETFs had net inflows of 187.3t (US$11.8bn, 5.3% of AUM) in March – the strongest month since February 2016. Get the details in our latest report on #gold ETFs here: https://t.co/jvmHEDNTLc pic.twitter.com/2xdgPgJ17F
— World Gold Council (@GOLDCOUNCIL) April 7, 2022
Dans cette période de forte hausse de la demande d’or physique, la pression sur les comptes alloués augmente. Plutôt logique, car c’est surtout pendant ces périodes de forte demande que les propriétaires d’or physique veulent vérifier la conformité et la véracité des stocks qu’ils détiennent.
La banque centrale australienne lance, ce mois-ci, un audit de ses $6 milliards de réserves d’or physique détenues à Londres. L’audit a pour mission de relever les numéros de série des barres que la banque est censée détenir dans les coffres de la banque d’Angleterre.
Dans un contexte chahuté sur le plan monétaire et géopolitique, les preuves physiques de la détention d’or sont désormais des considérations urgentes demandées par les investisseurs.
Source: or.fr
À l’attention des lecteurs de BusinessBourse
|
Or.fr offre une solution unique et optimale pour préserver son patrimoine via la détention de métaux précieux : ✓ Or et argent physique (lingots et pièces d’investissement) |
➠ Pour investir dans l’or et l’argent, visitez Or.fr ou contactez le service client au 01 84 88 40 84
[amazon table= »111552″]


