Pourquoi l’ère de l’or ne fait que commencer : les graphiques confirment une rotation historique du capital

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L’analyse développée par Kevin Wadsworth, fondateur de Northstar & Badcharts, repose sur une lecture méthodique des cycles longs. Selon lui, la correction récente de l’or et de l’argent — bien que spectaculaire — ne marque pas la fin d’un cycle, mais le début d’une ère haussière majeure comparable aux années 1970 et au cycle 2000-2011. Nous allons décortiquer point par point cette vision, en restant pédagogiques et factuels.

Une correction “effrayante” mais normale dans un marché haussier

Lorsque l’or ou l’argent évoluent en phase parabolique, la volatilité devient extrême. Un simple mouvement vendeur peut provoquer un effet cascade. Techniquement, le problème d’un sommet parabolique est l’absence de niveaux de support intermédiaires : le prix peut retomber violemment jusqu’à son point de cassure initial.
Mais cela ne remet pas en cause la tendance de fond. Dans les cycles précédents, l’or a connu des corrections de 30 à 40 %, et l’argent des replis supérieurs à 50 %, tout en restant dans une dynamique haussière sur 10 à 15 ans.
Dans cette logique de long terme, les replis deviennent des zones stratégiques d’accumulation physique. L’achat d’or physique en période de correction permet justement de se positionner avec méthode au cœur d’un marché haussier naissant, plutôt que de céder à l’émotion.

Objectif 16 000 $ pour l’or ? Lecture technique du cycle

Entre 2000 et 2011, l’or a progressé de 645 %. Le récent breakout au-dessus de 2 000 $ s’inscrit dans une configuration technique en “cup and handle” (tasse avec anse). En reproduisant simplement la performance du cycle précédent, un objectif théorique autour de 16 000 $ apparaît plausible à l’horizon 2033-2035.
Un autre élément renforce cette hypothèse : l’extension de Fibonacci 2.618, récemment atteinte avant la correction. Historiquement, ces niveaux servent de résistance temporaire avant consolidation vers la moyenne mobile à 3 ans.
Dans cette perspective, l’investisseur long terme ne cherche pas à anticiper chaque soubresaut, mais à comprendre la trajectoire décennale. Se positionner progressivement sur l’or physique revient alors à accompagner une tendance structurelle plutôt qu’à spéculer sur le court terme.

L’argent : une figure en tasse de… 45 ans

L’argent présente une configuration encore plus spectaculaire : une base construite sur 45 ans. La cassure au-dessus des 50-55 $ valide une figure classique dont la projection technique pourrait viser 250 à 300 $, voire davantage selon les mesures traditionnelles.
Cela peut sembler irréaliste. Pourtant, l’argent a déjà connu des hausses de plusieurs centaines de pourcents dans les années 1970. En réalité, ces mouvements reflètent surtout l’érosion monétaire accumulée depuis 1980.
Dans un tel contexte, diversifier une partie de son patrimoine en métal tangible devient cohérent. L’acquisition d’or d’investissement permet de sécuriser un socle patrimonial complémentaire à la dynamique explosive de l’argent, tout en conservant une base plus stable.

La rotation du capital : le signal clé

Le cœur de la thèse repose sur un indicateur simple : le ratio or / S&P 500.
Quand ce ratio monte, l’or surperforme les actions. Quand il baisse, ce sont les actions qui dominent.
Aujourd’hui, ce ratio vient de casser des résistances de long terme — exactement comme au début des années 1970 et au début des années 2000. Selon cette lecture probabiliste, nous entrons dans une période où :

– Les actions pourraient stagner en valeur réelle

– Les matières premières surperformeraient

– L’or deviendrait l’actif de référence

Autrement dit, il faudrait désormais analyser les actifs non plus en dollars, mais en or. Détenir de l’or physique revient ainsi à adopter l’unité de mesure du cycle actuel, plutôt que de rester dépendant d’une monnaie en dépréciation.

Pourquoi ce cycle diffère de 2011

En 2011, la fin du marché haussier avait été signalée par une reprise durable des actions contre l’or. Aujourd’hui, la situation est inversée : les indices technologiques, y compris le NASDAQ Composite, sous-performent l’or en tendance relative.
Le ratio Dow/Or a déjà envoyé par le passé des signaux majeurs avant les grandes phases de baisse boursière (1929, 1972, 2000). Nous ne sommes pas encore au sommet du cycle, mais plutôt à son déclenchement.
Dans ce cadre, la stratégie consiste à rester discipliné, ignorer le bruit quotidien et conserver une vision de long terme. L’achat d’or s’inscrit alors dans une logique de préservation et d’anticipation du cycle monétaire à venir.

Pétrole, uranium et matières premières : les prochains bénéficiaires ?

Dans une ère haussière de l’or, d’autres actifs finissent par surperformer temporairement : pétrole, uranium, métaux industriels. Le pétrole pourrait viser 120 $, puis potentiellement 200 à 300 $ dans la décennie.
Contrairement aux idées reçues, des hausses de 300 % ont déjà eu lieu sans effondrement économique immédiat. Le marché absorbe progressivement ces ajustements via l’innovation énergétique et l’évolution des mix énergétiques.
Toutefois, l’or reste le baromètre central du cycle. Conserver une exposition à l’or physique permet de bénéficier du cœur du mouvement tout en laissant les actifs cycliques exprimer leur potentiel.

Investir, trader ou accumuler : la différence essentielle

Kevin Wadsworth insiste sur un point fondamental :

– Le trader gère le risque court terme

– L’investisseur vise un objectif pluriannuel

– L’accumulateur (stacker) construit un patrimoine tangible

Dans un bull market de 10 ans, les corrections sont inévitables. Celui qui a acheté à 1 200 $ ne vit pas une baisse comme celui qui est entré à 5 000 $. Tout est question d’horizon temporel et de discipline.
C’est précisément dans cette optique patrimoniale que s’inscrit l’or physique : accumuler progressivement de l’or d’investissement permet de lisser les points d’entrée et d’accompagner sereinement l’ère haussière en cours.

Conclusion : le début, pas la fin

Les graphiques suggèrent que nous ne sommes pas au sommet, mais au commencement d’une nouvelle ère haussière de l’or.
La rotation du capital est enclenchée.
Les ratios long terme ont cassé.
Les cycles historiques offrent un précédent clair.
Cela ne signifie pas une ligne droite vers le sommet. Les corrections seront violentes. La volatilité augmentera.
Mais si l’analyse probabiliste s’avère correcte, la décennie 2024-2034 pourrait marquer l’un des mouvements les plus puissants de l’histoire des métaux précieux.
Et dans ce type de cycle, la patience et la discipline valent souvent plus que la précipitation.

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