Marc Faber : « Nous sommes dans la première phase d’éclatement de la plus grande bulle d’investissement de l’histoire »

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Sommes-nous entrés dans la première phase d’éclatement de la plus grande bulle d’investissement de l’histoire ?

C’est la question posée à Marc Faber, éditeur du Gloom, Boom & Doom Report, dans un entretien consacré à l’inflation, aux marchés financiers, à la dette publique et à la place de l’or dans une allocation patrimoniale. L’économiste estime que les politiques monétaires extrêmement accommodantes menées depuis plusieurs années ont gonflé artificiellement le prix des actifs financiers, de l’immobilier et de certains secteurs technologiques, tandis que le niveau de vie d’une grande partie de la population progressait beaucoup moins rapidement. Son raisonnement est simple : lorsque la création monétaire profite d’abord aux détenteurs d’actifs, les marchés peuvent atteindre des sommets alors que les ménages ordinaires ont le sentiment de s’appauvrir. Découvrez les solutions en or et en argent pour réfléchir à une diversification patrimoniale.

Le point de vue de Marc Faber est volontairement contrariant et parfois très alarmiste. Il ne faut donc pas considérer chacune de ses prévisions comme une certitude, mais plutôt comme une grille de lecture destinée à identifier les déséquilibres possibles. Les dernières données disponibles montrent que l’inflation américaine s’est établie à 3,5% sur un an en juin 2026, tandis que le rendement de l’emprunt américain à dix ans évoluait autour de 4,6% au début du mois d’août. Ces chiffres ne suffisent pas à démontrer l’existence d’une hyperinflation ou d’un effondrement imminent des marchés, mais ils rappellent que les investisseurs doivent composer avec des taux élevés, une dette importante et des anticipations économiques mouvantes. L’achat d’or physique peut être étudié comme une composante complémentaire face aux incertitudes monétaires et financières.

Une économie qui semble prospère, mais pour qui ?

Marc Faber commence par établir une distinction entre la santé des marchés financiers et la situation réelle des ménages. Un indice boursier proche de ses records ne signifie pas nécessairement que le pouvoir d’achat progresse, que les loyers deviennent plus abordables ou que les dépenses alimentaires diminuent. Les grands détenteurs d’actions, d’immobilier et d’entreprises bénéficient directement de la hausse des valorisations, alors que les personnes qui ne possèdent qu’une faible épargne financière subissent surtout l’augmentation du logement, de l’énergie, de l’alimentation et des assurances. Cette différence entre la richesse mesurée par les actifs et la réalité quotidienne explique pourquoi les statistiques de marché peuvent donner une impression de prospérité qui ne correspond pas au ressenti de la majorité de la population. Dans une période où les actifs se valorisent inégalement, l’or peut offrir une autre forme d’exposition au patrimoine.

Cette opposition entre Wall Street et l’économie réelle ne doit toutefois pas être poussée trop loin. Les marchés boursiers représentent la valeur anticipée des bénéfices futurs des entreprises, et non le niveau de vie moyen des ménages. Une entreprise peut améliorer ses résultats grâce à sa productivité, à ses ventes internationales ou à l’innovation, même si une partie de la population rencontre des difficultés. En revanche, Marc Faber soulève une question essentielle : lorsque la hausse des actifs est alimentée principalement par des taux bas, des liquidités abondantes et des anticipations optimistes, les valorisations peuvent finir par s’éloigner des revenus réellement générés. Le risque apparaît lorsque les investisseurs achètent un actif parce qu’il monte, et non parce que son prix peut être justifié par ses bénéfices, ses loyers ou ses flux de trésorerie. L’or et l’argent peuvent compléter une allocation trop concentrée sur les actions et l’immobilier, sans remplacer une analyse de la valeur.

La création monétaire ne fait pas monter tous les actifs

L’une des idées les plus intéressantes défendues par Marc Faber est que la création monétaire ne se diffuse jamais de manière uniforme dans l’économie. Les liquidités injectées par les banques centrales entrent d’abord dans certains circuits : banques, marchés financiers, crédit immobilier, entreprises technologiques ou actifs spéculatifs. Elles peuvent ensuite se déplacer vers d’autres secteurs, parfois avec plusieurs années de décalage. L’économiste compare ce mécanisme à une maison composée de plusieurs pièces : si l’on y verse de l’eau, tous les espaces ne se remplissent pas au même rythme. De la même façon, une hausse de la masse monétaire peut propulser les actions technologiques, puis l’immobilier, les matières premières ou l’or, sans entraîner simultanément tous les prix dans la même proportion. L’or peut bénéficier d’une demande accrue lorsque les investisseurs recherchent un actif tangible face à la dépréciation monétaire.

Cette analyse permet de comprendre pourquoi certains actifs peuvent déjà corriger alors que d’autres continuent de progresser. Une bulle ne disparaît pas nécessairement partout en même temps : elle peut se déplacer d’un marché à l’autre. Les investisseurs quittent parfois les actions spéculatives pour se tourner vers l’immobilier, les matières premières, les obligations ou les métaux précieux. Lorsque les anticipations changent, les secteurs les plus fragiles peuvent subir une baisse rapide, tandis que les actifs considérés comme défensifs reçoivent de nouveaux capitaux. L’important n’est donc pas seulement de savoir si « les marchés » montent ou baissent, mais d’identifier les segments qui concentrent les valorisations les plus exigeantes et ceux qui bénéficient encore d’une demande structurelle. Consultez les différents formats en or et en argent pour mieux comprendre les possibilités de diversification entre métaux précieux.

Immobilier, actions technologiques et premiers signaux d’alerte

Marc Faber cite l’immobilier commercial comme l’un des premiers marchés à avoir révélé les limites de la hausse fondée sur l’argent abondant. La remontée des taux, le développement du télétravail, la transformation des habitudes de consommation et la fragilité de certains emprunteurs ont réduit la valeur de nombreux immeubles dans plusieurs villes. L’immobilier résidentiel est plus contrasté : certaines zones restent soutenues par une offre limitée, tandis que d’autres subissent la baisse du pouvoir d’achat et le renchérissement du crédit. Cette distinction est importante, car il n’existe pas un marché immobilier mondial unique. Les prix dépendent des revenus locaux, de la démographie, de l’offre disponible, des règles fiscales, des taux de financement et de l’attractivité économique de chaque territoire. L’or peut apporter une diversification plus liquide qu’un bien immobilier, mais il reste lui aussi exposé aux fluctuations de marché.

L’autre zone de vigilance concerne les valeurs liées à l’intelligence artificielle, aux semi-conducteurs et aux infrastructures numériques. L’IA peut transformer durablement la productivité et créer de nouvelles sources de revenus, mais l’enthousiasme des investisseurs peut devancer la rentabilité réelle des entreprises. Les dépenses engagées dans les centres de données, les puces, les réseaux électriques et les logiciels sont considérables. Si les bénéfices attendus ne se matérialisent pas assez rapidement, les valorisations peuvent être réévaluées brutalement. Marc Faber rapproche cette situation de la bulle Internet, mais cette comparaison doit rester partielle : certaines entreprises technologiques disposent aujourd’hui de revenus et de bénéfices très importants, ce qui les distingue de nombreuses sociétés sans modèle économique de la fin des années 1990. Une allocation comprenant des métaux précieux peut réduire la concentration d’un portefeuille fortement exposé aux valeurs technologiques.

L’inflation officielle ne reflète pas toutes les dépenses

Marc Faber affirme que l’inflation ressentie par les ménages peut atteindre 7 à 12%, alors que l’indice officiel se situe beaucoup plus bas. Cette différence ne signifie pas nécessairement que les statistiques publiques sont manipulées. L’indice des prix à la consommation mesure l’évolution moyenne d’un panier représentatif, tandis que chaque foyer possède une structure de dépenses différente. Une famille avec enfants, un locataire vivant dans une grande agglomération ou un ménage fortement exposé aux transports peut subir une hausse du coût de la vie très supérieure à la moyenne. À l’inverse, une personne propriétaire de son logement et consommant peu d’énergie peut ressentir une inflation moins forte. L’écart entre l’inflation statistique et l’inflation personnelle est donc réel, même si la formulation de Marc Faber reste une estimation et non une mesure officielle. L’or est souvent étudié comme une protection potentielle contre l’érosion du pouvoir d’achat, sans garantie de hausse dans toutes les périodes.

Pour l’investisseur, la question essentielle est celle de l’inflation réelle après rendement. Un placement rémunéré à 4% peut sembler attractif, mais il offre un rendement réel faible ou négatif si l’inflation et la fiscalité absorbent cette rémunération. À l’inverse, un actif qui ne produit pas de revenu, comme l’or, peut progresser en période de tensions monétaires, mais il peut aussi rester stable ou baisser pendant de longues périodes. Il faut donc distinguer le rendement nominal, le rendement réel et la préservation du pouvoir d’achat. Cette distinction évite deux erreurs fréquentes : croire qu’un rendement affiché est toujours un gain réel, ou considérer que l’or constitue automatiquement une couverture parfaite contre chaque type d’inflation. Découvrez les produits en or et en argent en tenant compte du prix d’achat, des primes, de la conservation et de la revente.

Pourquoi Marc Faber vise un rendement obligataire de 6,5%

Dans l’entretien, Marc Faber estime que le rendement de l’emprunt américain à dix ans devrait être beaucoup plus élevé, autour de 6,5%, pour refléter les risques d’inflation et de dette. Il s’agit d’une opinion, et non d’un objectif officiel de marché. Un rendement obligataire plus élevé pourrait effectivement offrir une rémunération nominale plus importante aux nouveaux acheteurs, mais il aurait aussi des conséquences lourdes : baisse du prix des obligations déjà émises, renchérissement des crédits immobiliers et professionnels, augmentation du coût de refinancement de l’État et pression sur les valorisations boursières. Le niveau « juste » d’un taux ne dépend pas uniquement de l’inflation actuelle ; il intègre également la croissance anticipée, la prime de terme, la demande étrangère et la crédibilité de la politique budgétaire. L’or peut compléter une exposition obligataire lorsque les investisseurs craignent une remontée durable des rendements.

Au début du mois d’août 2026, le rendement américain à dix ans évoluait autour de 4,6%, soit un niveau nettement inférieur à la projection avancée par Marc Faber. La différence entre les deux niveaux traduit l’ampleur du scénario de tension qu’il envisage. Pour que le rendement atteigne 6,5%, il faudrait probablement une combinaison de déficits élevés, d’anticipations inflationnistes persistantes, de baisse de la demande pour les titres du Trésor ou d’une hausse de la prime exigée par les investisseurs. Cela ne peut pas être exclu, mais ce n’est pas le scénario de référence établi par une simple comparaison avec l’inflation mensuelle. Les marchés peuvent aussi absorber une dette importante si la croissance, la liquidité et la confiance dans les institutions restent suffisantes. Pour équilibrer une épargne exposée aux taux, examinez les solutions de diversification proposées en métaux précieux.

Dette publique et risque de domination fiscale

La dette publique américaine constitue néanmoins un facteur de vulnérabilité important. Lorsque les taux progressent, le gouvernement doit payer davantage pour refinancer les titres arrivant à échéance. La charge d’intérêts peut alors devenir l’un des postes budgétaires les plus lourds, ce qui limite les ressources disponibles pour les infrastructures, la santé, l’éducation ou les investissements productifs. Les données de la Réserve fédérale indiquent que la dette fédérale détenue par le public dépassait 31 000 milliards de dollars au premier trimestre 2026. Ce montant ne permet pas, à lui seul, de conclure à une crise immédiate, car il doit être comparé à la taille de l’économie, à la capacité fiscale du pays et à la durée moyenne de la dette. Il montre toutefois pourquoi une remontée prolongée des rendements serait difficile à absorber. Dans un contexte de dette publique élevée, l’or peut être envisagé comme un actif ne représentant pas une créance sur un État.

Le risque décrit par Marc Faber ressemble à une forme de domination fiscale : la banque centrale ne pourrait plus fixer ses taux uniquement en fonction de l’inflation et de l’emploi, car elle devrait aussi tenir compte de la capacité du Trésor à payer ses intérêts. Cette situation ne signifie pas nécessairement que les autorités vont financer directement tous les déficits par création monétaire. Elle signifie plutôt que la politique monétaire et la politique budgétaire deviennent de plus en plus difficiles à séparer. Si les taux restent trop bas, l’inflation peut repartir ; s’ils deviennent trop élevés, la dette peut devenir plus coûteuse et les marchés financiers plus vulnérables. Cet arbitrage explique la nervosité des investisseurs autour de chaque décision de banque centrale. L’achat de métaux précieux peut constituer une approche complémentaire pour les investisseurs préoccupés par le risque monétaire.

La Réserve fédérale face à un choix difficile

Le rôle de la Réserve fédérale est au centre du raisonnement de Marc Faber. Kevin Warsh a pris ses fonctions de président de la banque centrale américaine le 22 mai 2026, après sa nomination par Donald Trump et sa confirmation par le Sénat. Dans un contexte d’inflation encore supérieure à la cible et de croissance incertaine, la Fed doit choisir entre maintenir des taux suffisamment élevés pour contenir les prix ou les réduire afin de soutenir l’activité et d’alléger les conditions de financement. Une banque centrale ne peut pas satisfaire durablement tous les objectifs en même temps. Une baisse trop rapide des taux peut raviver la demande et les anticipations inflationnistes, tandis qu’une politique trop restrictive peut provoquer une hausse du chômage, des défauts et des tensions sur le crédit. L’or est suivi lorsque les marchés doutent de la capacité des banques centrales à préserver la valeur de la monnaie.

Marc Faber considère que les interventions publiques ont empêché certains ajustements naturels des marchés. Cette critique vise notamment les mesures de soutien qui permettent à des entreprises ou à des secteurs fragiles de survivre plus longtemps qu’ils ne l’auraient fait dans un environnement concurrentiel. L’intervention publique peut cependant répondre à des objectifs légitimes : éviter une crise bancaire, protéger les dépôts, maintenir les infrastructures essentielles ou amortir un choc temporaire. Le véritable danger apparaît lorsque le soutien devient permanent et que les investisseurs finissent par croire qu’une autorité publique les sauvera toujours. Cette garantie implicite peut encourager la prise de risque, gonfler les valorisations et retarder la reconnaissance des pertes. La diversification vers l’or et l’argent peut contribuer à réduire la dépendance à un seul scénario de politique monétaire.

L’or peut-il encore progresser ?

Marc Faber inclut les métaux précieux parmi les actifs susceptibles de bénéficier d’une nouvelle phase de création monétaire. Son raisonnement repose sur plusieurs facteurs : les achats des banques centrales, la demande de protection contre l’inflation, les tensions géopolitiques, la diversification des réserves et la crainte d’une perte de confiance dans les obligations souveraines. Les données du World Gold Council confirment que la demande officielle reste structurellement élevée, même si elle varie d’un trimestre à l’autre. Le métal jaune peut aussi profiter d’une baisse des taux réels, car le coût d’opportunité de sa détention diminue lorsque les placements sans risque rémunèrent moins l’épargnant après inflation. Consultez le catalogue or et argent pour découvrir les possibilités d’achat de métaux précieux.

Il serait toutefois imprudent de transformer cette analyse en promesse de hausse automatique. L’or peut corriger après une progression rapide, notamment lorsque les investisseurs prennent leurs bénéfices ou lorsque les taux réels remontent. Son prix dépend également de la force du dollar, des flux d’investissement, des achats officiels, de la demande asiatique et du contexte géopolitique. En outre, l’or ne verse ni coupon ni dividende. Sa place dans un portefeuille doit donc être déterminée en fonction de l’objectif recherché : diversification, réserve de valeur, transmission ou protection partielle contre certains risques. Un investisseur ne devrait pas engager une somme dont il pourrait avoir besoin à court terme. Avant tout achat, comparez les formats, les primes et les conditions de conservation des produits en or et en argent.

La réponse de Marc Faber : diversifier plutôt que prévoir

Malgré son discours très critique envers les gouvernements et les banques centrales, Marc Faber ne recommande pas de concentrer l’intégralité d’un patrimoine sur un seul actif. Il évoque au contraire une combinaison de liquidités, d’obligations, d’actions, d’immobilier et de métaux précieux, avec une répartition géographique plus large. Cette conclusion est probablement la partie la plus utile de son raisonnement. Personne ne connaît avec certitude la date du prochain retournement boursier, l’ampleur d’une future crise obligataire ou la trajectoire exacte de l’inflation. Une allocation diversifiée ne supprime pas les pertes possibles, mais elle évite qu’un scénario unique détermine entièrement le résultat patrimonial. L’or et l’argent peuvent s’intégrer à une stratégie diversifiée, à condition de respecter son horizon et son niveau de risque.

La leçon à retenir n’est donc pas que la prochaine crise est certaine, ni que l’or remplacera toutes les autres classes d’actifs. Marc Faber met surtout en évidence les conséquences possibles d’une accumulation prolongée de dettes, de liquidités et de valorisations élevées. Les investisseurs doivent surveiller l’inflation réelle, les rendements obligataires, la charge d’intérêts de l’État, la concentration des indices boursiers et la rentabilité des secteurs à la mode. Ils doivent également distinguer les faits vérifiables des prévisions les plus spectaculaires. Dans ce contexte, l’or peut jouer un rôle de diversification, mais la prudence, la progressivité des achats et la conservation des justificatifs restent essentielles. Découvrez les solutions disponibles en or et en argent pour approfondir votre réflexion patrimoniale.

Article d’analyse générale ne constituant pas un conseil en investissement. Les métaux précieux peuvent subir des variations de cours et ne garantissent aucun rendement. Avant toute décision, l’investisseur doit tenir compte de son horizon de placement, de ses besoins de liquidité, des frais, de la fiscalité et des conditions de conservation. Consultez le catalogue d’or et d’argent avant tout projet d’achat.

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