Pendant que les investisseurs occidentaux fuient l’or, la Chine accumule des records historiques. Un événement inédit vient de se produire : pour la première fois, le plus grand fonds d’investissement chinois dédié à l’or a dépassé en actifs le célèbre ETF répliquant le CSI 300, l’équivalent chinois du S&P 500. Résultat ? 13 milliards de dollars dans l’or contre 12 dans les actions. Ce basculement symbolise une rupture profonde dans la stratégie économique chinoise. Dans ce contexte, de plus en plus d’observateurs s’interrogent sur un scénario théorique mais plausible : un cours de l’or à 38 000 dollars l’once dans un nouveau système monétaire.
Un événement historique : l’or dépasse les actions en Chine
La nouvelle est passée presque inaperçue en Occident, mais elle marque un tournant. Le plus grand fonds d’investissement chinois, détenu par des millions d’épargnants, est désormais majoritairement investi dans l’or. Ce phénomène intervient alors que le métal jaune a corrigé de près de 30% depuis son pic de janvier 2026. Pire encore, pendant cette période de baisse, la banque centrale chinoise (PBOC) a acheté de l’or pendant 20 mois consécutifs, totalisant désormais 2 346 tonnes de réserves. Ce comportement n’est pas celui de spéculateurs, mais d’acteurs stratégiques anticipant un changement de paradigme. Dans cette optique, certains investisseurs commencent à se positionner via l’achat d’or physique comme protection contre les bouleversements monétaires, suivant l’exemple chinois.
La Chine fuit les actifs financiers pour le réel
Le contraste est saisissant. Alors que les investisseurs occidentaux ont vendu près de 18 milliards de dollars d’ETF or depuis le début de l’année, la Chine achète massivement. Les banques chinoises ont même suspendu la vente de produits or “papier” pour les particuliers, privilégiant uniquement l’or physique. Cette stratégie vise à éviter la spéculation et à ancrer l’épargne dans des actifs tangibles. parallèlement, les banques centrales du monde entier ont acheté 244 tonnes d’or au premier trimestre 2026, un record depuis plus d’un an. Six pays, dont l’Indonésie et la Malaisie, ont même commencé à accumuler de l’or pour la première fois. Face à cette tendance, de nombreux épargnants se tournent vers l’or physique comme actif refuge face à la financiarisation.
L’économie hamiltonienne : le retour du protectionnisme
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a récemment repris la doctrine économique d’Alexander Hamilton, architecte du protectionnisme américain au XVIIIe siècle. L’idée est simple : un pays ne peut être indépendant s’il ne produit pas ce dont il a besoin. Cette philosophie implique des taxes massives sur les importations et des subventions pour les industries locales. Ironiquement, ce modèle a déjà été utilisé par l’Empire britannique avant de se retourner contre lui. Aujourd’hui, les États-Unis tentent de réindustrialiser leur économie, mais se heurtent à un dilemme : reconstruire les usines, protéger le pouvoir d’achat et garder une monnaie forte sont trois objectifs incompatibles. Dans ce contexte, certains analystes voient dans l’or physique comme actif neutre pour absorber les chocs monétaires une solution potentielle.
La financiarisation : l’illusion de la richesse
Depuis les années 1970, les États-Unis ont privilégié la financiarisation plutôt que la production industrielle. Les entreprises ont délocalisé leurs usines pour réduire les coûts, tout en rachetant leurs propres actions pour faire monter leurs cours. Résultat ? Les marchés boursiers ont explosé, mais la base industrielle s’est effondrée. Aujourd’hui, les États-Unis dépendent de fournisseurs étrangers, y compris pour des équipements stratégiques. Ce modèle a profité aux détenteurs d’actifs financiers, mais a appauvri la classe moyenne. Face à cette réalité, la Chine accumule l’or depuis 2009, anticipant un retour à un système monétaire basé sur des actifs réels. Dans cette perspective, investir dans l’or physique comme protection contre la dématérialisation apparaît comme une stratégie rationnelle.
Le triangle impossible des États-Unis
L’analyste Luke Gromen l’explique clairement : un pays ne peut pas simultanément reconstruire son industrie, protéger le pouvoir d’achat de sa classe moyenne et maintenir une monnaie forte. Il faut sacrifier l’un de ces trois objectifs. Si les États-Unis veulent réindustrialiser leur économie tout en protégeant les consommateurs, le dollar devra baisser fortement. Pour absorber ce choc sans effondrer le système, un actif neutre est nécessaire. Cet actif, c’est l’or. La Chine prépare ce scénario depuis 2009, accumulant massivement le métal jaune. Dans cette optique, de plus en plus d’investisseurs se positionnent via l’achat d’or comme hedge contre la faiblesse du dollar.
D’où sort le chiffre de 38 000 $ l’once ?
Le chiffre de 38 000 dollars l’once provient d’un calcul théorique basé sur l’excédent commercial chinois. L’excédent de la Chine est d’environ 1 200 milliards de dollars par an. Si cet excédent devait être réglé en or plutôt qu’en dollars, et que la Chine importait environ 940 tonnes d’or par an (soit 30 millions d’onces), chaque once devrait valoir environ 38 000 dollars pour équilibrer la balance. Ce n’est pas une prévision de prix, mais un exercice illustrant l’ordre de grandeur nécessaire pour que l’or joue un rôle majeur dans le commerce mondial. Dans ce scénario, détenir de l’or physique comme réserve de valeur deviendrait une nécessité stratégique.
Ce que ce basculement change pour tes investissements
Faut-il vendre ses ETF S&P 500 pour acheter de l’or ? Pas nécessairement. Les transitions entre empires durent des décennies. Mais les faits sont là : depuis 2018, le S&P 500 a gagné 160% en dollars, mais a perdu 15% en valeur par rapport à l’or. Les banques centrales, elles, ne tradent pas. Elles accumulent pour la prochaine décennie, anticipant un basculement vers des actifs réels. Le vrai risque n’est pas le krach boursier, mais de ne pas être préparé lorsque les règles du jeu changeront. Dans ce contexte, constituer une position via l’or physique comme pilier de résilience patrimoniale apparaît comme une décision stratégique.
Conclusion : se préparer au changement de paradigme
La Chine accumule l’or, les États-Unis tentent de réindustrialiser leur économie, et les banques centrales du monde entier se préparent à un nouveau système monétaire. L’or à 38 000 dollars l’once n’est qu’un scénario théorique, mais il illustre l’ampleur du basculement en cours. Les investisseurs avertis se positionnent dès maintenant, anticipant une redistribution des cartes mondiales. Dans cette optique, sécuriser une partie de son patrimoine via l’or physique comme actif décorrélé des marchés financiers constitue une stratégie de long terme cohérente.


