Possédez-vous des actifs tangibles ? UBS affirme que vous êtes « en position de profiter d’une reprise du marché des matières premières » face à l’émergence d’une pénurie mondiale.

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« Préparez-vous à un nouveau cycle haussier des matières premières » : le message qui pourrait changer la stratégie des investisseurs

Le marché des matières premières pourrait être à l’aube d’un changement de régime majeur. Alors que pendant des années les investisseurs ont surtout privilégié les actions technologiques, les obligations et les actifs numériques, une réalité beaucoup plus physique est progressivement en train de s’imposer : l’économie mondiale a besoin de quantités considérables d’énergie, de métaux, de minerais et de ressources agricoles, tandis que l’offre peine parfois à suivre. Le 21 août 2026, Sagar Khandelwal, stratégiste chez UBS, a précisément résumé cette nouvelle configuration dans une analyse intitulée « Position for a commodity upcycle ». Selon UBS, l’électrification, l’explosion de la demande d’électricité, les investissements massifs dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle, les contraintes d’approvisionnement et des années de sous-investissement convergent pour créer un environnement favorable aux actifs tangibles. Pour l’investisseur, cette évolution mérite d’être prise au sérieux car elle remet les matières premières au centre d’une problématique qui dépasse largement la simple spéculation sur les cours : celle de la rareté physique. Dans ce contexte, découvrir les possibilités d’achat d’or peut constituer une première approche pour diversifier un patrimoine vers un actif physique.

Pourquoi la rareté pourrait redevenir le moteur dominant des marchés

Pendant plusieurs décennies, l’économie mondiale a fonctionné sur une hypothèse implicite particulièrement confortable : lorsque la demande augmentait, l’offre finissait toujours par suivre. Les producteurs investissaient, de nouvelles mines étaient ouvertes, les capacités énergétiques étaient développées et les chaînes logistiques mondiales permettaient de déplacer les ressources d’un continent à l’autre. Cette période d’abondance relative a contribué à maintenir une pression contenue sur de nombreux prix. Mais cette mécanique devient plus difficile à reproduire. L’ouverture d’une nouvelle mine de cuivre, de lithium ou d’or nécessite aujourd’hui des capitaux considérables, des années d’exploration, des infrastructures, des autorisations administratives et une acceptabilité locale parfois difficile à obtenir. Dans le même temps, la demande augmente sous l’effet de tendances structurelles qui ne disparaissent pas simplement parce que la croissance économique ralentit temporairement. UBS souligne justement que l’électrification, la demande croissante d’électricité, l’investissement dans l’intelligence artificielle et les contraintes d’offre constituent désormais des facteurs de soutien de long terme pour les matières premières. Dans cette nouvelle configuration, l’or physique s’inscrit naturellement dans la réflexion sur les actifs rares et tangibles susceptibles de conserver une valeur lorsque l’abondance monétaire contraste avec une offre physique limitée.

L’intelligence artificielle consomme beaucoup plus que des données

L’une des transformations les plus importantes est peut-être celle que l’on distingue le moins lorsque l’on observe uniquement les marchés financiers : l’intelligence artificielle n’est pas uniquement une révolution logicielle. Derrière chaque centre de données se trouvent des bâtiments, des transformateurs, des réseaux électriques, des systèmes de refroidissement, des câbles, des semi-conducteurs, de l’acier, du cuivre et d’énormes quantités d’électricité. Plus les modèles d’IA deviennent puissants, plus leurs infrastructures nécessitent des capacités de calcul importantes. Cette croissance transforme donc progressivement l’IA en moteur de demande pour toute une série de matières premières. UBS identifie explicitement l’investissement dans les infrastructures d’intelligence artificielle comme l’un des facteurs structurels susceptibles de soutenir les métaux industriels sur le long terme. Cette situation est particulièrement intéressante pour comprendre le marché de l’or : même si le métal jaune n’est pas le principal bénéficiaire de la construction des data centers, il peut profiter indirectement d’un environnement dans lequel les investisseurs recherchent davantage d’actifs physiques pour se protéger contre les risques d’inflation et de pénurie. C’est pourquoi acheter de l’or peut compléter une exposition aux grandes tendances industrielles en apportant une diversification vers un actif physique différent des métaux directement liés à l’IA.

L’électricité devient une ressource stratégique

Le véritable enjeu derrière l’essor de l’intelligence artificielle est peut-être encore plus fondamental : l’électricité. Les économies modernes deviennent progressivement plus électrifiées, tandis que les centres de données, les véhicules électriques, les réseaux, les usines automatisées et les nouvelles infrastructures numériques accroissent simultanément les besoins énergétiques. Cette situation peut sembler paradoxale dans un monde où l’on parle constamment de décarbonation et d’efficacité énergétique. Mais remplacer certaines sources d’énergie par des systèmes électriques nécessite justement davantage de réseaux, de transformateurs, de câbles et de métaux. Le problème n’est donc pas simplement de produire davantage d’électricité ; il faut également transporter cette énergie, la stocker lorsque cela est nécessaire et renforcer les infrastructures qui permettent de la distribuer. UBS considère cette hausse structurelle de la demande électrique comme un élément important du nouvel environnement favorable aux matières premières. Pour les investisseurs qui cherchent parallèlement à se protéger contre une éventuelle persistance de l’inflation, l’or physique représente une diversification tangible qui peut prendre place aux côtés des investissements liés à l’énergie et aux infrastructures.

Le cuivre pourrait devenir le métal stratégique de la prochaine décennie

S’il existe un métal qui symbolise particulièrement bien cette nouvelle économie de la rareté, c’est le cuivre. Indispensable aux réseaux électriques, aux moteurs, aux transformateurs, aux véhicules électriques, aux installations industrielles et aux centres de données, le cuivre se trouve au croisement de plusieurs mégatendances. L’électrification augmente la quantité de cuivre nécessaire par unité d’infrastructure, tandis que l’intelligence artificielle accélère la construction de data centers et les investissements dans les réseaux électriques. Dans le même temps, augmenter rapidement la production mondiale n’est pas simple. Une nouvelle mine de cuivre demande généralement des années de développement avant de pouvoir produire commercialement, et les grands gisements faciles à exploiter deviennent plus difficiles à trouver. UBS estime précisément que les contraintes d’offre et les déficits projetés du marché du cuivre renforcent ses perspectives positives à long terme, même si les droits de douane, la politique commerciale et les craintes ponctuelles sur la croissance peuvent provoquer une forte volatilité. Dans cet environnement de tension potentielle sur les métaux, l’or permet de diversifier une stratégie centrée sur les ressources physiques en ajoutant un actif monétaire et précieux dont la demande ne dépend pas uniquement du cycle industriel.

Le grand paradoxe : les prix peuvent monter alors que l’économie ralentit

L’un des aspects les plus intéressants d’un cycle de matières premières réside dans son fonctionnement très différent de celui des actions. Une entreprise peut voir son bénéfice diminuer lorsque l’économie ralentit, alors qu’une matière première peut continuer à progresser si son offre devient suffisamment contrainte. C’est toute la différence entre un choc de demande classique et un choc d’offre. Si une économie ralentit mais qu’une guerre, une catastrophe naturelle, une fermeture de mine, une interruption logistique ou une pénurie énergétique réduit simultanément l’offre disponible, les prix peuvent rester élevés malgré une activité économique moins dynamique. UBS insiste précisément sur cette capacité des matières premières à fournir à la fois une source potentielle de rendement et une protection dans des scénarios où l’inflation ou les perturbations énergétiques pénalisent simultanément les actions et les obligations. Dans ce type de scénario, l’or peut jouer un rôle de diversification supplémentaire lorsque les investisseurs cherchent à réduire leur dépendance aux actifs financiers traditionnels.

L’or conserve une place à part dans le nouvel environnement

Parmi toutes les matières premières, l’or possède une caractéristique particulière : son utilisation comme actif financier et monétaire est presque aussi importante que ses usages physiques. Le cuivre dépend largement de l’activité industrielle, le pétrole de la mobilité et de la production énergétique, tandis que l’or est détenu massivement sous forme de réserves et de placements. Cette particularité explique pourquoi son comportement peut différer de celui des autres matières premières. Dans son analyse du 21 août, UBS indique que l’or a repris une tendance haussière et identifie plusieurs soutiens structurels : les achats des banques centrales, la diversification progressive des réserves hors dollar américain et les préoccupations liées à l’endettement mondial. UBS maintient ainsi une opinion constructive sur l’or à douze mois. Cette vision est cohérente avec les précédentes analyses de la banque, qui soulignaient déjà le rôle stratégique de l’or dans la diversification des portefeuilles. Pour l’épargnant, l’achat d’or physique peut donc répondre à une logique de diversification patrimoniale différente d’un investissement purement cyclique dans les matières premières industrielles.

Les banques centrales continuent de modifier l’équilibre du marché de l’or

L’évolution des réserves officielles constitue probablement l’un des changements les plus importants du marché aurifère actuel. Les banques centrales ont considérablement renforcé leur intérêt pour le métal jaune depuis plusieurs années, notamment dans un contexte de diversification des réserves internationales. Une analyse UBS publiée en juin 2026 indiquait que l’or représentait, à fin 2025, environ 27 % des réserves officielles mondiales selon les estimations de la Banque centrale européenne, devant les Treasuries américains à environ 22 %. UBS soulignait cependant une nuance essentielle : une partie de cette progression provenait de l’augmentation du prix de l’or lui-même et ne constituait donc pas nécessairement un abandon massif des actifs libellés en dollars. Cette distinction est importante, car elle évite de transformer une tendance réelle en scénario excessif de disparition du dollar. Le phénomène traduit plutôt une volonté croissante de diversification des réserves. Dans ce contexte, détenir de l’or physique revient à s’intéresser à un actif que les investisseurs particuliers ne sont plus les seuls à considérer comme une réserve de valeur.

La dédollarisation ne signifie pas la disparition du dollar

Le terme « dédollarisation » est souvent utilisé de manière excessive, comme s’il annonçait nécessairement la fin imminente de la domination du dollar américain. La réalité est beaucoup plus progressive. Le dollar reste la principale monnaie de réserve internationale et conserve une place centrale dans les échanges, les marchés financiers et le système monétaire mondial. UBS estime néanmoins que la diversification graduelle hors dollar devrait se poursuivre, notamment en raison des interrogations entourant la trajectoire budgétaire américaine, la politique commerciale et la volonté de plusieurs pays de diversifier leurs réserves. Pour l’or, cette évolution est potentiellement favorable car le métal constitue précisément une réserve internationale qui n’est pas la dette d’un autre État. Cela ne signifie pas que les banques centrales vont abandonner massivement le dollar, mais simplement qu’elles peuvent souhaiter disposer d’un éventail plus large d’actifs. Pour l’investisseur privé, l’or physique peut ainsi représenter une forme de diversification monétaire complémentaire aux liquidités et aux placements libellés en euros ou en dollars.

La dette mondiale renforce l’intérêt des actifs tangibles

La dette constitue l’autre grande pièce du puzzle. Lorsque les gouvernements accumulent d’importants déficits, les investisseurs commencent naturellement à se demander comment ces engagements seront financés à long terme. Tant que la croissance nominale, les taux d’intérêt et la confiance dans les obligations souveraines restent compatibles avec cette trajectoire, le système peut fonctionner. Mais une hausse durable des taux peut modifier considérablement l’équation en augmentant le coût du service de la dette. UBS souligne depuis plusieurs mois que les niveaux d’endettement public constituent un facteur structurel favorable à l’intérêt porté à l’or, même si la banque ne considère pas pour autant qu’un effondrement des finances publiques soit son scénario central. Cette nuance est fondamentale : investir dans l’or ne revient pas nécessairement à prévoir une crise monétaire. Il peut simplement s’agir d’accepter qu’un portefeuille exposé exclusivement aux actifs financiers et aux monnaies fiduciaires comporte lui aussi des risques. C’est dans cette optique que l’achat d’or physique peut être envisagé comme une composante défensive d’une stratégie patrimoniale diversifiée.

L’énergie : le deuxième pilier du nouvel upcycle des matières premières

Le marché de l’énergie constitue une autre source potentielle de volatilité. Les tensions géopolitiques récentes ont montré à quel point les flux énergétiques mondiaux peuvent être perturbés rapidement. Une infrastructure endommagée, une route maritime menacée ou une baisse de production dans une région stratégique peut avoir des répercussions bien au-delà de son lieu d’origine. UBS considère justement que les perturbations énergétiques peuvent renforcer le rôle des matières premières comme protection contre certains scénarios inflationnistes. L’énergie est cependant très différente de l’or : son prix dépend fortement de la conjoncture, des niveaux de stocks, de la production, de la demande mondiale et des décisions géopolitiques. Il serait donc réducteur de mettre toutes les matières premières dans le même panier. Une stratégie diversifiée peut au contraire distinguer les actifs monétaires comme l’or, les métaux industriels comme le cuivre, l’énergie et les produits agricoles. Dans cette construction, l’or physique peut constituer la composante la plus directement orientée vers la préservation patrimoniale au sein d’un univers d’actifs réels beaucoup plus large.

L’agriculture rappelle que la rareté ne concerne pas uniquement les métaux

L’un des mérites de la thèse défendue par UBS est précisément de ne pas réduire le futur cycle des matières premières au seul or ou au cuivre. L’agriculture constitue elle aussi un marché dans lequel les contraintes physiques peuvent devenir déterminantes. Les rendements dépendent des conditions météorologiques, de l’eau disponible, des surfaces cultivables, des engrais, de l’énergie et de la logistique. Un phénomène climatique important peut rapidement perturber les récoltes et provoquer une hausse des prix alimentaires. UBS évoque notamment les risques associés à El Niño pour les matières premières agricoles. Cela rappelle une réalité essentielle : l’économie numérique reste totalement dépendante du monde physique. Derrière les algorithmes, les smartphones, les voitures électriques et les centres de données se trouvent toujours des ressources naturelles qu’il faut extraire, transformer et transporter. Dans ce monde où la contrainte physique reprend de l’importance, l’or physique offre une manière simple d’intégrer un actif tangible dans une réflexion plus large consacrée aux ressources rares.

Le « retour de la rareté » pourrait être plus important que la seule inflation

La grande idée qui se dessine derrière les analyses récentes de UBS et de plusieurs stratégistes des matières premières est finalement celle d’un retour de la rareté. Jeff Currie, vétéran du marché des commodities, a lui aussi récemment insisté sur la réapparition d’une « scarcity in the physical world », en mettant en avant le sous-investissement, la démondialisation et l’électrification comme moteurs du marché. Cette idée mérite d’être distinguée de l’inflation classique. Une inflation monétaire peut toucher pratiquement tous les biens parce que le pouvoir d’achat de la monnaie diminue. Une inflation provoquée par la rareté fonctionne différemment : elle peut apparaître parce que l’offre d’un produit essentiel ne parvient plus à répondre à la demande. Or, lorsque plusieurs marchés connaissent simultanément ce type de contrainte, les conséquences peuvent être beaucoup plus profondes pour les économies et les portefeuilles. Dans ce scénario, l’or peut jouer un rôle de réserve de valeur complémentaire face à un environnement où la rareté physique devient progressivement un facteur déterminant des prix.

Pourquoi les années de sous-investissement sont difficiles à rattraper

Le problème du sous-investissement est particulièrement important car les capitaux ne produisent pas instantanément de nouvelles ressources. Investir aujourd’hui dans une mine ne signifie pas obtenir demain une nouvelle production commerciale. Entre les premières campagnes d’exploration et la mise en production peuvent s’écouler de nombreuses années. Il faut identifier un gisement, confirmer ses réserves, réaliser des études économiques, obtenir les autorisations, construire les infrastructures, financer le projet et finalement démarrer l’exploitation. C’est cette inertie qui rend l’offre des matières premières beaucoup moins flexible que celle de nombreux biens manufacturés. Si la demande augmente brutalement, les producteurs ne peuvent pas nécessairement répondre immédiatement. Cette caractéristique pourrait devenir particulièrement importante dans les métaux nécessaires à l’électrification et aux infrastructures numériques. Pour les investisseurs, elle explique pourquoi un cycle haussier des matières premières peut parfois durer plusieurs années plutôt que quelques mois. Dans une stratégie patrimoniale plus défensive, acheter de l’or physique permet de détenir directement un actif dont la quantité disponible ne peut pas être augmentée par une simple décision industrielle ou monétaire.

Pourquoi UBS recommande de ne pas miser sur une seule matière première

Il serait cependant dangereux de transformer cette analyse en pari exclusif sur un seul actif. UBS recommande au contraire une exposition diversifiée aux métaux précieux, à l’énergie, aux métaux industriels et à l’agriculture. La banque insiste également sur l’intérêt d’une gestion active, car le leadership à l’intérieur du complexe des matières premières peut rapidement changer en fonction des stocks, de la géopolitique, de la croissance économique et des contraintes d’offre. Le pétrole peut ainsi progresser lorsque l’offre est perturbée puis corriger lorsque les flux se normalisent. Le cuivre peut bénéficier de l’électrification mais subir temporairement une baisse si les perspectives de croissance se détériorent. L’or peut profiter des achats des banques centrales et de la faiblesse du dollar tout en subissant des phases de correction lorsque les taux réels remontent. Cette diversité explique pourquoi une approche globale des matières premières est plus pertinente qu’une prédiction unique. Dans cet ensemble, l’or physique peut constituer un socle distinct des investissements cycliques dans l’énergie ou les métaux industriels.

Le scénario haussier n’exclut pas les corrections

Un nouveau cycle haussier des matières premières ne signifie évidemment pas que les prix vont monter en ligne droite. C’est même l’inverse : les matières premières sont parmi les actifs les plus volatils des marchés. Le cuivre peut perdre une part importante de sa valeur en quelques mois, le pétrole peut connaître des variations spectaculaires et l’or peut lui aussi subir des corrections importantes. UBS souligne d’ailleurs que les matières premières restent sensibles aux risques géopolitiques, aux changements de politique commerciale, aux dynamiques d’offre et de demande et aux perturbations opérationnelles. Il faut donc distinguer une tendance structurelle d’une trajectoire de prix à court terme. Une thèse de rareté peut rester intacte alors même qu’un actif corrige de 15 %, 20 % ou davantage. Pour l’investisseur patrimonial, cette distinction est essentielle : l’achat d’or physique s’envisage davantage dans une logique de diversification et de long terme que comme une garantie contre les fluctuations de marché à court terme.

Le véritable changement de régime pourrait venir de la combinaison de plusieurs facteurs

Pris séparément, aucun des facteurs évoqués par UBS ne suffit à annoncer un nouveau supercycle. L’intelligence artificielle pourrait ralentir, l’électrification pourrait être moins rapide que prévu, de nouvelles capacités minières pourraient être développées ou la croissance mondiale pourrait décevoir. Mais le scénario devient beaucoup plus intéressant lorsque plusieurs tendances se produisent simultanément. L’économie mondiale consomme davantage d’électricité, les investissements dans les infrastructures d’IA progressent, les réseaux doivent être modernisés, les métaux industriels deviennent stratégiques, les États restent lourdement endettés et les banques centrales continuent de diversifier leurs réserves. C’est précisément cette convergence que UBS considère comme favorable à un cycle durable des matières premières. Dans un environnement aussi complexe, l’or physique peut apporter une diversification différente des actifs directement exposés à la croissance industrielle et aux cycles économiques.

Ce que cette nouvelle donne signifie pour l’épargnant français

Pour un épargnant français, la question n’est pas nécessairement de savoir s’il faut transformer son patrimoine en portefeuille de matières premières. Ce serait une approche excessivement concentrée. L’enjeu est plutôt de comprendre que le monde économique pourrait redevenir beaucoup plus sensible aux contraintes physiques. Pendant longtemps, la finance a parfois donné l’impression que la valeur se créait principalement dans les logiciels, les services et les actifs financiers. Or, la croissance de l’intelligence artificielle, de l’électrification et des infrastructures numériques rappelle brutalement qu’il faut toujours du cuivre, de l’énergie, de l’acier, des terres, de l’eau et des minerais pour construire cette économie. Cette dépendance au monde physique peut rendre les actifs tangibles particulièrement intéressants dans une stratégie de diversification. Pour l’épargnant qui souhaite approfondir cette dimension, l’achat d’or physique peut représenter une solution concrète pour ajouter un actif tangible à un patrimoine largement composé d’actifs financiers.

Pourquoi l’or pourrait rester stratégique même si les matières premières connaissent des trajectoires différentes

Il serait tentant de considérer l’or comme une simple matière première supplémentaire au sein du nouveau cycle. Pourtant, sa fonction est différente. L’or est simultanément une matière première, un métal précieux, un actif financier et une réserve de valeur utilisée depuis des siècles. Cette dimension monétaire explique pourquoi il peut progresser dans des situations où le cuivre ou le pétrole évoluent dans une direction différente. UBS continue d’ailleurs de considérer l’or comme un diversificateur stratégique, en mettant en avant les achats des banques centrales, la diversification hors dollar et les préoccupations liées à la dette mondiale. Le métal jaune peut donc bénéficier à la fois de certains phénomènes propres aux matières premières et de facteurs purement financiers. Cette double nature constitue l’un de ses principaux atouts dans une période où les frontières entre inflation, géopolitique, politique monétaire et pénuries physiques deviennent de plus en plus difficiles à séparer. Dans cette optique, acheter de l’or physique peut être envisagé comme une diversification patrimoniale fondée sur la combinaison de sa rareté, de sa liquidité et de sa fonction historique de réserve de valeur.

La prochaine décennie pourrait être celle des actifs physiques

Le message envoyé par UBS est finalement beaucoup plus profond qu’une simple recommandation d’acheter des matières premières. Il suggère que les investisseurs doivent réapprendre à intégrer la contrainte physique dans leurs modèles. Pendant une longue période, l’abondance des ressources, la mondialisation et les investissements industriels ont donné l’impression que l’offre pouvait toujours s’adapter. Aujourd’hui, l’équation paraît moins confortable. Les besoins énergétiques augmentent, l’IA accélère la construction d’infrastructures, l’électrification exige davantage de métaux, les chaînes logistiques sont plus vulnérables et le développement de nouvelles capacités minières prend du temps. UBS estime ainsi que les matières premières peuvent fournir à la fois une source structurelle de rendement et une protection dans certains scénarios d’inflation ou de perturbations de l’offre. Pour l’investisseur qui veut traduire cette réflexion en stratégie patrimoniale, l’or physique peut constituer l’un des moyens les plus directs de détenir un actif tangible dans un monde où la rareté pourrait redevenir un facteur majeur de valorisation.

Conclusion : l’illusion de l’abondance pourrait-elle réellement prendre fin ?

La formule de Jeff Currie sur la fin de « l’illusion de l’abondance » est particulièrement évocatrice, mais elle doit être interprétée comme une thèse de marché et non comme une certitude. Ce qui semble en revanche difficile à contester, c’est que plusieurs transformations simultanées exercent une pression croissante sur les ressources physiques : électrification, investissements dans l’intelligence artificielle, augmentation de la consommation électrique, modernisation des réseaux, tensions géopolitiques, sous-investissement passé et contraintes de production. UBS considère désormais que cette combinaison justifie de se positionner pour un nouvel « upcycle » des matières premières et recommande une exposition diversifiée aux métaux précieux, à l’énergie, aux métaux industriels et à l’agriculture. L’or occupe une place particulière dans cette stratégie grâce au soutien des banques centrales, à la diversification des réserves internationales et aux préoccupations persistantes concernant les dettes publiques. Les perspectives restent néanmoins incertaines et aucun actif ne constitue une protection absolue contre toutes les crises. La véritable leçon de ce nouveau cycle est peut-être ailleurs : après des décennies dominées par l’idée d’une abondance quasi illimitée, les investisseurs pourraient devoir réapprendre à donner une valeur stratégique à ce qui est rare, difficile à produire et impossible à créer instantanément. Dans cette perspective, découvrir l’investissement dans l’or physique peut constituer une première étape pour intégrer les actifs tangibles dans une réflexion patrimoniale de long terme.

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