Crise de la dette française : ça s’accélère ! – Par Philippe Herlin !!

A LA UNE

LES DERNIÈRES VIDÉOS

Les mauvaises nouvelles s’accumulent autour de la dette publique de la France. Lundi, on apprenait que Shinji Kunibe, gérant obligataire du groupe japonais Sumitomo Mitsui DS Asset Management, avait décidé de se séparer de l’intégralité de ses titres de dette française. Il s’en explique : « Les obligations françaises offraient un rendement relativement attractif, mais nous avons liquidé l’intégralité de notre position compte tenu de l’évolution récente de la situation. Nous avons réorienté ces fonds principalement vers les Bunds allemands et, dans une moindre mesure, vers les obligations d’État japonaises à court terme. » (BFMTV)

Le gérant nippon avertit : « il est à craindre, à en juger par ce qui s’est passé pendant la crise de la dette européenne, que le rendement de l’obligation française à 10 ans monte jusqu’à 7%. » Un tel taux signifierait une situation de crise : le refinancement de la dette deviendrait extrêmement difficile et témoignerait d’une défiance massive des investisseurs. Un autre gérant, américain cette fois, Mike Bell, responsable de la stratégie de marché chez RBC BlueBay Asset Management, lance également l’alerte : « On dirait bien qu’une crise des obligations d’État françaises est en train de se profiler. »

L’indicateur à suivre de près est le spread, c’est-à-dire l’écart entre les taux d’intérêt des obligations françaises et allemandes à 10 ans. Comme l’explique la dernière note du think tank Terra Nova (Le coût social de la « dette au feu ») : « Dans la pratique historique, quand l’écart de taux avec la dette la plus sûre de la zone se rapproche ou dépasse les 200 points de base (2%), les gouvernements préfèrent démissionner. C’est une sorte de motion de censure par les marchés obligataires. Cela a été le cas de la coalition populiste italienne (200 points de base au moment de la démission de Conte). Liz Truss s’est également trouvée dans une situation analogue. Quant à Berlusconi en 2011, il n’a tenu que trois mois avant que les Européens ne le forcent à la démission, pendant lesquels l’écart de taux était passé de 200 à 500 points de base. »

À combien est-il aujourd’hui ce spread ?

Source

Quasiment 140 points de base, après une montée fulgurante depuis le 8 septembre. Jamais l’écart entre les taux français et allemands ne s’était autant creusé en une semaine — entre le 28 septembre et le 1er octobre — depuis le début de la série Bloomberg, en 1990. Un quasi flash crash obligataire.

Voilà qui ne manque pas d’inquiéter. Toujours dans notre souci d’anticiper ce qui pourrait se passer, comme nous l’avons fait dans notre article précédent, on lira avec intérêt ce qu’écrit Terra Nova dans sa note. Le think tank penche à gauche, s’affiche keynésien et est, en conséquence, très écouté.

Pas d’inquiétude, selon le rédacteur de la note, Guillaume Hannezo, ancien conseiller de François Mitterrand : la France pourrait surmonter une crise de la dette. Il développe son raisonnement en partant de ce que l’on appelle « l’effet Ricardo », très souvent vérifié empiriquement : lorsque l’État augmente son déficit budgétaire, les ménages anticipent de futurs prélèvements et accroissent en conséquence leur épargne. Non sans un certain cynisme, Hannezo en conclut qu’il suffit de puiser dans cette manne pour rééquilibrer les comptes. En somme, l’État est toujours gagnant, y compris en spoliant sans vergogne ceux qui font l’effort de mettre de l’argent de côté.

Lisons-le : « Donc, le traitement du cas français est beaucoup plus simple. Il suffit de baisser parallèlement d’un côté les transferts de revenus aux gens qui épargnent, et de l’autre le besoin de financement de l’État, le premier permettant le second, ce qui n’a pas d’impact récessif. C’est-à-dire en gros de baisser les retraites et d’augmenter les impôts de ceux qui épargnent. Ceci n’ayant a priori pas d’impact conjoncturel négatif. Et pour la part de l’effort qui devra être faite par tous, au risque d’un impact récessif, il y a une marge de cinq points de taux de TVA par rapport aux taux les plus élevés pratiqués en Europe. »

Baisse des retraites élevées, impôt sur les « riches » et hausse massive de la TVA : voici la potion amère.

On apprécie en revanche sa critique de l’assurance-vie : « il n’y a donc pas de raison très rationnelle de mettre son patrimoine en assurance-vie, sinon la pression des chargés de clientèle et la préférence bien documentée des clients à payer des frais à leur banque plutôt que des impôts à l’État. D’ailleurs, il est bien attesté que les épargnants aisés, qui se tordent de douleur quand un ISF leur prélève 0,5 ou 1%, supportent très bien que leurs banquiers et assureurs leur prennent deux fois plus. » Très bien vu.

Bref, la crise se rapproche et, avec elle, l’inventivité pour ponctionner ceux qui ont mis de l’argent de côté redouble…

Source: or.fr

À l’attention des lecteurs de BusinessBourse

Or.fr offre une solution unique et optimale pour préserver son patrimoine via la détention de métaux précieux :

✓ Or et argent physique (lingots et pièces d’investissement)
✓ Stockage sécurisé hors du système bancaire
✓ Détention directe (sans intermédiaire)
✓ Titres de propriété en nom propre
✓ Accès direct et personnel aux coffres de stockage
✓ Assurance des métaux précieux
✓ Rachat immédiat des produits
✓ Service de livraison

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici


LES PLUS POPULAIRES 🔥