Charles Sannat : “Le maintien de la note de la France par Moody’s est un grand enfumage ! »

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Le gouvernement s’est félicité que Moody’s n’ait pas dégradé la note souveraine de la France. Pourtant, derrière cette communication triomphante se cache une réalité beaucoup moins rassurante : il ne s’agissait pas d’une révision de notation, mais d’une simple revue périodique, qui n’avait pas vocation, dans le cas présent, à modifier la note. Le maintien de la note à Aa3, assorti d’une perspective négative, ne constitue donc ni une validation de la politique budgétaire française, ni un signal de confiance durable. C’est au mieux un répit, au pire un sursis avant une dégradation.

Dans ce contexte d’incertitude budgétaire, politique et financière, de nombreux épargnants cherchent à protéger une partie de leur patrimoine hors des aléas de la dette souveraine. C’est précisément pourquoi l’or physique, sous forme de pièces reconnues, retrouve un intérêt concret : acheter des pièces d’or permet de détenir un actif tangible, divisible et internationalement négociable, sans dépendre directement de la capacité du Parlement à voter un budget crédible.

Une « non-dégradation » qui n’était pas une victoire

Le 23 octobre, Moody’s s’est abstenu de toute action de notation sur la dette française et a maintenu la note à Aa3, avec une perspective négative. Une dégradation était pourtant largement attendue par de nombreux économistes, car elle aurait ramené la France au niveau de notation attribué par Fitch et S&P. Mais l’agence a choisi de ne pas abaisser la note, tout en rappelant que son jugement reposait sur une hypothèse précise : l’adoption d’un budget 2027 réduisant le déficit et une modération des coûts de financement ainsi que des tensions sociales.

C’est là que réside le « grand enfumage » dénoncé par Charles Sannat : le gouvernement a présenté l’absence de dégradation comme un immense succès, alors que Moody’s n’avait pas prévu, à ce stade, de revoir la note de la France. Une revue périodique n’est pas une décision de notation. Elle permet à l’agence de réévaluer la situation de l’émetteur et peut, dans certains cas, conduire à saisir un comité de notation, mais elle ne signifie pas automatiquement qu’une dégradation ou une amélioration va être annoncée. L’annonce de fin de revue présente une analyse, sans constituer une décision de notation.

La distinction est essentielle pour comprendre pourquoi la France n’a pas été dégradée. Il faut séparer trois notions : l’examen périodique, qui réévalue la situation de l’émetteur ; l’annonce de fin de revue, qui expose l’analyse de l’agence sans être une décision de notation ; et enfin la décision de notation, seule procédure par laquelle une modification de note est officiellement annoncée. Le 23 octobre, la France n’a donc pas échappé à une sanction : elle a simplement traversé une étape administrative qui, par nature, ne devait pas nécessairement déboucher sur une dégradation.

Pour l’épargnant, cette confusion entre communication politique et réalité financière est précisément le moment où la prudence devient indispensable. Plutôt que de laisser l’intégralité de son patrimoine exposée à une trajectoire budgétaire incertaine, certains choisissent de diversifier avec de l’or physique : le 20 francs Napoléon tête nue illustre cette logique de protection patrimoniale, car il combine valeur intrinsèque, reconnaissance historique et liquidité sur le marché de l’or.

Pourquoi la perspective négative reste une menace

Moody’s a maintenu la note Aa3, mais elle n’a pas retiré la perspective négative. Cela signifie que l’agence considère toujours qu’une dégradation est possible, y compris à relatively brève échéance. Selon Les Échos, cette perspective négative traduit le risque d’un abaissement si le Parlement se révèle incapable d’adopter des mesures de redressement des finances publiques, ou si des réformes structurelles antérieures, notamment sur les retraites, sont durablement suspendues ou inversées.

L’agence pointe également l’instabilité politique française. La fragmentation parlementaire menace la capacité de l’État à adopter et à maintenir dans la durée les décisions nécessaires au redressement des comptes publics. C’est la raison centrale du maintien de la perspective négative : Moody’s ne demande pas seulement un budget voté, elle exige un effort budgétaire crédible, durable et applicable après les élections de 2027.

Autrement dit, la France n’a pas obtenu un blanc-seing. Elle a obtenu un délai. La note Aa3 repose sur l’hypothèse qu’un budget 2027 réduisant le déficit sera adopté, tandis que les coûts de financement et les tensions sociales se modéreront. Si ces conditions ne sont pas réunies, la dégradation devient non seulement possible, mais parfaitement logique.

Face à ce scénario, la diversification patrimoniale n’est pas un slogan marketing : c’est une réponse rationnelle à un risque souverain qui ne disparaît pas parce qu’une agence a différé sa décision. L’or physique permet précisément de réduire cette dépendance, et acheter des lingots d’or offre un format particulièrement adapté à ceux qui souhaitent détenir du métal au plus près du cours spot, avec une prime généralement plus faible que celle des pièces.

La France ne manque pas d’argent : elle manque de doctrine

Charles Sannat rappelle un chiffre fondamental : les recettes publiques françaises se sont élevées à 1 562,5 milliards d’euros en 2025. Ce montant est considérable : il représente plus de 20 000 euros par habitant, bébés, actifs et personnes âgées inclus. La France ne manque donc pas, en volume, de ressources financières. Ce qui manque, selon l’analyse, c’est une doctrine claire d’utilisation de ces moyens et une volonté politique réelle de mettre fin au gaspillage de l’argent public.

En face, les dépenses publiques atteignent 1 714 milliards d’euros en 2025, selon les données de l’Insee. Le déficit public au sens de Maastricht s’établit à 152,5 milliards d’euros, soit 5,1% du PIB, après 5,8% en 2024. Rapporté aux recettes, ce déficit représente moins de 10% des ressources publiques. Charles Sannat le traduit par une image simple : un ménage qui gagne 2 000 euros nets par mois et dépense 2 200 euros doit réorganiser son budget pour revenir à 2 000 euros de dépenses. Cela demande des arbitrages, mais ce n’est pas mathématiquement impossible.

C’est ici que l’analyse se veut volontairement rassurante sur un point : la situation française est grave, mais elle n’est pas comparable à celle de la Grèce des années 2010. Les recettes publiques allemandes atteignent environ 2 137 milliards d’euros, celles de la France environ 1 562 milliards, l’Italie 1 087 milliards, l’Espagne 725 milliards et la Grèce seulement 124 milliards. La France dispose donc d’une base de recettes bien plus importante que la Grèce, ce qui interdit toute comparaison mécanique entre les deux crises.

Cette réalité doit pourtant nourrir la réflexion patrimoniale, pas l’immobilisme. Quand un État dépense davantage qu’il ne prélève depuis des années, quand la dette publique atteint 115,6% du PIB et quand le déficit reste supérieur à 5% du PIB, la question n’est plus de savoir si le risque existe, mais comment s’en protéger. L’or physique, notamment sous forme de pièces d’or d’investissement, répond à cette préoccupation par sa reconnaissance internationale, sa divisibilité et son absence de risque de contrepartie bancaire.

Le vrai risque fiscal : moins travailler, pas moins consentir

Charles Sannat rejette l’idée selon laquelle le principal danger fiscal serait une perte de « consentement à l’impôt ». En France, l’impôt est prélevé à la source, les contrôles existent, les avis à tiers détenteur permettent au fisc de prélever directement sur les comptes et le contentieux fiscal peut conduire devant un juge. Le contribuable peut ne pas consentir moralement à l’impôt : il reste néanmoins contraint de le payer. Le risque n’est donc pas une baisse brutale des recettes fiscales liée au refus de payer.

Le véritable danger réside dans une forme de « grève larvée » : les gens travaillent moins, produisent moins, entreprennent moins et se rémunèrent moins. Dans certaines professions libérales, Charles Sannat le calcul de ceux qui préfèrent fermer leur cabinet deux jours de plus par semaine plutôt que de travailler davantage pour une part trop faible de revenu net. Moins d’activité signifie moins de bénéfices, donc moins de recettes fiscales, mais de manière parfaitement légale.

Ce phénomène, parfois appelé « démission silencieuse », est jugé plus dangereux pour la croissance économique qu’une hypothetical perte de consentement fiscal. Ceux qui peuvent échapper légalement à une partie de la pression fiscale mettent en place des stratégies d’optimisation, tandis que certains entrepreneurs préfèrent créer directement à l’étranger plutôt qu’en France. Charles Sannat affirme ainsi qu’il existe davantage de start-up et de licornes françaises créées par des Français aux États-Unis qu’en France, ce qui traduirait une fuite de la création de richesse avant même qu’elle ne naisse sur le territoire national.

Dans un tel environnement, où la pression fiscale est présentée comme la plus élevée des pays de l’OCDE et où les dépenses publiques représentent 57% du PIB, la protection du capital devient une priorité. L’or physique offre une alternative concrète : acheter un 20 francs Napoléon tête nue permet de détenir un actif historique, liquide et reconnu, sans dépendre de la qualité future des décisions budgétaires françaises.

Pourquoi la comparaison avec la Grèce est trompeuse

Charles Sannat insiste sur un point souvent oublié : la Grèce partait d’une notation extrêmement élevée avant sa crise. Elle bénéficiait globalement des triples A de la zone euro, portés notamment par des pays comme la France et l’Allemagne. Lorsque la crise grecque a éclaté, les dégradations ont donc été brutales, car le pays est passé d’une note très élevée à des niveaux bien plus faibles.

La France, elle, part déjà de notations plus basses. Une dégradation éventuelle ne produira donc pas nécessairement la même cinétique que celle observée en Grèce. Les crises n’ont pas toutes la même dynamique : leur vitesse, leur intensité et leurs conséquences dépendent du point de départ, de la taille de l’économie, des recettes disponibles et de la capacité politique à réagir. Comparer la France d’aujourd’hui à la Grèce des années 2010 revient donc à commettre une erreur d’analyse.

Cela ne veut pas dire que la France n’a pas de difficultés majeures. Cela signifie simplement que la crise française, si elle survient, suivra probablement une trajectoire différente. L’absence de dégradation aujourd’hui ne prouve pas que la France est solide : elle prouve seulement que Moody’s a choisi, à ce stade, de ne pas abaisser la note, tout en maintenant une perspective négative qui laisse la porte ouverte à une dégradation future.

Pour ceux qui veulent se prémunir sans attendre une éventuelle aggravation, l’or demeure l’un des rares actifs tangibles accessibles au particulier. Les pièces d’or disponibles à l’achat offrent une souplesse particulière : leur valeur unitaire permet d’investir progressivement, de revendre la quantité souhaitée et de conserver un actif physiquement détenu plutôt qu’une simple promesse de remboursement.

Le problème n’est pas le gâteau : c’est sa taille

Charles Sannat rappelle que les 1 562 milliards d’euros de recettes publiques françaises représentent environ 52% du PIB. Ce ratio est très largement supérieur à celui de l’Italie, à 48% du PIB, et de l’Allemagne, à 42%. L’Espagne se situe environ dix points en dessous de la France en part de recettes publiques dans le PIB, tandis que la Grèce est à 49,8%. La France prélève donc plus, en proportion, que la plupart de ses voisins.

Le problème n’est donc pas seulement la répartition du gâteau économique, mais sa taille. Tant que l’on se contente de couper des parts de plus en plus petites dans le même gâteau, la société s’épuise dans des conflits de répartition. La solution, selon Charles Sannat, consiste à faire un autre gâteau : relancer la croissance du PIB, soutenir l’ambition économique et permettre à l’économie française de créer davantage de richesse.

C’est précisément pour cela que Charles Sannat refuse de tomber dans un catastrophisme aveugle. Voir la réalité pire qu’elle n’est conduit à des erreurs de préparation, de mauvais choix d’allocation d’actifs et de mauvaises décisions patrimoniales, qu’il s’agisse d’acheter ou non un bien immobilier, de maintenir certains placements ou de modifier la structure de son épargne. La lucidité impose de reconnaître à la fois le risque réel et les ressources réelles du pays.

Cette lucidité doit aussi guider l’épargnant. L’or n’est pas une baguette magique, mais il constitue un outil de diversification tangible dans un environnement où la dette publique française atteint 115,6% du PIB et où le déficit reste supérieur à 5% du PIB. Pour ceux qui privilégient la simplicité et la concentration de valeur, les lingots d’or certifiés représentent le format de référence pour détenir du métal physique, avec une traçabilité et une reconnaissance internationale.

Ce que le gouvernement devrait retenir

Le message central de Charles Sannat est sans ambiguïté : la France ne manque pas de moyens, elle manque d’une doctrine d’utilisation de ses moyens et d’une volonté politique de faire cesser le gaspillage de l’argent public. Cela suppose de revoir l’ensemble des dépenses publiques, d’alléger certaines normes, mais aussi de redéfinir le périmètre réel de la solidarité nationale.

Charles Sannat distingue explicitement ce qui relève, selon lui, de la solidarité nationale — comme la retraite ou l’invalidité — de ce qui relève de la responsabilité individuelle, comme les cadeaux de Noël. Cette distinction vise à redéfinir le périmètre d’intervention de l’État, jugé devenu incohérent au fil des années et de la démagogie des dirigeants successifs.

Tant que cette refonte n’a pas lieu, la France reste exposée à une dégradation de sa note souveraine. Moody’s a maintenu Aa3, mais la perspective négative rappelle que le répit est conditionnel. Le budget 2027, sa capacité à réduire le déficit et la stabilité politique seront déterminants.

Pour l’épargnant, la conclusion est simple : ne pas confondre communication politique et sécurité patrimoniale. Dans un contexte où la note de la France reste sous surveillance et où la perspective négative maintient la menace d’une dégradation, investir dans des pièces d’or physiques constitue une réponse concrète pour diversifier son patrimoine, protéger une partie de son épargne et détenir un actif qui ne dépend ni d’une promesse électorale, ni d’un vote parlementaire, ni d’une décision d’agence de notation.

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