« Nous entrons dans une période extrêmement dangereuse » : l’avertissement glaçant de Marc Faber sur l’économie mondiale et l’or

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Quand les marchés vacillent, il faut écouter ceux qui ont déjà tout vu

Lorsque Marc Faber, économiste mondialement reconnu et auteur du Gloom, Boom & Doom Report, parle, les investisseurs chevronnés écoutent attentivement. Pourquoi ? Parce qu’il a traversé toutes les grandes crises modernes : inflation des années 70, krach de 1987, bulle internet, crise de 2008, pandémie, et maintenant… la grande instabilité monétaire mondiale.

Dans une interview récente, son constat est sans appel : nous entrons dans une phase dangereuse, marquée par une explosion de la dette, une illusion de croissance entretenue par la planche à billets, une inflation bien plus forte que les chiffres officiels, et une volatilité extrême sur tous les actifs — y compris l’or.

Dans ce contexte troublé, comprendre le rôle réel de l’or, et pourquoi tant d’investisseurs s’y intéressent à nouveau, devient essentiel. C’est précisément pour cela que de plus en plus d’épargnants se tournent vers l’achat d’or physique comme réserve de valeur face à l’instabilité mondiale.

Volatilité extrême des métaux précieux : simple correction ou signal plus profond ?

L’un des faits marquants récents est la violente correction des métaux précieux après une forte hausse. Or, argent et platine ont connu des mouvements brutaux, surprenant de nombreux investisseurs. Pour Marc Faber, cette volatilité n’est pas anormale.

Il rappelle que les métaux précieux étaient restés sous-évalués pendant des années, avant d’entrer dans un cycle haussier accéléré. Lorsque les prix montent trop vite, trop fortement, une correction devient presque mécanique. La vraie question n’est donc pas ce qui s’est passé, mais ce qui vient ensuite.

Selon lui, nous ne sommes probablement pas face à la fin du cycle, mais à une pause dans une tendance haussière de fond, alimentée par la création monétaire mondiale. C’est précisément dans ces phases de doute que certains investisseurs réfléchissent à renforcer progressivement leur exposition via l’or physique, actif tangible décorrélé des marchés financiers.

Pourquoi ce cycle est très différent de celui de 2011

Beaucoup comparent la situation actuelle à 2011, lorsque l’or avait atteint un sommet avant une décennie de stagnation. Marc Faber insiste pourtant : le contexte est radicalement différent.

En 2011, les banques centrales commençaient à peine leurs politiques non conventionnelles. Aujourd’hui, la dépendance des économies à la liquidité est totale. Retirer brutalement la création monétaire provoquerait un effondrement des marchés actions, de l’immobilier et du crédit.

Autrement dit, même les responsables monétaires dits « faucons » sont piégés par le système. Cette fragilité structurelle rend les actifs monétaires vulnérables sur le long terme, ce qui explique pourquoi certains préfèrent conserver une partie de leur liquidité sous forme de métaux précieux capables de préserver le pouvoir d’achat.

Nouvelle présidence de la Fed : un changement… en apparence seulement

Marc Faber évoque longuement la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale américaine. Sur le papier, il est perçu comme un partisan de la rigueur monétaire. Mais dans la réalité, l’économiste est sceptique.

Pourquoi ? Parce que le système financier est devenu trop fragile. Une hausse durable des taux provoquerait une chute massive des actifs, ce qui forcerait immédiatement la Fed à revenir à une politique accommodante. C’est un scénario déjà vu… et revu.

Dans un tel environnement, la monnaie perd progressivement sa crédibilité. C’est précisément dans ce type de configuration historique que l’or retrouve son rôle monétaire implicite, ce qui explique l’intérêt constant pour l’or comme alternative à la monnaie papier.

Inflation officielle vs inflation réelle : le grand mensonge statistique

Un point central du discours de Marc Faber concerne l’écart abyssal entre l’inflation officielle et l’inflation vécue. Les gouvernements annoncent des chiffres rassurants, souvent autour de 2 à 3 %, tandis que le coût réel de la vie augmente bien plus vite.

Assurances, santé, logement, alimentation, énergie : dans la plupart des pays développés, la hausse réelle se situe plutôt entre 5 et 10 % par an, parfois davantage. Cela signifie une chose très simple : l’épargne en monnaie perd de la valeur chaque année.

Dans ce contexte, détenir une partie de son patrimoine dans un actif qui ne peut pas être imprimé à l’infini devient une stratégie de protection logique, d’où l’intérêt pour l’or physique comme rempart contre l’érosion monétaire.

Préférence pour la liquidité : pourquoi l’or redevient une “monnaie”

Marc Faber réintroduit un concept fondamental souvent oublié : la préférence pour la liquidité. En période calme, les investisseurs recherchent le rendement. En période instable, ils recherchent la sécurité.

Mais se pose alors une question cruciale : quelle liquidité ?
Dollars ? Euros ? Yen ? Toutes ces monnaies sont émises en quantités massives.

Selon Faber, la seule forme de liquidité ayant réellement conservé son pouvoir d’achat sur le long terme reste les métaux précieux. C’est pourquoi, historiquement, les périodes de stress financier voient une hausse naturelle de la demande pour l’or considéré comme liquidité ultime.

Or, argent, platine : tous ne jouent pas le même rôle

Contrairement aux idées reçues, tous les métaux précieux ne répondent pas aux mêmes logiques. Marc Faber privilégie largement l’or pour sa fonction monétaire, tout en soulignant que le platine est historiquement très sous-évalué par rapport à l’or.

Il estime même que le platine pourrait, à terme, se négocier à un prix supérieur à celui de l’or. Mais cette thèse reste plus spéculative. L’or, lui, reste le pilier central, notamment pour les investisseurs prudents cherchant une protection de long terme via un actif reconnu depuis des millénaires.

Bitcoin : une fausse valeur refuge ?

Marc Faber est clair : le Bitcoin n’est pas une valeur refuge au sens strict. Il le classe parmi les actifs spéculatifs, extrêmement volatils, dépendants du cycle de liquidité.

Cela ne signifie pas qu’il va disparaître, mais qu’il ne joue pas le même rôle que l’or en période de crise systémique. Lorsque la peur domine, les investisseurs se tournent historiquement vers ce qu’ils comprennent et ce qu’ils peuvent détenir physiquement, ce qui explique pourquoi l’or conserve un avantage psychologique et patrimonial majeur.

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