Gerald Celente : Dédollarisation, envolée de l’or et déclin de l’Occident – La future « Grande Dépression » se profile…

A LA UNE

LES DERNIÈRES VIDÉOS

La dédollarisation est-elle en train de s’accélérer au point de menacer la domination financière des États-Unis ?

C’est la thèse défendue par Gerald Celente, fondateur du Trends Research Institute, dans un entretien particulièrement alarmiste consacré à l’avenir du dollar, à la dette américaine, à la montée en puissance de la Chine et au rôle croissant de l’or dans les réserves des banques centrales. Son diagnostic est radical : selon lui, le monde aurait atteint les limites de l’hégémonie économique et géopolitique américaine, tandis que les déficits, les guerres, la financiarisation de l’économie et les investissements massifs dans l’intelligence artificielle prépareraient une crise plus grave encore que celles de 1929, 2000 ou 2008. Dans un contexte de remise en question des monnaies, découvrez les solutions d’investissement en or et en argent.

Il convient toutefois de distinguer les formules percutantes de Gerald Celente des données vérifiables. Parler de « mort du dollar » constitue une interprétation politique et économique, pas un fait établi. Les chiffres du Fonds monétaire international montrent certes que la part du dollar dans les réserves de change mondiales a diminué depuis le début des années 2000, mais la devise américaine reste très largement la première monnaie de réserve. Au premier trimestre 2026, sa part est même remontée à 57,13%, contre 56,42% au trimestre précédent. La dédollarisation existe donc comme mouvement de diversification progressive, mais elle ne signifie pas encore l’effondrement imminent du système monétaire dominé par les États-Unis. L’achat d’or peut néanmoins permettre d’intégrer un actif tangible dans une stratégie de diversification face aux évolutions monétaires mondiales.

La dédollarisation est-elle réellement en marche ?

La dédollarisation désigne la réduction progressive de la dépendance à l’égard du dollar dans les réserves de change, le commerce international, les paiements transfrontaliers et les émissions de dette. Plusieurs pays cherchent effectivement à développer des règlements dans leurs monnaies nationales, à renforcer leurs systèmes de paiement régionaux et à limiter leur exposition aux sanctions financières américaines. La Chine, la Russie, l’Inde et plusieurs économies émergentes ont multiplié les accords destinés à faciliter les échanges hors dollar. Cependant, la création d’une véritable alternative mondiale nécessite bien davantage qu’une volonté politique : il faut une monnaie liquide, un marché obligataire profond, un système juridique crédible, une circulation internationale importante et des actifs sûrs en quantité suffisante. À ce jour, aucune devise ne réunit simultanément toutes ces conditions mieux que le dollar. Les métaux précieux offrent une possibilité de diversification qui ne dépend pas directement de la domination d’une monnaie nationale.

Le recul relatif du dollar doit également être interprété avec prudence. Sa part dans les réserves mondiales était supérieure à 70% au début du siècle, alors qu’elle se situe désormais autour de 57%. Cette évolution traduit une diversification réelle, mais elle ne prouve pas que les banques centrales abandonnent massivement les actifs américains. Une partie des variations trimestrielles provient des effets de change et de la valorisation des portefeuilles, et non de ventes nettes de dollars. De plus, le dollar reste au cœur du financement international, du marché des obligations d’État et des échanges de matières premières. Le scénario le plus probable n’est donc pas une disparition brutale de la monnaie américaine, mais une érosion graduelle de son privilège monétaire, accompagnée d’un système plus fragmenté et plus concurrentiel. Dans ce système monétaire plus diversifié, l’or conserve une fonction de réserve indépendante des décisions d’un gouvernement.

Pourquoi les banques centrales achètent-elles de l’or ?

Le rôle croissant de l’or dans les réserves officielles constitue l’un des arguments les plus solides en faveur de la thèse de la dédollarisation. Depuis plusieurs années, les banques centrales achètent davantage de métal précieux afin de diversifier leurs actifs, de réduire certains risques géopolitiques et de limiter leur exposition aux éventuels gels de réserves. L’or présente une caractéristique particulière : il ne constitue la dette d’aucun État et ne dépend pas de la solvabilité d’un émetteur. Cette propriété explique son attrait lorsque les tensions internationales augmentent ou lorsque la confiance dans les institutions financières se dégrade. Pour autant, l’achat d’or par les banques centrales ne signifie pas nécessairement qu’elles souhaitent remplacer intégralement le dollar ; il s’agit souvent d’une stratégie de rééquilibrage des réserves. L’or physique peut répondre à cette même logique de diversification patrimoniale, à condition d’être acheté avec un horizon adapté.

Les données du World Gold Council illustrent l’ampleur de cette demande officielle. En 2025, les banques centrales ont acheté environ 863 tonnes d’or nettes, un volume inférieur aux niveaux supérieurs à 1 000 tonnes observés au cours des trois années précédentes, mais encore très élevé par rapport à la moyenne de la période précédant 2022. Dans le même temps, la demande mondiale totale d’or a atteint un record de 5 002 tonnes, soutenue notamment par l’investissement et les fonds négociés en Bourse. Cette dynamique contribue à renforcer le socle structurel du marché, même si le cours de l’or reste soumis aux taux d’intérêt réels, aux prises de bénéfices, à la vigueur du dollar et à la conjoncture économique. Consultez le catalogue d’or et d’argent pour comparer les possibilités d’achat de métaux précieux.

La dette américaine au cœur des inquiétudes

Gerald Celente insiste sur la dette américaine, qu’il considère comme le principal facteur de vulnérabilité du système financier. L’enjeu est réel : la dette fédérale augmente rapidement et le gouvernement doit refinancer régulièrement une grande quantité de titres arrivant à échéance. Lorsque les taux d’intérêt progressent, le coût du service de la dette augmente progressivement, ce qui réduit la capacité des autorités à financer de nouvelles dépenses sans alourdir encore les déficits. À la fin du deuxième trimestre 2026, la dette fédérale détenue par le public dépassait 31 000 milliards de dollars selon les données disponibles, tandis que la dette brute totale approchait 40 000 milliards de dollars. Ces montants ne conduisent pas automatiquement à une faillite des États-Unis, mais ils rendent le pays plus sensible à une hausse durable des rendements obligataires. L’or est souvent étudié comme actif de diversification lorsque les investisseurs s’interrogent sur la soutenabilité des dettes publiques.

La question essentielle n’est pas seulement le montant absolu de la dette, mais la relation entre la croissance économique, les recettes fiscales, les dépenses publiques et le taux moyen payé par le Trésor. Si l’économie progresse suffisamment vite et si le coût réel de l’emprunt reste contenu, la dette peut demeurer gérable malgré son niveau élevé. En revanche, une combinaison de déficits persistants, de taux élevés et de croissance faible pourrait provoquer une hausse continue de la prime exigée par les investisseurs. Cette situation exercerait une pression sur les obligations américaines et pourrait alimenter une inflation plus durable si les autorités choisissaient de laisser la monnaie se déprécier pour alléger le poids réel de la dette. C’est cette possibilité, davantage que la seule taille de la dette, qui nourrit les craintes autour de l’avenir du dollar. Dans une allocation équilibrée, les métaux précieux peuvent compléter les liquidités et les obligations, sans se substituer à une analyse globale du risque.

Le lien entre guerres, déficits et inflation

Dans l’entretien, Gerald Celente établit un lien direct entre la politique étrangère américaine, les dépenses militaires et l’affaiblissement de la classe moyenne. Son argument repose sur une mécanique connue : lorsqu’un État finance durablement des dépenses supérieures à ses recettes, il doit augmenter les impôts, réduire d’autres dépenses ou emprunter davantage. Si les dépenses militaires progressent dans un contexte déjà marqué par des déficits élevés, elles peuvent accentuer la pression sur les finances publiques. Cela ne signifie pas que chaque conflit provoque automatiquement l’effondrement d’une monnaie, mais une multiplication des engagements extérieurs peut compliquer la gestion budgétaire et renforcer l’incertitude économique. Les marchés évaluent alors simultanément le risque géopolitique, le risque d’inflation et le risque de refinancement de la dette. L’or et l’argent sont suivis par les investisseurs lorsque les tensions géopolitiques et les risques budgétaires se renforcent.

Il faut néanmoins éviter les raccourcis historiques. Affirmer qu’une guerre serait systématiquement déclenchée pour détourner l’attention des difficultés économiques relève davantage d’une lecture politique que d’une démonstration économique. Les conflits résultent généralement d’un ensemble de facteurs diplomatiques, militaires, énergétiques et stratégiques. En revanche, il est exact qu’une période de tensions internationales peut provoquer une hausse des dépenses publiques, perturber les échanges commerciaux, renchérir l’énergie et accroître la volatilité des marchés. Pour les ménages, les conséquences sont concrètes : hausse du coût de la vie, diminution du pouvoir d’achat, incertitude sur l’emploi et baisse éventuelle de la valeur réelle de l’épargne liquide. La détention de métaux précieux peut être envisagée comme une protection partielle contre certains risques monétaires et géopolitiques.

Le yen, les obligations et la fragilité du système

L’entretien relie également la dédollarisation à l’intervention américaine destinée à soutenir le yen. Cette opération montre que les grandes devises sont désormais étroitement liées les unes aux autres. Une forte baisse du yen peut favoriser le carry trade, c’est-à-dire l’emprunt en monnaie japonaise à faible coût pour investir dans des actifs étrangers mieux rémunérés. Mais si le yen rebondit brutalement ou si les taux japonais progressent, les investisseurs peuvent être obligés de déboucler ces positions. Ils vendent alors des actions et des obligations étrangères pour racheter des yens, ce qui peut provoquer une hausse de la volatilité sur les marchés mondiaux. Le risque ne se limite donc pas au Japon : il concerne aussi les actifs américains détenus par les investisseurs japonais et les fonds internationaux utilisant le yen comme monnaie de financement. L’achat d’or peut contribuer à diversifier une épargne trop concentrée sur les marchés obligataires ou les devises.

Cette interdépendance explique pourquoi le marché obligataire américain est surveillé avec autant d’attention. Si le Japon ou d’autres grands détenteurs étrangers vendaient une part importante de leurs bons du Trésor pour soutenir leur monnaie, le prix des obligations pourrait reculer et leurs rendements augmenter. Or, une hausse des rendements américains renchérit le financement du gouvernement, mais aussi celui des entreprises et des ménages. Les taux des crédits immobiliers, des prêts professionnels et de nombreux actifs financiers évoluent en partie en fonction de cette référence. Une intervention destinée à stabiliser une devise étrangère peut donc avoir des conséquences indirectes sur le financement de l’économie américaine. Cette réalité ne prouve pas l’existence d’un effondrement imminent, mais elle confirme la sensibilité du système aux mouvements de capitaux internationaux. Dans un environnement de taux et de devises instables, les métaux précieux peuvent apporter une composante différente aux placements traditionnels.

La Chine peut-elle remplacer les États-Unis ?

Gerald Celente présente le XXIe siècle comme le « siècle chinois », en s’appuyant sur les progrès de Pékin dans les véhicules électriques, les batteries, les panneaux solaires, les infrastructures et l’intelligence artificielle. La Chine dispose effectivement d’une base industrielle considérable, d’un vaste marché intérieur et d’une position dominante dans plusieurs chaînes d’approvisionnement stratégiques. Elle joue aussi un rôle central dans le traitement de certaines terres rares et dans la fabrication de nombreux composants technologiques. Cette puissance industrielle donne à Pékin un levier géopolitique important, notamment lorsque les relations commerciales avec Washington se détériorent. Toutefois, la puissance économique chinoise ne suffit pas à transformer automatiquement le yuan en monnaie de réserve mondiale dominante. L’or peut constituer un actif complémentaire pour les investisseurs souhaitant réduire leur dépendance à l’évolution d’une seule puissance économique.

Le yuan demeure soumis à des contrôles de capitaux et son marché financier reste moins ouvert que celui des États-Unis. Les investisseurs internationaux recherchent non seulement une monnaie stable, mais aussi la possibilité d’acheter et de vendre rapidement des actifs dans un cadre juridique prévisible. Le dollar bénéficie encore d’un réseau financier exceptionnel, d’un marché de dette souveraine très profond et d’une utilisation mondiale dans les contrats commerciaux et financiers. La montée de la Chine peut donc réduire la part relative des États-Unis sans provoquer immédiatement leur remplacement. Le scénario le plus crédible est celui d’une concurrence accrue entre plusieurs pôles monétaires, avec un rôle plus important du yuan, de l’euro, de l’or et des monnaies régionales. Dans un monde financier multipolaire, l’or conserve l’avantage de ne pas dépendre directement d’un émetteur souverain.

L’intelligence artificielle prépare-t-elle une nouvelle bulle ?

Autre thème central de l’entretien : la crainte d’un effondrement des valeurs liées à l’intelligence artificielle. Gerald Celente compare l’enthousiasme actuel autour de l’IA à la bulle Internet de la fin des années 1990. Le parallèle mérite d’être examiné, car les marchés peuvent effectivement intégrer des anticipations de croissance très ambitieuses avant que les bénéfices réels ne justifient les valorisations. Les investissements dans les centres de données, les semi-conducteurs, les réseaux électriques et les logiciels spécialisés nécessitent des montants considérables. Si les recettes attendues ne progressent pas assez vite, certaines entreprises pourraient devoir réduire leurs dépenses, lever des capitaux à des conditions moins favorables ou abandonner des projets. Une correction brutale dans le secteur technologique pourrait alors se transmettre aux indices boursiers et au crédit. Les métaux précieux peuvent représenter une diversification face à une exposition excessive aux actions technologiques et aux secteurs de croissance.

Il serait néanmoins excessif de conclure que toute l’intelligence artificielle constitue une bulle sans valeur économique. Les technologies peuvent améliorer la productivité, automatiser certaines tâches et créer de nouveaux marchés, même si certaines entreprises sont surévaluées. Le risque réside principalement dans l’écart entre les promesses commerciales et la rentabilité réellement générée. Comme lors de la bulle Internet, les investisseurs devront distinguer les entreprises capables de transformer leurs innovations en flux de trésorerie des sociétés dont la valorisation repose surtout sur un récit séduisant. L’issue dépendra également du coût de l’énergie, de l’accès aux composants, de la réglementation et de la capacité des entreprises à intégrer ces outils dans leurs activités. Une diversification vers l’or et l’argent peut aider à équilibrer un portefeuille fortement exposé aux valeurs technologiques, sans supprimer le risque de marché.

La « plus grande dépression » est-elle inévitable ?

La prévision d’une « plus grande dépression » doit être considérée comme un scénario d’alerte, et non comme une certitude. Une crise économique d’une ampleur comparable à celle des années 1930 nécessiterait probablement la combinaison de plusieurs chocs : effondrement du crédit, crise bancaire, contraction de la demande, chômage massif, déflation ou inflation incontrôlée et incapacité des autorités à stabiliser le système. Les niveaux d’endettement actuels sont préoccupants, mais les gouvernements et les banques centrales disposent également d’outils qui n’existaient pas dans les mêmes proportions en 1929. Ces instruments ne garantissent pas l’absence de crise et peuvent créer de nouveaux déséquilibres, mais ils rendent les comparaisons historiques plus complexes. Dans une logique de protection patrimoniale, l’or peut être considéré comme une réserve de valeur potentielle, sans garantie de performance à court terme.

Le véritable danger pourrait plutôt prendre la forme d’une longue période de stagnation, d’inflation persistante et de croissance faible. Dans ce scénario, le pouvoir d’achat recule progressivement, les taux d’intérêt réels restent difficiles à anticiper et les actifs financiers deviennent plus volatils. Les ménages qui conservent toute leur épargne en liquidités peuvent subir l’érosion monétaire, tandis que ceux qui investissent exclusivement dans les actions ou les obligations deviennent vulnérables à une correction. La réponse ne consiste pas nécessairement à vendre tous ses actifs ou à parier sur l’effondrement du dollar, mais à construire une allocation diversifiée, cohérente avec son horizon, ses besoins de liquidité et sa tolérance au risque. L’or et l’argent peuvent s’inscrire dans cette réflexion de diversification, après comparaison des produits, des primes et des conditions de conservation.

Ce que les investisseurs doivent surveiller

Pour évaluer la réalité de la dédollarisation et le risque d’une crise majeure, plusieurs indicateurs méritent une attention particulière. Il faut suivre la part du dollar dans les réserves de change, les achats d’or des banques centrales, les rendements des obligations américaines, l’évolution de la dette fédérale, les flux vers les fonds obligataires et la progression des règlements commerciaux dans d’autres monnaies. Il est également utile de surveiller le dollar contre l’euro, le yen et le yuan, car une faiblesse durable de la devise américaine ne se mesure pas uniquement par son cours face à une monnaie donnée. Enfin, le prix de l’or doit être analysé avec prudence : une hausse peut signaler une demande de protection, mais aussi résulter d’une baisse des taux réels, d’achats spéculatifs ou d’un mouvement de couverture. Découvrez les différentes possibilités d’achat d’or et d’argent pour approfondir votre analyse des actifs tangibles.

Le message de Gerald Celente est donc utile comme signal d’alerte, mais il ne doit pas être repris sans vérification. Oui, la dette américaine est élevée, les banques centrales diversifient leurs réserves et la Chine conteste davantage la prééminence de Washington. Oui, l’or bénéficie d’un soutien structurel lié aux achats officiels et aux préoccupations géopolitiques. En revanche, le dollar reste la principale monnaie de réserve mondiale et aucune alternative ne dispose encore de la même profondeur financière. La « mort du dollar » n’est donc pas un événement établi ; il s’agit plutôt d’un risque de perte progressive de son monopole relatif, dans un monde où l’or, les monnaies régionales et les systèmes de paiement concurrents prennent une place croissante. Pour accompagner cette réflexion, consultez le catalogue consacré à l’or et à l’argent.

Article d’analyse générale ne constituant pas un conseil en investissement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout achat d’or ou d’argent doit être étudié en fonction de l’horizon de placement, des frais, de la fiscalité, des conditions de conservation et de la situation personnelle de l’investisseur. Consultez les offres disponibles en métaux précieux avant toute décision.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici


LES PLUS POPULAIRES 🔥