Vendredi 23 octobre 2026, l’agence de notation Moody’s a maintenu la note souveraine de la France à Aa3, accompagnée d’une perspective négative, alors qu’une dégradation vers A1 était largement attendue par les analystes et les marchés. Une décision qui a soulagé le gouvernement, mais qui a provoqué la colère de l’économiste Marc Touati. Pour lui, ce maintien constitue « un véritable scandale, doublé d’une supercherie », car il intervient alors que la dette publique française atteint 119% du PIB, que le déficit reste très au-dessus de la limite européenne de 3% et que la France emprunte désormais à plus de 5% sur dix ans. Dans ce contexte d’incertitude budgétaire, la protection du pouvoir d’achat et de l’épargne devient une préoccupation centrale, ce qui explique l’intérêt croissant pour l’achat de pièces d’or comme le 20 francs Napoléon tête nue, valeur refuge historique recherchée en période de défiance financière.
Moody’s justifie son choix par une hypothèse très précise : l’agence considère que le budget 2027 réduira le déficit, que les coûts de financement se stabiliseront et que les tensions sociales s’apaiseront dans les mois à venir. Autrement dit, la note Aa3 ne repose pas uniquement sur la situation présente de la France, mais aussi sur la confiance accordée à un budget qui n’est pas encore adopté. Marc Touati estime que cette lecture est intenable, car les chiffres disponibles montrent déjà un dérapage des comptes publics, une dette qui explose, une croissance faible et un budget 2027 qu’il juge non crédible. Pour les épargnants qui redoutent une aggravation de la situation, la diversification vers des actifs tangibles prend alors tout son sens, notamment via l’achat de pièces d’or, format liquide, reconnaissable et transmissible.
Le cœur de la critique de Marc Touati porte sur ce qu’il appelle un « aléa moral ». En langage simple, il s’agit d’une situation dans laquelle un acteur peut continuer à prendre des risques parce qu’il ne subit pas de conséquence immédiate. Selon lui, en refusant de dégrader la France malgré des déficits persistants, une dette croissante et des taux d’intérêt en forte hausse, Moody’s envoie un message dangereux : la France pourrait continuer à déraper sans sanction. Cette absence de punition immédiate risque, selon l’économiste, d’encourager l’inaction budgétaire et de repousser les réformes nécessaires. Face à ce risque de dérive des finances publiques, de nombreux Français cherchent à sécuriser une partie de leur patrimoine, et l’achat de lingots d’or apparaît comme une solution concrète pour détenir un actif qui ne dépend pas de la signature d’un État.
Le raisonnement de Marc Touati s’appuie aussi sur les antécédents de Moody’s. Il rappelle que l’agence avait attribué la note triple A à des dettes adossées aux subprimes peu avant l’éclatement de la crise financière de 2008, avant que ces titres ne perdent une grande partie de leur valeur. Il évoque également la Grèce en 2009 : selon lui, Moody’s avait tardé à dégrader le pays alors que les signaux de fragilité étaient déjà visibles, avant de procéder à une dégradation brutale lorsque la crise était devenue évidente. Son argument est clair : une agence de notation doit alerter avant la tempête, pas constater le naufrage une fois qu’il a eu lieu. Cette méfiance envers les promesses institutionnelles nourrit aujourd’hui la demande pour le 20 francs Napoléon tête nue, pièce d’or française à la fois accessible, historique et recherchée par les investisseurs particuliers.
Le paradoxe soulevé par Marc Touati est frappant : la France conserve une meilleure note chez Moody’s que chez Fitch et Standard & Poor’s, qui la classent à A+, soit un cran en dessous, mais elle affiche en même temps le taux d’emprunt à dix ans le plus élevé de la zone euro. Le 21 octobre 2026, le rendement de l’OAT française à dix ans a franchi le seuil symbolique de 5% pour la première fois depuis 2002, atteignant 5,005% en séance. Ce niveau était supérieur à celui de l’Italie, de la Grèce et de l’Espagne à la même période, alors même que ces pays disposent de notes souveraines moins favorables que la France chez Moody’s. Pour l’économiste, cette divergence entre la note officielle et le verdict des marchés prouve que les investisseurs ont déjà « dégradé » la France dans les faits. C’est précisément ce climat qui pousse les ménages à s’intéresser à l’or physique sous forme de pièces pour réduire leur exposition à la dette souveraine.
Les chiffres donnent une mesure concrète de l’inquiétude. Selon l’Insee, le déficit public français s’élevait à 5,1% du PIB en 2025, tandis que la dette publique atteignait 115,6% du PIB en fin d’année. Au deuxième trimestre 2026, la dette a encore progressé pour atteindre environ 119% du PIB, soit près de 3 596 milliards d’euros. Le déficit prévu pour 2026 est estimé à 5,4% du PIB, très loin de la règle européenne des 3%. Dans le même temps, la charge de la dette a atteint 64,7 milliards d’euros en 2025 et pourrait approcher 100 milliards d’euros en 2029 selon la Cour des comptes. Dans un tel environnement, l’or redevient un sujet de société : acheter un lingot d’or permet de détenir un actif universellement reconnu, hors du système bancaire et des promesses de remboursement des États.
Une décision qui « déjoue les pronostics »
La décision de Moody’s constitue une surprise majeure. La plupart des économistes attendaient un abaissement de la note française à A1, ce qui aurait aligné l’appréciation de Moody’s sur celle de Fitch et de Standard & Poor’s. L’agence a pourtant choisi de conserver Aa3, tout en maintenant une perspective négative. Cette perspective signifie que le risque d’une dégradation lors d’une prochaine évaluation demeure pleinement présent. Moody’s précise elle-même que sa publication n’annonce pas une action de notation et ne constitue pas une indication sur la probabilité d’une action future. Le gouvernement a immédiatement salué une décision présentée comme la reconnaissance de la solidité de l’économie française et de la crédibilité du projet de budget 2027.
Pour Marc Touati, ce soulagement officiel est précisément le problème. Il estime que la France reçoit un « répit » sans avoir corrigé les déséquilibres fondamentaux de ses finances publiques. La note reste élevée, mais la réalité des marchés est différente : la France paie désormais un prix très élevé pour se financer. Le rendement de l’OAT à dix ans a même atteint 5,14% le 22 octobre, son plus haut niveau depuis 2002, tandis que l’écart avec le Bund allemand dépassait 170 points de base, un niveau jamais vu depuis 2011. Pour l’économiste, ces signaux démontrent que la confiance des investisseurs s’érode, indépendamment des décisions des agences de notation.
La France, mauvaise élève de la zone euro
Marc Touati avance un chiffre particulièrement accablant : selon lui, la France n’a pas respecté son engagement de maintenir le déficit public sous 3% du PIB pendant 22 années sur les 25 dernières, soit depuis 2002. Il compare cette performance à celle de la Grèce et de l’Espagne, qui n’auraient pas respecté cette règle que pendant 16 ans sur la même période. Son constat est sans appel : la France serait devenue l’une des mauvaises élèves de la zone euro en matière de discipline budgétaire. Il estime que le maintien de sa note par Moody’s revient à récompenser ce comportement, au détriment des pays qui ont fait des efforts pour réduire leurs déficits.
Cette critique rejoint une réalité statistique vérifiable. Le déficit public français était encore de 5,1% du PIB en 2025, après 5,8% en 2024, selon les premières estimations de l’Insee. Malgré une amélioration technique par rapport à 2024, le déficit reste donc très nettement supérieur au seuil de 3% fixé par les règles budgétaires européennes. La dette, elle, poursuit sa progression : elle est passée de 115,6% du PIB fin 2025 à 117,5% au premier trimestre 2026, puis à environ 119% au deuxième trimestre. Pour les épargnants, cette trajectoire soulève une question simple : comment un État pourra-t-il rembourser une dette toujours plus lourde avec des taux d’intérêt qui augmentent ?
Le budget 2027 au centre du désaccord
Moody’s conditionne explicitement son maintien de note à l’adoption d’un budget 2027 réduisant le déficit. C’est le point qui cristallise la colère de Marc Touati. Selon lui, le gouvernement fonde ses projections sur un taux d’intérêt moyen de 4,3% pour la dette publique, alors que la France emprunte déjà à environ 5% sur le marché à dix ans. Pour l’économiste, cette différence n’est pas un détail technique : elle suffit à rendre le budget caduc avant même son vote, car les charges d’intérêts seront plus élevées que prévu. Il ajoute que les hypothèses de croissance et de chômage retenues dans le budget lui paraissent également trop optimistes.
Le problème est d’autant plus sensible que l’Agence France Trésor prévoit un programme d’emprunts record de 340 milliards d’euros en 2027, soit 28 milliards de plus qu’en 2026. Chaque point de pourcentage supplémentaire payé sur les nouvelles émissions alourdit mécaniquement la facture future. La charge de la dette, déjà de 64,7 milliards d’euros en 2025, pourrait donc continuer à grimper, réduisant la marge budgétaire disponible pour les dépenses publiques essentielles. C’est ce mécanisme que Marc Touati décrit comme un cercle vicieux : plus la France tarde à réduire son déficit, plus elle paie cher son financement, et plus la réduction du déficit devient difficile.
Moody’s protège-t-elle le gouvernement ?
Interrogé sur les raisons possibles de cette clémence, Marc Touati ne retient pas une explication économique solide. Il évoque une possible « connivence » ou un accord avec le gouvernement, tout en reconnaissant que l’incompétence pourrait aussi être une explication. Il souligne que Moody’s fonde sa décision sur l’espoir que le budget 2027 produira une baisse du déficit et que « tout va bien se passer dans le meilleur des mondes ». Pour lui, une agence sérieuse ne devrait pas bâtir une note souveraine sur des hypothèses aussi fragiles, alors même que les taux d’intérêt contredisent déjà les prévisions officielles.
Cette accusation doit être comprise comme l’opinion exprimée par Marc Touati, et non comme un fait établi. Moody’s, de son côté, présente sa décision comme une évaluation fondée sur des conditions précises : adoption d’un budget de consolidation, modération des coûts de financement et apaisement des tensions sociales. L’agence conserve toutefois une perspective négative, ce qui signifie qu’elle ne donne pas un blanc-seing au gouvernement. Si le budget 2027 n’est pas adopté, si le déficit ne baisse pas ou si les tensions financières persistent, la probabilité d’une dégradation à A1 augmentera fortement lors de la prochaine revue semestrielle.
Les marchés ont déjà rendu leur verdict
Le point le plus important de l’analyse de Marc Touati est peut-être celui-ci : les marchés financiers ont déjà dégradé la France, même si Moody’s ne l’a pas fait officiellement. Un taux d’emprunt à 5% sur dix ans n’est pas un simple chiffre abstrait. Il traduit le prix exigé par les investisseurs pour prêter de l’argent à l’État français pendant dix ans. Plus ce taux est élevé, plus le marché considère le risque de défaut, d’inflation ou d’instabilité budgétaire comme important. Or, la France affiche désormais un rendement à dix ans supérieur à celui de l’Italie, de la Grèce et de l’Espagne, des pays traditionnellement perçus comme plus fragiles sur le plan budgétaire.
Cette situation crée une contradiction difficile à ignorer. La France conserve une note Aa3 chez Moody’s, mais elle emprunte plus cher que des pays moins bien notés par cette même agence. Pour Marc Touati, cette inversion du rapport normal entre note et taux d’intérêt montre que la notation officielle ne reflète plus la réalité perçue par les investisseurs. Il en conclut que la France risque de continuer à déraper, notamment sur le budget 2027, et que la sanction des marchés finira par être encore plus brutale lorsque la réalité budgétaire deviendra impossible à contourner.
La cavalerie arrive après la bataille
Pour conclure son intervention, Marc Touati utilise une image forte : les agences de notation seraient comme la cavalerie dans un western américain, elles « arrivent toujours après la bataille ». Son reproche est simple : au lieu de prévenir les investisseurs et les gouvernements avant qu’il ne soit trop tard, elles confirment souvent la crise lorsqu’elle est déjà en cours. Il cite les subprimes et la Grèce comme exemples de ce qu’il considère comme un échec répété de la fonction d’alerte. Selon lui, une agence de notation doit avoir le courage de dégrader un pays lorsque les fondamentaux se dégradent, même si cette décision est politiquement inconfortable.
Le risque, selon lui, est double. D’un côté, le maintien de la note peut encourager le gouvernement à différer les efforts budgétaires. De l’autre, lorsque la dégradation finira par intervenir, elle risque d’être plus violente et de « mettre de l’huile sur le feu » sur les marchés obligataires. Une hausse supplémentaire des taux renchérirait le financement de l’État, pèserait sur l’immobilier, les entreprises et l’économie réelle, et pourrait fragiliser davantage la confiance dans la dette française. C’est ce scénario anxiogène qui explique pourquoi l’or revient au centre des stratégies patrimoniales, notamment à travers le 20 francs Napoléon tête nue, pièce d’or historique particulièrement recherchée par les investisseurs français.
Ce que cela signifie pour les épargnants français
Pour un épargnant, la leçon est directe : une note souveraine élevée ne garantit pas l’absence de danger. La France conserve Aa3 chez Moody’s, mais ses taux d’emprunt atteignent des niveaux inédits depuis plus de vingt ans, sa dette progresse vers des sommets historiques et son déficit reste très supérieur au seuil européen. La perspective négative rappelle que le répit obtenu peut être de courte durée. Dans ce contexte, la question n’est plus seulement de savoir si la France sera dégradée, mais de savoir quand et à quel prix.
C’est dans ce climat que l’or physique retrouve une fonction de protection. Les pièces d’or, et en particulier le 20 francs Napoléon, permettent d’accéder à un actif tangible, divisible, liquide et reconnu internationalement. Les lingots offrent une autre approche, généralement privilégiée pour des montants plus importants. Aucun actif ne supprime le risque, mais l’or permet de ne pas détenir exclusivement des promesses de remboursement émises par des États endettés. Pour les investisseurs qui souhaitent explorer concrètement cette solution, l’achat de pièces d’or constitue une porte d’entrée directe vers l’or physique.
Ce qu’il faut retenir
La décision de Moody’s n’est pas une validation sans réserve de la politique budgétaire française : c’est un sursis conditionnel, fondé sur l’espoir d’un budget 2027 crédible et d’une baisse effective du déficit. Marc Touati considère, lui, que ce sursis est injustifié, dangereux et trompeur, car les indicateurs disponibles — dette à 119% du PIB, déficit supérieur à 5%, OAT à dix ans au-dessus de 5% — contredisent déjà les hypothèses retenues par l’agence. Le débat est donc ouvert : Moody’s a choisi de donner du temps à la France, mais les marchés, eux, semblent déjà avoir perdu patience.