L’or pourrait atteindre 10 000 dollars l’once d’ici la fin de l’année 2029, selon le colonel Douglas Macgregor, qui estime que le monde entre dans un supercycle des matières premières porté par la crise énergétique, l’escalade avec l’Iran, la fragilité de l’Europe et la perte de crédibilité du dollar américain. Dans son analyse, l’or n’est pas un simple actif financier : c’est de la monnaie, un refuge souverain et l’actif que les États et les investisseurs chercheront lorsque la confiance dans les monnaies fiduciaires s’effondrera.
Pour Macgregor, la baisse passagère du métal jaune ne doit pas être confondue avec la fin de sa hausse. Il rappelle que, lors des crises de 2007-2008 puis dans les années 1990, l’or avait également reculé avant de retrouver de la force et de poursuivre sa progression. Selon lui, l’or et les matières premières doivent être envisagés comme des placements de long terme : ceux qui paniquent après quelques semaines de baisse risquent, dit-il, de regretter d’avoir vendu au pire moment, alors que le métal jaune pourrait ensuite grimper de façon spectaculaire. C’est précisément cette logique de protection patrimoniale qui explique l’intérêt croissant pour les pièces d’or comme le 20 francs Napoléon tête nue, accessibles, liquides et reconnues historiquement comme des valeurs refuges.
Un supercycle de l’or commence, selon Macgregor
Douglas Macgregor affirme sans détour que nous sommes au début d’un supercycle des matières premières en général, et de l’or en particulier. Il ne s’agit pas, dans son raisonnement, d’une simple spéculation à court terme, mais d’un changement structurel : les tensions géopolitiques, la rareté des ressources, la dégradation des chaînes d’approvisionnement et la défiance envers le dollar créent un environnement dans lequel les actifs physiques redeviennent centraux. Dans ce contexte, l’or devient pour lui l’actif le plus important, car il ne dépend pas de la solvabilité d’un État, d’une banque ou d’une entreprise.
L’ancien colonel américain souligne que l’or a historiquement traversé des phases de correction avant de rebondir. Il cite la période 2007-2008, où le métal jaune avait d’abord reculé pendant la crise financière avant de reprendre une trajectoire haussière, ainsi que les années 1990, lorsqu’il avait lui-même choisi d’attendre que le marché touche son plancher avant de rechercher des opportunités. Son message est clair : la volatilité de court terme ne doit pas masquer la tendance de fond, et vendre sous la pression de la peur peut être une erreur majeure si le scénario de supercycle se confirme. Pour les investisseurs qui souhaitent s’exposer progressivement à ce refuge, les pièces d’or investissement constituent une porte d’entrée concrète dans l’or physique.
Pourquoi l’or pourrait atteindre 10 000 dollars
Interrogé sur le prix de l’or dans deux ou trois mois, Macgregor refuse de donner une prédiction à court terme, mais affirme qu’il serait surpris que l’once ne dépasse pas 10 000 dollars d’ici la fin de 2029. Ce chiffre est présenté comme sa conviction personnelle, fondée sur sa lecture géopolitique et monétaire du monde, et non comme une certitude mathématique. Il considère que l’or est entré dans une phase où les fondamentaux deviennent extrêmement favorables : crise énergétique, conflits, perte de confiance dans le dollar, achats massifs des banques centrales et recherche de souveraineté économique.
Cette thèse s’appuie aussi sur une réalité de marché : les banques centrales continuent d’accumuler de l’or à un rythme exceptionnel. Goldman Sachs estime que les banques centrales ont acheté 79 tonnes d’or en août 2026, soit environ 4,6 fois la moyenne mensuelle antérieure à 2022, tandis que le World Gold Council a recensé 289 tonnes d’achats nets au deuxième trimestre 2026, un record pour un deuxième trimestre. Pour Macgregor, cette accumulation n’est pas anecdotique : elle traduit la volonté des États de se protéger d’un système monétaire en mutation. Les investisseurs particuliers qui veulent suivre cette même logique de réserve de valeur peuvent examiner les lingots d’or, format privilégié pour détenir du métal physique en plus grande quantité.
L’or est de la monnaie, pas un simple placement
Macgregor formule une idée centrale : « l’or est de la monnaie ». Selon lui, le problème actuel des États-Unis est la dédollarisation : le dollar ne serait plus l’instrument crédible qu’il a longtemps été, et des acteurs de plus en plus nombreux s’en éloignent. Il anticipe une migration progressive de cette crédibilité et de ce pouvoir vers le renminbi et la Chine, tout en affirmant que celui qui possède le plus d’or disposera d’un pouvoir considérable dans la nouvelle économie.
Cette vision rejoint la stratégie observée chez plusieurs grandes puissances. Macgregor souligne que la Russie détient beaucoup d’or et que la Chine continue d’en acheter, précisément parce que le métal jaune représente, à ses yeux, l’avenir du système monétaire. Dans un monde où la puissance ne reposerait plus seulement sur la force militaire, mais aussi sur le contrôle des ressources et des réserves, l’or redeviendrait un instrument de souveraineté. C’est pourquoi il invite les investisseurs à ne pas ignorer ce signal : pour lui, celui qui n’a pas compris l’importance de l’or « a raté quelque chose de fondamental ». Une exposition simple à ce refuge peut passer par l’achat de pièces d’or, dont la valeur repose sur le métal précieux qu’elles contiennent.
La crise du pétrole ne fait que commencer
Macgregor estime que la crise pétrolière est loin d’être terminée et qu’elle va « beaucoup s’aggraver ». Son raisonnement repose sur une distinction essentielle : le pétrole brut et les produits raffinés, comme le diesel, l’essence ou le kérosène, forment des marchés liés mais distincts. Une fois le brut extrait, il doit être transporté vers des raffineries capables de le traiter, puis les produits finis doivent être stockés, acheminés par pipelines, tankers et réseaux de distribution. Une rupture à n’importe quel maillon de cette chaîne peut donc restreindre les livraisons, même lorsque du pétrole brut est disponible.
Cette analyse est corroborée par la situation actuelle du marché. L’Agence internationale de l’énergie indique que la disponibilité mondiale de gazole a diminué de 1,5 million de barils par jour au deuxième trimestre 2026, puis de 1,7 million de barils par jour au troisième trimestre, laissant les stocks épuisés avant la demande hivernale. Les prix de gros du diesel ont dépassé 200 dollars le baril à Singapour en septembre et atteint environ 220 dollars le baril en Europe et aux États-Unis, soit près du double des niveaux d’avant-crise. Pour Macgregor, cette pression sur le diesel et les carburants est l’un des moteurs majeurs de la hausse future de l’or, car elle alimente l’inflation, affaiblit les économies et pousse les investisseurs vers les actifs réels.
Le baril à 200 dollars : le scénario de Macgregor
Douglas Macgregor anticipe un baril de pétrole pouvant atteindre 200 dollars. Il explique cette perspective par la fragilité de l’ensemble de la chaîne pétrolière : raffineries endommagées, infrastructures de transport vulnérables, stocks stratégiques vidés, demande chinoise revenue sur le marché et risques croissants dans le Golfe. Selon lui, les effets de cette désorganisation ne se sont pas encore pleinement fait sentir en Amérique du Nord, mais ils vont s’intensifier.
Le contexte actuel donne du poids à cette inquiétude. L’AIE prévoit que l’offre de gazole restera insuffisante pour répondre à la demande au quatrième trimestre 2026, et estime que la reconstitution des stocks perdus pourrait ne pas commencer avant la seconde moitié de 2027. Des analystes cités par Yahoo Finance indiquent également que le marché du carburant pourrait rester tendu jusqu’au milieu de 2027, en raison des raffineries du Moyen-Orient endommagées, de la baisse des exportations russes de diesel et des perturbations du détroit d’Ormuz. Dans ce décor, Macgregor considère que l’énergie devient le point de rupture de l’économie mondiale, et que l’or constitue une protection contre cette dégradation.
L’Iran au cœur du risque géopolitique
Le colonel Macgregor décrit la trajectoire actuelle avec l’Iran comme « très inquiétante ». Il affirme que les Iraniens ont publiquement indiqué ce qu’ils feraient en cas d’attaque américaine, et il estime qu’une nouvelle intervention est probable. Selon son scénario, une escalade pourrait conduire à la destruction des infrastructures pétrolières restantes sur la côte occidentale du Golfe persique, jusqu’en Arabie saoudite, ainsi qu’à des frappes contre les usines de dessalement, avec des conséquences humanitaires et économiques considérables.
Les signaux militaires récents renforcent l’urgence de son analyse. Le Wall Street Journal rapporte que les États-Unis ont averti plusieurs pays du Golfe de se préparer à une campagne militaire courte mais intense après les élections de mi-mandat américaines du 3 novembre, tandis que des préparatifs militaires américains et israéliens sont signalés. Euronews indique que deux porte-avions américains opèrent déjà en mer d’Arabie, que le déploiement du USS Theodore Roosevelt et d’un groupe amphibie pourrait porter les effectifs américains dans la région au-delà de 20 000 personnes, et que les sorties de ravitaillement aérien ont augmenté d’environ 50% au début d’octobre par rapport à septembre. Macgregor y voit le début d’une escalade capable de faire exploser le prix de l’énergie et, mécaniquement, de renforcer l’attrait de l’or.
Diesel, agriculture et risque de famine
Macgregor élargit la crise énergétique à l’agriculture et à l’alimentation. Il affirme que la pénurie de diesel ne concerne pas seulement les transports, mais aussi les engrais et la capacité des pays à semer, récolter et nourrir leurs populations. Selon lui, l’Europe, le Japon, la Corée, le Vietnam, la Malaisie, l’Indonésie et certaines régions d’Afrique sont exposées, et il anticipe des famines dans les mois à venir dans plusieurs parties du monde faute d’engrais suffisants pour les cultures.
Cette inquiétude rejoint les données disponibles sur le marché du gazole. Un économiste agricole de Kansas State University explique que le diesel devrait rester cher pendant au moins un an, car la pénurie mondiale est plus déterminante que le seul prix du brut ; il évoque des prix possibles de 6 à 7 dollars le gallon, soit une pression durable sur les marges agricoles et, in fine, sur les prix alimentaires. Pour Macgregor, cette spirale énergie-inflation-alimentation crée un environnement de peur et d’incertitude dans lequel l’or physique redevient une protection essentielle.
L’Europe fragilisée et le retour du réel
Macgregor décrit une Europe en « chaos », avec des dirigeants qu’il juge impuissants et des populations furieuses face à des gouvernements incapables, selon lui, d’assurer sécurité, nourriture et logement. Il estime que les gouvernements européens perdent confiance et légitimité, tandis que la Russie, qu’il décrit comme victorieuse en Ukraine, n’a selon lui aucun intérêt à conclure un accord dans la précipitation.
Il affirme également que la Russie n’attaquera pas l’Europe et que la Chine n’envahira ni la Corée ni le Vietnam, estimant que ce sont les États-Unis qui seraient les catalyseurs des conflits dans ces régions. Quoi qu’il en soit de ces jugements géopolitiques, son message économique est sans ambiguïté : l’instabilité politique, la désindustrialisation, la crise énergétique et la perte de confiance dans les institutions renforcent la demande d’actifs refuges. Dans un tel environnement, l’or physique, notamment sous forme de 20 francs Napoléon tête nue, apparaît comme une réponse patrimoniale concrète à l’incertitude.
Le dollar recule, l’or avance
Pour Macgregor, la dédollarisation est l’un des phénomènes les plus dangereux pour les investisseurs occidentaux. Il estime que le dollar a perdu une partie de sa crédibilité et que le pouvoir monétaire mondial migrera inévitablement vers la Chine et le renminbi. Dans sa vision, l’or deviendra le pivot de ce nouvel ordre économique, car les États qui en détiennent le plus auront davantage de poids dans les échanges, le financement et la puissance stratégique.
Les achats record des banques centrales semblent confirmer cette dynamique. Le World Gold Council a recensé 289 tonnes d’achats nets au deuxième trimestre 2026, tandis que la Chine aurait acheté environ 20 tonnes en août, selon des données citées par des analyses de marché. Macgregor en tire une conclusion simple : l’or n’est pas une mode passagère, mais la réponse des États et des investisseurs à un système monétaire qui se recompose. Pour se protéger de cette recomposition, l’accès à l’or physique via les pièces d’or investissement devient une stratégie patrimoniale à part entière.
Ce que les investisseurs doivent retenir
La thèse de Douglas Macgregor peut se résumer en une séquence implacable : l’escalade avec l’Iran fragilise le Golfe, le Golfe fragilise le pétrole et le diesel, le diesel fragilise l’agriculture et l’industrie, l’inflation et la peur fragilisent les monnaies, et l’or devient le dernier refuge crédible. Il ne promet pas une hausse linéaire et admet lui-même ne pas pouvoir prédire le prix à trois mois, mais il affirme avec force que l’or pourrait atteindre 10 000 dollars l’once d’ici la fin de 2029.
Cette analyse doit être lue comme une projection d’un analyste géopolitique, non comme une garantie de rendement. Mais elle s’appuie sur des éléments de marché réels : pénurie mondiale de diesel, stocks épuisés, prix records du gazole, tensions autour du détroit d’Ormuz, déploiements militaires américains et achats massifs d’or par les banques centrales. Pour Macgregor, la question n’est donc plus de savoir si l’or est important, mais de comprendre pourquoi il devient incontournable : dans un monde où le dollar perd de sa crédibilité et où les ressources deviennent des armes, l’or physique reprend sa place historique de monnaie souveraine. Les investisseurs qui souhaitent agir concrètement peuvent explorer les lingots d’or ou les pièces d’or, deux formats physiques qui permettent de détenir directement le métal que Macgregor considère comme l’actif de l’avenir.