Charles Sannat: « La BCE met en garde contre… La bulle immobilière en Europe ! »

Comme vous pouvez le voir sur la photo qui illustre cet article, le magazine Capital titre « Immobilier, la fin de la hausse c’est bientôt ».
De l’autre, Immobilier Magazine titre lui « La hausse ne fait que commencer ». C’est dans ce contexte qu’il y a quelques jours Danièle Nouy, la responsable de la supervision du secteur bancaire à la Banque centrale européenne, la BCE, a mis en garde contre le développement d’une bulle immobilière et les risques qu’elle fait peser sur l’économie européenne.

D’après l’agence de presse Reuters, « la prochaine crise en Europe pourrait venir du marché de l’immobilier, mais les banques sont mieux armées qu’il y a dix ans pour y faire face, a déclaré Danièle Nouy, la responsable de la supervision du secteur bancaire à la Banque centrale européenne, dans une interview publiée mercredi dernier.

Le niveau historiquement bas des taux d’intérêt a favorisé une envolée des prix de l’immobilier dans plusieurs villes et régions européennes, au risque de créer des bulles financières.

La prochaine crise sera à nouveau immobilière !

“Qu’est-ce qui pourrait provoquer la prochaine crise ? Je ne sais pas, mais je suspecte que ce pourrait être le marché immobilier”, a déclaré Danièle Nouy dans l’entretien accordé à l’agence de presse lettone LETA. “Nous savons avec certitude qu’il y aura une nouvelle crise. Mais nous ignorons quand et pour quelle raison.”

Philippe Herlin: La bulle immobilière mondiale grossit, prenez vos précautions Greyerz: Les prix dans l’immobilier vont s’effondrer de 75% voire jusqu’à 90% d’ici quelques années

Les banques ont, dans l’ensemble, une meilleure situation financière, mais certaines n’ont pas réussi à mobiliser suffisamment de garanties et à acquérir des liquidités supplémentaires quand elles étaient sous pression, a observé la patronne du Mécanisme de supervision unique (MSU).

“Ce qui manque encore, c’est un système de garantie des dépôts”, a-t-elle ajouté. »

La prochaine étape de la crise sera-t-elle immobilière ?

En réalité, le problème est à la fois très simple et très complexe.

Globalement, les prix de l’immobilier montent depuis maintenant 20 ans pour la simple et bonne raison qu’en 20 ans, les taux d’emprunt sont passés de 7 % pour un primo-accédant classique à des taux très proches de 0. Cette différence de taux sur des durées d’emprunt importantes, pouvant parfois dépasser les 25 ans, a permis une solvabilisation sans précédent des ménages.

Si vous empruntez 100 000 euros hors assurance et autres menus frais, à 7 %, le coût de votre crédit, enfin, le montant cumulé des intérêts, sera de 86 071 euros !!! Soit 86 % du montant emprunté.

À 1,5 %, le montant des intérêts sur 20 ans est de 15 811 euros. Un écart de 70 260 euros, ou encore de 70 %, sur la valeur totale du bien acheté ! C’est considérable et c’est globalement le montant de la hausse.

Les prix de l’immobilier sont donc directement corrélés aux… taux d’intérêt.

Qui fixe les taux d’intérêt ?

La Banque centrale européenne pour nous autres les Européens. Bien que le taux soit le paramètre le plus important, pour apprécier les risques, notamment bancaires, il y a de nombreux autres critères à prendre en considération pour affiner une analyse.

Thami kabbaj: “Les prix de l’immobilier vont-ils s’effondrer ?” Charles Sannat: “Voilà pourquoi le krach obligataire va avoir lieu et pourquoi il est inéluctable.”

Il va se passer des choses, des choses importantes sur le marché immobilier dans les prochains mois et dans la lettre STRATÉGIES de septembre (abonnez-vous ici par millions de lecteurs pour soutenir le site), nous parlerons évidemment des perspectives du marché immobilier français et nous essaierons de trancher le dilemme exprimé par les unes de presse, qui font le grand écart entre début de la hausse, ou début de la fin !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

Source: insolentiaeVoir les précédentes interventions de Charles Sannat

6 commentaires

  1. Cet article est très interessant. Il emmène la reflexion vers le comportement de nos gouvernements quand la crise éclatera. Les petites gens que nous sommes ont placés leurs épargne dans la pierre….cet élan a été accentué par les taux bas imposés par les banques centrales. L heure viendra ou les pays imposeront la seule chose qu ils peuvent imposer encore plus… l immobilier. Alors, la crainte fiscale devrait augmenter les volumes des ventes, ce d autant plus que celà coincidera avec une hausse des taux. Les prix immobiliers baisseront en conséquences. Les sources de revenus des états surendettés diminueront, et ils feront probablement faillite. Quand celà éclatera, et les Vrais Riches rachèteront à peu près tous ce qu ils pourront…..la suite, à vous de l inventer.

    1. Non car « la pierre » n’est pas un placement au même titre que l’or, le BTC, le PEA, le compte bancaire épargne, la bourse, etc. : à la différence du reste… ON EN A BESOIN POUR SE LOGER !

      1. Certes, on a besoin de se loger. Mais comme les gens se rassemblent dans les grandes villes et fuient les petites villes de province, les prix de l’immobilier ne cessent de baisser dans les petites villes où des maisons à 30 000 euros avec un grand terrain ( de quoi se rendre autonome sur le plan de la nourriture et de l’électricité en plus du logement) ne trouvent pas d’acheteur et où les propriétaires ne voient pas l’intérêt de louer, la location étant devenue aujourd’hui pour eux un gouffre financier plutôt qu’un revenu. La multiplication des contrôles onéreux exigés par les nouvelles loi, les primes de l’assurance de garantie locative qui ne garantit rien en fait quand le locataire n’a plus que le RSA pour vivre , l’interdiction de faire prélever sur son compte bancaire les loyers (pourtant très bas) impayés ainsi que le remboursement du prix des réparations des dégradations qu’il a causées font que tout est à la charge du petit propriétaire sans aucun espoir pour lui d’encaisser le moindre faible loyer, donc la ruine pour le petit propriétaire s’il ne parvient pas à vendre son bien . Les petits créanciers n’ont aucune prise sur des locataires sur le point de perdre ou ayant déjà, pour la plupart, perdu leur emploi dans les rares entreprises locales qui ne sont pas encore fermées . Heureux sont les propriétaires bailleurs des grandes villes tandis que les petits propriétaires des petites villes sont actuellement l’objet d’une malédiction .

  2. Le krach immobilier, cela fait bien 20 ans que tout le monde en parle et qu’il n’arrive pas. Je me souviens des débats acharnés à propos de la bulle immobilière sur les forums boursorama…

    Le fait est que dans mon cas par exemple : revendre de l’immobilier, c’est possible… Mais quoi acheter à la place ?

    – De l’or et de l’argent oui mais j’en ai déjà et si un métal ne nécessite pas de travaux… ouf, il ne rapporte pas de loyers non plus. Et puis c’est difficile à transporter, mais l’immobilier aussi j’en conviens ! Le problème le plus important est que c’est au porteur, donc le risque de dépouillement est clairement présent, et vu que personne ne rajeunit : ce risque est d’année en année croissant ;
    – De la monnaie papier : non. Pour moi cela finira par valoir au mieux le prix du papier, l’immobilier gardant sa valeur même si le papier en vigueur change ou ne vaut plus rien ;
    – Des cryptomonnaies oui mais j’en ai aussi, et je n’en veux pas trop non plus car cela vaudra t’il au final plus que du papier ?
    – Des terrains oui mais comme l’or cela ne rapporte rien, sauf si on achète des terres cultivables ou des forets éventuellement. Bon pourquoi pas, mais ce n’est pas très liquide, c’est encore du travail et je n’y connais rien. En ce qui concerne les terrains constructibles j’en sais un peu plus : ils sont si chers qu’il me semble préférable d’acheter un bien construit et d’en rénover la construction ! De nouveau du travail…
    – Des obligations d’Etat : je n’ai aucune confiance en l’Etat !
    – Des actions : j’ai appris qu’à part miser sur un indice, on perd plus souvent qu’on ne gagne si on est Monsieur tout le monde. L’expérience m’a appris aussi que si la bourse se krache, alors l’immobilier monte… Or durant ces 20 dernières années la bourse a plus augmenté que l’immobilier alors le risque de krach ne devrait plus concerner les actions que l’immobilier.
    – Un fond proposé par ma banque : je me méfie des banques,

    Alors quoi ??? Et bien voilà pourquoi je garde mon immobilier !

    1. Pas concerné par la France.
      Par contre en Belgique dans ma région l’immobilier a pris seulement 50 % en 15 ans. Par exemple les biens qui se vendaient 150.000 € en 2003 valent à peu près 225.000 € maintenant.
      C’est une augmentation très faible car antérieurement les biens doublaient de prix tous les dix ans, et d’autant plus vu l’augmentation de la quantité de monnaie dans nos pays. Un rattrapage est donc certainement envisageable plutôt qu’un krach.
      Maintenant c’est vrai que les salaires ne suivent pas non plus, mais l’immobilier de rapport est un des seuls vecteurs où pour un particulier une fortune peut se construire grâce à l’emprunt à partir de quasi rien. Et puis comme vu plus haut : en cas de revente, le remplacer par quoi ??
      Donc pour moi mis à part une évolution négative de la démographie, l’immobilier n’est pas prêt de baisser !

      1. Non ce n’est pas vrai du tout : l’immobilier en Belgique monte très très calmement depuis 15 ans alors qu’avant il doublait tous les 10 ans.
        Bien sur il peut y avoir des écueils, mais pour l’or et les cryptos aussi ! Tout le monde connait le problème des lingots fourrés de tungstène. Et j’ai lu par exemple que 20 % des BTC émis étaient perdus pour leurs propriétaires faute de retrouver le mot de passe de leur portefeuille numérique !
        Très difficile de sortir de l’immobilier ? Mais non encore une fois … à condition d’avoir un bien de qualité (il faut acheter intelligemment !) et de ne pas vouloir la lune à la revente (certains vendeurs exagèrent et essayent un prix complètement irréaliste avant de revenir à la raison d’où les prix barrés !). Personnellement j’ai toujours lifté mes biens à vendre et vendu très vite (2 semaines en moyenne) et très bien (par moi-même pour les deux derniers pour 40 % de plus que ne les évaluaient trois agents immobiliers).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page