Le prix du carburant pourrait-il atteindre 3 euros le litre ? Philippe Casbas, représentant des pétroliers de France, refuse d’écarter cette possibilité à long terme. Dans une intervention consacrée aux conséquences du conflit, il estime que plusieurs facteurs pourraient continuer à alimenter la hausse des prix : les blocages autour du détroit d’Ormuz, les tensions annoncées en mer Rouge, la réduction de l’offre de brut et les difficultés persistantes du raffinage.
Un prix du carburant à 3 euros n’est pas exclu
Interrogé sur la possibilité de voir le carburant atteindre 3 euros le litre, Philippe Casbas adopte une position prudente. « Je serais bien imprudent de dire que c’est impossible », explique-t-il. Cette formulation ne constitue pas une annonce selon laquelle le prix atteindra nécessairement ce niveau. Elle signifie plutôt qu’un tel scénario ne peut pas être totalement écarté si la situation géopolitique et énergétique continue de se dégrader.
Le représentant des pétroliers insiste également sur la durée considérée. Selon lui, l’évolution des prix dépendra du terme retenu et de la manière dont les événements vont évoluer. À court terme, il ne prévoit pas nécessairement une envolée immédiate dans les prochaines semaines ou au cours du mois à venir. En revanche, une crise prolongée pourrait créer un environnement beaucoup plus tendu pour les marchés pétroliers.
🟡⛽️ 3€ le litre du carburant : Tous les ingrédients sont là pour que les prix continuent d’augmenter annonce Philippe Casbas, représentant des pétroliers de France 😳😳😳 pic.twitter.com/KrTNLi3CQN
— – Le Direct Info 🔴 (@LeDirectInfo) September 14, 2026
Le détroit d’Ormuz au centre des inquiétudes
Le premier facteur évoqué concerne le détroit d’Ormuz. Ce passage maritime occupe une place stratégique dans le commerce mondial du pétrole. Tout ralentissement du trafic ou toute interruption des exportations peut renforcer les craintes sur l’approvisionnement et provoquer une hausse des cours du brut.
Pour Philippe Casbas, le maintien des blocages dans cette zone constituerait l’un des éléments capables d’entretenir la pression sur les prix. Le marché ne réagit pas uniquement aux volumes réellement retirés de la circulation. Il réagit aussi au risque de pénurie, aux retards de livraison et à l’incertitude qui pèse sur les cargaisons futures.
Les tensions maritimes aggravent le risque
L’intervenant évoque également des blocages annoncés dans une autre zone maritime stratégique, désignée dans le transcript sous le nom de « Barymandep ». Cette référence semble renvoyer au contexte des routes maritimes reliant l’océan Indien et la mer Rouge, mais son identification exacte n’est pas suffisamment claire dans l’extrait fourni. Il est donc préférable de conserver cette formulation avec prudence plutôt que d’attribuer au propos une précision absente de la source.
Lorsque les navires doivent éviter certaines routes, les trajets deviennent plus longs et plus coûteux. Les compagnies peuvent supporter davantage de dépenses de carburant, d’assurance et de transport. Ces coûts supplémentaires peuvent ensuite se répercuter sur la chaîne d’approvisionnement, même lorsque le prix du pétrole brut ne progresse pas dans les mêmes proportions.
Une réduction de l’offre de brut
Philippe Casbas mentionne ensuite une « réfaction du brut », expression qui renvoie vraisemblablement à une diminution de l’offre disponible. Si les volumes produits ou exportés diminuent alors que la demande reste élevée, l’équilibre du marché devient plus fragile. Les acheteurs se retrouvent alors en concurrence pour accéder à une quantité plus limitée de pétrole.
Cette situation peut favoriser une hausse des cours internationaux. Or le prix payé à la pompe dépend en grande partie du coût du pétrole brut, même s’il intègre également les taxes, le raffinage, le transport et les marges de distribution. Une progression durable du brut peut donc exercer une pression sur les tarifs appliqués aux automobilistes.
Le raffinage constitue un autre point de tension
Le problème ne se limite pas à la production de pétrole. Le raffinage joue lui aussi un rôle essentiel. Le brut doit être transformé en essence, en gazole et en d’autres produits avant d’être distribué aux consommateurs. Si plusieurs raffineries fonctionnent au ralenti ou sont temporairement indisponibles, l’offre de carburants finis peut se réduire.
Le représentant des pétroliers évoque notamment les installations affectées par les blocages autour d’Ormuz. Il mentionne aussi des raffineries russes gravement endommagées. Ces difficultés peuvent réduire les capacités de transformation et accentuer la tension sur les produits raffinés. Dans ce contexte, le prix de l’essence ou du gazole peut augmenter même si le marché du brut ne connaît pas une envolée spectaculaire.
Pourquoi les marchés réagissent avant la pénurie
Les marchés pétroliers anticipent les risques. Les opérateurs n’attendent pas toujours qu’une pénurie apparaisse pour ajuster leurs prix. La simple perspective d’une interruption des flux peut suffire à provoquer une hausse des cours, car les acteurs cherchent à se protéger contre une éventuelle difficulté d’approvisionnement.
Cette réaction explique pourquoi les tensions géopolitiques peuvent rapidement se traduire par une augmentation du carburant. Les investisseurs évaluent la durée possible du conflit, l’ampleur des blocages, la capacité des producteurs à compenser les volumes manquants et l’état des infrastructures de raffinage. Plus ces incertitudes se prolongent, plus la volatilité augmente.
« Tous les ingrédients sont là » pour une nouvelle hausse
La conclusion de Philippe Casbas est particulièrement alarmante : « Tous les ingrédients sont là pour que la mayonnaise prenne et que les prix continuent à monter. » Cette phrase résume son analyse. Il ne décrit pas une hausse automatique vers 3 euros le litre, mais un ensemble de facteurs susceptibles de maintenir la pression sur le marché.
Le scénario dépendra donc de plusieurs variables : la durée du conflit, le rétablissement ou non des routes maritimes, les volumes de brut disponibles, l’état des raffineries et la réaction de la demande. Si ces difficultés se prolongent simultanément, les prix du carburant pourraient rester élevés ou progresser davantage.
Une alerte, pas une certitude
Le prix du carburant à 3 euros le litre reste, dans cet extrait, une hypothèse et non une prévision ferme. Philippe Casbas prend soin de rappeler que l’évolution dépendra du calendrier et des événements à venir. Cette distinction est essentielle pour comprendre correctement son intervention.
Son message demeure néanmoins clair : un conflit durable, des blocages maritimes, une offre de brut réduite et des capacités de raffinage endommagées formeraient un cocktail particulièrement défavorable. Dans ce cas, les automobilistes pourraient subir une nouvelle hausse des prix à la pompe et les ménages devraient faire face à une pression accrue sur leur budget de transport.
Ce que les automobilistes doivent surveiller
Pour mesurer le risque d’une nouvelle flambée, il faudra suivre plusieurs indicateurs : l’évolution des cours du pétrole, le trafic dans les principales routes maritimes, les annonces concernant les exportations, la disponibilité des raffineries et les décisions des grands producteurs. Ces éléments permettront de déterminer si la tension reste temporaire ou si elle s’installe dans la durée.