L’or est-il en train de vivre un retournement majeur après une envolée historique ? Alors que le métal jaune a subi une correction spectaculaire après avoir dépassé 5 500 dollars l’once au début de 2026, une question s’impose désormais aux investisseurs : le marché haussier est-il terminé, ou s’agit-il d’une correction avant une nouvelle phase de hausse ? Dans un entretien consacré aux marchés financiers, Patrick Karim, analyste associé à Northstar & Badcharts, expose une lecture technique sans complaisance : la dynamique haussière de l’or s’est affaiblie, plusieurs niveaux de support doivent être surveillés et rien ne permet d’affirmer qu’un redémarrage immédiat est acquis. Dans ce contexte, les investisseurs qui souhaitent diversifier leur patrimoine peuvent également consulter les possibilités d’achat de pièces d’or Napoléon 20 francs, un support d’investissement physique distinct des placements financiers cotés.
Le point central de l’analyse est simple : une tendance haussière de long terme ne protège pas contre une correction profonde, ni contre plusieurs mois de stagnation. Patrick Karim insiste sur la nécessité de définir son horizon d’investissement avant d’acheter un actif. Un investisseur qui souhaite conserver son or pendant cinq ou dix ans n’a pas les mêmes contraintes qu’un opérateur cherchant à profiter d’une hausse sur quelques mois. Cette distinction devient essentielle lorsque le marché perd son accélération, que les cours oscillent et que les précédents gains risquent de se réduire. Pour les épargnants qui privilégient une détention physique plutôt qu’une exposition exclusivement boursière, les solutions d’achat de pièces d’or d’investissement permettent d’examiner les caractéristiques des différents formats disponibles, sans confondre cette démarche patrimoniale avec une opération de trading à court terme.
La prudence est d’autant plus importante que les mouvements des marchés peuvent rapidement contredire les récits dominants. Selon Patrick Karim, les investisseurs qui se persuadent que l’or doit obligatoirement atteindre de nouveaux sommets peuvent finir par interpréter chaque baisse comme une anomalie temporaire, chaque résistance comme une manipulation et chaque rebond comme la preuve d’une reprise imminente. Cette attitude les empêche parfois de réévaluer objectivement leur position. L’analyste rappelle que les arguments liés à la dépréciation monétaire, aux tensions géopolitiques ou à l’endettement public ne garantissent pas une hausse immédiate du prix de l’or. Lorsqu’une correction s’installe, les détenteurs de métal physique peuvent donc comparer les différentes possibilités d’achat de lingots d’or, tout en gardant à l’esprit que le choix d’un support doit dépendre de leurs objectifs, de leur budget et de leur capacité à supporter les fluctuations du marché.
L’enjeu dépasse la seule évolution du cours de l’or. Les taux obligataires américains, les actions, le pétrole, l’argent et Bitcoin évoluent dans un environnement où les mouvements d’un marché peuvent influencer les autres. Patrick Karim souligne notamment que les taux longs peuvent connaître une correction à court terme tout en conservant une structure haussière sur une échéance plus longue. Cette distinction entre les horizons quotidien, hebdomadaire et mensuel constitue le cœur de sa méthode : un signal négatif sur un graphique ne signifie pas automatiquement que la tendance de fond est inversée, mais il interdit également de considérer la hausse comme acquise. Dans ce contexte, les investisseurs souhaitant détenir une partie de leur patrimoine sous forme de métal tangible peuvent étudier l’achat d’une pièce d’or Napoléon 20 francs, sans assimiler cet achat à une protection garantie contre toutes les pertes financières.
L’autre grande question concerne le pétrole. Patrick Karim estime que cette matière première pourrait disposer d’un potentiel de hausse important, notamment si son prix continue de rattraper son retard par rapport à l’or et aux marchés actions. Il évoque même un scénario spectaculaire dans lequel le baril pourrait atteindre 340 dollars si une configuration historique comparable se reproduisait. Ce chiffre constitue une projection technique conditionnelle, et non un objectif garanti ni une prévision certaine à une date précise. L’analyste considère que les matières premières peuvent connaître des cycles prolongés, avec des périodes de consolidation suivies de mouvements beaucoup plus puissants. Pour les investisseurs qui souhaitent conserver une exposition distincte aux métaux précieux, l’achat de pièces d’or d’investissement reste une piste à examiner séparément de toute stratégie spéculative sur l’énergie, car les deux actifs répondent à des facteurs économiques et à des risques différents.
Le dernier enseignement de l’entretien est une invitation à privilégier les niveaux techniques et les signaux observables plutôt que les certitudes. L’or doit démontrer qu’il peut stabiliser son cours, les taux obligataires doivent confirmer leur direction et le pétrole doit encore valider ses configurations de rupture avant que les scénarios les plus ambitieux puissent être considérés comme établis. Cette approche implique d’accepter qu’un actif puisse rester longtemps sans direction claire et qu’une occasion d’investissement ne soit pas nécessairement perdue parce qu’on n’a pas acheté au plus bas. Dans cette logique, les épargnants qui souhaitent diversifier leur patrimoine peuvent étudier les possibilités d’achat de lingots d’or physiques, en tenant compte des frais, des conditions de revente, du stockage et de leur horizon de détention.
L’or a perdu près de 30 % depuis son sommet : faut-il craindre la fin du marché haussier ?
Le premier constat de Patrick Karim concerne l’ampleur de la correction du métal jaune. Après avoir franchi la barre des 5 500 dollars l’once au début de 2026, l’or a connu un recul considérable. Le 29 octobre 2026, Reuters rapportait un cours au comptant proche de 4 009 dollars l’once, après une nouvelle baisse alimentée par les anticipations de hausse des taux américains. Le recul par rapport au sommet de janvier approche ainsi 27 %, selon les niveaux retenus. Cette amplitude suffit à remettre en question les anticipations les plus optimistes, même si elle ne prouve pas, à elle seule, que le marché haussier de long terme est définitivement terminé. Source : Reuters, 29 octobre 2026.
Patrick Karim explique que les investisseurs doivent avant tout déterminer ce qu’ils attendent de leur position. Ceux qui ont acheté de l’or dans l’espoir de profiter d’une tendance de plusieurs années doivent accepter la possibilité de phases de stagnation et de replis importants. En revanche, les investisseurs qui cherchent à capter une accélération haussière doivent surveiller les signaux de perte de momentum et ne pas s’accrocher à une position uniquement parce qu’elle a été rentable par le passé.
Cette différence de perspective change radicalement la manière d’interpréter la baisse. Un recul de 20 % ou de 30 % ne possède pas la même signification pour un détenteur de pièces physiques qui cherche à préserver une partie de son patrimoine sur plusieurs décennies et pour un opérateur qui a acheté après une accélération rapide dans l’espoir de réaliser une plus-value à court terme.
L’analyse de Patrick Karim repose sur un principe : la solidité d’un actif ne doit pas être jugée uniquement à partir de son histoire, de sa réputation ou des arguments qui justifient son achat. Elle doit également être évaluée à partir de son comportement réel sur les graphiques. Un actif peut rester intéressant sur le long terme tout en présentant une configuration défavorable pour les prochains mois. Inversement, une correction peut finir par créer une nouvelle occasion lorsque les vendeurs perdent leur contrôle et qu’une structure de retournement se dessine.
Le niveau des 4 000 dollars : le seuil que les investisseurs doivent surveiller
Dans l’entretien, Patrick Karim identifie les 4 000 dollars comme un support technique déterminant pour l’or. Ce niveau est particulièrement important dans son analyse quotidienne, car sa rupture pourrait ouvrir la voie à un nouveau mouvement de baisse. Il envisage alors un retour vers la zone des 3 600 dollars, qu’il présente comme une région susceptible de concentrer des échanges et de servir de support intermédiaire.
Il faut comprendre le raisonnement : un support n’est pas un plancher garanti. Il s’agit d’une zone où le prix a précédemment rencontré des acheteurs ou une résistance suffisante pour interrompre sa baisse. Si cette zone est franchie à la baisse, les opérateurs peuvent revoir leurs anticipations, les ordres de vente peuvent s’accumuler et le cours peut rechercher un nouveau niveau d’équilibre.
Le scénario de 3 600 dollars évoqué par Patrick Karim dépend donc d’une rupture effective des 4 000 dollars et de la poursuite de la faiblesse technique. Il ne s’agit pas d’une certitude. Un rebond reste possible, tout comme une phase de consolidation qui permettrait aux moyennes mobiles de se rapprocher du cours sans nouvelle chute importante.
Pour l’analyste, la question essentielle n’est pas de deviner à l’avance le point bas exact. Elle consiste à déterminer si les conditions techniques justifient encore de conserver une position à court terme. Lorsqu’un actif évolue sous ses principaux repères de tendance et ne présente aucun signal clair de retournement, il estime qu’il peut être préférable d’attendre une confirmation plutôt que de chercher à anticiper un rebond.
La moyenne mobile sur 36 mois : pourquoi cet indicateur compte autant
Patrick Karim accorde une place centrale à la moyenne mobile sur 36 mois et à la distance qui sépare le cours de cette moyenne. Cet indicateur lui sert à mesurer l’ampleur de l’accélération haussière et à repérer les phases où le prix s’éloigne excessivement de sa tendance de référence.
Lorsqu’un actif progresse rapidement et que son cours s’éloigne fortement de cette moyenne, le mouvement traduit une accélération importante. Cette situation peut accompagner une tendance haussière puissante, mais elle augmente également le risque d’une correction lorsque l’élan commence à s’épuiser. À l’inverse, lorsque la distance diminue, le marché peut entrer dans une phase de normalisation.
Selon Patrick Karim, le signal d’alerte est apparu lorsque l’or a perdu son accélération sur le graphique mensuel. Il indique que le cours a clôturé sous son indicateur de distance par rapport à la moyenne mobile à la fin d’avril 2026. Dans sa lecture, ce signal constituait un avertissement précoce : même si le prix restait alors élevé et au-dessus de certaines moyennes mobiles, la hausse ne progressait plus au même rythme.
Cette méthode ne permet pas de connaître à l’avance la profondeur exacte d’une correction. Elle sert plutôt à détecter un changement de régime. La baisse peut ensuite prendre la forme d’un mouvement rapide, d’une succession de rebonds suivis de nouveaux replis ou d’une longue consolidation pendant laquelle les moyennes mobiles rattrapent progressivement le cours.
Le piège psychologique : pourquoi les investisseurs refusent de vendre
L’un des passages les plus importants de l’entretien concerne la psychologie des investisseurs. Patrick Karim observe que beaucoup de détenteurs d’or éprouvent des difficultés à vendre après une baisse, même lorsque les signaux techniques se détériorent. Leur principale crainte est de sortir trop tôt et de voir le cours repartir immédiatement à la hausse.
À cette peur s’ajoute parfois la réticence à payer des impôts sur une plus-value déjà réalisée. L’analyste rappelle toutefois qu’une imposition liée à un gain ne signifie pas nécessairement qu’une opération était mauvaise : elle peut simplement être la conséquence d’un investissement rentable.
Le problème apparaît lorsque les investisseurs ne prennent plus leurs décisions à partir des données du marché, mais à partir de leur prix d’achat, de leurs espoirs ou des informations qu’ils consomment quotidiennement. Ils peuvent alors rechercher uniquement les analyses qui confirment leur conviction initiale, tout en écartant les éléments qui remettent leur position en question.
Patrick Karim met également en garde contre les récits selon lesquels la hausse de l’or serait inévitable parce que le système monétaire serait condamné, que le dollar devrait nécessairement s’effondrer ou que les banques centrales empêcheraient artificiellement le cours de progresser. Ces hypothèses peuvent être discutées, mais elles ne constituent pas des signaux de marché. Le prix peut évoluer à l’opposé des attentes pendant des mois, voire des années.
Son conseil est donc de définir à l’avance un horizon de détention, un niveau de risque acceptable et des critères de sortie. Cette discipline permet de réduire les décisions prises sous l’effet de la peur ou de l’euphorie.
Pourquoi le marché haussier de l’or pourrait mettre du temps à repartir
Patrick Karim ne conclut pas que l’or est condamné à baisser durablement. Il estime plutôt que la correction doit encore se développer avant qu’un nouveau mouvement haussier puisse être considéré comme suffisamment confirmé. Après une hausse exceptionnelle, le marché peut avoir besoin de plusieurs mois pour retrouver un équilibre entre acheteurs et vendeurs.
Une consolidation prolongée peut se construire de différentes manières. Le cours peut reculer davantage, osciller dans une fourchette ou effectuer plusieurs rebonds sans parvenir à franchir ses résistances. Pendant cette période, les moyennes mobiles continuent d’évoluer et peuvent progressivement se rapprocher du prix.
L’analyste souligne que les investisseurs ne doivent pas exiger du marché qu’il reproduise immédiatement les performances récentes. Une tendance de long terme peut rester intacte tout en passant par une période difficile, pendant laquelle les gains précédents sont partiellement effacés.
Cette approche implique de distinguer le potentiel fondamental de l’or de son comportement à court terme. Les achats des banques centrales, les incertitudes géopolitiques et les préoccupations concernant les finances publiques peuvent soutenir la demande, mais ils n’empêchent pas les corrections liées aux taux d’intérêt, au dollar, aux prises de bénéfices et aux flux financiers.
Le World Gold Council soulignait également, dans son rapport de juillet 2026, que l’évolution du métal dépendait de plusieurs facteurs conjoints : les risques géopolitiques, les taux, le dollar, la demande des banques centrales et le momentum des investisseurs. Source : World Gold Council, 1er juillet 2026.
Taux d’intérêt américains : une correction à court terme, mais une tendance de fond encore haussière
Le deuxième grand sujet abordé par Patrick Karim concerne les taux obligataires américains. Son analyse distingue clairement les mouvements de court terme des tendances de long terme. Sur les graphiques quotidiens et hebdomadaires, il observe une correction des rendements obligataires après une phase de progression importante. Cette faiblesse ne suffit cependant pas à invalider la configuration haussière visible sur le graphique mensuel.
L’analyste explique que les rendements des obligations à 20 et 30 ans peuvent reculer pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, tout en conservant une structure favorable à une reprise ultérieure. Les corrections intermédiaires sont fréquentes dans les tendances prolongées. Elles permettent au marché de réduire son excès de momentum avant de tenter une nouvelle progression.
Pourquoi cette question est-elle importante pour l’or ? Parce que le métal précieux ne verse pas d’intérêt. Lorsque les rendements obligataires augmentent, les placements rémunérés deviennent relativement plus attractifs, toutes choses égales par ailleurs. Cette évolution peut réduire l’intérêt relatif de l’or et exercer une pression sur son cours.
Le mécanisme n’est toutefois pas automatique. L’inflation, les risques géopolitiques, les achats des banques centrales et les mouvements du dollar peuvent modifier la relation entre les taux et le métal jaune. Le World Gold Council rappelle ainsi que les rendements réels et les anticipations monétaires sont importants, sans constituer les seuls déterminants du prix.
Patrick Karim insiste donc sur la nécessité de ne pas confondre une correction des rendements avec un retournement complet de leur tendance. Si les taux reprennent leur progression après leur phase de consolidation, cette évolution pourrait devenir un obstacle supplémentaire pour l’or.
Pétrole à 340 dollars : le scénario spectaculaire défendu par Patrick Karim
L’affirmation la plus spectaculaire de l’entretien concerne le pétrole. Patrick Karim considère que le marché énergétique pourrait disposer d’un potentiel de progression important si une configuration historique comparable à celle observée lors des grands cycles précédents venait à se reproduire.
Son raisonnement repose sur l’évolution passée des prix et sur la comparaison du pétrole avec d’autres actifs. Il rappelle notamment que le baril est passé d’environ 11 dollars en 1998 à près de 140 dollars en 2008. Cette progression illustre, selon lui, la capacité du marché pétrolier à connaître des hausses très importantes sur plusieurs années, malgré des périodes de baisse et de stagnation.
À partir de cette comparaison, l’analyste évoque la possibilité d’un pétrole à 340 dollars. Ce niveau doit être interprété comme un scénario conditionnel issu de son analyse graphique, et non comme une prévision certaine. Il ne donne pas de garantie sur le calendrier, l’ampleur du mouvement ou la possibilité que le scénario se réalise.
Patrick Karim estime également que la hausse des matières premières peut être favorisée sur le long terme par la dépréciation des monnaies fiduciaires. Lorsqu’un actif est exprimé en dollars, une baisse du pouvoir d’achat de cette monnaie peut contribuer à faire monter son prix nominal. Mais ce facteur ne suffit pas, à lui seul, à garantir une envolée du pétrole : l’offre, la demande, les stocks, la conjoncture mondiale, les conflits et les décisions des producteurs restent déterminants.
L’analyste ajoute que les graphiques pétroliers ne présentent pas encore tous les signaux qu’il souhaiterait observer pour confirmer une rupture haussière de long terme. Il envisage une phase de préparation supplémentaire, potentiellement longue, avant qu’un mouvement majeur puisse se développer.
Or contre pétrole : pourquoi le ratio pourrait favoriser l’énergie
Pour comparer deux actifs, Patrick Karim ne se contente pas d’étudier leurs prix séparément. Il observe également leur évolution relative. Le ratio pétrole-or permet de mesurer la quantité d’or nécessaire pour acheter une quantité donnée de pétrole, ou, plus généralement, de déterminer quel actif surperforme l’autre.
Lorsque le ratio augmente, le pétrole progresse relativement à l’or. Lorsqu’il diminue, l’or fait mieux que le pétrole. Cette comparaison permet d’identifier des rotations entre catégories d’actifs qui ne sont pas nécessairement visibles lorsque l’on observe leurs cours séparément.
Selon Patrick Karim, le pétrole a été fortement déprécié par rapport à l’or et pourrait amorcer un rattrapage. Il évoque une configuration où le cours du pétrole se rapproche d’une zone de rupture tandis que l’or teste un support important. Cette combinaison l’amène à considérer que l’énergie pourrait présenter un potentiel relatif plus intéressant à ses yeux.
Il souligne également que le ratio pétrole-or a montré des signes de redressement sur les unités de temps hebdomadaires. Si cette évolution se confirme, elle pourrait indiquer que le pétrole commence à surperformer le métal jaune.
Cette observation ne signifie pas que le pétrole doit nécessairement monter ni que l’or doit obligatoirement baisser. Les deux actifs peuvent progresser simultanément, reculer ensemble ou évoluer de manière divergente. Le ratio permet simplement de comparer leur performance relative.
La conclusion de Patrick Karim est que les investisseurs doivent examiner plusieurs éléments simultanément : la structure du cours de l’or, celle du pétrole et la tendance de leur ratio. C’est la convergence de ces signaux qui peut renforcer une hypothèse de rotation, sans la transformer en certitude.
Marché actions : le S&P 500 résiste, mais les petites capitalisations inquiètent
Patrick Karim se penche ensuite sur les actions américaines. Il observe que le S&P 500 évolue dans une phase latérale sur son graphique quotidien. Dans son analyse, il identifie une zone de support autour de 7 600 points et un seuil de continuation haussière proche de 7 800 points.
Ces niveaux correspondent à la configuration graphique présentée pendant l’entretien et ne doivent pas être interprétés comme des niveaux garantis ou comme des objectifs valables indépendamment de la date. Ils servent à illustrer la méthode de l’analyste : tant que le marché reste enfermé dans une fourchette, la direction de la prochaine impulsion demeure incertaine.
Patrick Karim souligne néanmoins une faiblesse plus marquée du côté des petites capitalisations américaines, représentées notamment par le Russell 2000. Selon lui, ces valeurs montrent des signes de fragilité depuis un certain temps.
Cette divergence mérite son attention. Les grands indices peuvent bénéficier de flux d’investissement importants, notamment par l’intermédiaire des fonds indiciels et des plans d’épargne. Les petites capitalisations peuvent, quant à elles, être davantage sensibles au coût du financement, au ralentissement économique et aux variations de liquidité.
L’analyste envisage deux scénarios : soit la faiblesse des petites capitalisations finit par peser sur les grands indices, soit le Russell 2000 se redresse et rejoint la dynamique des autres marchés. En l’absence de confirmation, il estime qu’il est prématuré d’affirmer qu’une correction majeure des actions est déjà engagée.
Argent métal : le Russell 2000 pourrait donner un signal important
L’argent constitue un autre élément de l’analyse de Patrick Karim. Contrairement à l’or, qui possède une forte fonction monétaire et patrimoniale, l’argent présente également des usages industriels importants. Sa demande peut donc être influencée par les anticipations de croissance économique et par l’évolution des secteurs qui utilisent ce métal.
Patrick Karim observe une corrélation entre certaines phases de l’argent et les mouvements du Russell 2000. Lorsque les petites capitalisations se redressent, l’argent peut lui aussi retrouver un élan haussier. À l’inverse, les périodes de faiblesse économique et de recul des actifs risqués peuvent peser sur les deux marchés.
Il souligne que cette relation n’est pas systématique, mais qu’elle mérite d’être surveillée. Si le Russell 2000 commence à se redresser durablement, ce mouvement pourrait contribuer à améliorer la configuration technique de l’argent.
L’analyste évoque des objectifs ambitieux de 250 à 300 dollars pour l’argent dans certains scénarios de long terme. Ces chiffres restent des projections conditionnelles et ne constituent pas des objectifs garantis. Leur réalisation dépendrait notamment de la structure du graphique, de la demande industrielle, des flux d’investissement et de la capacité du marché à confirmer une nouvelle tendance haussière.
Pour Patrick Karim, le point essentiel est de ne pas anticiper prématurément le mouvement final. Il préfère attendre qu’une base technique suffisamment large se construise avant de considérer qu’une nouvelle progression durable est en place.
Bitcoin : un marché sans direction claire, selon Patrick Karim
Bitcoin fait également partie des actifs examinés pendant l’entretien. Patrick Karim décrit une configuration marquée par une longue phase de fluctuation, sans structure suffisamment convaincante pour justifier une anticipation haussière forte.
Sur le graphique mensuel, il considère que Bitcoin évolue dans une zone d’hésitation, autour de ses moyennes mobiles. Sur le graphique hebdomadaire, il souligne que la perte d’une ligne de support haussière a affaibli la configuration et que le marché n’a pas encore construit une nouvelle structure de retournement convaincante.
L’analyste explique qu’il recherche des bases de consolidation suffisamment importantes avant de privilégier une nouvelle hausse durable. Dans sa méthode, les mouvements les plus puissants sont souvent précédés d’une longue phase de construction, pendant laquelle le marché accumule progressivement une structure de prix.
Il préfère donc attendre l’apparition de plusieurs points de support cohérents et d’une véritable rupture haussière avant de considérer que les conditions sont réunies. Un rebond ponctuel ne suffit pas à confirmer une tendance durable.
Cette approche peut conduire à manquer le début d’un mouvement rapide. Patrick Karim accepte cette possibilité : selon lui, il est préférable de ne pas participer à certaines hausses plutôt que d’entrer sur un actif dont la configuration ne correspond pas à ses critères.
Ce que cette analyse signifie pour les investisseurs
L’entretien de Patrick Karim ne se résume pas à une opposition entre un or baissier et un pétrole haussier. Il met surtout en évidence l’importance de la gestion du risque, de l’horizon d’investissement et de la comparaison entre plusieurs classes d’actifs.
L’or peut rester pertinent dans une stratégie patrimoniale tout en traversant une correction importante. Le pétrole peut présenter un potentiel de progression sans que le scénario de 340 dollars soit garanti. Les actions peuvent conserver leur tendance générale tout en montrant des faiblesses sur certaines catégories de valeurs. L’argent peut réagir aux mouvements des marchés industriels, tandis que Bitcoin peut nécessiter une phase de consolidation supplémentaire.
La méthode défendue par Patrick Karim consiste à examiner les graphiques sur plusieurs horizons, à repérer les supports et les résistances, à mesurer l’évolution du momentum et à attendre des confirmations plutôt que de prendre ses décisions à partir d’un récit séduisant.
Pour les investisseurs dans l’or physique, cette distinction est importante. Les pièces et les lingots ne répondent pas nécessairement aux mêmes objectifs que les positions de trading. Les premiers peuvent s’inscrire dans une stratégie de détention à long terme, tandis que les secondes cherchent souvent à tirer parti de mouvements de prix sur une période plus courte.
Le choix entre ces approches dépend notamment du patrimoine disponible, de la durée de détention envisagée, des besoins de liquidité, des frais de transaction et des conditions de conservation. Aucun support ne garantit une plus-value, et la diversification ne supprime pas le risque de perte.
Conclusion : l’or doit confirmer son rebond, tandis que le pétrole reste un scénario à surveiller
La conclusion de Patrick Karim est claire : l’or a perdu une partie importante de son momentum et doit maintenant démontrer sa capacité à stabiliser son cours. Les 4 000 dollars constituent le niveau technique majeur de son analyse, tandis qu’une rupture pourrait ouvrir la voie à une nouvelle baisse vers 3 600 dollars. En parallèle, les taux obligataires restent susceptibles de reprendre leur progression après leur correction actuelle, ce qui pourrait peser sur les métaux précieux.
Le pétrole représente, dans sa lecture, une autre possibilité de marché. Son prix relatif par rapport à l’or pourrait amorcer un redressement et sa configuration de long terme pourrait déboucher sur une progression importante. Le scénario d’un baril à 340 dollars demeure toutefois hypothétique et dépend de conditions techniques et économiques qui restent à confirmer.
Les actions américaines montrent des divergences entre les grands indices et les petites capitalisations. L’argent pourrait bénéficier d’un redressement du Russell 2000, tandis que Bitcoin ne présente pas encore, selon l’analyste, la base technique nécessaire à une nouvelle phase haussière durable.
Le message central est donc de ne pas confondre conviction et confirmation. Un actif peut conserver des arguments de long terme tout en étant vulnérable à court terme. À l’inverse, une correction importante ne signifie pas nécessairement que toute perspective de hausse a disparu. Pour Patrick Karim, la priorité est de suivre les niveaux de marché, de respecter son horizon d’investissement et d’éviter de prendre des décisions dictées par la peur de manquer un mouvement ou par l’espoir de retrouver rapidement les sommets précédents.