Etats-Unis: Les « Tanguy » américains n’ont jamais été aussi nombreux depuis la Grande dépression des années 30

Avons-nous échoué avec cette génération de jeunes adultes en les ayant rendus incapables de s’adapter aux dures réalités de la vie et du monde qui nous entoure ?

Selon le Wall Street Journal, le pourcentage d’Américains ayant entre 18 et 34 ans et vivant actuellement chez leurs parents n’a jamais été aussi élevé depuis 75 ans. Pour l’instant, près de 40% des jeunes adultes américains de cette tranche d’âge vivent encore avec leurs parents, et beaucoup de gens craignent que cela n’ait d’inquiétantes conséquences sur l’avenir de la nation américaine.

Aujourd’hui aux Etats-Unis, plus de 60 millions de personnes vivent dans des ménages où coexistent plusieurs générations, et c’est une bonne chose que d’avoir une famille soudée. Mais à un moment donné, les jeunes adultes doivent quitter le foyer parental et vivre leur vie, mais pour ces millions d’américains, cette prise d’indépendance est retardée voire n’arrive jamais.

Il y a beaucoup de facteurs qui entrent en jeu dans ce phénomène. Tout d’abord, l’Amérique manque d’emplois bien rémunérés malgré ce qu’on peut nous expliquer au sujet de cette fameuse « reprise économique ». Des millions de jeunes adultes américains diplômés de l’université découvrent à la sortie qu’il n’y a qu’un nombre très limité d’emplois disponibles à la hauteur de leurs années d’études. Du coup, seul un très petit nombre de ces diplômés parviennent à décrocher les emplois qu’ils souhaitaient, tandis que des millions d’autres n’y parviennent pas.

Normalement, lorsqu’une récession touche à sa fin, le pourcentage de jeunes adultes vivant avec leurs parents commence à rebaisser. Mais cela n’a pas été le cas cette fois-ci. Et c’est bien le contraire qui se produit, puisque le pourcentage de jeunes adultes vivant avec leurs parents a continué d’augmenter

La tendance actuelle va à l’encontre des cycles économiques précédents. Normalement, après un pic lié à une récession, le nombre de jeunes Américains vivant avec leurs parents baissait alors que l’économie repartait.

La conséquence, c’est que la demande de logements est beaucoup plus faible que prévu pour la génération du millénaire, la plus importante dans l’histoire des États-Unis. Le nombre d’adultes de moins de 30 ans a augmenté de 5 millions durant la dernière décennie, tandis que sur la même période, le nombre de ménages de ce groupe d’âge n’a augmenté que de seulement 200.000, selon un centre d’études de la prestigieuse université d’Harvard.

L’autre facteur important tient au fait que les Américains ne se sont jamais mariés aussi tard de leur vie et font moins d’enfants que les générations précédentes.

Autrefois, les gens se mariaient jeunes et se mettaient en ménage aussitôt et ce même si ils n’avaient pas beaucoup d’argent. Mais de nos jours, nous avons des millions de jeunes adultes célibataires qui se satisfont de rester chez leurs parents.

Il semble y avoir un réel manque de confiance en soi chez cette génération de jeunes adultes, et beaucoup les surnomment la « Génération Tanguy ». Au cours des 12 derniers mois, ce terme est devenu tellement commun que le Guardian l’a surnommé « l’insulte 2016 »

Jusqu’à très récemment, qualifier quelqu’un de Tanguy ne se faisait pas sans utiliser le mot « Génération ». Cette expression était généralement utilisée pour décrire, ou insulter, quelqu’un en fin d’adolescence ou ayant une petite vingtaine d’années. Au début du mois de Novembre, le Dictionnaire anglais Collins a ajouté « Génération Tanguy » à sa liste de mots de l’année, à côté d’autres nouveaux termes en vogue tels que « Brexit » et « hygge ». La définition donnée par le dictionnaire Collins est la suivante: « Jeunes adultes des années 2010, considérés comme étant trop susceptibles et ne supportant pas autant la critique que les générations précédentes ». Selon les sources auxquelles vous vous fiez, l’appartenance à la « Génération Tanguy » peut sembler banal aujourd’hui, mais elle peut être aussi considérée comme la génération à qui tout est dû, trop narcissique, et rejetant la critique.

Cette expression est apparue au Royaume-Uni au début de l’année 2016, après que Claire Fox, écrivaine britannique, et présidant un think Tank d’idées l’ait utilisé dans son livre, « I Find That Offensive! » pour s’adresser à une génération de jeunes gens qui selon elle est « susceptible et n’accepte pas la critique ».

Bien entendu, il y a des exceptions. J’ai quelques amis proches qui sont de jeunes adultes de cette tranche d’âge (18 – 34 ans), et qui sont vraiment des gens extraordinaires.

Mais dans l’ensemble, il semble que nous ayons lamentablement échoué avec cette génération. Sans doute parce que nous avons tendance à dorloter nos enfants dès leur plus jeune âge, tout en continuant à les protéger du danger jusqu’à 34 ans et plus alors que nous devrions les laisser gérer seuls les défis auxquels ils doivent faire face afin de s’endurcir et de mûrir.

Un autre facteur qui n’aidera pas beaucoup nos jeunes adultes à s’émanciper et à entrer dans la vie active, ce sont les dizaines de milliers de dollars d’endettement sous lesquelles ils croulent. Selon CNN, environ 70% des jeunes américains diplômés de l’université quitte la FAC avec une importante dette étudiante, et le montant moyen de cette dette est d’environ 28.950 dollars. Rembourser cette dette peut s’avérer extrêmement difficile, voire devenir un frein pour de nombreux jeunes qui essaient simplement d’entrer dans la vie active.

Etats-Unis: Chaque seconde, la dette étudiante augmente de 3 055 $ !…. Soit 7.918.560.000 $ / Mois

Etats-Unis: le niveau d’endettement des étudiants menace-t-il l’économie ?

Quand nos lycéens se cherchent un avenir, nous les encourageons vivement à aller dans les meilleurs universités, et nous ne leur disons même pas de se soucier du coût. Nous leur promettons que dès la sortie, ils trouveront beaucoup d’emplois à la hauteur de leurs années d’études et donc bien rémunérés. Du coup, une fois qu’ils obtiennent leur BAC, nous les poussons à s’endetter sans même les alerter des conséquences futures.

Selon un superbe article du Wall Street Journal, pour récupérer son argent, l’État américain ponctionne les retraites des « Baby-boomers » n’ayant toujours pas achevé de rembourser leur prêt étudiant. Donc, lorsque vous vous endettez pour pouvoir vous payer vos études, cela peut littéralement vous hanter pour le reste de votre vie…

Etats-Unis: 700.000 retraités n’ont toujours pas fini de rembourser leur dette étudiante.

Le gouvernement a récupéré environ 1,1 milliard de dollars sur les prestations mensuelles (de retraite) de tous les retraités qui ne remboursaient plus leur prêt étudiant depuis 2001, ce qui comprend les 171 millions de dollars de l’an dernier, selon ce qu’a rapporté mardi le « Government Accountability Office » (GAO), l’équivalent de la Cour des comptes en France. les 114.000 bénéficiaires qui ont été les plus impactés durant l’exercice 2015 avaient 50 ans ou plus et reçoivent des prestations d’invalidité, et cela équivaudra à une perte moyenne mensuelle de 140 dollars. 38.000 d’entre eux avaient plus de 64 ans.

Le rapport met en évidence une forte augmentation de baby-boomers partant en retraite avec des prêts étudiants, la plupart de ces personnes âgées avaient emprunté de l’argent dans le cadre de leurs études, mais certains l’avait utilisé pour payer la scolarité de leurs enfants. Dans l’ensemble, l’an dernier, environ sept millions d’Américains âgés de 50 ans et plus étaient redevables d’environ 205 milliards de dollars de prêts étudiants. Sur l’ensemble, environ 33% étaient incapables de rembourser quoi que ce soit, amplifiant ainsi les chances de voir les saisies augmenter à mesure que les baby-boomers prendront leur retraite.

On voir clairement que ce système ne fonctionne pas, et je ne suis pas particulièrement optimiste pour la suite.

Si vous êtes jeune, réfléchissez et faites un choix judicieux avant de vous engager dans des études coûteuses. Après le BAC, beaucoup de jeunes gens s’engagent dans des études sans même réfléchir si cela débouchera sur une perspective de carrière intéressante. Et au lieu de travailler dur pour obtenir leur diplôme en quatre ans, certains décident de rallonger leur période universitaire de cinq ou six ans dans le but de faire la fête autant que possible avant d’entrer dans la vie active.

Le monde dans lequel nous vivons est froid et cruel et si vous commencez dans la vie active en croulant sous les dettes, cela rendra les choses encore plus difficiles qu’elles ne le sont déjà.

Source: theeconomiccollapseblogLire les précédents articles de Michael Snyder

15 commentaires

  1. Appuyons et meditons pour le Revenu de base universel en 2017!,La majeur partie des candidats en parle,un système où le marché de l’emploi va inexorablement continuer sa déliquescence due aux gains de productivité,(besoins primaires),« Il n’est rien au monde d’aussi puissant qu’une idée dont l’heure est venue. » Victor Hugo.
    Joyeux Noel.

    1. Tu crois encoe au papa Noël;
      Qu’on estime ce système légitime ou contestable, la question de son financement risque de trancher le débat. Selon le montant du revenu de base envisagé, le coût brut de l’introduction d’un revenu de base serait compris entre 300 et 700 milliards d’euros par an. Ce total serait réduit si le revenu de base se substituait à certaines prestations sociales existantes.
      L’ambition universaliste qui caractérise le revenu de base rend impossible sa mise en place à coût constant. En d’autres termes, cela coûtera cher!
      Or, la France ne peut pas se permettre de le financer par de l’endettement supplémentaire, compte tenu de l’état de ses finances. Des économies supplémentaires dans les dépenses risquent de ne pas suffire compte tenu des montants évoqués. Reste donc la solution de l’impôt. Mais compte tenu du ras-le-bol fiscal encore vivace et d’un consentement des Français à l’impôt de moins en moins attesté,

      une telle piste semble irréaliste…

      1. C’est le choix de continuer sciemment à se faire traire par une élite dégénérée et emplie de tares, constat lié à sa consanguinité générée par son népotisme et son endogamie qui nous coute le plus cher.

      2. Il y a encore du chemin,mais possible,impots à la source,suppressions de beaucoup d’autres aides et niches à fonction publique,des 1000 feuilles étatiques qui nous coutent un bras,la précarisation de l’emploi, le recul du salariat et la montée en puissance du travail indépendant imposent un réajustement manifeste et urgent. Le revenu de base inconditionnel et universel représenterait un réel pilier de la protection sociale s’il est mis en place de façon à protéger et émanciper les individus.A noter que les liberaux en parlent plus,content d’en debattre quand meme,le debat est la.

        Bonnes fetes.

    2. le revenu universel est une escroquerie des liberaux, apl rsa allocations chomage, allocations familiales seront supprimes pour donner aux gens juste une aide moins elevee bien sur que leurs droits precedents. ceux qui reclament le revenu universel sont les memes qui pensaient que le rmi allait relancer l’économie alors que son but était d’exclure definitivement certaines populations du travail.

      1. Sauf qu’en 1988,Avec Michel Rocard,c’etait la préhistoire niveau économie,pas comparable au niveau du chomage actuel,des dizaines de milliers d’emplois en plus(Fonction et privé.)le chômage n’est plus un aléa personnel ou conjoncturel qui peut / doit être assuré. Mais un élément structurel qui est devenu de notre société auquel on doit apporter des réponses structurelles.
        Nos civilisations dîtes évoluées ont atteint leur optimum technologique et les gains de productivité dûs au progrès technologique élimine progressivement et durablement l’emploi,restes à voir comment le Ru pourrait etre mis en place à l’avenir,que proposer d’autre face au chomage endémique?

  2. Tous mes camarades syndiqués
    présents pour me souhaiter
    un excellent réveillon,

    j’en ai les larmes
    à l’oeil gauche…

    Un repas de fête avec saumon, thon OU
    caviar !

    J’ai fait mon choix,
    je me doute du vôtre…

    Réjouissons-nous donc de la perspective de ces quelques bons repas que beaucoup, je l’espère, partageront avec leurs proches, amis et famille.

    Et ce, d’autant plus que pour certains d’entre nous, particulièrement attachés à manger sain et en syntonisation complète avec Gaïa, il est maintenant possible de faire bombance en tapant dans les meilleures productions que le label « bio » peut nous fournir. Miam.
    Une récente recherche montre ainsi que les taux de mercure et d’autres métaux lourds dans les chairs des thons décroissent depuis plusieurs années. Cette amélioration proviendrait de la diminution de l’utilisation du charbon dans la production d’électricité notamment aux États-Unis, avec une nette diminution de la pollution afférente en Atlantique Nord.

    Certes, admettons-le, le thon, c’est moins festif que le saumon, mais ne boudons pas notre plaisir : abandonner le charbon pour produire de l’électricité permet d’améliorer la toxicité des saumons et des thons, et c’est malgré tout une bonne nouvelle !

    Maintenant, pour les plus tatillons d’entre nous, si ni le thon, ni le saumon n’obtiennent nos suffrages, le capitalisme a quand même d’autres tours dans sa manche. Dès lors, pourquoi ne pas s’intéresser au caviar ? S’il y a bien, avec le champagne, les gros cigares et les réceptions de l’ambassadeur où l’on grignote aussi des boules de choco douteuses, un symbole d’un capitalisme débridé, c’est bien le caviar, non ?

    Ça tombe bien ! À côté du saumon pas bio et pas toxique, le capitalisme permet aussi de manger du caviar de moins en moins cher ! Grâce à l’accroissement de la production et à la multiplication des concurrents, les prix du caviar ont été divisés par deux dans les cinq dernières années : avec l’arrivée de nouveaux pays producteurs comme la Suisse, le Vietnam, les États-Unis ou les Émirats Arabes Unis en plus des producteurs traditionnels comme la Russie ou l’Iran, la production mondiale annuelle qui s’établissait jusqu’à présent autour de 100 tonnes est maintenant de plus du double, à 250 tonnes, et devrait atteindre 500 tonnes vers 2020 d’après les chiffres de l’Association des Importateurs Internationaux de Caviar.

    Bref : le capitalisme va, encore une fois, transformer un bien de luxe en bien de consommation courante et ainsi permettre à un nombre croissant d’individus d’accéder à ce qui était auparavant réservé à une élite. Ce fut le cas pour les voitures, les sanitaires à la maison, l’électricité, la nourriture riche et abondante, le parfum ou la médecine, c’est maintenant le cas pour les mets fins et les repas de fête.

    Réjouissez-vous : le capitalisme, ça marche !

    22 décembre 2016

    Hashtable
    Petites chroniques désabusées d’un pays en lente décomposition…

  3. J’en ai repéré une belle brochette ici…

    Finissons-en avec l’indemnisation du chômage !

    Non, vous ne rêvez pas.
    Nécessité absolue, exigence vitale pour notre avenir .
    Enfin, la réalité s’impose à l’ esprit jusqu’alors anesthésié par des dogmes socialistes d’un autre âge.
    La France a une préférence pour le chômage de masse bien indemnisé, c’est un fait.
    Ces choses à revoir, ce sont les allocations outrageusement généreuses qui n’incitent pas nos concitoyens à reprendre le chemin du boulot, contrairement à leurs homologues allemands.
    Chacun admettra que le chômage, ce sont des vacances prolongées à l’infini,
    aux frais de la princesse, une rente qui n’invite pas à se bouger les fesses.
    La plupart d’entre nous s’y sentent tellement bien qu’ils s’y complaisent jusqu’à basculer en fin de droits, pour se retrouver à l’ASS ou au RSA .
    Le paradis !
    Ceux qui se lèvent tôt et qui travaillent dur n’ont pas à financer tous les fainéants qui s’accordent de grasses matinées douillettes.
    Voilà un scandale qu’il convient de dénoncer encore et toujours.
    Pour faire baisser le chômage, il suffit de raboter l’indemnisation des chômeurs.
    Pour l’éradiquer, il suffit de supprimer les minima sociaux. Tous les fainéants qui en bénéficient seront alors contraints de trouver quelques heures de travail pour survivre. Ce n’est pas plus compliqué que ça.
    Mais pourquoi l’acceptons-nous ? Voilà LA bonne question que soulève ce constat clairvoyant. Parce que le chômage élevé et bien indemnisé, ça en arrange beaucoup.
    Les salariés qui voient leurs rémunérations bloquées et leurs conditions de travail se dégrader ? Non, bien sûr !
    Les patrons qui profitent de l’aubaine d’un chômage de masse pour soutirer au gouvernement allégements, aides et exonérations en tous genres ? Allons, un peu de sérieux !
    Alors à qui profitent ce chômage record et sa bienveillante indemnisation ? Aux chômeurs évidemment !
    Même qu’ils s’en réjouissent, qu’ils l’entretiennent pour conforter leur statut enviable de profiteurs.
    Les chômeurs acceptent un chômage élevé parce qu’il est bien indemnisé.
    Voilà la réalité.
    Le moyen de remédier à cette absurdité est donc de mal indemniser le chômage, voire ne plus l’indemniser du tout si on veut l’éradiquer.

    JOYEUX NOEL !

    1. Garçon, le jour où ils supprimerons mon oxygène, je t’exproprie.

      Je te soulagerais de ton dur héritage. Et de ce dernier, il ne sera guère difficile d’en faire quelque chose de mieux pour l’intérêt général.

      1. Profite Wallon… Pas sûr que les jeunes générations se fassent hypnotiser comme les précédentes.
        Et puis, voit le bon coté des choses, maintenir ton patrimoine dans un tel contexte économique te crée tellement de soucis, qu’il est plus que nécessaire de t’en délester, au moins dans ton intérêt.

        Joyeux Noël à toi aussi.

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