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Simone Wapler: Bulle obligataire: le Délicat dégazage
 

Les langues se délient. Certains bipèdes fréquentant le milieu de la Parasitocratie n’hésitent plus à faire part publiquement de leurs doutes. Ainsi, Paul Schmelzig, un universitaire d’Harvard, spécialiste de l’histoire financière du XXème siècle, a publié sur le blog de la Banque d’Angleterre un article intitulé Les Vénitiens, Volcker et risque de défaut : huit siècles de retournement du marché obligataire :

Tandis que les taux ont atteint un plus bas historique en 2016, les investisseurs se sont inquiétés que la plus grosse bulle obligataire de l’histoire puisse avoir une fin violente. Les fortes chutes qui ont suivi les élections américaines semblent confirmer leurs craintes.

En regardant huit siècles de données, je confirme que le marché haussier de 2016 fut vraiment l’un des plus grands jamais enregistré. L’histoire suggère que le retournement sera provoqué par les fondamentaux de l’inflation et laissera les investisseurs encore plus mal en point qu’après le « massacre obligataire » de 1994.

Une bulle grosse comment ?

Voyons simplement les Etats-Unis :

Bons du Trésor américain 19 800 milliards de dollars
Bons municipaux (les collectivités locales américaines) 3 800 milliards de dollars
Crédits hypothécaires 8 900 milliards de dollars
Obligations d’entreprise 8 600 milliards de dollars
Obligations des agences fédérales 2 000 milliards de dollars
Titres de trésorerie du marché monétaire 2 600 milliards de dollars
Titres de créances adossés à des sous-jacents 1 300 milliards de dollars

En tout 47 000 milliards de dollars, rien que pour les Etats-Unis.

La balance commerciale américaine est déficitaire, le pays importe plus qu’il n’exporte et depuis 1990, le cumul avec la Chine dépasse 4 000 milliards de dollars.

Jusqu’ici tout va bien, les Chinois achètent gentiment des bons du Trésor. Mais si Donald Trump leur chauffe un peu trop les oreilles, ils pourraient en acheter moins.

Retour en France où la bulle obligataire existe aussi.

Aujourd’hui même, nos vaillants fonctionnaires de l’Agence France Trésor vont placer de la dette à 50 ans. Oui, vous avez bien lu 50 ans. Dans la Parasitocratie, « après moi le déluge » est un mode de gestion. On n’hésite pas à emprunter sur des échéances qu’on ne verra jamais. D’autres gèreront les problèmes. Mais qui est assez bête pour acheter un vulgaire bout de papier qui doit tenir un demi-siècle, me direz-vous ?

Les investisseurs étrangers, et notamment les fonds souverains de certains pays qui recyclent leurs excédents (la Norvège notamment), les Asiatiques, les pays producteur de pétrole,… Ces gens aiment bien l’euro. Dans son ensemble, grâce à l’Allemagne, la Zone euro exporte et est donc excédentaire. L’euro leur paraît donc une bonne monnaie, un peu comme le mark l’était.

Mais il y a un os. L’Allemagne émet de moins en moins de dette, donc ces investisseurs se replient sur la France. Notre pays est mal géré et chroniquement déficitaire, mais il a le charme d’émettre de la dette en euro qui est considérée comme aussi bon que le défunt mark.

Jusqu’ici tout va bien, les étrangers achètent gentiment notre dette. Mais s’ils commencent à avoir peur, à avoir des doutes sur la tenue de l’euro, sur le système bancaire ?

Quand on lit la presse étrangère, on voit qu’une victoire aux présidentielles de Marine Le Pen est prise au sérieux et que les investisseurs étrangers (déjà échaudés par le Brexit, Trump et le « non italien ») sont refroidis par cette perspective.

Les fonds spéculatifs attaquent la dette française

Le patron d’un des plus gros fonds spéculatifs, a listé parmi ses recommandations la vente de la dette française

Et si nous n’arrivions plus à exporter notre très belle dette pour importer des choses pas chères et financer le train de vie collectif fastueux que nous sommes incapables de nous payer nous-mêmes ?

Tant mieux. Le créditisme serait mort et nous ne pleurerions pas une larme d’autant plus que nous avons pris nos précautions pour limiter la casse financière.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit

Source: la-chronique-agoraVoir les précédentes interventions de Simone Wapler


simone-waplerSimone Wapler est directrice éditoriale des publications Agora, spécialisées dans les analyses et conseils financiers. Ingénieur de formation, elle a quitté les laboratoires pour les marchés financiers et vécu l’éclatement de la bulle internet. Grâce à son expertise, elle sert aujourd’hui, non pas la cause des multinationales ou des banquiers, mais celle des particuliers.

Elle a publié “Pourquoi la France va faire faillite” (2012), “Comment l’État va faire main basse sur votre argent” (2013), “Pouvez-vous faire confiance à votre banque ?” (2014) et “La fabrique de pauvres” (2015) aux Éditions Ixelles.


               
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Caravage
Caravage
3 années plus tôt

Y

Viremoitousceskon II
Viremoitousceskon II
3 années plus tôt

50 ans pour la dette et plus …..
tant que l’argent de manque à personne, que personne ne le reclame, tout va bien.

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