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Bill Bonner: “Ce sont les contribuables qui perdent”
 

Qui se préoccupe encore de vertu budgétaire ? Pas les soi-disant “conservateurs” américains, en tout cas – et tant pis pour leurs électeurs, qui sortiront pourtant perdants…

Il ne reste sans doute plus guère de conservateurs budgétaires au Congrès US – et ceux qui sont encore là doivent avoir senti une lame acérée s’enfoncer dans leur dos mardi dernier.

Du Washington Post :

“Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants US, est arrivée à un accord de principe lundi permettant d’augmenter de 320 Mds$ la limite de dépense et de suspendre le plafond de dette fédérale jusqu’à après l’élection présidentielle de 2020.”

L’accord ainsi obtenu est une capitulation si abjecte… un rejet si lâche des principes conservateurs… que l’on se pose la question : “Pourquoi les républicains ont-ils accepté une telle chose ?”

Les républicains eux-mêmes semblent l’ignorer.

C’est “un compromis”, selon David Perdue, représentant républicain de la Géorgie.

“Sans commentaire”, a dit Mitt Romney, de l’Utah.

Aujourd’hui, c’est le parti de Donald J. Trump qui a trouvé les mots justes pour décrire l’accord :

“C’est un vrai compromis pour donner une belle victoire de plus à notre Super Armée et aux Vétérans !”

La bataille du porte-monnaie

Le Pentagone a peut-être essuyé des revers en Corée, au Vietnam, en Irak et en Afghanistan, mais il est le grand vainqueur de son combat le plus important – la bataille du porte-monnaie.

Oui, cher lecteur, comme prévu, la Maison Blanche et le Congrès sont parvenus à un accord budgétaire, prouvant ainsi qu’on ne laissera rien se mettre en travers du chemin de l’inflation – que ce soit les plafonds de dette, la prudence, la prévoyance ou le bon sens.

Avec cet accord, le cash continue d’affluer pour la défense… mais aussi pour les gabegies internes. Les dépenses fédérales US sur l’année fiscale actuelle dépasseront celles de l’année dernière de 420 Mds$. En d’autres termes, les dépenses augmentent au rythme de 10% – soit trois à quatre fois plus vite que le PIB. Cela met le déficit à près de 5% du PIB – plus haut que l’Italie… ou même l’Argentine.

Cela met également les Etats-Unis en bonne voie pour une dette gouvernementale de 40 000 Mds$ d’ici la fin de la prochaine décennie… avec des déficits de 10%.

C’est ce qu’il arrivera lorsque la prochaine récession se produira enfin. Les déficits et la dette exploseront, tandis que les programmes de dépenses d’infrastructures et la chute des revenus s’emballeront.

Pourquoi les républicains ont-ils accepté cela ? Stephen Moore, du journal The Hill, a sa propre réponse ; nous avons la nôtre. Commençons par Moore :

“D’abord parce qu’une fois de plus ils ont accepté de donner aux démocrates, quasiment au dollar près, ce que ces derniers voulaient pour les programmes sociaux, afin de capter les votes démocrates pour de nouvelles dépenses militaires. C’est un mauvais compromis et les contribuables en sont les perdants. Deuxièmement, je soupçonne que, en dépit de la rhétorique moralisatrice sur des budgets équilibrés, les républicains au Congrès ne veulent pas plus réduire les dépenses que les démocrates – si bien qu’ils n’ont pas beaucoup résisté.”

Notre réponse est plus simple : l’inflation ou la mort.

La nouvelle théorie

Les dirigeants ont appris que, politiquement, les déficits n’ont pas d’importance.

Ni les républicains ni les démocrates, ni le Congrès ni la Maison Blanche, ne s’en inquiète. L’inflation des prix à la consommation est basse. L’inflation du prix des actifs est géniale, selon eux. Et le public ne s’inquiète pas plus de la santé financière du pays que les politiciens.

Qui plus est, les politiques ont une nouvelle théorie – la Théorie monétaire moderne – qui leur affirme qu’ils peuvent dépenser autant qu’ils le veulent… tant que les prix à la consommation ne grimpent pas trop.

Plus important encore, le pays a besoin de plus d’argent factice, plus de taux d’intérêts factices et plus de croissance factice. Soit on maintient le flot d’argent et de crédit… soit la bulle implose.

Egon Von Greyerz: “Les Etats-Unis sont ruinés !” USA: Nouveaux sommets historiques au 1er trimestre 2019 pour ces 3 bulles de crédit qui menacent d’exploser à tout moment !!

Washington veut plus d’usines à gaz. Les investisseurs attendent le Dow à 30 000 sous quelques mois. Et le public – qui est toujours le dernier à comprendre ce qui se passe – nie les preuves qu’il a sous les yeux et croit que les Etats-Unis ont “la meilleure économie de tous les temps”.

Tout ce qui importe, désormais, c’est de faire en sorte que le bal continue – l’emprunt… les dépenses… et le boom factice.

Moore a raison : l’armée et ses compères obtiennent plus d’argent (nous y reviendrons). Les étudiants peuvent perdre du temps à l’école aux frais du public. Et des millions de gens dans tout le pays sont heureux de toucher quelques allocs grâce à l’un ou l’autre des programmes gouvernementaux.

Mais les contribuables sont les principaux perdants.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit


bonnerBill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.
En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir dans en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.
Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

A l’attention des lecteurs du site BusinessBourse

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armando
armando
1 année plus tôt

Ce sont les con tribuable qui élise leurs bourreaux

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