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Simone Wapler: Les banques en Europe et l’or: les deux points chauds de l’été sur les marchés financiers
 

gold-central-banksDepuis le début de l’année, les banques sont malmenées par les marchés, l’or et le dollar montent à l’unisson, signe que la situation n’est pas totalement sous le contrôle des banques centrales et que la confiance s’érode.

Les décideurs politiques commencent à mieux mesurer le lien entre monnaie, obligations souveraines et banques. La BCE et le FMI se trouvent en posture défensive, tenaillés entre “les marchés” qu’ils manipulent et les gouvernements des pays européens qui poursuivent des objectifs différents selon qu’ils sont créditeurs (l’Allemagne surtout) ou débiteurs (en gros, le reste de la Zone euro).

Les évolutions du système monétaire et du système bancaire sont intimement liées puisque nous vivons dans un régime de créditisme dans lequel la monnaie est du crédit sans garantie autre que celle des contribuables.

Banques, dollar et or : cherchez l’erreur 

Depuis le début de l’année, les actions bancaires européennes ont baissé, le dollar évalué face aux autres grandes devises (le Dollar Index) est resté plus ou moins stable et l’or a monté :

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La raison au recul des banques : les marges se sont évanouies

Les manipulations des banques centrales laminent le métier des banques. En rachetant des créances souveraines ou des dettes de grandes multinationales, les banques centrales font baisser les taux. Ce faisant, elles évitent bien sûr des pertes aux banques commerciales en faisant disparaître leurs créances douteuses. La contrepartie de ce processus est la destruction des marges de ces mêmes banques.

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Rappelons-nous que les banques vivent de la différence entre taux longs et taux courts.

Si cette différence devient misérable — comme c’est le cas aujourd’hui –, leurs marges s’évanouissent.

Les actionnaires des banques sont comme ceux de n’importe quelle autre entreprise, ils spéculent sur une augmentation des résultats. Si les perspectives de résultats baissent, ils vendent. Conclusion, les actions des bancaires sont en chute libre.

L’apparente stabilité du dollar est contredite par l’or

La Fed a les mains liées par l’élection américaine. Elle repousse sans cesse toute nouvelle hausse de ses taux directeurs tandis que la BCE, la Banque du Japon, la Banque populaire de Chine et la Banque d’Angleterre se livrent à des orgies de création monétaire via des émissions de dettes.

Nous vivons en créditisme, un système dans lequel la monnaie n’est que de la dette.

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Sur le marché des changes, à l’échelon international, le pays, ou la zone monétaire, qui émet le plus de dettes fait baisser sa monnaie par rapport aux autres. Cependant, le dollar est quasiment stable : depuis le début de l’année, il n’a perdu que 4% en moyenne contre les grandes devises de réserve. Alors pourquoi l’or a-t-il progressé de 26% ?

Le comportement étrange de l’or a une explication : le rendement négatif du dollar

Au bon vieux temps, l’or exprimé en dollar ne se renchérissait que dans deux circonstances :

  • le dollar baissait face aux autres grandes devises utilisées dans les échanges commerciaux ;
  • le dollar offrait à ceux qui le stockaient (sous forme de bons du Trésor américain) un rendement réel négatif.

Dit autrement, si votre monnaie baissait, vous achetiez des dollars. Ce n’était que si le pouvoir d’achat du dollar baissait que vous achetiez de l’or.

Pour étaler l’inflation américaine et conserver son pouvoir d’achat en dollar, un investisseur doit acheter des bons du Trésor à 5 ans et espérer que l’inflation ne dépasse pas 1% en moyenne sur ces cinq années. S’il achète des bons du Trésor à 1 an, son rendement est négatif de 0,55% (0,45 – 1,00).

Il serait donc normal que l’appétit pour le dollar diminue : le dollar offre des rendements réels négatifs.

Pour valider cette hypothèse, il faut voir si les acheteurs étrangers ont effectivement diminué leurs achats. C’est bien le cas. Depuis le début de l’année 2016, et jusqu’à fin mai (derniers chiffres disponibles), les acheteurs étrangers de bons du Trésor ont vendu pour un peu moins de 110 Mds$ de titres.

C’est un changement très important et je m’étonne qu’il ne soit pas, à ma connaissance, relevé par d’autres que moi. Pour vous donner un ordre d’idée, jusqu’à présent et depuis 1978, date depuis laquelle ces chiffres sont disponibles, les étrangers ont toujours été acheteurs nets d’obligations de l’Etat fédéral américain. Et ceci dans des proportions considérables : 524 Mds$ en 2011, 416 Mds$ en 2012… Même si 2015 fut déjà une petite année, les étrangers avaient malgré tout acquis 18 Mds$ de titres. Jusqu’à cette année, ils n’avaient jamais été des vendeurs nets.

Résumons-nous. L’or exprimé en dollar monte alors que le dollar ne baisse pas réellement par rapport aux autres monnaies.

Alors les investisseurs confrontés à une baisse de leur propre devise préfèreraient-ils désormais l’or au dollar ?

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit


simone-waplerSimone Wapler est directrice éditoriale des publications Agora, spécialisées dans les analyses et conseils financiers. Ingénieur de formation, elle a quitté les laboratoires pour les marchés financiers et vécu l’éclatement de la bulle internet. Grâce à son expertise, elle sert aujourd’hui, non pas la cause des multinationales ou des banquiers, mais celle des particuliers.

Elle a publié “Pourquoi la France va faire faillite” (2012), “Comment l’État va faire main basse sur votre argent” (2013), “Pouvez-vous faire confiance à votre banque ?” (2014) et “La fabrique de pauvres” (2015) aux Éditions Ixelles.


               
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