USA: De l’économie industrielle à l’économie de la planche à billets – L’incroyable déclin de l’industrie américaine

Industrial-usaPourquoi ai-je l’impression que presque tout est fabriqué en Chine aujourd’hui ?

Hier, je regardais chez moi d’où venaient les crayons que j’avais acheté il y a quelques temps déjà et j’ai remarqué qu’ils avaient tous été fabriqués en Chine. J’ai ensuite expliqué à ma femme qu’il était lamentable que ces crayons ne soient plus fabriqués aux États-Unis. Puis à un autre moment de la journée, en prenant la télécommande de ma télévision, j’ai tout de suite remarqué là aussi qu’il était écrit dessus « Made In China ». Alors que je rédige cet article aujourd’hui, C’est le Labor Day (Fête du travail) aux Etats-Unis, et donc je pense que c’est le meilleur moment pour évoquer la transition de notre économie industrielle à celle d’aujourd’hui, qu’est l’économie de la planche à billets. Depuis l’an 2000, les États-Unis ont perdu cinq millions d’emplois dans l’industrie, et ce alors que notre population a considérablement augmenté pendant ce laps de temps. L’industrie manufacturière américaine est dans un état ​​de décomposition, notre infrastructure économique a presque totalement disparu, et nos anciennes grandes villes industrielles sont dans un état ​​de délabrement avancé. Nous consommons beaucoup plus de richesses que nous n’en produisons, et nous n’y parvenons que d’une seule manière, en s’endettant toujours davantage. Mais notre « économie papier » basée sur toujours plus d’endettement est-elle viable à long terme?

Revenons en 1960, 24 % de l’ensemble des salariés américains travaillaient dans le secteur manufacturier. Aujourd’hui, ce pourcentage s’est complètement effondré puisqu’il ne représente plus que 8 %. CNN nomme cela « le Grand renversement »

manufacturing-jobs-statisticsEn 1960, environ 25% des salariés américains avaient un emploi dans le secteur manufacturier. Mais aujourd’hui, moins de 10% des salariés américains sont employés dans le secteur manufacturier, selon les données du gouvernement.

Nommé le Grand bouleversement. Au début du siècle dernier, les travailleurs étaient passés des champs à l’usine. Maintenant, ils passent de l’usine aux guichets, aux comptoirs et aux centres de soins. Aujourd’hui en Amérique ce sont les emplois d’infirmiers, d’aide aux soins personnels, de cuisiniers, de serveurs, de barmans, de vendeurs et de responsables d’opérations qui progressent le plus.

Il n’est donc pas difficile de comprendre pourquoi la classe moyenne américaine décline aussi rapidement. Vous savez pertinemment que ce n’est pas avec de faibles salaires comme ceux de cuisiniers, serveurs, barmans ou vendeurs au détail que vous pouvez subvenir aux besoins d’une famille de la classe moyenne américaine.

33% des Américains n’arrivent même plus à subvenir à leurs besoins élémentaires

47% des américains ne peuvent même plus sortir 400 dollars pour couvrir un imprévu

Depuis l’année 2000, nous avons vu disparaître plus de 50.000 usines aux Etats-Unis. Et sur ce même laps de temps, des dizaines de milliers de nouvelles usines ont été construites ailleurs, comme par exemple en Chine. Des millions d’emplois américains ont été délocalisés.

Est-ce que quelqu’un n’est pas d’accord avec ce que je viens d’expliquer ?

Actuellement, le nombre total d’américains employés dans la fonction publique dépasse le nombre total de salariés dans l’industrie américaine de près de 10 millions

US-Washington-CapitoleLes américains employés dans la fonction publique sont plus nombreux que ceux qui travaillent dans l’industrie et cette différence est de 9.932.000 personnes, selon les données publiées aujourd’hui par le département du travail américain (le Bureau of Labor Statistics – BLS).

De l’échelon local, en passant par le niveau Fédéral, et en allant jusqu’au gouvernement, l’Amérique employait 22.213.000 personnes au mois d’Août 2016, alors que le secteur manufacturier n’en employait que 12.281.000.

Le département du travail américain a publié des données désaisonnalisées sur l’emploi mensuel concernant la fonction publique et l’industrie, remontant jusqu’à 1939. Selon ces chiffres, de Janvier 1939 à Juillet 1989, le nombre d’américains employés dans l’industrie avait toujours dépassé celui des gens qui étaient employés dans la fonction publique américaine.

Vous croyez sans doute que les emplois du gouvernement américain sont de «bons emplois», mais en réalité, ils ne produisent aucune richesse. Ces salariés de la fonction publique ne font que créer de la paperasse et expliquer aux autres ce qu’ils doivent faire, mais dans la plupart des cas, ils ne font absolument rien.

Afin d’avoir une économie durable, vous devez avoir des gens qui créent et produisent des richesses. Une économie de papier basée sur de l’endettement peut sembler fonctionner pendant un certain temps, mais tout fini par s’effondrer lorsque la confiance dans le papier est perdue.

Actuellement, le reste du monde est prêt à nous envoyer des quantités massives de marchandises qu’ils produisent à l’aide de notre planche à billets. Donc, nous continuons à produire de plus en plus de papier et nous continuons toujours à nous endetter davantage, mais à un moment donné la fête sera finie.

Si nous voulons être un pays riche et ce pour une longue période, nous devons produire des choses. Voilà pourquoi les dernières nouvelles concernant Caterpillar sont vraiment catastrophiques. Déjà au même moment l’an dernier, Caterpillar supprimait 10.000 emplois et fermait des usines. La semaine dernière, Caterpillar a annoncé vouloir fermer son unité de production en Belgique et supprimer 2000 emplois. En plus de ces milliers de licenciements qui ont déjà été annoncés par le géant mondial de la construction d’engins de chantier, il semble qu’une nouvelle vague de suppressions d’emplois se profile

CATERPILLAR-TECH-CENTER-DOOR-LOGO-SQuelque centaines d’employés administratifs de l’un des plus grands sites de production de Caterpillar situé dans la région de Peoria ont reçu des avis de licenciements cette semaine. De la même manière, la société avait annoncé son intention de fermer des usines de production à l’étranger et de supprimer des milliers d’autres emplois.

300 employés au total dans le support et management au Centre Scientifique et Technique du Bâtiment à Mossville cette semaine ont reçu des avis de licenciements qui comprenaient des indemnités de départ, le (WARN Act) impose aux entreprises de plus de 100 salariés un préavis minimum de 60 jours avant tout licenciement collectif de masse (en cas de fermeture d’usine, etc.).

Durant cette période d’élection présidentielle américaine, vous entendrez beaucoup de nos politiciens expliquer combien le «libre-échange» sera bon pour l’économie mondiale. Mais ceci n’est vrai que si la balance commerciale est équilibrée. Malheureusement, nous avons un déficit commercial annuel compris entre 400 et 600 milliards de dollars et ce depuis de nombreuses années…

Lorsque le solde entre ce qui sort du pays et ce qui y rentre est déficitaire de 500 milliards de dollars environ chaque année, cela a des conséquences graves.

Je vais essayer de vous l’expliquer très simplement.

Imaginez que je suis aux États-Unis et que vous êtes en Chine. Je prends un dollar de mon portefeuille et je vous le donne et puis vous m’envoyer un produit.

Au bout d’un certain temps, je vais vouloir en recevoir un autre, alors je prends un autre dollar dans mon portefeuille et vous l’envoie en échange d’un nouveau produit.

etc, etc…

Et à la fin, qui se retrouvera avec tout l’argent ?

Pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour comprendre comment la Chine s’est enrichie. Et lorsque nous n’arrivons plus à payer nos factures, nous revenons vers la Chine en leur suppliant de nous laisser emprunter de l’argent que nous leur avions envoyé au départ. Et depuis, nous payons des intérêts sur cet argent emprunté, qui rend la Chine toujours plus riche.

Voilà pourquoi je suis tellement obsédé par ces enjeux commerciaux. ils sont vraiment au cœur même de nos problèmes économiques à long terme.

Mais la plupart des Américains ne comprennent pas ces choses là, et ils semblent croire que notre économie basée sur la planche à billets et donc sur davantage d’endettement peut continuer ainsi indéfiniment.

De toute manière, l’avenir nous dira qui avait raison et qui avait tort.

Source: theeconomiccollapseblogLire les précédents articles de Michael Snyder

10 commentaires

  1. j’ajoute qu’il est urgent pour les gens de convertir leur épargne en biens tangibles car la valeur de la monnaie baisse, un peu comme quand on rajoute de l’eau dans une dose sirop toujours plus d’eau donne moins de goût, c’est ainsi que la planche a billet détruit votre épargne car avec vos 1000€ vous ne pouvez acheter de moins en moins. d’autre part vous travaillez pour votre argent et d’autres l’impriment simplement et l’utilisent pour vous le donner, n’y a t’il pas un petit problème.???

  2. Pourquoi toujours faire des reférences au sexe et la sodomie quand on se fait avoir, et puis ça m’ammuse souvent de voir que ceux qui pensent que c’est celui qui le fait qui est le dominant si les gens n’avait pas de plaisir à recevoir ça fait belle lurette que cette position n’existerait plus. Demande aux homos si c’est vraiment désagréable tu risques d’être surpris de la réponse.

  3. l arroseur arrosé, les US se croyaient ils a l abri de ce qu ils ont proné et imposés au monde pendant des decennies la « mondialisation »? les apprentis sorciers ont crees un monstre, ils paieront la note avec interets, et la pas de « happy end » on est pas a Hollywood

  4. Il est évident que les U.S., tout comme la France, ont ruiné leur propre industrie au profit de pays à faible cout de main d’œuvre.
    Cela au nom du principe sacro saint du libre échange et au profit de ceux qui bénéficient de ressources garanties leur permettant d’acheter toujours moins cher.

  5. En d’autres mots , la croissance de la Chine est due ou est la cause de la  » décroissance  » des autres pays , et tous les économistes nous disent que cette croissance est bénéfique pour l économie mondiale ..?? Suis je tout mêlé la ?

  6. Je donne un exemple tout con: sur l’immobilier. Si le crédit est encore abondant prendant quelques années comme il l’est aujourd’hui, ceux qui ont actuellement un patrimoine pourront le doubler à crédit. Donc le nombre de propriétaires devrait diminuer sous la pression de la « crise » mais les quelques gros propriétaires devraient voir leur patrimoine considérablement augmenter et la masse monétaire qu’ils injectent eux même dans le marché fera grimper le prix des murs. Où est la limite? On pourrait me dire que les gens ne pourront plus payer des loyers exorbitant mais je rétorque que la planche à billet sera là pour leur donner des aides pour le logement (immédiatement adressés aux grands propriétaires), par ailleurs si les gens ne peuvent plus payer il leur reste la possibilité de vivre à plusieurs famille dans un logement pour se partager le loyer, quitte à laisser un logement vide (quand on y réfléchi, si le prix des loyers est multiplié par 2 de sorte que 2 familles doivent se partager un logement, le propriétaire des 2 logements gagne la même chose que si chaque famille habitait dans son propre logement mais payait un loyer normal. Il n’y a donc pas de perte pour lui. Par ailleurs il peut désormais envisager de faire du logement vide sa salle de ping-pong pour le samedi matin). On me dira que les prix de l’immobilier peuvent baisser… Je rétorque qu’avec des masses monétaires colossales injectées dans le marché, à la limite si quelques membres de la classe moyenne rechigne à investir c’est pas plus mal pour les riches car ça ne fera certainement pas baisser le marché puisqu’il est sous perfusion monétaire et ça fait plus de biens pour les autres. On me dira que les investisseurs ne pourront plus rembourser leur crédit… Je rétorque que même sans la location, la seule augmentation du prix du bien face à une monnaie qui baisse suffit à rembourser le crédit avec bénéfice à la revente. Donc… non la planche à billet c’est super pour celui qui y a accès, avec la planche à billet il n’y a pas de crise, toute crise est portée par les pauvres…

  7. Un article assez mal écrit, presque enfantin. Il y a plusieurs points à aborder. D’abord cette planche à billet a permis aux riches américains de détenir des actifs à l’étranger (les entreprises chinoises sont-elles réellement chinoises?), ensuite le coup du porte feuille d’accord mais quand il aura fini de nous prendre pour des débiles il faudra qu’il fasse l’exercice réellement difficile suivant: imaginer sans à priori la limite du système planche à billet. Parce que crier au loup, à la crise, à la fin des temps c’est bien mais concrètement, où est la limite? Quand Junker dit qu’il n’y a pas de limite on lui rit au nez… sauf que personne n’a réussi à identifier la limite. Pour être plus clair, imaginons qu’on est en 2020, que la masse monétaire a encore doublé.. quelles seront les répercutions sur les actions, sur le prix du pain, sur l’immobilier, sur l’investissement, sur la vélocité des échanges, sur l’épargne, sur le crédit….??? Personne ne le sait. Et même si moi aussi j’espère voir une grande crise qui fasse RESET sur ce système profondément injuste… quand j’essaie de faire des pronostiques réalistes et objectifs… il n’y a pas de réel effondrement de l’économie, il y a juste des pauvres toujours plus pauvres. Ce constat apocalyptique la plupart des contrariens n’ont pas les couilles de se l’avouer à eux même. La planche à billet ça marche pour les riches. Voilà la vérité. Ils sont en train de gagner par la destruction

    1. Le problème n’est pas la monnaie mais l’industrie.
      L’auteur de l’article aurait pu rajouter une petite chose comme:
      Imaginez maintenant que ce soit mon usine qui ferme et que je ne puisse plus sortir mon dollar pour acheter ce petit quelque chose, mais que le chinois doive recevoir ce dollar pour le fabriquer sinon son usine ferme, alors lui et moi sommes dans la même situation: ruinés.
      Les riches ne gagnent rien à ce petit jeu, tout au contraire, ils perdent tout.
      Le dollar sorti du porte-feuille est de la dette, soit sortie de la planche à billet, soit un prêt de la banque centrale U.S., soit d’une banque américaine qui le lui avait prêté, soit d’un prêt des institutions chinoises, mais cela reste un prêt.
      Ce qui va faire perdre sa valeur à ce dollar c’est l’arrêt progressif du système économique, parce que ce dollar prêté, est bien en-deçà des cents dollars que ce quidam gagnait auparavant, ainsi, des cinquante crayons qu’il pouvait avant acheter aux chinois avec ses sous, il ne peu plus en acheter qu’un seul avec son dollar, et là, l’usine chinoise ferme, même si le prix des crayons a baissé de moitié.
      C’est en réalité l’effondrement de l’économie réelle qui détruit l’économie virtuelle de casino et non l’inverse.
      De plus, la valeur d’une monnaie n’est que la représentation de la réalité de la richesse d’un pays, ce pays, à un moment donné, a toujours la même richesse, quelle que soit la quantité de monnaie en circulation.
      Si il y a mille en circulation et que vous utilisez un pour votre achat, c’est la même chose que si vous avez dix pour votre achat pour dix-mille en circulation puisque cette richesse intrinsèque du pays reste la même, mais cette différence de dix s’appelle une inflation, ici de 1 000%.
      Cette différence, ici, ne provient que de la production monétaire et de rien d’autre, surproduction monétaire provenant elle-même de la tentative de sauver le système financier, système financier lui-même en danger parce que ne trouvant plus les moyens de perpétuer sa phase d’expansion grâce à ses ponctions de la plus-value sur les produits fabriqués par les usines et fabriques, celles-ci envoyées au Mexique ou en Chine pour faire gonfler cet accaparement des bénéfices puisque les salaires y sont plus bas, mais que les fabricants antérieurs, U.S. ou français, peu importe, eux, ne peuvent plus rien acheter.
      C’est pourquoi le système financier avait, en 2008, demandé aux banques centrales de les renflouer par de la liquidité, soit des billets de la planche.
      Comme je l’ai expliqué plus haut, cette monnaie surproduite ne faisant pas remonter la richesse du pays, cela donne de l’inflation là où cette monnaie atterrit, donc dans le système financier, d’où les faillites bancaires actuelles puisque ce sont elles qui ont reçu tout ce pactole, sans que la richesse réelle du pays ait évolué.
      L’inflation dont il est fait état dans l’article montre qu’une partie de cette monnaie superfétatoire s’insinue dans l’économie réelle U.S., c’est pourquoi ce qui provient de l’intérieur du pays voit son prix augmenter mais pas de ce qui vient de l’extérieur, puisque hors de ce pays il y a déflation due à la fermeture des usines mondialisées, dont en Chine, quand à l’intérieur du pays, c’est la masse monétaire qui fait les prix des marchandises.
      Ce qui accélère le processus de désindustrialisation puisque les gens U.S. (mais chez nous aussi) utilisent leur argent juste pour acheter ce qui vient de chez-eux, soit la seule nourriture.
      On ne fait pas une économie sur du monétaire mais on l’utilise pour construire une économie, nuance.

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