
La critique la plus courante de la TMM est que l’inflation va grimper alors que les déficits dérapent. Pour la réfuter, Kelton cite l’exemple du Japon, où l’inflation est inexistante malgré des déficits qui se succèdent et qui ont propulsé la dette du pays à plus de 200 % de son PIB.Le but de cet article n’est pas de discuter de la solidité de la théorie monétaire moderne. Il a pour objectif d’expliquer pourquoi le Japon a été en mesure d’accumuler les déficits. Ou, pour aller encore plus loin, l’environnement qui a d’une certaine manière rendu ces déficits inévitables.
L’épargne japonaise contrebalance la dette publique
En bref, cela est dû aux excédents d’épargne du secteur privé. Le graphique de la Banque du Japon ci-dessus, qui représente les fluctuations des fonds, montre les évolutions annuelles des fonds des secteurs principaux du Japon, à savoir les ménages, les entreprises non financières, les institutions financières, le secteur public, les acteurs étrangers et autres. Un chiffre négatif signifie que le secteur en question emprunte à d’autres secteurs afin de couvrir le trou. Un chiffre positif signifie que le secteur épargne ou a des fonds excédentaires.
Les évolutions de ces balances nous permettent de percevoir les changements structurels qui ont eu lieu dans l’économie japonaise à partir des années 90.Par exemple, les entreprises non financières sont passées de déficitaires à un excédent d’épargne. C’est au même moment que le secteur public est devenu déficitaire. Cette situation perdure depuis.Du côté des ménages, l’excédent d’épargne qui a perduré jusque dans les années 90 a baissé, mais il y a toujours un excédent. Les acteurs étrangers sont toujours déficitaires, ce qui signifie que la balance commerciale du Japon est positive.Globalement, les déficits et les excédents s’annulent. Le crédit n’est pas une mauvaise chose par nature. (…)
Philippe Béchade: Japon: “50% des japonais n’ont plus d’épargne !” Olivier Delamarche: “On nous dit régulièrement que la dette japonaise est détenue par les japonais eux-mêmes… C’est faux !”
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Une balance n’est pas utile pour expliquer l’absence d’inflation en présence d’injections massives par la BoJ et de déficits publics non moins importants.
En revanche, on constate l’appauvrissement relatifs des ménages japonais, tandis que les entreprises sont lancées dans une course à la destruction de leur productivité en accumulant une épargne inutile au lieu de l’investir. La BoJ a inscrit le Japon dans un cercle vicieux : moins d’investissements, moins de productivité, moins de richesses, moins d’emplois, plus de pauvreté, moins de consommation, moins d’investissements, etc.
Ce graphique démontre que les injections monétaires et les déficits publics (relances par la consommation) appauvrissent les populations, détruisent la croissance et plongent les pays dans la déflation monétaire.
Et pourtant, en Europe, ils sont nombreux à réclamer cette politique folle.
Bien résumé. Il me semble que nous sommes déjà dans la même situation en Europe où nous assistons à la « japonisation » de l’économie. Ça risque de durer longtemps.