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Toujours plus d’emplois délocalisés en dehors des USA… Ford transfère sa production de petites voitures au Mexique
 

ford-assembly-line-photo-by-gilly-berlinQue se passera t-il lorsque tous les emplois manufacturiers auront disparu aux Etats-Unis ?

Mercredi, nous avons appris que le constructeur automobile Ford Motor va cesser la production de petites voitures dans ses usines américaines pour la transférer intégralement au Mexique. Bien entendu, l’objectif principal de cette délocalisation est d’économiser un peu d’argent.

Cette nouvelle m’affecte personnellement, parce que mon grand-père avait travaillé pour Ford. Il était resté fidèle à Ford toute sa vie, et il critiquait toujours les autres membres de la famille lorsqu’ils achetaient un véhicule qui n’avait pas été fabriqué aux Etats-Unis. Quand j’étais jeune, je ne comprenais pas pourquoi la fabrication de véhicules automobiles en Amérique était si importante, mais maintenant, j’ai compris. En délocalisant nos entreprises à l’étranger, nous supprimons des milliers d’emplois aux Etats-Unis, nous détruisons notre économie et nous réduisons notre assiette fiscale. Si nous voulons rester un pays riche, nous devons produire des marchandises chez nous, et souhaitons que le peuple américain commence à le comprendre.

En 1914, Henry Ford avait décidé de commencer à payer ses ouvriers 5,00 dollars par jour, ce qui à l’époque correspondait au double du salaire moyen des salariés du secteur automobile.

Une des raisons pour lesquelles il avait décidé de le faire, c’était parce qu’il sentait que ses salariés devaient être en mesure de pouvoir s’acheter les véhicules qu’ils produisaient. Voici ce qu’il avait écrit en 1926

Employeur, employés et clients ne font qu’un. Si une industrie n’est pas capable de maintenir des salaires élevés et des prix bas alors elle est amenée à disparaître puisque cela tend à limiter le rayon de la clientèle. Lorsqu’une entreprise produit un article d’utilité courante, ses propres ouvriers doivent être ses meilleurs clients.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, Ford vient de faire exactement le contraire ces derniers jours. Bientôt, Ford ne produira plus aucune petites voitures aux États-Unis

Charles Sannat: Etats-Unis, ça délocalise: quand les usines partent au Mexique

Ford Motor va cesser la production de petites voitures dans ses usines américaines pour la transférer intégralement au Mexique, où les coûts sont moindres, a déclaré mercredi le directeur général du constructeur.

“Nous aurons transféré toute notre production de petites voitures hors des Etats-Unis et vers le Mexique d’ici deux à trois ans”, a dit Mark Fields lors d’une journée investisseurs.

Ford a annoncé en avril vouloir investir 1,6 milliard de dollars (1,4 milliard d’euros) au Mexique pour y produire des voitures compactes à partir de 2018.

Cette stratégie lui a valu les foudres du candidat républicain à la Maison blanche, Donald Trump.

Est-ce que l’entreprise Ford pouvait maintenir ces emplois aux Etats-Unis ?

Bien sûr qu’elle le pouvait. Au cours du deuxième trimestre de l’année 2016, Ford a publié un bénéfice net de 2 milliards de dollars.

Et donc, si Ford déplace sa production au Mexique, c’est juste pour pour gagner un petit peu plus d’argent encore.

Honte à eux !

Inutile de dire que Donald Trump est très mécontent de cette délocalisation décidée par Ford. Et voici la réponse qu’il a donnée

trump C’est une mauvaise nouvelle pour le Michigan. Ils vont (faire) fabriquer leurs voitures par des milliers de personnes qui ne sont pas de ce pays et les vendre à travers une frontière très poreuse sans payer de taxes. Rien. Nous n’aurons rien, à l’exception du chômage à Flint et dans le Michigan. C’est affreux !

Et il a effectivement raison sur toute la ligne. Nous ne pouvons plus nous permettre de perdre ces emplois bien rémunérés, nous ne pouvons plus nous permettre de voir la classe moyenne mourir à petit feu, et nous ne pouvons plus nous permettre de voir notre assiette fiscale continuer de se détériorer.

Beaucoup de gens pensent que l’on peut vivre en empruntant de l’argent indéfiniment, mais à un moment donné, nous serons rattrapé par la réalité et viendra l’heure où il faudra régler la note et elle sera salée.

Malheureusement, Ford n’est pas la seule compagnie automobile qui pratique la délocalisation. Tout comme Ross Perot l’avait prévu, les Etats-Unis se vident de leurs emplois automobiles, tel un vulgaire siphon, au profit du Mexique !

USA: Le pourcentage d’hommes sans emploi est identique à celui de la grande dépression

Ford n’est pas la seule entreprise automobile à délocaliser ses emplois. Un peu plus tôt en 2016, Fiat Chrysler Automobiles avait annoncé qu’elle mettrait fin à la production de toutes les voitures aux États-Unis d’ici la fin de cette année tandis qu’elle cessera de produire la Dodge Dart à Belvidere dans l’Illinois ainsi que la Chrysler 200 à Sterling Heights dans le Michigan.

Durant ces dernières années, les constructeurs automobiles tels que General Motors, Honda, Hyundai, Nissan, Mazda, Toyota et Volkswagen ont tous annoncé des plans pour soit élargir des installations existantes ou en construire de nouvelles au Mexique.

Les mauvaises nouvelles pour les salariés américains ne prendront fin qu’une fois que tous les emplois manufacturiers auront disparu.

Aujourd’hui, des millions d’Américains gagnent leur vie en conduisant, mais nous vivons une révolution actuellement puisque les véhicules autonomes menacent de supprimer tous ces emplois en les rendant obsolètes.

Ford, General Motors, Tesla, Google, Apple et une foule d’autres grandes entreprises ont beaucoup travaillé sur cette nouvelle technologie, et la plupart des essais se sont plutôt bien passés jusqu’à présent.

Une fois que cette nouvelle technologie commencera à se déployer à grande échelle, les suppressions d’emplois pourraient être phénoménales. Il suffit de prendre en compte les chiffres suivants qui proviennent du site de Wolf Richter

  • Il y avait 1,8 million de conducteurs de poids lourds et de semi-remorques long-courriers en 2014, et ce chiffre devrait croître de 4% par an selon le département du travail américain ( BLS ), avec un salaire médian de 40.260 dollars en 2015. Au rythme actuel, il y aura 1,94 million de conducteurs de poids lourds et semi-remorques long-courriers d’ici là fin de l’année.
  • Il y avait 1,33 million de chauffeurs-livreurs en 2014, et ce chiffre devrait croître de 4% par an selon le département du travail américain ( BLS ), avec un salaire médian de 27.800 dollars en 2015. Ils viennent prendre et / ou livrent des colis et font de petites expéditions en ville ou dans la région. Ils conduisent des véhicules de 26.000 livres ou moins, généralement entre un centre de distribution et des entreprises ou des ménages. Au rythme de croissance actuel, il y aura 1,44 million de chauffeurs-livreurs d’ ici la fin de cette année.
  • Il y avait 233,700 chauffeurs de taxi et chauffeurs “indépendants” en 2014, et ce nombre croît de 13% par an selon le département du travail américain ( BLS ). Le salaire médian était de 23.510 dollars en 2015. 20% des chauffeurs travaillaient à temps partiel. Cela ne signifie pas – ou pas complètement – que ce sont des chauffeurs “indépendants” travaillant pour Uber, Lyft, et autres sociétés du même genre.
  • “On estime qu’il y a plus de 500.000” VTC en exercice aux États -Unis. C’est un secteur en forte croissance: le nombre de conducteurs Uber aux États-Unis a doublé, et est passé  de 160.000 en décembre 2014 à 327.000 en 2015. La moitié d’entre eux travaillaient 15 heures par semaine ou moins.

Pour que la classe moyenne se développe, il est indispensable d’avoir de bons emplois…

Malheureusement, les grandes entreprises recherchent par tous les moyens possibles et imaginables de se passer des salariés américains coûteux en délocalisant leurs emplois à l’étranger ou en les remplaçant par les nouvelles technologies.

L’élite aura toujours besoin de gens pour leurs couper les cheveux et d’autres à les attendre dans les restaurants, mais ce ne sont pas ces emplois là qui peuvent subvenir aux besoins des familles de la classe moyenne.

Comme je l’ai indiqué hier , pour la première fois la classe moyenne en Amérique est devenue une minorité par rapport à l’ensemble des ménages américains et la pauvreté augmente partout à travers l’Amérique. Sur une tendance à long terme, la disparition de la classe moyenne américaine s’accélère, et il semble qu’il n’y ait aucune solution miracle qui puisse modifier les choses dans un avenir proche.

Par conséquent, la classe moyenne va continuer à se rétrécir de plus en plus, ce qui aura de graves répercussions quant à l’avenir de ce pays.

Source: theeconomiccollapseblogLire les précédents articles de Michael Snyder

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gus
Invité
gus

C’est simple, les compagnies doivent être taxées non pas selon la localisation de leur production mais par rapport au pays où elles écoulent leur marchandise.
L’accès à nos riches marchés devrait être réglementer car c’est bien grâce a eux que ces compagnies qui delocalisent font d’énormes profits.

michel clerc
Invité
michel clerc

les “elites” ont voulu la “mondialisation” ils l ont, ils ont voulu privilégier un capitalisme outrancier ils l ont, ils ont privilégié la “finance” le modele made in US, le reve americain ben voila ils sont servis tous leurs reves se realisent, le système atteint ses limites maintenant va falloir payer la note, ils subiront les consequences de leur betise et de leur cupidité et ce n est qu un debut, l UE suit le meme chemin, la “mondialisation” conçue par quelques utopistes va avoir des répercussions désastreuses pour les générations a venir, enfin le bon coté des choses c… Read more »

Norb
Invité
Norb

La palme d’or de la bêtise est au Québec , après une subvention des contribuables de 1.3 Milliards $$ a Bombardier celle ci déménage des bons emploies au MEXIQUE avec le consentement des politiciens véreux !

Peplinsky
Invité
Peplinsky

on aime ca se faire avoir au Québec. Dans tout les domaines. C’est notre destin.

Vincent Serveille
Invité

Ford viens de dire au Américains “Votez Trump”…

Christophe Spoiden
Invité

Et attendez, quand arrivera les transports sans chauffeurs, les drones qui vont livrer, l’imprimante géante du 3D Crafting qui va réaliser une maison, gros oeuvre, installation électrique, plomberie, tout cela en 24 heures…Ce sera encore une hécatombe d’emploi dans un secteur qui était encore relativement préservé, la construction ! Nos politiques sont des ânes qui n’ont aucune vision actuelle des choses et surtout de l’avenir ! Ce sont évidemment des questions qui dérangent car derrière cela, cela voudrait dire revoir fondamentalement la notion que l’on se fait de l’emploi et sa place dans la société! C’est tout le fonctionnement de… Read more »

Christophe Spoiden
Invité

A Eric Gilles, c’est l’anthropologue et spécialiste de la finance Paul Jorion qui avait très bien expliqué cela ! Tous les emplois délocalisé ne sont pas remplacé par le même nombre d’ouvriers dans un autre pays ! Ils en engageront une partie mais tout le reste sera mécanisé, loin d’avoir l’équivalent de départ en tout cas ! Pour le reste, oui, il faut des équipes de R&D pour concevoir ses machines et robots ! Et pour la maintenance de ces machines, aussi des spécialistes et techniciens mais au final, beaucoup, beaucoup moins de personnes nécessaire! Quand à la conversion, peu… Read more »

Olivier Bravet
Invité

Va falloir aller régler la question des droits de l’homme au Mexique. C’est une prediction.

Christophe Spoiden
Invité

A Eric Gilles, cela m’étonnerai! Ils vont faire comme avec les chinois, remplacer par des lignes de machines et de robots et en engager seulement quelques uns mais certainement pas l’ensemble des ouvriers mexicains !

Eric Gilles
Invité

En toute logique, ils vont construire le même type d’usine qu’ils auraient construit chez eux. Donc avec le même nombre d’ouvriers.
Le remplacement de l’homme par la machine me semble être un sujet plus vaste, plus profond et plus complexe. Dans quel cas est-ce nécessaire ou pas ?
La conception, l’élaboration, la construction de machine ne sont-elles pas également des viviers de création d’emploi ?
Etc….

Louis Maillar
Invité

ouais le pire c’est quand des robots constriront d’autres robots,a part ça tout va bien se passer

Roland Smets
Invité

On leur avait aussi demandé à eux d’etre plus flexibles et plus productifs ? certains ne seront jamais satisfaits …. ils diront qu’ils veulent faire avancer le pays …

samuel
Invité
samuel

Le Fordisme n’est plus ce qu’il était selon les mauvais chiffres de plus. Ils délocalisent, alors qu’ils ont déjà plus de 100 millions de désœuvrés qui ne font plus trop confiance à la politique. Mais peut être que les grands groupes n’ont pas encore vu tous les méfaits du tout machinisme, désormais ce ne sont plus les machines qui sont au service de l’Homme, mais tout le contraire comme dans les films d’anticipation.