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Bill Bonner: Les taxes douanières ne rendront pas sa grandeur à l’Amérique
 

Protéger quelques-uns pour appauvrir la majorité : rarement décision politique n’aura été aussi visiblement idiote que celle prise cette semaine par Donald Trump sur les taxes douanières.

La grande nouvelle de ces derniers jours, c’est la décision hâtive de Trump d’imposer des taxes douanières sur l’aluminium et l’acier.

La nouvelle nous a rempli d’aise. Nous cherchions un exemple – indéniable, indiscutable et splendidement crétin – pour illustrer le véritable fonctionnement d’un gouvernement. Le Donald vient de nous en fournir un.

Ostensiblement idiots

C’est une tâche difficile, creuser le sol ingrat et rocailleux de la politique publique… râcler la poussière mielleuse des désirs, des illusions et de la fraude… pour mettre au jour la corruption et la stupidité qui se trouvent au-dessous.

Nous aimerions donc remercier également le secrétaire au Commerce Wilbur Ross et son conseiller Peter Navarro pour leur contribution. Ils ont placé les sottises pile à la surface.

Il est rare que des personnalités politiques se montrent aussi ostensiblement idiotes, avec si peu de débrouillardise… et défendant des théories aussi ouvertement insensées.Ils nous ont rendu la tâche facile. Merci encore.

Ici en Argentine, les barrières commerciales sont un fait de l’existence depuis longtemps.

Il y a quelques années, par exemple, il était impossible d’obtenir des pneus pour notre tracteur. Les fabricants de pneus argentins étaient protégés par des taxes douanières. Si l’on voulait acheter un pneu, il fallait acheter les pneus fabriqués localement, de qualité inférieure.

Sauf, bien entendu, s’ils ne fabriquaient pas le modèle dont vous aviez justement besoin. Dans ce cas, pas de chance !

Même chose dans le domaine de l’électronique. Apparemment, l’ex-présidente Cristina Kirchner avait des potes dans le sud du pays qui fabriquaient des composants électroniques.

Les importations d’ordinateurs portables, d’iPhones et autres appareils étaient donc restreintes, en apparence pour donner aux débutants locaux une chance de se développer et de venir concurrencer Apple, Samsung et Panasonic.

Lorsqu’on entrait dans le pays, il fallait déclarer avec exactitude tous les téléphones, iPads et ordinateurs portables que l’on transportait. Et malheur à vous si vous ne les aviez pas tous en repartant.

Gémissements et lamentations

Mais c’est le bien là genre de chose qu’on peut attendre d’un « pays merdique », n’est-ce pas ?

L’utilisation flagrante du gouvernement pour transférer l’argent des personnes ordinaires dans les poches des happy few ayant de l’entregent.

Un pays moderne et civilisé est normalement plus sophistiqué dans ses manoeuvres.

Ses économistes réalisent que les barrières commerciales font baisser la production, ce qui finit par diminuer la richesse disponible pour des élites prédatrices. Mieux vaut permettre au libre-échange d’engraisser le cochon, raisonnent-ils, avant de trancher le jambon.

Dans le cas de l’événement qui nous occupe, le secrétaire au Commerce US, Wilbur Ross, a fait venir un groupe de dirigeants du secteur de l’acier et de l’aluminium à la Maison Blanche jeudi dernier à 11h.

Les compères ont gémi et se sont lamentés, sans aucun doute, sur le fait que les Canadiens sont injustes… que les Mexicains ont des coûts plus bas… ou encore que les Européens fabriquent des métaux de meilleure qualité.

Donald J. Trump, qui est un battant, s’est saisi d’un micro.

Le soleil avait à peine atteint son zénith que le Donald avait déclenché une guerre commerciale, affirmant qu’elle était facile à gagner. Il a ensuite ajouté cette remarque désopilante :

« Nous devons protéger notre pays et nos travailleurs. Notre industrie sidérurgique est en mauvais état. SANS ACIER, PAS DE PAYS ! »

A aucun moment le véritable problème n’a été abordé : comment se fait-il que les Américains achètent plus à l’étranger qu’ils n’y vendent ? Si Trump s’était donné la peine d’y regarder de plus près, il aurait remarqué que cela n’a rien à voir avec les accords commerciaux ou le manque de barrières douanières.

Le paradis du crédit gratuit

Jusque dans les années 70, les Etats-Unis étaient le premier exportateur mondial. Et puis, en quelques années, ils sont devenus le premier importateur mondial.

Pourquoi ? Parce qu’ils ont changé le système monétaire en 1971.

Au lieu de fabriquer à domicile, les Etats-Unis ont commencé à acheter à l’étranger – en payant avec le nouvel argent bon marché.

Au lieu d’être une locomotive industrielle, les Etats-Unis se sont transformés en paradis du crédit gratuit.

Et au lieu de privilégier de vrais emplois avec de bons salaires, ancrés dans l’économie réelle, l’économie a été faussée par les diplômés surpuissants de la Fed, les canailles surpayées de Wall Street et les crapules égoïstes des deux partis se vautrant dans le marigot suractif et surendetté de Washington.

De l’économie industrielle à celle de la planche à billets – L’incroyable déclin de l’industrie US
Mais le Donald ne va pas se donner le mal d’y réfléchir. De toute façon, même s’il se penchait sur la question, le Deep State ne lui permettrait pas d’y faire quoi que ce soit.

Le véritable but du gouvernement est, toujours et partout, de permettre à quelques-uns d’exploiter le plus grand nombre.

C’est un retour en arrière, une relique d’un âge depuis longtemps dépassé, le vestige d’une queue préhensile. Le monde moderne de l’industrie, du commerce et de l’investissement fonctionne avec un logiciel différent – les accords gagnant-gagnant.

Seul le gouvernement – avec ses batailles, guerres, taxes, tarifs… ses ordres de faire ceci… et ses interdictions de faire cela – continue à fonctionner sur un programme pré-civilisation.

Une guerre commerciale est un bon exemple, tout aussi bidon qu’une guerre contre la drogue, une guerre contre le crime ou une guerre contre la terreur. Aucune ne vaut la peine d’être menée. Et aucune ne peut être gagnée.

Une guerre commerciale est conçue pour récompenser les élites aux dépens des autres.

On estime qu’il y a seulement 200 000 emplois dans les secteurs de la production d’acier et d’aluminium aux Etats-Unis.

On peut leur ajouter quelques milliers de propriétaires importants.

Et, plus important que tout, quelques centaines de compères sérieux. C’est là que se trouvent les gagnants.

Reuters :

« Les cours des fabricants d’acier et d’aluminium ont grimpé jeudi après que le président Trump a annoncé de considérables taxes douanières sur les importations de métaux pour les protéger de la concurrence étrangère, mais de nombreuses autres entreprises ont vu leurs cours chuter, étant donné qu’elles se trouveront confrontées à des prix plus élevés pour leurs matières premières, ce qui les forcera à augmenter les prix pour les consommateurs.

Les propositions de taxes de 25% sur les importations d’acier et 10% sur l’aluminium ont stimulé les cours des sidérurgistes mais les entreprises industrielles, les fabricants aéronautiques et les fabricants automobiles ont vu leurs cours chuter.

Parmi les sidérurgistes, AK Steel Holding Corp. a grimpé de 9,5%, US Steel Corp a grimpé de 5,7% tandis que Nucor Corp et Steel Dynamics Inc ont chacun engrangé plus de 4,0%. »

Un prix élevé à payer

Comme toutes les actions gouvernementales, cependant, ce n’est pas un accord gagnant-gagnant.

C’est un accord gagnant-perdant.

Il y a bien plus de gens qui utilisent l’acier et l’aluminium que de gens qui en produisent.

Ce sont eux les perdants du premier rang, les plus visibles. Les fabricants automobiles américains, par exemple, utilisent en moyenne 1 500 kg d’acier dans chaque voiture. Le coût additionnel forcera Detroit à augmenter les prix.

C’est là que nous rencontrons les perdants du deuxième rang : les emplois résiduels et très bien payés dans l’industrie automobile.

Une guerre douanière s’annoncerait entre Pékin et Washington Conflit sino-américain: le risque numéro un pour l’économie mondiale

L’effet serait à peu près le même si Le Donald avait imposé une taxe sur le pétrole. Quasiment toute l’activité industrielle aux Etats-Unis dépend de l’énergie et des métaux de base.

Augmentez les coûts de l’acier, de l’aluminium ou de l’énergie, et vous réduisez la compétitivité. Inutile de dire qu’endommager plus encore l’industrie américaine ne rendra pas sa grandeur à l’Amérique.

Sans oublier les perdants du troisième rang… l’intégralité ou presque de la population US, qui paiera tout plus cher, depuis ses canettes de bière jusqu’à ses outils de jardin.

Un prix bien élevé à payer simplement pour enrichir quelques compères…

Pour plus d’informations et de conseils, c’est ici et c’est gratuit

Source: la-chronique-agora


bonnerBill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.
En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir dans en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.
Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).


Je vous conseille vivement d’écouter ci-dessous la mise en garde d’Egon Von Greyerz sur la situation actuelle et sur l’énorme crise qui se profile.

Fabrice Drouin Ristori: Egon, pouvez-vous nous dire comment vous voyez la situation évoluer à l’avenir ?

Egon Von Greyerz: “Il n’y a pas de solution à ce problème. Le problème est trop grave, comme je l’ai dit; les gouvernements sont en faillite, les dettes augmentent maintenant à un rythme exponentiel, et il n’y a aucune possibilité de réduire les dettes. Tout gouvernement qui essaie de lancer des plans d’austérité se fait immédiatement renvoyer, et même s’il pouvait instaurer ces mesures d’austérité, il est aujourd’hui trop tard. Alors la prochaine étape que je vois, et je crois que cela commencera très bientôt, est que les déficits vont s’accélérer, et donc l’impression monétaire va s’accélérer, et on sera en route vers une dépression hyperinflationniste.

La dette mondiale vient d’atteindre un nouveau sommet historique à 233.000 milliards de dollars Egon Von Greyerz: d’ici peu, les banques centrales vont paniquer et commencer à imprimer plus de monnaie que jamais

Bien sûr, cela pourrait prendre des années, mais je crois que cela va aller plus vite que prévu, parce que le système est très fragile… alors l’impression monétaire, comme je l’ai dit, détruira les monnaies, qui sont toutes à la baisse depuis cent ans; elles ont perdu 97 à 99% par rapport à l’or ces cent dernières années, et elles ont perdu 80% par rapport à l’or ces douze dernières années. Il ne reste plus beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre 100%, ce qui arrivera, et alors l’impression monétaire aura entièrement détruit la valeur des monnaies papier, et c’est ce qui créera de l’hyperinflation.

Egon Von Greyerz: « L’état réel de l’économie mondiale est inquiétant ! » 1971: 100$ permettaient d’acheter un lingot d’Or de 100g – 2016: ces 100$ permettent d’acheter 3g de ce même lingot

Fabrice Drouin Ristori: Dans ce contexte, peut-on dire que l’Or est dans une bulle ?

Egon Von Greyerz: L’or n’est pas dans une bulle. Tout ce que fait l’or, c’est refléter la destruction des monnaies papier. Vous devez regarder la courbe à l’envers : alors, au lieu de voir l’or monter, vous verrez les monnaies se déprécier. Ce n’est pas l’or qui monte, c’est le dollar, l’euro et la livre sterling qui baissent. Et cela va continuer.

Face à l’Or, le dollar a perdu plus de 98 % de sa valeur d’origine Egon Von Greyerz: « L’Amérique doit se réveiller – le dollar va vers zéro ! »

Seulement 1% des actifs mondiaux sont alloués à l’or aujourd’hui, presque personne ne possède de l’or en réalité, et l’or a quand même monté ces douze dernières années, il a quintuplé, sextuplé, selon la monnaie. Et, comme je l’ai dit, à peine 1% des investisseurs possèdent de l’or. Cela va changer dans les années à venir, ce qui signifiera que la demande d’or va augmenter et, vu qu’il n’y a pas assez d’offre, cette offre additionnelle ne peut se manifester qu’avec des prix plus élevés. Et c’est ce qui va arriver.

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Sacré Bill jamais à une contradiction près la semaine passée il chiale car la banque centrale ne soutient pas le cours des actions et la il nous dit:” au lieu de privilégier de vrais emplois avec de bons salaires, ancrés dans l’économie réelle, l’économie a été faussée par les diplômés surpuissants de la Fed, les canailles surpayées de Wall Street et les crapules égoïstes des deux partis se vautrant dans le marigot suractif et surendetté de Washington” Michel Drac l’explique bien dans sa nouvelle vidéo, ces barrières douanières illustrent le retour aux affaires de la vieille économie les Général electric,… Read more »